OBSERVATION XXX
Appendicite suppurée et annexite droite. — Résection de l'appendice et Aablation des nnexes droites. — Guérison.
(BouiLzy. Sem. gynécologique, 1897)
Une femme de 28 ans présente les antécédents suivants : première poussée inflammatoire, il ÿ à un an, sur les annexes droites avec tuméfaction dans le cul-de-sac droit, perceptible au toucher et disparaissant au bout d'un temps variable; ces poussées assez espacées d’abord, se sont de plus en plus rapprochées et ont tendance à se renouveler à chaque époque menstruelle en revenant en même temps moins violentes et plus courtes. A chaque toucher. pratiqué à des intervalles de quinze jours à un mois, il a été constaté des changements dans l'état des culs-de-sac, le volume et Ja situation de l'utérus.
Lors de son arrivée, on constate au toucher et au palper combinés une masse volumineuse, rénitente remplissant le cul-de-sac postéro-latéral droit, se prolongeanten haut vers le fond de l’utérus et débordant la ligne ‘médiane d'environ trois travers de doigt. .
‘La matrice était immobilisée et douloureuse, les annexes gauches étaient :inaccessibles et ne paraissaient pas augmentées de volume.
On note l'absence de troubles intestinaux.
Le diagnostic posé fut pyo-salpinx droit et l'intervention conseillée laparatomie.
Celle-ci conduit sur une masse indurée, située au-dessous et à droite du fond de l'utérus, formée par des adhérences intestinales et épiploïques anciennes et solides dont la rupture ouvre un foyer purulent du volume d'un œuf, dans lequel baigne lappendice dilaté et perforé à son extrémité terminale. Cet organe est raccourci, comme invaginé sur lui-même, particulièrement malade à son extrémité. Il est résèqué à sa base. Du côté des annexes droites, on trouve un ovaire kystique de la grosseur d’une mandarine, très adhérent au ligament large et en rapport par sa partie supérieure avec le paquet d'adhérences intestinales et épiploïques qui l'entourent.
La trompe droite est volumineuse, atteinte de salpingite catarrho-
interstitielle, l’orifice du pavillon est fermé. Les annexes gauches paraissent saines et sont laissées en place, la malade guérit de cette double intervention.
OBsERVATION XXXI
Appendicite (six semaines après laparotomie faite pour annexite droite.) Résection de l'appendice. Guérison.
DELAGÉNIÈRE (du Mans). Congrès de chirurgie, 1897.
P... Céleste, 97 ans, réglée à 15 ans, a eu deux enfants, le dernier il y à deux ans et demi. Elle souffre dans le ventre depuis son premier accouchement (5 ans). Les douleurs, dont elle se plaint, coïncident avec les règles, mais disparaissent de temps à autre pendant des intervalles assez longs. Elles siègent indifféremment des deux côtés du ventre.
La malade est envoyée à Paris où elle subit une laparotomie suivie de l’ablation des annexes droites pour ovaires scléro-kystiques et d’une hystéropexie abdominale antérieure.
Six semaines après, la malade est prise d’intolérance gastrique, de - vomissements, de constipation rebelle. Son ventre se ballonne et reste tendu pendant trois semaines, les douleurs se localisent dans la fosse iliaque droite et la malade affirme, qu’en cet endroit, après la crise, on sentait une tumeur du volume d’un œuf.
Elle se remet de cette première crise mais en a bientôt une seconde puis une troisième. Elle est obligée de se mettre au régime lacté exclusif dont elle ne supporte que de petites quantités; sa constipation reste opiniâtre et l'intolérance stomacale absolue.
Son état général est médiocre, elle est très amaïgrie, son ventre, légèrement ballonné, ne présente aucune tuméfaction dans la fosse ilaque droite, mais le siège de l’appendice est douloureux à la pression. Au toucher, l'utérus est suspendu à Ja paroi, il est petit et mobile ; les annexes gauches, paraissent volumineuses et sont douloureuses à la pression.
Opération le 23 juillet 4897 (résumé). — L'ouverture du péritoine est très laborieuse par suite des adhérences, dues à l’hystéropexie antérieure.
On résèque l'ovaire gauche volumineux et œdémateux.
On examine l’appendice qui est entouré de petites adhérences lamelleuses, les vaisseaux qui le sillonnent, paraissent tuméfiés, enfin dans son intérieur on sent des corps étranger (coprolithes). On le resèque et on suture la plaie cæcale sur trois rangs de suture. — Guérison.
Examen de l'appendice (docteur Pilliet). — Folliculite au stade de tuméfaction et d’ulcération avec peu de lésions des parois externes. Lésions
surtout marquées vers la pointe.
OBsERvATION XXXII
Double pyosalpinx. Laparotomie. Ablation — Appendicite suppuré cing jours après. Résection de l’appendice. Guérison. (Wien. New-York, Med, Journ. 1894).
A. D..., 17 ans, réglée à 12ans, régulièrement. Accouchement à 18 ans, suivi d'infection. Apparition de douleurs abdominales, très vives avec irradiations multiples, douleurs localisées au niveau des rêgions ovariennes
et plus marquées à gauche ; poussées aigues successives sans fièvre élevée, état général mauvais, troubles nerveux marqués. Au toucher vaginal : gros utérus très douloureux en rétroflexion adhérente. Latéralement, deux masses annexielles très volumineuses, adhérentes au globe utérin ; à gauche masse fluctuante et plus étendue. S
Diagnostic: Endômétrite et double pyo-salpinx. :
Laparotomie. — Libération de l'utérus très adhérent, décortication des masses annexielles qui sont enlevées, les deux trompes sont suppurées et on a peine à retrouver les ovaires ; on n’examine pas l’appendice (les
= adhérences intestinales étant insignifiantes et ayant été libérées vivement.)
Lavage du péritoine à l’eau salée, pas de drainage.
Dès la fin du troisième jour la température monte à 40°, le pouls arrive à 160. Les douleurs abdominales se montrent intolérables avec maximum à droite, la sensibilité du cæcum est extrème, nausées, vomissements, CONStipation absolue (rien du côté de la plaie).
Le lendemain matin, rémission apparente. Le soir, reprise brusque de la douleur à droite avec mêmes symptômes plus alarmants, avec ballonnement du ventre et sensibilité marquée du côté de l'appendice. Diagnostic. — Appendicite. /ncision latérale de Roux.
On évacue une grande quantité de pus fétide et on trouve V'appendice perforé et adhérent qu'on resèque.
Guérison.
Nota. — L'auteur pense que dans la première intervention l’appendice était adhérent et malade, qu’il aura été mal traité dans les manœuvres de libération.
OBsERVATION XXXIIT Appendicite prise pour un kyste de l'ovaire à pédicule tordu.— Laparatomie. — Résection de l'appendice. — (Inédite). | (Due à l’obligeance du D' GüINARD.) Il s’agit d’une femme de 20 «ns avec un passé génital chargé, qui pré-
senta, cinq jours seulement avant son entrée à l’hôpital des accidents péritonéaux de moyenne intensité, consistant en ballonnement du ventre,
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douleurs abdominales mal localisées, température peu élevée, phénomènes intestinaux mal dessinés,
Cette malade, qui prétendait être enceinte de trois mois, présentait une tumeur fluctuante peu douloureuse, remontant à deux irayers de doigt audessous de l'ombilic et occupant le flanc droit.
Au toucher vaginal, l'utérus est trouvé immobile, douloureux, très adhérent à une tumeur fluctuante remplissant le eul-de-sac vaginal droit.
Le diagnostic posé fut : kyste de l'ovaire chez une femme enceinte, et les accidents péritonéaux furent mis sur le compte d’une torsion lente du pédicule,
Laparotomie. — Après l’incision abdominale médiane, on tombe sur une masse rougeûtre, lisse, que l’on reconnaît pour un utérus gravide. La main, portée autour de l’utérus, sent à droite sur le côlé de la matrice de l'empâtement et en écartant un peu la paroi abdominale de l'utérus on voit sourdre un peu de liquide louche.
On agrandit l’incision et on trouve sur le côté droit de l’utérus une co!lection purulente, fétide, peu abondante, mal limitée par des fausses membranes. On éponge avec soin et on découvre que cette cavité est occupée par l’appendice iléo-cœæcal, perforé à six centimètres de son extrémité terminale, arrondie en massue. Par cet orifice était sorti un petit corps étranger de la forme d’un noyau de datte mais plus petit.
L’appendice est lié et reséqué à la base,
Entre le cœcum et l'utérus, sur une assez longue étendue on voit une surface péritonéale revêtue de fausses membranes. On tamponne avec des compresses imbibées d’eau phéniquée.
On fait une contre-ouverture dans le flanc au-desssus de l’arcade de Fallope pour drainer et on referme le ventre. Guérison.