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Lewis. New York Journ, of med

50 APPENDICITE ET PERITYPIILITE.

A cela, Roux, de Lausanne, objecte, comme nous l'avions déjà fait remarquer en 1 882, que dans nombre de cas la perforation siège au-dessous du corps étranger. Il se rallie pour sa part à l'idée d'obstruction. L'occlusion du conduit « donne lieu immédiatement à une sécrétion plus intense de la muqueuse, à un engorgement des parois dont les vaisseaux sont comprimés à leur entrée. Ces parois deviennent rigides, moins élastiques; elles se gangrènent même en tout ou partie, si le calcul est angulaire ou s'il comprime largement tous les vaisseaux ; mais la perforation peut avoir lieu sous l'action de la pression du contenu liquide de Tappendice et n'est nullement liée au point d'étranglement du calcul, lequel agit dans nombre de cas comme un simple bouchon, moins souvent comme agent immédiat de la perforation^ »

Celte hypothèse de la rupture de l'appendice par la pression intérieure du liquide ne nous parait pas soutenable. L'extensibilité des parois intestinales est considérable; il faudrait pour la vaincre une tension énorme qu'on ne saurait raisonnablement supposer au liquide sécrété dans l'appendice; en tout cas, si cette tension pouvait être suffisante pour faire éclater les parois, à plus forte raison devrait-elle suffire pour refouler dans le Ccecum le corps étranger oblitérant, et déboucher l'appendice.

Donc ni la compression ni l'obstruction ne peuvent par elles-mêmes expliquer le processus

i. Roux. Traitement chirurgical de la pérityphlile suppui'ée. Rev. med. de la Suisse roynande, avril 1890.

LES LESIONS.

ulcéreux et la perforation; il faut l'intervention d'un troisième facteur pour amener la destruction des éléments anatomiques de la paroi, c'est la prolifération bactérienne au sein de tissus ayant perdu, par suppression du liquide sanguin, une partie de leur vitalité.

Ce rôle actif des microbes, nous l'avions précisé dans notre communication à la Société Anatomique il y a dix ans. Nous ne pensons pas qu'aujourd'hui personne songe à le contester. 11 n'est besoin ici ni de culture, ni de reproduction expérimentale de la lésion. 11 est bien évident qu'aucun microbe spécifique ne préside à la perforation de l'appendice. On peut toutefois se demander si quelqu'une des espèces qui habitent la surface de la muqueuse intestinale ne prend pas une part prépondérante dans l'évolution des lésions.

Malheureusement la microbiologie de l'intestin est tellement difficile et obscure, les quelques notions que nous possédons sur ce sujet sont encore à ce point confuses, qu'on ne saurait rien affirmer de précis sur le rôle attribuable à ces différentes espèces dans le mécanisme intime de l'appendicite. De nombreuses variétés de coccus, de bacilles, de vibrions, sans compter les champignons d'ordre plus élevé, saccharoraycètes, mucédinées, végètent à l'état normal dans le mucus intestinal. Dans certains états pathologiques, quelques-unes de ces espèces paraissent prendre un développement prédominant qui permet de les isoler plus facilement par la culture. C'est ainsi qu'on connaît le bacille napolitain d'Emmerich, trouvé dans l'épidémie

Le rôle actif

dans la perforation

appartient aux microbes.

Difficultés

de

la microbiologie

intestinale

cholérique de Naples, le bacille courbe de Finckler et Prior, isolé dans le choléra nostras, le bacille de la diarrhée verte de Clado et Lesage. Mais nous ne savons pas si ces microbes se rencontrent à l'état habituel dans l'intestin ou s'ils viennent de l'extérieur. Nous ne savons même pas s'ils constituent réellement des espèces distinctes, puisque le bacille d'Emmerich ne semble être autre que le bacterium coli commune, et que, pour certains, le bacterium coli n'est lui-même que le bacille typhique atténué. Les différences morphologiques sont inappréciables, puisqu'ils sont eux-mêmes polymorphes, et les différences de culture sont si minimes qu'à peine un caractère différentiel est-il attribué à l'un qu'il faut reconnaître que les autres le possèdent aussi. De façon qu'en fin de compte ce qui les caractérise encore le mieux, c'est le nom de leur auteur et l'état pathologique où on les rencontre ordinairement.

On comprend que dans ces conditions il serait bien inutile de chercher à les reconnaître dans un intestin normal. Il existe cependant une espèce qui paraît bien autonome, c'est elle qu'Escherich a décrite sous le nom de bacterium coli commune. Le bacterium C'cst Une bactérie très polymorphe, d'une loncoii commune, gueur variable, plus ou moins mobile et présentant dans son développement sur les divers milieux artificiels de telles analogies avec le bacille typhique que Roux et Rodet, de Lyon, ne veulent voir dans ces deux organismes qu'une même espèce, de virulence différente.

Cette bactérie se trouve, à l'état normal, dans le

LES LESIONS.

mucus du gros intestin. Dans quatre cas de diarrhée choiériforme chez l'homme , Gilbert et Girode l'ont retirée et cultivée non seulement des selles et des liquides intestinaux, mais encore de l'urine, de la plèvre, des poumons, du liquide céphalo-rachidien. Les mêmes observateurs, ainsi que Charrin et Roger, l'ont retrouvée dans l'angiocholite suppurée ; Yeillon et Jayle l'ont décelée dans un abcès du foie d'origine dysentérique. D'après ces auteurs , le bacterium coli peut donc - produire non seulement des lésions inflammatoires, mais encore des lésions suppuratives.

11 était à prévoir qu'on trouverait le même microbe dans l'exsudat des péritonites. Lamelle, le premier, déclara qu'il était le véritable agent de la péritonite par perforation. 11 admit néanmoins qu'une altération préalable de la séreuse était nécessaire soit au contact de la bile, soit au contact du liquide intestinal, pour que l'inflammation péritonéale se produisît ^

A. Frankel, sur 51 cas de péritonite, a rencontré 6 fois le bacterium coli commune et 2 fois une autre bactérie décrite aussi par Escherich dans les selles des enfants nouveau-nés, le bacterium lactis aerogenes, que Baginsky propose de nommer bacterium aceti, en raison de la grande quantité d'acide acétique qu'il donne en faisant fermenter le sucre de lait^

Dans quatre cas de péritonite par perforation

Sa présence

dans l'exsudat

des péritoniles.

1. Larcelle. Étude bactériolog'ique sur les péritonites par perforation. La Cellule, 1889, tome Y.

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