‹ Application de la Diathermie au Traitement des Cirrhoses du FoieChapitre 15 sur 20 · VII. Observation Duvoïr, Porer, R. COUDER et Jean BERNARD · texte numérisé non relu

VII. Observation Duvoïr, Porer, R. COUDER et Jean BERNARD

Mr L.., 41 ans, ménagère. entre dans notre service de l'hôpital Saint-Louis, le 23 mars 1933 pour des troubles digestifs accompagnés d’amaigrissement, et pour une augmentation du volume de l’abdomen. Depuis quelques semaines, elle se sent fatiguée et a perdu l'appétit. Le matin au réveil, elle a des nausées et parfois des vomissements bilieux. Elle a des alternatives de diarrhée et de constipation. Son ventre enfin a augmenté assez rapidement de volume. Il est devenu douloureux dans l’hypocondre gauche. I] n’y a jamais eu d’hémorragie. À l’examen clinique, le diagnostic de cirrhose hypertrophique avec ascite s'impose : visage amaigri, jaunâtre, abdomen volumineux avec circulation collatérale et ombilic déplissé. Le foie est augmenté de volume avec sensation de glaçon que l’on retrouve aussi pour la rate qui est particulièrement hypertrophiée et fait au-dessous du rebord costal une large saillie douloureuse spontanément et surtout au palper. Les urines sont peu abondantes, foncées. La température oscille entre 37°3 et 38°. Il n’y a rien de notable ni du côté de l’appareil respiratoire, ni du côté de l'appareil circulatoire.

Pas d'œdèmes des membres inférieurs. Réflexes normaux. Pas d’Argyll.

Une ponction exploratrice retire un liquide citrin, pauvre en albumine où l'examen cytologique révèle des lymphocytes en petit nombre et des placards endothéliaux.

La malade nie tout éthylisme, affirmant ne faire usage que de la bière, sans excès. Elle n’a ni cauchemar. ni tremblements des extrémités digitales, ni crampes dans les mollets. Par contre, elle avoue sept avortements dont il est difficile de connaître les conditions. Mais on ne décèle aucun autre signe de spécificité, en particulier la réaction de Bordet Wassermann est négative.

Ce n'est dons pas comme antisyphilitique, mais comme diurétique particulièrement recommandable en cas d’ascite cirrhotique que sont prescrites des injections intraveineuses quotidiennes de cyanure de mercure. I] en est fait quatre du 28 au 31 mars. Puis, étant mal supportée, cette thérapeutique est arrêtée.

C’est alors que, à la lecture des communications l’Oelnitz et de Pagniez, nous décidons d'entreprendre un traitement diathermique.

Celui-ci est commencé le 3 avril dans le service de M. Belot et continué dans les conditions suivantes : chaque semaine trois séances de vingt minutes chacune, l’une des électrodes étant appliquée sur une région lombaire, l’autre sur l’abdomen. Intensité : 1.200 milliampères.

Le 8 avril, alors qu’elle n’a encore subi que trois séances, la malade attire elle-même l'attention sur l'amélioration ‘très nette de son état, en affirmant qu’elle l’a éprouvée à la première séance. Et nous constatons, en effet, que le volume de l'abdomen a diminué non pas par la diminution d’un météorisme qui n’a, d'ailleurs jamais été considérable, mais par résorption partielle de l’ascite elle-même, en même temps que la diurèse nycthémérale passait de 750 c.c. à un litre.

Le 12 avril, le foie est devenu facile à palper. I1 déborde le rebord costal de deux à trois travers de doigts. Il est de consis-

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