‹ Application de la Diathermie au Traitement des Cirrhoses du FoieChapitre 14 sur 20 · V. Observations de la Doctoresse TACONO · texte numérisé non relu

V. Observations de la Doctoresse TACONO

A) Homme âgé de 62 ans. Le début de la cirrhose hypertrophique veineuse remonte à six mois. À l'examen, l'abdomen est augmenté de volume, globuleux, la cicatrice ombilicale est déplissée. On note dans la cavité péritonéale un épanchement peu abondant et libre.

Une ponction exploratrice est pratiquée; le liquide a tous les caractères d’un transsudat.

On remarque également une hypertrophie du foie, et une légère augmentation de la rate. La diurèse oscille entre 800 et 850 c.c. dans les vingt-quatre heures. La circonférence abdominale est de quatre-vingt-un centimètres, et le poids du malade est de 43 kilos.

La cure diathermique est commencée et, dès les premières applications, le malade accuse une légère amélioration des symptômes subjectifs à laquelle correspond une diminution de la circonférence de l'abdomen et du poids du corps et une augmentation manifeste de la diurèse qui oscille entre 1.000 et 1.300 c.c. dans les vingt-quatre heures.

Après quinze, les séances sont espacées. En un mois, le poids du sujet a diminué de trois kilos, la diurèse journalière est passée à 1.800 ou 2.000 c.c. et la circonférence de l’abdgmen a diminué de onze centimètres.

Le malade quitte l'hôpital.

B) Femme de 50 ans. dans les antécédents de qui on note le paludisme.

Depuis un mois et demi, elle présente les symptômes d’une cirrhose veineuse atrophique. L’abdomen est augmenté de volume avec sensation de flot.

Le foie est diminué de volume ; la rate est palpable, débordant le rebord costal de deux centimètres. La diurèse journalière est de 400 à 450 c.c. La circonférence de l'abdomen mesure 92 cm.; le poids est de 46 kg. 600.

Un traitement à base de chlorure de calcium et d'extraits hépatiques avait procuré à la malade quelques périodes d’amélioration, mais elle demeurait cependant amaigrie, asthénique, anémiée.

Pendant les séances de diathermie, elle présente des sueurs profuses ainsi que pendant la nuit. L’urine augmente un peu: 500 à 550 c.c. par jour. Le poids du corps diminue légèrement ainsi que la circonférence de l'abdomen.

En continuant le traitement, la diurèse augmente jusqu’à 750 c.c. par vingt-quatre heures et se maintient à cette quantité. |

Depuis deux mois de traitement, le poids du corps a diminué de 3 kg. 800, la circonférence de l'abdomen de douze centimètres ; l'état général de la malade est nettement amélioré.

C) Femme de 53 ans ayant une cirrhose hypertrophique du foie avec gros épanchement péritonéal datant de quatre ans. La malade a subi huit paracentèses; il existe une hépatosplénomégalie. La diathermie est commencée, mais la diurèse diminue rapidement, passant à 100 ou 150 c.c. par jour. L’abdomen augmente de volume, les phénomènes de compression surviennent et on doit suspendre le traitement.

D) Femme de 65 ans, atteinte depuis huit ans de cirrhose de Laennec et ayant subi trente-cinq paracentèses. Le traitement diathermique échoue.

VI. Observation d'OELNITZ-PASCHETTA, LioTarD et Mie GauTscur.

A... Pierre, employé à la voirie, âgé de 57 ans, entre à l’hôpital Saint-Roch, le 3 octobre 1932, pour un œdème considérable des membres inférieurs avec forte augmentation du vo'ume du ventre.

Ce malade de taille 1 m. 60, de poids habituel de 60 kilos. était jusqu’à mai dernier dans un état de santé qu'il jugeait

satisfaisant. Quatre mois avant son entrée, à la fin mars, il remarque chaque soir l'apparition d’un œdème malléolaire croissant qui nécessite bientôt l'interruption du travail.

A l'examen de l'abdomen, on note une circulation veineuse collatérale. La palpation et la percussion permettent de révéler la présence d’un épanchement ascitique encore discret. Le foie est ptosé, la rate non palpable. Les bruits du cœur sont extrêmement sourds à l’auscultation. La tension artérielle abaissée au Pachon de 10/8. Les urines sont peu abondantes. Volume 820 c.c., traces d’albumine. Chlorures 3 gr. 15 par litre. Urée 2 gr. 90. L’urée sanguine est diminuée : O gr. 13 par litre.

La température est normale.

L'interrogatoire du malade révèle l'absorption d’environ deux litres et demi par jour de boissons alcooliques, surtout de vin.

On fait le diagnostic de cirrhose alcoolique à son début et on prescrit le régime lacto-végétarien déchloruré avec restriction des boissons. Injections alternées d'extrait hépatique et d'extrait surrénal; diurétiques mercuriels (salirgane).

Sous l'influence de ce traitement la quantité des urines augmente jusqu'à deux litres et plus; les œdèmes ne cèdent cependant pas et l’ascite est en progression.

Au début de décembre, le volume et la tension de l'abdomen sont considérables, le périmètre abdominal étant de 87 cm. au niveau de l’ombilic et de 90 cm. au-dessus.

La ponction paraît formellement indiquée.

Le malade étant affaibli, la tension artérielle étant très basse, on tente la diathermie du foie. Le 2 décembre, on soumet le malade à une séance diathermique d’une durée de quinze minutes; une nouvelle séance est pratiquée le surlendemain, 4 décembre; on est obligé d'interrompre ce traitement en raison des téguments déjà altérés auparavant.

Les jours suivants, sans rien changer à la médication en cours, on observe que les urines augmentent de quantité pour atteindre progressivement cinq litres le 12 décembre, En même

temps, les œdèmes diminuent; la tension de l’abdomen cesse de s’accentuer, puis s’atténue légèrement. La résorption de l’ascite est confirmée par les mensurations périmétriques de l'abdomen qui donnent 71 em. à l’ombilic et 77 au-dessus (16 et 13 cm. de diminution en treize jours).

On suspend toute médication et on reprend les séances de diathermie étant donnée l’amélioration des téguments. Deux nouvelles séances sont appliquées je 28 et le 31 décembre. Les jours suivants, on constate une accentuation spontanée de la diurèse qui, sans médication diurétique, dépasse cinq litres à partir du 9 janvier. On assiste à une régression presque totale des œdèmes et de l’ascite six semaines après le début de la diathermie du foie.

Au milieu de février, on peut faire les constatations suivantes :

Abdomen normal. Hauteur du foie sur la ligne mamelonnaire, 13 cm. Plus de trace d’ascite ni d’œdème des membres inférieurs. Les forces du malade reviennent de jour en jour. Le poids réel depuis l’assèchement de l’ascite et des œdèmes a augmenté de plus de sept kilos. La tension artérielle est de 11/7. Les urines ne contiennent ni albumine, ni sucre, ni pigments biliaires, le malade étant resté à un régime identique (lacto-végétarien).

Il est intéressant de comparer les taux d'élimination de l’urée et des chlorures avec ceux de la période d’aggravation.

3 octobre 1932 15 février 1933

Von 820 cc. 1.500 cc.

(OR eee 2 gr. 90 16 gr. 50 Ghlorures 2... ... STATE 72120

Les dosages de l’urée et de l'azote résiduel du sang pratiqués comparativement, avant, au début et après le traitement diathermique ont donné les résultats suivants

8 déc. 1932 6 janv. 1933 15 fév. 1933

Crée re O gr. 184 O gr. 128 0 gr. 320

Azote résiduel. Ogr.125 0 gr. 128 O gr. 070

En lisant cette observation on est surpris de la rapidité d’action de la diathermie puisqu’après deux séances seulement les auteurs ont constaté une amélioration sensible de l’état du malade. La ponction qui s’imposait a pu être évitée. Après la fin du traitement, l’état du malade est analogue à une guérison.

Page 1