VIII. Observations de OLMER et MINGARDON
1° M°° Lan... 57 ans, cuisinière, entre à l'hôpital pour ascite le 18 juillet 1933. Elle avait été opérée deux ans avant, d’un fibrome pesant sept kilos. À l'intervention on avait constaté dans le péritoine la présence de liquide, dix litres environ.
Le liquide s’est reformé un mois et demi environ après. La malade a remarqué également de l’æœdème de ses membres inférieurs surtout marqué le soir. Ces divers troubles s’aggravent, la malade se fait hospitaliser.
À l'examen de l’abdomen, présence d’une ascite considérable avec circulation collatérale et ombilic déplissé. Le foie paraît de volume normal : la rate est difficilement percutable. Les membres inférieurs sont le siège d’un œdème marqué.
L’aorte est surélevée ; les bruits du cœur sont modifiés au niveau de l’orifice aortique : premier bruit soufflant, deuxième bruit claquant. Les pupilles sont égales et contractiles.
La température est normale. La quantité journalière des urines atteint un litre et demi, elles ne contiennent ni sucre ni albumine ; l’azotémie est à 0,26. La réaction de B.-W. dans le sang est positive.
Une paracentèse abdominale ramène alors quatorze litres de liquide d’ascite dans lequel la réaction de Rivalta est positive, qui contient 30 gr. °/co d'albumine, des hématies des cellules épithéliales. On n’y découvre aucun germe.
Après un mois de traitement par le Neptal et le chlorure de calcium, on commence la diathermie : trois séances par semaine pendant quatre semaines. On pratique ainsi trois séries de douze séances. Cette thérapeutique est d’abord associée au cyanure de mercure puis au muthanol.
Au cours du traitement, la diurèse augmente légèrement mais l’épanchement se reforme, et on est obligé de ponctionner le malade tous les mois.
Conclusion : Le traitement diathermique (trois séries de douze séances) n’a eu aucune influence sur la reproduction de l’ascite.
2° Ser…., âgé de 58 ans, entre à l'hôpital le 10 août 1933, pour augmentation du volume de l’abdomen ayant débuté six semaines auparavant. L'évolution a été progressive, le malade n’a pas eu de troubles digestifs, ni diarrhée, ni hémorragies digestives, ni hémorroïdes. Il se plaint de lourdeurs dans les
membres inférieurs. Il tousse un peu, ne crache pas. Dans ses antécédents, nous relevons un éthylisme très marqué.
A l'examen, signes d’imprégnation d’éthylisme marqué bradypsychie, obnubilation intellectuelle, parole lente, chevrotante. Au niveau de l'abdomen, il existe un épanchement ascitique abondant. Pas de circulation collatérale, ombilic non déplissé. Le foie peut être perçu par le phénomène du glaçon; la rate est nettement percutable. Le cœur est normal; au niveau des poumons, signes de bronchite disséminés et épanchement pleural peu abondant à la base droite.
L'examen du système nerveux montre des réflexes rotuliens normaux et un tremblement dissocié des doigts. L’examen des yeux montre une teinte subictérique des conjonctives, du gérontoxon et des pupilles en myosis qui réagissent peu à la lumière.
Le malade n’a pas d’hyperthermie. Son poids est de 64 kg. Il urine chaque jour 900 c.c. environ; ni sucre ni albumine dans ses urines. L’azotémie est de 0,25 par litre. B.-W. négatif. On institue d’abord un traitement de glucoconate de calcium qui n'apporte pas une grande amélioration.
Trois semaines après l’entrée, le 30 août, on commence un traitement diathermique à raison de trois séances par semaine. La diurèse augmente deux fois au cours du traitement, mais chaque fois de façon passagère. Cependant l’état général s'améliore, l'épanchement ascitique régresse. Notons qu’à côté de la diathermie le malade reçoit pendant deux mois une injection quotidienne d'extrait hépatique. Le malade rentre ensuite dans sa famille, très amélioré.
En résumé, cirrhose hypertrophique éthylique avec ascite modérée, traitée par douze séances de diathermie et de l’extrait hépatique à haute dose avec amélioration de l’état général et régression de l’ascite.
3° Fri..., 69 ans, entre à l'hôpital le 28 septembre 1933 pour épanchement péritonéal. Le début remonte à deux mois environ. Le malade en traitement dans une clinique pour un acci-
dent, remarque l’apparition d'œdèmes au niveau des membres inférieurs. Peu après son abdomen augmente de volume, et celui-ci devenant de plus en plus volumineux, il se fait hospitaliser.
Dans ses antécédents, nous relevons des pituites matinales causées par un éthylisme modéré. Il est marié, sa femme n’a jamais eu de grossesse.
À l'examen, les membres inférieurs présentent un œdème considérable remontant jusqu’à l'abdomen qui est le siège d'un épanchement abondant. La peau est tendue avec une notable circulation collatérale. L’abondance de l’épanchement empêche de préciser l’état du foie et de la rate.
L'examen des appareils ne révèle aucun signe morbide, si ce n’est la teinte subictérique de la peau et des conjonctives. Température normale ; le temps de saignement est de quatre minutes et demie, le temps de coagulation de six minutes. L’azotémie est de 0,50. B.-W. positive dans le sang. Les urines ne renferment ni sucre ni albumine.
Le 4 octobre, une ponction d’ascite est pratiquée, et ramène quinze litres de liquide clair. citrin. L'examen peut alors préciser l’atrophie du foie. On fait un traitement au cyanure de mercure, mais dix jours après la première ponction, une seconde doit être pratiquée. Le 14 octobre, on commence la diathermie, qui est continuée quinze jours sans amélioration, ni de l’état général du malade, ni de la quantité des urines qui varie entre 250 et 500 cc. par jour.
Cependant l’ascite s’est reformée à nouveau; le malade se cachectise de plus en plus, et tombe dans un état subcomateux. Le 8 novembre, on note un temps de saignement de cinq minutes, mais le temps de coagulation dépasse trente minutes, le caillot n’est pas rétractile, le signe du lacet est positif.
Décès le 15 novembre.
A lJ’autopsie, foie petit et clouté d’une cirrhose de Laennec; la rate est hypertrophiée.
Conclusion : La cirrhose atrophique du foie a évolué très rapidement malgré dix séances de diathermie et douze injections de cyanure de mercure.
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4° Mr Meu.…., 57 ans, entre à l'hôpital le 12 octobre 1933 pour diarrhée datant de quatre mois. Depuis deux mois l’abdomen augmente de volume. En même temps, anorexie. Les urines sont rares et foncées. Pas d’épistaxis, pas de vomissements. La malade a beaucoup maigri.
Dans ses antécédents, nous relevons des douleurs épigastriques avec ballonnement abdominal et subictère des conjonctives survenus il y a cinq ans et ayant duré deux mois. Cette femme est mariée, a deux enfants en bonne santé et n’a jamais eu d’avortement.
A l'examen, l’abdomen est augmenté de volume, avec matité dans les flancs ; pas de circulation collatérale ; le foie est petit et ne peut être perçu à la palpation; la rate est nettement percutable.
Le cœur est normal; la tension est de 13/6. Au niveau de l'appareil pleuro-pulmonaire on constate la présence d’un épanchement sérofibrineux à la base droite. On constate également de l'œdème des membres inférieurs.
Enfin, présence d’une coloration foncée de la peau avec aspect piqueté au niveau des membres inférieurs (remontant jusqu’au genou) et de façon plus discrète au niveau des membres supérieurs. Signalons également une ecchymose spontanée au niveau de l’épigastre.
Quelques analyses de laboratoire ont donné les résultats suivants
Temps de saignement : 6 minutes et demie;
Temps de coagulation : 3 minutes;
Caillot légèrement rétractile ;
Signe du lacet négatif ;
B.-W. négatif dans le sang;
Azotémie : 0,30;
Glycémie : 1 gr. 60.
Les urines contiennent des traces de sucre, pas d’albumine. La diurèse journalière est de 800 cc. environ.
Six jours après, on ponctionne l’ascite, et on retire huit litres de liquide séro-fibrineux. Le laboratoire y découvre
hits
15 gr. pour 1.000 d’albumine, de rares lymphocytes, absence de germes, réaction de Rivalta négative.
Cn essaye ensuite un traitement par le cyanure et la diathermie. Mais la malade se cachectise très rapidement et meurt le 30 octobre.
À l’autopsie, on trouve dans l'abdomen un épanchement sérofibrineux. Le foie est petit, clouté, scléreux à la coupe. La rate est hypertrophiée, prise dans une gangue de sclérose ; congestion des bases pulmonaires.
Conclusion : Malade entrée pour cirrhose du foie sans étiologie bien nette. Elle reçoit deux injections de cyanure et elle est soumise deux fois à la diathermie. Décès très rapide.
5° Via, 43 ans, camionneur. Malade entré à l'hôpital le 25 octobre 1933 pour troubles intestinaux. Le début remonte à 1914; depuis cette époque, le malade est sujet à des crises de diarrhée. Un mois avant son entrée à l'hôpital, il a eu une crise très violente. et s’est d’abord soigné chez lui; mais les troubles ayant persisté il entre à l'hôpital.
A son entrée, il se plaint de douleurs abdominales. Ses selles, au nombre de quatre à cinq par jour, sont liquides. Quelquefois, vomissements bilieux, survenant le matin à jeun.
Les antécédents du malade ne nous donnent que peu de renseignements : il est marié, sa femme est bien portante et il a trois enfants en bonne santé. Il nie toute affection vénérienne. mais avoue un éthylisme marqué.
A l'examen, on est en présence d’un malade pâle, anémié, très amaiori. L’abdomen est le siège d’un épanchement ascitique abondant. La peau est tendue, l’ombilic est déplissé: il existe une circulation collatérale notable : sensation de flot transabdominal; ballonement de la région épigastrique. Le foie est petit, la rate est percutable sur vingt centimètres. A l’auscultation pulmonaire, les deux sommets paraissent suspects. Ajoutons que le malade est anyrétique. Ses urines (250 à 500 cc. par jour) ne contiennent ni sucre ni albumine. Son azotémie est de 0,20; la réaction de Bordet-Wassermann
est négative dans son sang. Ses crachats ne contiennent pas de bacilles de Koch.
Un examen radioscopique montre la présence d'une masse située au-dessus de l’estomac et comprimant ce dernier. Poumons et cœur sont radiologiquement normaux.
Le 13 novembre, une ponction péritonéale ramène six litres de liquide dont l'analyse a donné les résultats suivants 10 gr. d’albumine par litre; réaction de Rivalta négative; absence d'éléments cellulaires et de germes. Après la ponction, on sent très nettement le rebord inférieur du foie, mais en même temps, on constate un abaissement de sa limite supérieure. |
Les jours suivants, la quantité journalière des urines diminue passant à 100, 50 cc. et quelquefois moins. Le 17 novembre, on commence la diathermie. Aucune amélioration de la diurèse. ni de l’état général du malade. Celui-ci se cachectise de plus en plus et meurt le 1°’ décembre.
Conclusion : Malade porteur d’une cirrhose de Laennec maligne; sept séances de Ciathermie; cachexie progressive rapide ; le malade meurt six semaines après son entrée à l’hô-
pital.
6° Pas... femme âgée de 37 ans. Malade entrée à l’hôpital le 30 octobre 1933 pour ascite et ictère. Depuis trois mois, ! la malade a remarqué une augmentation de volume de son, abdomen. En même temps, arrêt de ses règles. Il y a un mois, apparition d’un ictère qui fonce de plus en plus. Le 25 octobre, elle vient à la consultation du service, où son admission est décidée. En outre, depuis deux mois, elle remarque, le soir, de l’æœdème de ses membres inférieurs. Elle est constipée, ses matières seraient parfois noires, elle a fréquemment des épistaxis. L’appétit est conservé, elle n’a pas maigri.
Cette malade urine très difficilement; actuellement, on est obligé de la sonder. Ses urines sont rouges, foncées. En outre, depuis huit jours, à la suite, paraît-il, d’un refroidissement,
elle tousse, crache, sa voix est éteinte. Elle a quatre enfants bien portants, éthylisme peu marqué.
A l'examen de cette malade, on remarque tout de suite un ictère franc de la peau et des muqueuses. Lésions de grattage sur l'estomac, varicosités au niveau des membres inférieurs sans œdème.
L'abdomen est augmenté de volume, la peau est tendue, l’ombilic est déplissé. circulation collatérale sur et sous-ombilicale. Léger œdème de la paroi abdominale. A la percussion, matité dans les flancs et dans l’hypogastre, témoignant de la présence d’un gros épanchement péritonéal. On ne peut préciser l'état du foie, la rate est percutable sur quatre travers de doigts.
Le cœur paraît normal, la tension artérielle est de 12/6,5. Au niveau de l'appareil respiratoire, matité du sommet droit avec respiration rude, soufflante et retentissement de la toux à ce niveau. L'examen du système nerveux montre des pupilles inégales qui réagissent peu à la lumière. Enfin, on note l’existence de pertes fétides. Les urines ne contiennent pas d’albumine mais on trouve 7 gr. de sucre par litre; présence de pigments biliaires dans les urines.
Le temps de coagulation est de 11 minutes, le temps de saignement de 9 minutes. Le caïllot est irrétractile. Le signe du lacet est négatif. L'’azotémie est de 0,25. La réaction de Bordet-Wassermann dans le sang se montre positive.
Le 4 novembre, au soir, hémoptysie peu abondante. Deux jours après, l'examen du larynx est pratiqué et montre une laryngite chronique banale. À ce moment, on commence un traitement au cyanure de mercure. Loin d'obtenir une amélioration, on remarque que la malade urine de moins en moins; le 9 novembre, il y a anurie depuis deux jours : on ponctionne alors l’ascite; on ramène dix litres d’un liquide très hémorragique. ayant presque l'aspect du sang. Ce liquide contient par litre 0,65 d’urée et 3 gr. 50 de chlorure.
Quelques épreuves de laboratoire pratiquées ce même jour donnent les résultats suivants
Temps de saignement : 20 minutes.
Temps de coagulation : 4 minutes.
Caillot irrétractile.
Signe du lacet positif.
Azotémie : O,50.
Réserve alcaline : 28,5.
Valeur globulaire : 22 %.
Chlore du plasma : 3 gr. 05.
Chlore du sang total : 2 gr. 77.
Rapport érythroplasmatique : 0,56.
Le lendemain, on institue un traitement constitué par injection d'extrait perhépatique, théobromine, sérum glucosé et diathermie.
Le 15 novembre, on constate au niveau du cœur la présence d’un souffle d'insuffisance cardiaque se propageant vers l’appendice xyphoïde. La malade meurt le lendemain.
Conclusion : Syndrome ictère ascitique dû à une cirrhose du foie à marche très rapide. Deux séances de diathermie ont été pratiquées. Décès très rapide.
7° Sci, homme âgé de 39 ans. Malade entré à l'hôpital le 18 novembre 1933, pour augmentation du volume de l’abdomen. Le début de son affection remonte à deux mois environ; depuis ce moment, augmentation progressive du volume de son abdomen sans troubles fonctionnels marqués. Il y a un mois, diarrhée (5 ou 6 selles par jour) ayant duré quinze jours. Depuis deux semaines, la tuméfaction abdominale s’est accentuée considérablement, entrainant une dyspnée d’effort. À la même époque, apparition d’œdèmes des membres inférieurs et d’oligurie. De plus, le malade tousse, crache; il a maigri ; légère hyperthermie le soir (autour de 38°).
Dans ses antécédents, on trouve d’abord un éthylisme très marqué (vin, boissons alcoolisées). Il a eu une blennoragie. Pas de syphilis avouée. I] a trois enfants bien portants. sa femme est en bonne santé et n’a jamais eu de fausse couche.
L'examen du malade révèle au niveau de son abdomen,
l’existence d’une ascite abondante avec ombilic déplissé et circulation collatérale. La circonférence abdominale est de 09 centimètres. La rate est percutable sur dix centimètres, Le foie ne peut être perçu par le phénomène du glaçon; il paraît petit, mesurant dix centimètres sur la ligne mamelonnaire. Aux membres inférieurs, œdème considérable, mou, remontant jusqu'aux genoux. Subictère des conjonctives. Les réflexes rotuliens sont normaux; les pupilles en myosis et réagissent à peine. Le cœur paraît normal; la tension artérielle est de 15/10. Au niveau de l’appareil pulmonaire, râles de bronchite disséminés ; signes de sclérose diffuse ; on note aussi de la matité à la base droite avec abolition des vibrations.
Le poids du malade est de 65 kg. 400. Les urines sont peu abondantes : 250 cc. par jour, très colorées ; elles ne contiennent pas d’albumine, présence de sels et de pigments biliaires, traces de sucre. Dans Îe sang l'azotémie est de 0,45 ; la réaction de Bordet-Wassermann est positive; la glycémie est de 1 gr. 15. La numération globulaire donne les résultats suivants
Globules blancs : 15.000 Globules rouges : 2.820.000
Le temps de saignement est de deux minutes; le temps de coagulation est de quatre minutes et demie. On fait ingérer au malade 150 gr. de glucose; il n'apparait pas de sucre, dans les urines recueillies pendant les vingt-quatre heures qui suivent. On fait ingérer au malade 2 mmg. de bleu de méthylène : les urines recueillies 4, 8, 12 heures plus tard sont fortement colorées.
Le traitement est alors constitué : régime, injections trois fois par semaine de deux centigrammes de cyanure de mercure et trois séances par semaines de diathermie.
Pendant les premiers jours de ce traitement, la diurèse journalière augmente journellement (500 à 700 cc.). Malgré cela, l'ascite progresse, le ventre est de plus en plus tendu, la
dyspnée s’accentue, l’œdème des membres inférieurs augmente. De l’œdème des bourses apparaït.
Le 16 décembre, après dix jours de traitement, le malade pèse 68 kilos; on ajoute au traitement le chlorure par voie buccale. Une semaine après la diurèse augmente, passant à 1.000, puis à I.2000, puis à 1.500 cc. La résorption de l’ascite commence.
Le 3 janvier, le malade ne pèse plus que 63 kg. 225; l’abdomen est moins tendu, les œdèmes ont diminué. Le 12 janvier, une nouvelle amélioration est constatée. Le poids n'est plus que de 60 kg. 700; la circonférence abdominale mesure 97 cm. Cette amélioration se maintient les jours suivants.
Le 26 janvier, le malade a eu vingt séances de diathermie et vingt injections de cyanure. À ce moment l'abdomen est redevenu souple, mais il persiste encore du liquide dans les flancs. 11 n'y a plus d’œdème des bourses, ni des membres inférieurs. La rate est toujours percutable, le foie ne peut être senti à la palpation. La circonférence abdominale est de 91 centimètres. Le malade pèse 60 kg. 850. Le cœur est noral ; au niveau des poumons la matité de la base droite a disparu. Le temps de saignement est de six minutes, le temps de coagulation de onze minutes.
Conclusion : Cirrhose du foie avec ascite chez un malade éthylique et spécifique. Celui-ci reçoit vingt injections de cyanuré, vingt séances de diathermie. I] quitte l'hôpital très amélioré. |
8° Del..., femme âgée de 58 ans. Entrée à l'hôpital le 7 décembre 1933, pour augmentation de volume de l'abdomen et ulcération de la jambe gauche. L'ahdomen a commencé à augmenter de volume, il y a une dizaine de jours ; en même temps, amaigrissement marqué ; anorexie. Selles normales ; urines peu abondantes, rouges, Le soir, la malade remarque parfois de l'œdème de ses membres inférieurs.
Dans ses antécédents, nous relevons des varices, et depuis quelques mois, ulcère variqueux de la jambe gauche. La
malade présente également tous les mois, depuis plusieurs années, des accès fébriles durant un à deux jours. Le dernier accès remonte à quatre mois. Enfin. depuis trois ans, palpitations cardiaques. Mariée, elle a eu deux enfants décédés en bas-âge de méningite.
A l’examen, on se trouve en présence d’une malade amaïigrie, présentant du subictère des conjonctives et des muqueuses. Varicosités sur la face. Elle a une ulcération variqueuse à la jambe gauche et un léger œdème malléolaire du côté droit. L'’abdomen est augmenté de volume, ballonné, tendu, avec circulation collatérale ; l’ombilic est déplissé. A la percussion, matité dans les flancs et sensation de flot qui décèlent la présence d'une ascite abondante. Le foie ne peut être perçu, on n’a pas le phénomène du glaçon. La limite supérieure du foie remonte au quatrième espace intercostal. La rate est percutable sur cinq ou six travers de doigts. L’auscultation du cœur montre un clangor du deuxième bruit à la base. La tension artérielle est de 14/0. Enfin, aux deux bases pulmonaires, submatité. Les pupilles sont en myosis et réagissent peu à la lumière. Réflexes rotuliens plus vifs à droite; quelques épreuves de laboratoire donnent les résultats suivants : dans le sang, réaction de Bordet-\Wassermann négative; azotémie, 0,20; glycémie, 0,85. Temps de saignement, 7 minutes et demie ; temps de coagulation, 9 minutes et demie. Signe du lacet, négatif ; caillot irrétractile. Les urines (1 litre par jour) ne contiennent ni sucre, ni albumine; présence de pigments biliaires, absence de sels. Une épreuve de glycosurie provoquée est faite : ingestion de 200 gr. de glucose, il ne passe pas de sucre dans les urines. La glycémie qui était de 0,85 avant l'épreuve est encore une heure et demie après de I gr. 50. L'ingestion de deux milligrammes de bleu de méthylène colore très nettement l'urine recueillie dans les heures qui suivent; par contre, 5 centigrammes de salicylate de soude ne sont pas rtrouvés dans l'urine.
Le 12 décembre, on remarque une légère élévation thermique à la base pulmonaire droite, présence d’un épanchement que
lon ponctionne. On retire 750 cc. de liquide sérofibrineux
dont l'analyse donne les résultats suivants :
Culot hémorragique :
Cellules endothéliales ........... 50 %:.
LÉymphoeÿtes 2 enr 35076.
Polynueleairés SERRE 1m Albumine (par lire) 20 gr.
Réaction de Rivalta : négative.
Une ponction exploratrice de l’ascite est également pratiquée,
liquide sérofibrineux :
Cytologie :
Polynucléaires JR Re 30 % LVMDAOCVTES Cr nee DORE Cellules hendothéhiales "0277 20 7:
Albumine, TR Re era de 40 gr.
Quatre jours après, on ponctionne la base pulmonaire gau-
che; on ramène 200 cc. de liquide.
Cytologie LYMPRCCYIES LE ER 100% POIVRUelCAITES 0 0e Rene 1007:
Cellules endothéliales .......... 0.
Absence de germes.
A TDUINE ST Eee 28 gr.
Réaction de Rivalta négative.
L'état subfébrile persiste les jours suivants; la diurèse diminue ; on institue alors un traitement au chlorure de cal-
cium et on tente un essai de diathermie. Mais l’état général de la malade s'aggrave et après quatre séances, le transport de la malade étant impossible, on ne peut continuer la diathermie. Le 3 janvier, on note que la température a un peu diminué : 38° environ; la circulation collatérale a augmenté. Aucune régression de l’ascite ; œdème des membres inférieurs, gardant le godet. À la base pulmonaire gauche, douleur spontanée, matité, mais le murmure vésiculaire s'entend bien. On donne alors à la malade de l'extrait hépatique. Le 10 janvier, on est obligé de pratiquer une ponction exploratrice de l’épanchement péritonéal : dix litres de liquide citrin. Amélioration des signes fonctionnels les jours suivants, mais les phénomènes pulmonaires s’accentuent : toux, expectoration et à l’auscultation, submatité du sommet droit avec éclat de la toux. Pas de B K dans les crachats. À ce moment, on note aussi l'apparition de diarrhée qui dure une semaine. Enfin, l’épanchement se reforme. Le 22 janvier. les épreuves sanguines donnent le résultat suivant
Temps de coagulation : 16 minutes; «+ Temps de saignement : 6 minutes;
Caillot partiellement rétractile.
La tension artérielle : 13/7.
L'état général de la malade est toujours très mauvais; l’'épanchement s’est reformé, l'abdomen est très augmenté de volume, tendu avec circulation collatérale très développée.
Conclusion : Cirrhose de Laennec à marche rapide; quatre séances de diathermie n’ont pas paru avoir d'action sur l’évolution de cette cirrhose.
Observations résumées de CARRIÈRE et MARTIN.
Nombre de cas traités :
10 cas de cirrhose avec ascite ;
1 cas de cirrhose hypertrophique sans ascite.
Résultats :
Dans six cas, aucune efficacité du traitement, ou action très pasagère sur la diurèse.
I] s'agissait de cirrhoses atrophiques d’origine éthylique avec volumineuses ascites, cirrhoses arrivées à une période déjà avancée de leur évolution. Ces malades n'avaient d’ailleurs réagi à aucun traitement.
Dans deux cas, résultat transitoire ou partiel.
En effet, l’une de ces malades, atteinte de cirrhose alcoolique atrophique avait eu son élimination urinaire ramenée à la normale par le cyanure de mercure. Quatre séances de diathermie firent doubler la diurèse et diminuer l’ascite. Mais un an après, cette malade dont l’ascite avait reparu, ne réagit plus au traitement diathermique.
Le deuxième de ces malades, porteur d’une énorme ascite et de volumineux œdèmes en rapport avec une cirrhose atrophique éthylique déjà ancienne fut soumis du 8 novembre 1932 au 4 mars 1933 à 75 séances de diathermie. Durant ce temps, grâce à cette thérapeutique, cet homme, dont la diurèse n'était pas modifiée par les diurétiques (neptal) ou les tonicardiaques (ouabaïne, digitaline), élimina une moyenne de deux litres à trois litres cinq cents d'urine, sauf toutefois au cours de certains épisodes de défaillance cardiaque ou d'infections pulmonaires. Cependant l’évolution de la maladie ne fut pas sensiblement influencée et aboutit à la mort dans le collapsus cardiaque.
Enfin. dans deux cas, nous avons pu obtenir la disparition de l’ascite et des œdèmes.
Dans le premier de ces cas, il s'agissait d’une cirrhose hypertrophique chez un éthylique : quatorze séances de diathermie eurent raison de l’ascite ainsi que des œdèmes et provoquèrent une diurèse atteignant 4 litres 500 à la quatrième séance, alors que la théobromine n’avait pas eu d'action appréciable. Mais le volume du foie ne fut pas modifié. Ce malade n’a pu être suivi ensuite.
Dans le second cas, le malade était porteur d'œdèmes et d'une ascite accompagnée d’ictères légers et déclarait avoir présenté l’année précédente un syndrome identique qui s'était amendé. Le foie était petit. La disparition de l'ascite fut obtenue après 27 séances de diathermie sans autre traitement et sans régime spécial. À la douzième séance, le taux des urines atteignait 5 litres. Comme le précédent, ce malade a été perdu de vue.
Dans le cas de cirrhose hypertrophique sans ascite, le traitement amena une diminution du météorisme et une exagération de l'élimination urinaire, en même temps qu’une amélioration subjective. Cette amélioration subjective allant jusqu’à l’euphorie, fut accusée dès le début par les malades qui réagissent favorablement à la méthode.
Observation résumée de BARIÉTY.
Bariéty rapporte, dans le Paris Médical du 6 janvier 1934, un exemple typique d'amélioration par la diathermie.
Une cirrhotique subit du 18 janvier 1932 au 18 mars 1933, 22 ponctions qui ont permis de retirer au total 262 litres 680 de liquide ascitique. À ce moment, on commence les séances de diathermie (1,2 ampère pendant 20 minutes avec une électrode lombaire de 20X20 cm. et une électrode abdominale de 15X15 cm). La répétition des séances a eu lieu selon le rythme suivant : 20 séances du 8 mars 1933 au 14 avril 1933, 13 séances du 19 avril au 20 mai, 54 séances du 7 juin au 10 octobre.
Pendant ce temps, deux ponctions seulement furent nécessaires et, depuis cinq mois, cette cirrhotique qui n’a plus eu besoin d’un seule ponction, voit son état grandement amélioré.
Observations recueillies dans le service de M. le Professeur ETIENNE.
Observation I.
R... Ferdinand, employé des chemins de fer, âgé de 49 ans, entre à l'hôpital le 5 mars 1932, pour bronchite, fatigue, congestion du foie.
Voici quels sont ses antécédents personnels : son père est mort d’une maladie d'estomac à 50 ans. Sa mère, âgée de 82 ans, est en bonne santé et a mis au monde, sans jamais faire d’avortement, cinq enfants. Parmi eux, trois sont morts : un garçon à 18 mois du croup, une fille à 18 ans l’une fluxion de poitrine et un garçon à 32 à l’hospice de Maréville (microcéphalie idiotie). Les deux autres sont en bonne santé.
Le début de son affection remonte au 9 décembre 1931 où un état grippal le force à interrompre son travail. L’ayant repris le 23 du même mois, il se sent fatigué, frileux, et le 31, il est obligé de l'interrompre à nouveau, se plaignant d’une bronchite et d’une douleur sourde dans la région hépatique. Son médecin consulté, diagnostique une congestion hépatique.
Les symptômes ne s’amendent pas, le malade entre à l’h6pital deux mois et demi après le début de sa maladie.
A l'examen, on est en présence d’un homme au faciès coloré avec quelques varicosités aux pommettes.
Interrogé sur ses habitudes, le malade reconnait boire plus de deux litres de vin par jour, avec de temps en temps quelques petits verres d’alcool. Il n’a plus d’appétit.
A l'examen clinique, le diagnostic de cirrhose hépatique certainement d’origine alcoolique s'impose.
Le foie est augmenté de volume et déborde de trois travers de doigts le rebord costal. Son bord est lisse, tranchant, facile à percevoir.
Il n'y a pas d’ascite cependant et les conjonctives ont une teinte normale.
La rate n’est pas percutable. Les urines sont normales en quantité et en qualité. Les autres appareïls ne présentent rien de particulire. La tension artérielle est de 13/7.
Le B.-W. est négatif. Urée sanguine à o gr. 42.
Le traitement suivant est alors institué : stimulants hépatiques : boldo-alcalins et diathermie, une séance tous les deux jours, une série de dix.
Sous l'influence de ce traitement, il se produit aussitôt une
ESS pes
grande amélioration. Le malade quitte l'hôpital dans un état de santé satisfaisant, le 4 avril 1932.
En résumé : Malade présentant une cirrhose hypertrophique sans ascite, traité par une série de dix séances de diathermie et des cholagogues, avec forte amélioration.
Observation II.
B.. Angelo, cuisinier, âgé de 48 ans, entre à l'hôpital le 29 novembre 1933 pour cirrhose hypertrophique du foie avec ascite, d’origine éthylique.
Dans ses antécédents personnels, on note du paludisme contracté à Venise.
Le début de l'affection a commencé par une sorte de pesanteur dans l’hypocondre droit il y a un mois environ et le malade s'aperçoit que son ventre augmente progressivement de volume.
A l'examen, le malade se présente sous l’aspect d’un homme obèse, au teint fleuri, avec de nombreuses varicosités sur les pommettes. Il pèse 110 kilos. [1 avoue boire trois litres de vin par jour.
Signes fonctionnels : le malade se plaint d’une dyspnée légère au début mais qui s’accentue rapidement et l’oblige à quitter son lit pour s'asseoir dans un fauteuil. Diarrhée fréquente : selles liquides et fétides.
Le ventre est très augmenté de volume et pointe en obusier ; à sa surface se dessine un réseau veineux sous-cutané sus-ombilical. Le malade affirme que cette augmentation de voluine ne date que de quinze jours environ. Présence d’une ascite considérable remontant jusqu’à l’ombilic avec un météorisme marqué au-dessus. Le foie est hypertrophié. mais non douloureux. I] y a également splénomégalie.
Le malade présente de l’oligurie et n’urine que 400 cc. par vingt-quatre heures. Dans ses urines, il n’y a ni albumine, ni sucre. Tous les autres appareils sont normaux. La tension artérielle est de 10/5,5. Urée sanguine o gr. 37. B.-W. négatif.
Devant ces symptômes, on institue le traitement suivant : calomel, boldo, alcalins alternés ; tonicardiaques : digitaline et strophantus ; diathermie à raison d’une séance tous les deux jours.
Le 7 décembre, une ponction est pratiquée.
Le 20 décembre, une nouvelle ponction s'impose et l’on retire dix litres d’un liquide citrin. Le 15 janvier 1934, à nouveau, on est obligé de ponctionner et l’on ne retire que 5 litres.
La diurèse oscille entre 400 et 800 cc. par vingt-quatre heures.
Le malade quitte l'hôpital, le 17 janvier, sur sa demande. Son état général est le suivant : il se sent très fatigué et il est très amaigri. Cependant l’ascite a tendance à se reformer de moins en moins vite.
En résumé : Malade atteint d’une cirrhose hypertrophique du foie avec ascite, d’origine éthylique, chez qui la diathermie n’a fait que ralentir la formation de l’ascite sans améliorer l’état général.
Odservation III.
C.. Eugène, âgé de 55 ans. terrassier, entre à l'hôpital, le 14 février 1934, pour cirrhose avec ascite. ù |
Voici quels sont ses antécédents : Il est issu d’une famille de quatorze enfants dont cinq sont encore vivants, les autres étant morts en bas-âge. Sa femme a fait trois avortements.
Le début de son affection remonte au mois de juin 1933 où des douleurs diffuses de l’hypocondre droit, de l’épigastre et de la région lombaire nécessitèrent son entrée à l’hôpital.
Dix séances de diathermie furent faites: elles amenèrent une sédation complète de ces symptômes.
Vers la fin de l'année 1933 apparaît une ascite nette avec phénomènes douloureux et diarrhée l’obligeant à se coucher. Il entre seulement à l'hôpital le 14 février 1934, les symptômes ne régressant pas par le traitement habituel de la cirrhose.
À l'examen, le malade est très amaigri et très fatigué; il a
du subictère des conjonctives. Ses membres inférieurs sont le siège d’un œdème important qui remonte jusqu’au scrotum. I] accuse une douleur diffuse dans la région épigastrique ainsi qu’au niveau de l’hypocondre droit.
Le ventre est très augmenté de volume et pointe en avant; présence d’un réseau veineux abondant de circulation colla-
térale sus-ombilicale surtout marqué dans le flanc gauche.
La percussion met en évidence une ascite abondante, libre, avec au-dessus, un tympanisme net. Il est difficile, de ce fait, de préciser l’état du foie qui semble cependant hypertrophié. II existe une splénomégalie marquée. La base pulmonaire droite est submate et le murmure vésiculaire y est diminué. Ses urines sont normales en qualité et en quantité. Tous les autres appareils sont normaux.
Tension artérielle : 14/8.
Une prise de sang a été faite; en voici les résultats:
B.-W. négatif.
Urée sanguine : Oo gr. 40.
Devant ces signes, le diagnostic de cirrhose hypertrophique du foie avec ascite d'origine éthylique est posé et le traitement suivant est institué
On alterne les excitants hépatiques : baldo, alcalins, calomel, et le 23 février. on commence la diathermie chez ce sujet à raison d’une séance tous les deux jours.
Peu de temps après l'application de la diathermie, une amélioration nette se produit : la douleur a disparu et le 17 mars 1934, l’'épanchement ascitique et les œdèmes des membres inférieurs n'existent plus.
Le malade quitte alors l'hôpital dans un excellent état de santé.
En résumé : Cirrhose alcoolique hypertrophique du foie avec ascite et œdème des membres inférieurs chez qui la diathermie employée avec des excitants hépatiques a eu une action remarquable.
Observation IT.
C... Joseph, âgé de 59 ans, chauffeur, entre à l’hôpital le 21 février 1934, pour troubles digestifs et augmentation du volume de l'abdomen et du poids corporel, essoufflement, dyspnée d'effort.
Il a des antécédents éthyliques marqués : ce malade buvait trois litres de vin par jour.
A l'examen, on est en présence d'un homme au teint jaunâtre avec, aux pommettes, de nombreuses varicosités. Il a du subictère des conjonctives et une température à 37°4.
Il n’a plus d’appétit et sa langue est chargée. Ses selles, fréquentes, dix par jour, sont blanchâtres et mousseuses à ses dires.
Le début de ces troubles remonte à janvier 1934. Le foie est volumineux, dépassant le rebord costal de trois travers de doigts. Il présente un bord dur et lisse, douloureux à la palpation. On met en évidence également une ascite peu volumineuse et libre.
Le malade a une diurèse faible : il n’urine que 500 cc. par jour d’une urine forte en couleur et ne contenant pas d’albumine.
La rate n’est pas percutable. Les bruits cardiaques sont un peu assourdis et l’on entend de nombreuses extrasystoles. La tension artérielle est de 13/5.
Une prise de sang est faite; en voici les résultats :
Après réactivation, B.-W. négatif.
Urée sanguine, o gr. 31.
Le diagnostic de cirrhose hypertrophique hépatique avec légère insuffisance cardiaque est posé.
Comme traitement : Tonicardiaques alternés : digitaline et strophantus. Excitants hépatiques : boldo, alcalins, urotropine, et diathermie : 11 séances.
Le 27 mars, le malade est nettement mieux; le foie ne déborde plus que d’un à deux travers de doigts ; l'abdomen n'est plus augmenté de volume et l’ascite a disparu. La diu-
rèse qui s'était améliorée dès la mise en œuvre du traitement oscille actuellement entre deux et trois litres.
En résumé : Cirrhose du foie hypertrophique avec ascite éthylique chez qui la diathermie associée aux tonicardiaques et aux excitants hépatiques a donné un excellent résultat.
Observation V.
P... Lucien, comptable, âgé de 57 ans, entre à l’hôpital, le 25 février 1034, pour douleurs intenses dans l’hypocondre droit et fatigue générale.
Voici quels sont ses antécédents : Il n’y a rien à signaler dans ses antécédents héréditaires. Le début de sa maladie remonte au mois d'août 1932; le malade a présenté une éruption urticarienne intense aux deux avant-bras qui a duré jusqu’à fin septembre. Il a pris de la solution de Bourget sur le conseil de son médecin qui avait constaté la présence d’un gros foie. Le malade, à ce moment, ne ressentait aucune douleur dans la région hépatique et n’avait jamais présenté d'’ictère. Il a fait au mois d’août trois épistaxis.
Mais depuis septembre, le malade sent une pesanteur dans la région hépatique et vient consulter pour son foie. On l’hospitalise le 25 octobre.
A l'examen, le malade présente un assez bon état général, bien qu’il ait maigri de neuf livres en un mois. La couleur de la peau et des conjonctives est normale. Le foie est hypertrophié et déborde d’un bon travers de main le rebnrd costal. Son bord inférieur est très dur et un peu irrégulier ; la palpation en est douloureuse. La rate est percutable et son aire de matité s'étend sur une paume de main.
L'appétit est conservé et cet homme ne présente aucun symptôme digestif. I1 présente des signes nets d’éthylisme au niveau des membres inférieurs, les muscles sont hypotoniques et le malade se plaint de douleurs dans le domaine du sciatique.
Tous les autres appareils sont normaux.
La tension artérielle est de 14,5/8,5.
Les urines sont normales en quantité et en qualité. Un Bordet-Wassermann a été pratiqué; le résultat a été négatif, malgré un essai de réactivation.
Un traitement mercuriel au cyanure est cependant institué et le malade a quitté l'hôpital le 10 novembre 1932.
Il revient le 26 février 1934; depuis quinze jours, il se plaint de douleurs intenses dans l’hypocondre droit et de fatigue générale.
On retrouve actuellement tous les symptômes déjà rencontrés lors de son premier séjour à l'hôpital. Le foie, notamment, est toujours très hypertrophié et très dur.
On met alors le malade au traitement suivant : iodure de potassium, calomel à faibles doses et diathermie. Le malade n’a eu que six séances, ayant demandé à quitter l'hôpital parce qu’il se sentait très amélioré : son état général était excellent et toute douleur avait disparu.
En résumé : Malade atteint de cirrhose hypertrophique du foie déjà traitée en 1932 par le cyanure de mercure. Rechute en 1934 : six séances de diathermie ont été faites et le résultat est excellent.