‹ Application de la Méthode Biochimique à une nouvelle étude des Préparations galéniques de la Racine de GentianeChapitre 3 sur 46 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

En 1900, MM. Em. BourqueLor et H. HÉRISsEY ont établi que, pour obtenir la gentiopicrine, glucoside de la gentiane jaune, il fallait s'adresser à la racine fraiche, et non à la racine sèche telle qu'on la trouve dans le commerce pharmaceutique (1), la gentiopicrine ayant disparu de cette dernière. Ces auteurs ont émis l'opinion que la disparition du glucoside devait être attribuée, en grande partie, au procédé que l’on emploie pour effectuer la dessiccation de la racine de gentiane. On sait, en effet, qu’on ne la dessèche pas par les procédés ordinaires ; selon LENDNER, on lui fait subir, pendant la dessiccation, un traitement qui a pour but de lui donner la teinte rougeätre exigée par les Pharmacopées. Quand la racine n’est pas encore complètement sèche, au bout de 8 à 10 jours, par exemple, on la met en tas. La masse s’échauffe ; on retourne de temps en temps de façon à mettre à l'extérieur les morceaux qui étaient à l’intérieur et l’on n'achève la dessiccation que lorsque la racine a pris la teinte rougeâtre cherchée.

« Ilest clair qu'on a soumis ainsi la racine de gentiane à une sorte de fermentation, et que les effets de celle-ci

(1) Em. BourQuELOT et H. Hérissey. — Sur la préparation de la gentiopicrine, glucoside de la racine fraiche de Gentiane (Journ. de Pharm. et de Chim. (6) XII, p. 421, 1900).

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viennent s'ajouter à ceux de la dessiccation ellemême » (1).

En 1905, M. G. Tanrer, reprenant l'étude de cette drogue (2), reconnut que la gentiopicrine pouvait être employée comme remède contre le paludisme. Il vérifia les dires de MM. BourqueLor et HÉRISSEY, à savoir que la racine de gentiane du commerce ne renferme plus de gentiopicrine, et il termina son travail en disant « qu'il serait désirable de remplacer les préparations actuelles de gentiane par d’autres obtenues à partir de la racine fraiche : on aurait ainsi des produits contenant les glucosides inaltérés 402000

En 1910, nous avons établi, M. BourQuELoT et moi, que la racine-de gentiane, séchée à l'air, dans un grenier, conservait la majeure partie de ses principes immédiats hydrolysables par l’invertine et par l’émulsine, ce qui laisse supposer que la grande différence existant entre la composition de la racine fraiche et la composition de la racine du commerce est dûe surtout à la fermentation que l’on fait subir à cette dernière (3).

Pour faire ces recherches, nous avons eu recours à la méthode biochimique de M. Bourqueror, méthode qui peut être employée au dosage successif, dans un même liquide, des sucres, puis des glucosides dédoublables par lémulsine.

Cette méthode est bien connue à l’heure actuelle ; néanmoins, comme ce travail repose en entier sur son application, il est bon, je crois, d’en rappeler ici le principe.

(1) Em. BOURQUELOT et H. HÉRISSEY. — Les sucres de la poudre et de l'extrait de Gentiane ; préparation du gentiobiose en partant de ces médicaments (Journ. de Pharm. et de Chim. (6) XVI, p. 513, 1909).

(2) G. TaNRET. — Contribution à l'étude de la Gentiane. Thèse Doct. Méd., Paris, 1905.

(3) Em. BourqueLor et M. BRIDEL. — De l'influence du mode de dessiccation sur la composition de la racine de Gentiane. Préparation dela

gentiopicrine en partant de la racine sèche. (Journ. de Pharm. et de Chim. (7) I, p. 156, 1910).

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