DÉCROISSANCE DANS L'EAU RÉGALE FLUORÉE
LACOMBE et BEAUJARD [26] ont signalé que les 5 échantillons polycristallins d'aluminium pur étaient attaqués Fig. 27 plus ou moins vite, suivant les orientations des différents grains, par le réactif à l’eau régale fluorée qu'ils ont mis au point. En particulier, un échantillon soumis à une attaque de 30 minutes montre un faciès caractéristique avec des surfaces de grains en terrasses; les grains dont le plan de surface est proche de 001! restent polis et en relief par rapport aux autres. Les éprouvettes présentant une texture (100) et [001] montrent une résistance particulière à l’attaque. Cependant, le phénomène est complexe et peut être modifié par la formation de piles électrochimiques que nous évitons par l'emploi de monocristaux.
Un raisonnement purement mécanique de composition de vitesses nous permet de prévoir la forme limite que doit prendre le cristal par dissolution anisotrope de ses faces. Il nous faut auparavant connaître la face lente de la dissolution dans l'aluminium. MaHL et STRANSKI [27|, puis LACOMBE et BEAUJARD [26] ont montré, par examen microscopique et par détermination des orientations aux rayons X, que les figures de corrosion se développaient par facettes parallèles aux plans 001! du cube.
Nous représentons la vitesse de dissolution perpendiculairement à la face la plus lente par un vecteur Von): sachant que les faces non parallèles à 001! se dissolvent uniquement par facettes qui sont parallèles à }001!, le vecteur vitesse correspondant à la face }hkl! est obtenu en projetant orthogonalement sur la rangée < hkl =>, les vecteurs vitesses correspondant à chaque système des facettes qui interviennent, Par exemple, la vitesse ire ou vitesse de dissolution parallèlement à une surface 011, est composée
OU
” Woro) [070]
Fig. 30. — Monocristal sphérique d'aluminium pur poli électrolytiquement pendant 2 heures, attaqué 20 secondes à l’eau régale fluorée
Aspect du pôle (001)
Fig. 31. Aspect du pôle (111) Sur un monocris{al sphérique d'aluminium
Fig, 32, — Attaque de 10 minutes dans l’eau régale fluorée
Fig. 33. — Attaque de 5 heures dans l’eau régale fluorée Le]
vectoriellement à partir des deux vecteurs correspondant aux facettes (001) et (010) qui interviennent (fig. 28) et sont dans le même plan (0k, 07). On à donc :
V(o11) — Voo1 3 Voo ou
| Von) | = V2 | Voo: |-
; > > > Dans le cas des plans }111! les trois vecteurs Vi Véro) t Vaoo) Se composent et l’on a la vitesse de dissolution maximum en valeur absolue :
| Viun | == V3 | NE (fig. 29);
La vitesse étant maximum pour les directions < 111 =, les faces }111! perpendiculaires à ces directions vont se développer au détriment des faces lentes }011! et ;001! qui vont disparaître. Le solide limite obtenu dans ces conditions est l’octaèdre.
Les différentes figures suivantes montrent les stades de l'attaque; les calques portent les indices des pôles.
Au bout de quelques secondes d'attaque, les régions des pôles }111! et ;011: deviennent mates par formation de figures de corrosion.
Les pôles \001!, qui conservent l'aspect du poli électrolytique, couvrent de larges surfaces circulaires (fig. 30); les pôles }111! sont très étroits (fig. 31).
Après 10 minutes d'attaque (fig. 32), les pôles 001! n'occupent plus qu'une surface réduite qu’ils conserveront pendant longtemps; les pôles (111) sont considérablement élargis.
Après 2 heures, le cristal a perdu sa forme extérieure sphérique; l’aspect est celui d’un cuboctaèdre avec des faces 001! réduites, des arêtes }011! et de larges faces ;111! encore convexes.
Au bout de 5 heures, on obtient un octaèdre à faces convexes à grand rayon de courbure; les sommets 001! sont aigus et les arêtes }011! bien marquées (fig. 33).
Si l’on pouvait continuer l'attaque suffisamment longtemps, on arriverait aux faces planes, mais il devient difficile de pousser l’attaque plus loin, car les gaz emprisonnés dans le métal au moment de la solidification ont formé des cavités qui s’élargissent à mesure que les dimensions extérieures du cristal diminuent.