DE
15 Jours à 3 semames
Fig. 40
Le bord des grains est plus aminci que le centre, ce qui provoque souvent la rupture intercristalline de l'échantillon sous son propre poids. Cependant, les cristaux ainsi détachés diffèrent de ceux que nous décrirons plus loin, en ce qu'ils n’ont pas conservé intacte la forme qu'ils avaient dans la tôle à gros grain soumise à la corrosion.
3. — Avec l’aluminium de titre 99,993 %, le phénomène de corrosion intercristalline apparaît très nettement. Après un séjour de quatre à six jours dans l’acide chlorhydrique, il n’y a pas de diminution d'épaisseur mesurable; d’ailleurs, en dehors de nombreuses piqûres qui donnent à la surface des cristaux un aspect moiré, on peut constater que le poli électrolytique subsiste.
L'attaque des grains est très rapide et, dès le deuxième jour, il n’est pas rare de voir des grains entièrement déchaussés, tomber au fond du récipient d'attaque. Ceci s'explique par le fait que la vitesse de progression de l’attaque dépend de l'orientation relative des cristaux; les cristaux dont la désorientation est grande sont libérés très vite, par contre, les contours des macles rectilignes résistent indéfiniment.
Un examen au microscope à faible grossissement montre un fossé étroit à bords très nets qui traverse souvent l'échantillon de part en part, mais s’amincit en certains endroits au hasard des sinuosités présentant des orientations favorables, où les cristaux adhèrent encore. Il suffit souvent, d’ailleurs, d’une faible sollicitation mécanique pour que les grains se séparent comme les pièces d’un puzzle.
{ Le cas de l'aluminium de titre 99,9986 % est semblable en ce qui concerne la marche de la corrosion. La surface conserve son poli électrolytique quelle que soit la durée de l'attaque, et le nombre de piqûres est beaucoup plus faible que pour l'aluminium 99,993. Très souvent, la surface des cristaux montre des teintes d’interférence lorsqu'on les examine sous un angle favorable; nous pensons qu'il y a formation : une couche d’oxvdation mince plutôt qu’un effet de diffraction de la lumière sur les piqûres d'attaque très fines.
La figure 41 montre un cas typique de corrosion intergranulaire avec séparation
des grains.
Fig. 41. — Aluminium 99,9986 recristallisé et recuit huit jours à 610° Corrosion intergranulaire après quatre jours dans HCI à 15 % en poids, sous 10 mA/dm?° à l’anode