INFLUENCE DE L’ÉTAT DE SURFACE
Les expériences précédentes nous ayant laissé supposer que les impuretés pouvaient se rassembler aux joints des grains par un recuit de longue durée, nous avons essayé de voir si la surface libre jouait le même rôle que le joint de grain et sil se produisait une concentration d’impuretés au voisinage de la surface. En effet, les éprouvettes chauffées pendant plusieurs jours à 6100, et par conséquent recouvertes d’une peau d'oxyde, subissent une corrosion rapide de toute la surface. On peut penser que c’est la couche d'oxyde qui joue le rôle d’amorce pour la corrosion, ou bien que ce sont les impuretés chassées du cristal par la diffusion qui jouent ce rôle.
C'est pour vérifier cette hypothèse que nous avons fait les essais suivants sur un lot d’éprouvettes ayant subi un traitement normal de recristallisation, puis un recuil de huit jours à 6100. La moitié des éprouvettes a été soumise à un polissage électrolytique, décapage de courte durée (5 à 10 mn) ayant pour but de débarrasser la surface de la couche d'oxyde formée à chaud; l’autre moitié a été soumise à un polissage électrolytique de longue durée (2 h) qui permet d'éliminer une couche superficielle du métal. Les deux lots ont été ensuite mis à la corrosion dans les conditions habituelles. Nous n'avons pas constaté de différence appréciable dans la marche de la corrosion. Il semble donc que si la corrosion intergranulaire est due à un rassemblement d'impuretés au voisinage immédiat des joints de grains, ceux-ci ont seuls le privilège de diriger cette diffusion.