CONCLUSIONS
Il résulte de ces expériences que l'intérêt de l'étude de la corrosion intercristalline ne se manifeste qu’à partir d’une pureté élevée du métal, car ainsi le phénomène d'attaque généralisé est pratiquement annulé. Le phénomène d'attaque générale de la surface nuit à l'observation de la corrosion intercristalline et, de plus, semble la retarder. Ce comportement s'explique peut-être par l'existence de zones anodiques très larges dans le cas d’une attaque généralisée, alors que dans le cas de l'attaque limitée aux joints de grains ces zones anodiques sont très étroites par rapport aux zones passivées de la surface polie électrolytiquement qui jouent le rôle de cathodes.
Il semble, d'autre part, que la décohésion plus rapide constatée pour le métal refroidi lentement indique une possibilité de précipitation des impuretés dans le joint
au cours du refroidissement, comme cela a été constaté à une autre échelle dans les alliages aluminium-cuivre trempés à l'air. Étant donné la faible teneur initiale en impuretés, il faut alors admettre qu’au cours du recuit à 610° une partie de celles-ci se sont rassemblées par diffusion dans les lacunes de raccordement des réseaux. L'importance et le nombre de ces lacunes dépend des orientations relatives des deux réseaux et de celle du joint de grain. De cette manière s’expliquerait l'attaque plus où moins marquée le long des sinuosités. Quand le plan de raccordement est un plan de macle, il n'y a pas de discontinuités, donc pas de place pour un rassemblement des impuretés; il n'y a plus d'attaque.