CHAPITRE ONZIEME
Nous avons déjà fait observer qu’il est nécessaire que tous les objets représentés dans un tableau soient soumis à son horizon ; et que , quand un peintre a seulement dessiné une ou plusieurs figures humaines sur son tableau , 1 horizon de ce tableau est déterminé, et cet horizon doit régir tous les autres objets qui entrent dans la composition de son tableau.
Il existe des portraits peints d’après nature, dont les contours fidèles sont soumis à la hauteur des yeux du peintre qui est celle de son horizon; mais ces portraits se détachent sur un fond orné de différens objets variés , dont la perspective est soumise à un autre horizon qui est celui de la figure. Cette bizarrerie , qui détruit l’unité d’effet de ces tableaux , frappe les yeux les moins exercés.
Nous indiquerons ici une faute de perspective dont la cause venait de ce que l’horizon n’avait pas été déterminé sur le tableau.
Ce tableau représentait un paysage dans lequel on avait peint des figures humaines sur un chemin de niveau à différentes profondeurs de ce chemin ; ces figures n’avaient entre elles aucune proportion ; celles du fond , beaucoup trop petites , semblaient être des pygmées , en les comparant à celles du devant du tableau; car, en supposant l’horizon indéterminé à la hauteur de celles-ci 1 celles du fond auraient eu un quart de stature de hauteur. On ne pouvait pas supposer que le terrein qui portait les figures descendait vers le fond du tableau, puisqu’il bordait un lac dont la surface horizontale de 1 eau, un peu au-dessous , suivait celle de ce terrein.
Nous signalerons enfin une autre faute de perspective, sans doute produite par l’inattention du peintre , puisque l’horizon était représenté sur le tableau.
Une figure humaine était placée sur le sommet d’un édifice qui s élevait au-dessus de l’horizon , ce qui produisait un bel effet ; mais on voyait à-la-fois le dessous des pieds et le dessus des épaules de cette même figure.