LICENCES PERSPECTIVES
Si l’on suppose qu’un tableau, dont la perspective est exacte et selon toutes les règles de cet art , ne sera vu que du seul point choisi par le peintre pour le tracer, c’est-à-dire du point de vue auquel est subordonnée la forme de tous les objets qui composent ce tableau , les plus légères licences ne peuvent être permises dans un tel ouvrage ; non-seulement elles seraient inutiles , mais encore nuisibles à son effet et à l’illusion qu’il produirait. La précision rigoureuse est alors nécessaire.
Mais un tableau d’une grande dimension , destiné à orner un salon , une galerie, etc., doit être vu en même temps par un certain nombre de spectateurs, tandis qu’il ne pourrait être vu de son vrai point que par une seule personne à-la-fois; et, pour que tout le monde le vît de ce point, il faudrait donc que chacun s’y plaçât à son tour, ce qui serait presque impraticable, surtout quand l’affluence des spectateurs est nombreuse. Ce n’est pas ainsi qu’on admire un tableau célèbre d’une très grande étendue. Les spectateurs, loin de rester au même lieu où ils s’étaient placés d’abord pour jouir de son ensemble et de son effet général , changent de place et se portent successivement vers la droite et vers la gauche, pour parcourir des veux ses moindres détails, et en observer toutes les beautés.
Or, supposons que ce tableau a été tracé avec la précision géométrique; que tous