TOUR CARRÉE VUE SUR L AN GLE
Planche 4y- — Figure 3. — Pour représenter une tour carrée vue sur 1 angle , il faut remarquer:
i° Que l’une des diagonales du plan horizontal de la base ou du sommet de cette tour doit être parallèle à l'horizon , et que l’autre diagonale perpendiculaire au tableau doit tendre au point principal;
•2° Que si l’arête qui réunit les deux faces visibles de cette tour, se trouve sur la verticale du tableau, ces deux faces seront d’une largeur égale (ce qu’on évite comme peu pittoresque); mais que, si cette arête est éloignée de part ou d’autre de cette verticale, le côté le plus près de cette ligne paraîtra plus large que 1 autre.
Nota. La perspective d’une tour vue sur l’angle sera défectueuse, lorsque la distance principale sera trop petite; car alors ses angles droits paraîtront aigus.
Enfin, pour tracer à volonté , dans un tableau, une tour carrée vue obliquement, il faut remarquer:
i° Que les côtés visibles de cette tour paraissent d’une largeur inégale;
Planche 47- — Figure 5. — 2° Que les lignes qui forment les angles des plans horizontaux de la base ou du sommet de cette tour, ne sont pas également inclinées à l’horizon, que la plus courte de ces lignes est la plus inclinée, et qu’elle doit être
LICENCES, 1NSTRUMENS.
coupëe par une horizontale ab menëe de l’extrémité la plus éloignée de l’autre ligne. Sans ces conditions, la tour ne sera pas élevée sur une base carrée.
Figure 6. — Nous avons indiqué une perspective défectueuse de la même tour.
Nota. Comme le cercle peut être inscrit dans le carré, on peut par ces mêmes moyens représenter des tours rondes.
OBSERVATION SUR LA VUE DE FRONT DUNE COLONNADE ET ü’uNE TOUR.
Si l’on veut représenter une colonnade vue de front , il faut figurer sur le tableau les colonnes égales , quelle que soit l’étendue de cette colonnade.
Si V on a une tour vue de front, divisée en assises égales, il faut figurer sur le tableau les assises égales, quelle que soit la hauteur de cette tour.
Cette opinion n’est pas celle de quelques personnes, et voici leur raisonnement :
Planche — Si l’œil d’un spectateur est placé en un point O, devant une colonnade vue de front, et que l’on mène de ce point des rayons ou lignes tangentes à toutes les colonnes , les intersections de ces lignes et de l’une quelconque des lignes AB, CD, EF, prises pour le tableau , donneront les largeurs des colonnes sur AB, CD, EF, et il est à remarquer que ces largeurs, au lieu d’être égales, sont d’autant plus grandes, quelles s’éloignent davantage de la verticale OP.
Mais c’est sur un arc, dont notre œil est le centre , que nous jugeons de l’ouverture de deux angles différens, et par conséquent de la grandeur des objets; ainsi, les rayons visuels tangens aux colonnes interceptent, sur les arcs décrits du point O comme centre, avec OP, O G, OH pour rayons, des largeurs qui sont d’autant plus petites, qu’elles s’éloignent plus de la verticale OP, ce qui est conforme à notre manière de voir.
Concluons que, si, dans la nature, les colonnes qui composent une colonnade vue de front, sont égales, il faut les dessiner égales, parce que nous les verrons, sur le tableau, telles qu’elles sont dans la nature, et l’effet optique qui, dans la nature, nous fait paraître plus petites les colonnes vues plus obliquement, nous les fera paraître de même sur le tableau, (i)
Ce que nous venons de dire pour les colonnes, s’applique aux assises égales d une tour vue de front.
i r) Cette opinion est aussi celle que manifeste le célèbre Jean Cousin, dans son traite de Perspective, publié en i5Go.