‹ Application de la perspective linéaire aux arts du dessinChapitre 133 sur 160 · OBSERVATIONS SUR L ATMOSPHERE · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS SUR L ATMOSPHERE

On appelle atmosphère cette masse d’air ou d’autre fluide léger qui environne la terre de toutes parts.

L’atmosphère qui a plus ou moins de densité près la surface de la terre, se dilate insensiblement à mesure qu’elle s’élève au-dessus de cette surface. (2)

Comme tous les corps de la nature, l’atmosphère a sa couleur particulière: cette couleur, ordinairement azurée, se manifeste surtout dans cet espace immense, infiniment étendu, que l’on appelle le ciel , et, dans les lointains, on la distingue mieux sur les corps noirs ou ombrés que sur les corps blancs ou éclairés. (3)

Elle produit , à nos yeux , l’effet d’un voile bleuâtre , plus ou moins transparent , étendu sur toute la nature.

Planche 52. — Figure 2.— Selon les observations de Smith, la hauteur moyenne de l’atmosphère réfléchissante au-dessus de la surface de la terre, est à-peu-près égale à la quatre-vingt-seizième partie de son demi-diamètre. Enfin, l’atmosphère est le principe de la perspective aérienne.

observations sur l’azur du ciel.

L’azur céleste est composé de lumières et de ténèbres, c’est-à-dire d’un blanc très pur et d’un noir très parfait. Cette belle couleur, qu’un ciel serein offre à nos yeux , n’est autre chose que l’obscurité profonde répandue dans l’espace immense

(1) Traité de la peinture, cliap. xlvi.

(2) L. , chap. cm.

(3) L., chap. clii et clxii.

PERSPECTIVE AÉRIENNE

qui nous environne, et que nous apercevons au-delà de l’atmosphère éclairée, comme à travers un voile blanc , plus ou moins transparent. (i)

Cet azur semble s’éclaircir à mesure qu’il s’approche de l’horizon , parce que cette partie du ciel est toujours chargée d’une plus grande quantité d’air épais que le zénith. (2)

L’horizon n’est pas toujours la partie la plus claire du ciel ; quelquefois des vapeurs épaisses qui s’élèvent ou retombent le matin ou le soir, le colorent d’une teinte grisâtre, jaunâtre ou pourprée. Cette teinte, plus ou moins foncée, ne s’éclaircit qu’à une certaine hauteur, en se mêlant à l’azur dégradé en sens contraire; alors, c’est à cette hauteur que la voûte est plus lumineuse.

L’azur du ciel paraît d’autant plus obscur, qu’il est vu d’un lieu plus élevé.

Pendant une belle matinée d’automne, nous traversions le Mont-Cénis: ses sommets couverts de neige étaient alors éclairés du soleil qui les colorait d’un blanc rougeâtre éblouissant. Ces neiges se détachaient vivement sur un azur violâtre presque noir. La couleur des ombres de la neige était un mélange de rose et d’azur, et ces ombres se détachaient de même en clair sur la voûte obscure du ciel.

La couleur plus ou moins éclatante des nuages éclairés par le soleil, contribue aussi à faire paraître, par opposition, l’azur plus ou moins foncé.

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