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CHAPITRE DEUXIÈME

Oa appelle terre-in , ou plan perspectif , terrein ou plan fuyant, cet espace du tableau qui est compris entre sa base et son horizon.

T P est le terrein perspectif.

La base du tableau , ou ligne de terre, est l’intersection du plan du tableau avec le plan objectif.

A B est la base du tableau.

On appelle objet naturel, figure originale, géométrale, ou primitive, tout ce qu’on propose de représenter en perspective.

On appelle objet perspectif, objet imité, représentation, image, apparence, on projection de l’objet naturel , tout ce qui est représenté en perspective sur le tableau.

On appelle lignes de fuite , ou lignes évanouissantes , celles dans lesquelles paraissent se réunir des plans parallèles entre eux; par exemple: l’horizon du tableau est la ligne de fuite de tous les plans horizontaux ; et la verticale du tableau , est la ligne cle fuite de tous les plans verticaux perpendiculaires au tableau.

Les points de fuite , points de concours, points évanouissans, sont ceux auxquels des lignes fuyantes , parallèles entre elles, concourent, se réunissent ou tendent à se réunir; par exemple, le point principal, est le point de fuite de toutes les lignes perpendiculaires au tableau, et les points de distance placés sur l’horizon, sont les points de fuite de toutes les lignes horizontales qui font un angle demidroit, 45° avec le tableau, etc. , tous les autres points de fuite ^ ceux-là exceptés, sont appelés par plusieurs auteurs points accidentels ; ils appellent célestes ou aériens, ceux qui sont au-dessus de l’horizon; et terrestres, ceux qui sont audessous. (i)

On appelle lignes ou surfaces de front, toutes celles qui sont parallèles au tableau.

Et lignes , ou surfaces fuyantes , toutes celles qui ne sont pas parallèles au tableau.

Nous appellerons largeur en perspective , la dimension horizontale d’une surface de front ; et hauteur , sa dimension verticale.

On appelle profondeur , la dimension d’une surface fuyante prise dans la direction de lœil à 1 horizon; par exemple, la profondeur totale du terrein ou plan perspectif dun tableau, est l’espace qui s’étend de sa base à son horizon.

Dégradation linéaire , se dit de la dimension graduelle de grandeur des objets, selon leur distance de l’œil.

i; Ou pourrait appeler points de faite horizontaux , ceux qui sont sur l’horizon; surorizontaux, ceux qui sont au-dessus; et sousorizontaux , ceux qui se trouvent au-dessous.

PRÉLIMINAIRES

On appelle rectangulaire , un édifice en perspective, lorsque les arrêtes verticales, qui réunissent ses faces adjacentes visibles, représentent des angles droits.

L 'échelle de front est une ligne droite parallèle au tableau. Cette ligne est divisée en parties égales, qui représentent certaines mesures dune grandeur et d’une valeur convenue ou déterminée; cette échelle se place ordinairement sur la base ou sur les montans du tableau.

Enfin , X échelle fuyante est une ligne droite couchée sur le plan fuyant ou terrein perspectif du tableau, et dirigée de sa base à son horizon, c’est-à-dire, dans le sens de sa profondeur; cette échelle est divisée en parties dégradées perspectivement, qui représentent des mesures égales.

REMARQUES SUR LES DIFFERENTES ILLUSIONS QUE PRODUISENT A NOS YEUX LES MEMES OBJETS ,

SELON QU’ILS SONT VUS DE PRES OU DE LOIN, ET SELON LEURS POSITIONS VARIEES,

D’APRÈS LESQUELLES SONT ETABLIS LES PRINCIPES ET LES REGLES DE LA PERSPECTIVE.

Tous les objets visibles semblent diminuer de grandeur à mesure qu’ils s’éloignent de nous.

Chaque objet n’est visible que jusqu’à une certaine distance au-delà de laquelle il n’est plus vu. (i)

Un objet disparaît au-delà d’une plus ou moins grande distance, selon qu’il est plus ou moins grand ; nous supposons ici cet objet toujours environné d’air pur, sans considérer les effets que produisent les vapeurs atmosphériques, les brouillards , les fumées , etc.

Les lignes parallèles prolongées à une grande distance paraissent s’approcher les unes des autres , et se réunir en un point à leurs extrémités. (2)

Tel est l’effet que produisent les lignes parallèles sur lesquelles sont plantés les arbres qui bordent une longue avenue, ou une route à perte de vue.

Si une surface plane est couchée horizontalement à la hauteur de l’œil , elle paraîtra comme Line ligne droite , de niveau, parce que l’on ne verra que f extrémité de cette surface. (3)

Une surface horizontale située au-dessous de l’œil , paraît s’élever en s’éloignant (4), tel est l’effet de la mer ou d’une plaine très étendue qui semble s’élever vers l’horizon.

(1) Optique d’Euclide, théorème 3.

(2) Idem , théorème 6.

(3) Idem , théorème 22.

(4) Idem , théorèmes 10 et. i3.

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