‹ Application de la perspective linéaire aux arts du dessinChapitre 36 sur 160 · REMARQUES ESSENTIELLES · texte numérisé non relu

REMARQUES ESSENTIELLES

Lorsque, pour voir un tableau qui a été tracé selon les règles de la Perspective, on est place à son point de vue, c’est-à-dire à la distance convenablement choisie par le peintre, ce tableau, bien peint, doit produire toute 1 illusion possible.

Si, pour voir ce meme tableau, on s en est approché davantage, et que l’on soit placé entre son point de vue et sa surface , les objets représentés conserveront encore leur formes agréables; seulement, cette surface, dont on ne pourra si aisément embrasser toute l’étendue, semblera s’éloigner de l’œil.

■imus si, au contraire. Ion se place plus loin que le point de vue choisi pour

PRÉLIMINAIRES

voir ce tableau , les objets représentés paraîtront plus ou moins déformés.

C’est surtout dans les tableaux qui représentent de l’architecture , ou des corps réguliers , que ces effets se manifesteront plus vivement.

Il vaut donc mieux que la distance principale soit faite plus grande que plus petite, afin que le spectateur, pour voir le tableau, soit plutôt placé plus près que plus loin; ainsi, dans tous les cas où l’on voudra déterminer d’abord la distance , il faudra la placer au lieu le plus éloigné d’où le tableau puisse être bien vu.

Les objets mis en perspective selon les règles, mais d’une distance trop petite, ne sont pas agréables à la vue: on peut s’en convaincre en voyant les figures gravées dans plusieurs traités justement estimés, dans lesquels on a placé les points de distance sur les bords du tableau, afin de les employer pour rendre les opérations plus faciles, et les démonstrations plus claires et plus intelligibles. Ces figures, placées dans des livres excellens, ont fait croire à quelques personnes que c’était le fait de la Perspective exacte de déformer ainsi les objets.

Tous les auteurs qui ont prétendu donner des règles pour établir la distance principale , n’ont présenté que des opinions particulières sur cet objet, car il n’existe aucune règle générale.

Dans plusieurs traités de Perspective, on trouve des règles pour déterminer la distance principale , les uns l’établissent d’après l’ouverture de l’angle compris dans le quart du cercle; d’autres, d’après l’angle compris dans la sixième partie; d’autres encore la font égale à la plus grande dimension du tableau. Sans rien préjuger sur ces règles , nous allons indiquer celles des peintres et des architectes célèbres qui ont écrit sur la Perspective, et qui ont réuni l’exemple au précepte.

Léonard de Vinci dit (1) que , pour dessiner un objet d’après nature, il faut être éloigné de cet objet d’une distance égale à trois fois sa grandeur ; ailleurs (2), il conseille de faire la distance principale égale au double de la grandeur du tableau. Pour accorder ces deux passages de Léonard, qui paraissent contradictoires, il faut remarquer que l’objet dont il parle d’abord, par exemple, une figure humaine ne doit pas occuper toute la surface du tableau sur lequel elle est représentée , et qu’ainsi la distance principale peut être, en même temps, triple de la hauteur de la figure, et double de la grandeur du tableau.

Balthazar Perruzzi, et, d’après lui, Sébastien Serlio,son élève, ont aussi établi

( i) Traité de la Peinture , eliap. xxv. (T) Idem , eliap. cccxxu.

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