‹ Application des Données Numériques à la Surveillance Clinique de l'AccouchementChapitre 10 sur 35 · START · texte numérisé non relu

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intermédiaire du muscle entre les contractions. C’est le muscle utérin qui, par ses contractions, dilate son propre orifice et expulse son contenu, comme le voulait GALIEN

et comme BAUDELOCQUE l’affirmait, en 1796, dans son Art

des Accouchements (tome I, page 224). L'accouchement est donc un acte musculaire, exactement comme le sont la contraction cardiaque pour la circulation, la contraction diaphragmatique pour la respiration, et le péristaltisme gastro-intestinal pour le transit des aliments. Sans vouloir minimiser le mérite de celui ou de ceux qui ont découvert le rôle de pompe joué par le cœur, et de celui qui, le premier, eut l’idée d’ausculter un Gœur pour guetter la lutte entre-le cours du sang et les valvules, il est permis de faire l’éloge de tous les bons ouvriers dont les inventions diverses ont complété ces notions descriptives par des données numériques, en employant le chronomètre pour compter les pulsations, en imaginant le sphymomanomètre pour mesurer la tension et en appréciant |: valeur du myocarde au moyen de l’électrocardiogramme.

Les notions numériques, voilà le grand mot prononcé : il n’est point de science sans mesure.

Il apparaît comme infiniment souhaitable d'introduire

les mesures dans l’acle physiologique qu'est la contrac-

tion utérine. C’est ce que ce mémoire se propose d’étudier, car l’idéal de l’obstétrique est d’abréger la durée de l'accouchement et de diminuer la douleur dans la mesure où celae peut se faire.

Cet idéal présuppose une connaissance de la physiopathologie du muscle utérin : 1°) pour combattre les anomalies de la contraction observées à l’état isolé; 2°) pour combattre les anomalies de la contraction associées à une dystocie osseuse ou à une dystocie fœtale; 3°) pour comprendre l’action des médicaments ocytociques, anésthésiques ou antispasmodiques.

Comme le disait J.-B. DE LEE dans son Year Book de

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1933, « nous avons besoin d’une méthode scientifique pour estimer, cliniquement, les forces du travail. Jusqu’à ce que nous ayons une telle méthode, nous ne pouvons mener à bien l’observation et conduire le travail à un niveau vraiment scientifique ».

Les anomalies de la contraction peuvent se classer sous quatre rubriques (115 et 119) : 1°) trop grande énergie des contractions; 2°) hypertonie généralisée : 3°) hypertonie annulaire (dystocie de DEMELIN et dystocie de SCHICKELÉ: 4°) hypotonie. On devra porter la plus grande attention à ne pas confondre la non-progression du travail par hypertonie, et la non-progression par hypotonie. L'hypertonie est la plus fréquente des anomalies de la contraction, non pas dans sa forme grave, mais dans ses formes moyennes et légères. Trop souvent la nonprogression du travail est appelée, dans les observations cliniques, inertie, alors qu'il s’agit d’hypertonie : le travail « traîne », le tonus est élevé, la tension différentielle est faible, la femme toujours dolente souffre à peine un peu plus lors de la contraction, et l’on dit « inertie »; il faudrait dire « contracture » (100).

Pour interpréter ces divers états, il faudra donc étudier les modalités de la contraction et, aussi, les modalités du tonus. Entre les contractions, le muscle. utérin reste dans un certain état de tonus : « pendant ia contraction, il s’appliquait sur l'œuf à la façon d’un moule qui colle à l’objet moulé; entre les contractions, ce n’est plus qu’un vêtement bien ajusté » (100, 115). Tous les museles d’un animal vivant, alors même qu’ils sont dans le relâchement ou plutôt dans l’état de non contraction, sont dans une sorte de tension permanente, associée au main‘ien de leur fonction. Au niveau de l’utérus, comme uu niveau de n'importe quel muscle, i: ne faut pas sépa-

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