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5 — — losangique.

été depuis lors employé en France, en Angleterre, avec le plus grand succès, et de son côté l'auteur, M. Esmarch, en a étendu l'application à un grand nombre d'opérations, môme à l'amputation des membres dans leur racine.

Les trois périodes que nous venons d'esquisser représentent les progrès qui ont été effectués de nos jours touchant l'hé-

mostase. Toutes les trois correspondent à des procédés particuliers qui ne sauraient se suppléer et qui représentent toutes les ressources que possède aujourd'hui le chirurgien pour arrêter les hémorrhagies.

Troubles de l'appareil respiratoire. — Nos connaissances touchant les maladies de cet appareil ne seraient pas plus avancées qne du temps d'Hippocrate si nous étions encore privés des moyens d'investigation qui ont été découverts durant cette période: l'auscultation, la percussion, la laryngoscopie. Comme nous devons nous occuper de ces questions à propos des applications de la physique, nous nous bornerons ici à quelques réflexions.

Laennec éclaira non-seulement le diagnostic- par le stéthoscope, mais encore il créa tout entière l'anatomie pathologique des affections des voies respiratoires.

Là où un génie puissant avait passé, dit M. J. Béclard, il ne restait guère plus de place que pour les découvertes de détail et pour les perfectionnements ( 1 ) .

Nous retrouverons ces découvertes et ces applications un peu plus loin.

Notons encore, comme ayant apporté vers la même époque (1808) un concours précieux au diagnostic des affections thoraciques, les travaux de M. Piorry sur la percussion médiate.

Grâce à ces deux découvertes immenses, la percussion et l'auscultation, la cavité thoracique n'a plus de secrets pour le clinicien.

Le laryngoscope a été pour les affections du larynx et du nez ce que le stéthoscope avait été pour les poumons et le cœur; se savantages se sont même étendus plus loin, car, grâce à lui, on peut non-seulement diagnostiquer le mal, mais encore diriger les instruments ou les remèdes dans des régions qui avaient échappé jusqu'ici à l'action directe du médecin.

Le véritable corps sonore, désigné par nous sous le nom de membrane vocale, étant découvert, il a été possible de diagnostiquer et de localiser les affections laryngiennes avec beaucoup plus d'exactitude qu'on ne l'avait fait jusqu'à présent.

Enfin, la connaissance exacte de la formation des lettres dans le tuyau vocal a permis d'enseigner l'articulation des mots aux

(1) J. Béclard et Axenfeld, Rapport sur les progrès de la médecine, p. 1.

sourds-muets et aux bègues avec plus de méthode et de précision.

Chaleur animale. — Une des applications les plus importantes de la physiologie à la médecine, c'est, sans contredit, celle qui résulte de la détermination de la température animale au triple point de vue du diagnostic, du pronostic et du traitement.

L'idée première de la recherche de la température dans les maladies n'est pas nouvelle. Nous avons vu (page 62) que Sanctorius se servait, en 1561, d'un thermomètre de son invention.

M. Bouillaud, en 1838, introduisait l'usage du thermomètre dans les salles de la Charité; MM. Piorry et Andral imitèrent cet exemple ; mais ces applications isolées d'un procédé si précieux n'étaient considérées que comme un moyen d'apporter à l'observation plus d'exactitude et de rigueur.

C'est M. H. Roger qui, le premier, a bien saisi toute l'importance et toutes les ressources delà thermométrie. On trouve, en effet, dans le travail qu'il publia en 1844 sur ce sujet, l'instrumentation, les règles, les principes, les indications, tout ce qui concerne enfin la thermométrie médicale (1).

Les résultats obtenus par M. H. Roger, dans l'étude des maladies de l'enfance, eurentun retentissement mérité, etbientôt, de toutes parts, la thermométrie fut appliquée à l'étude et à l'observation des maladies.

En Allemagne, nous trouvons les travaux de Bœrensprung [Recherches sur la température du fœtus et de l'adulte à l'état physiologique et morbide : in Arch. de Millier, 1851), de Traube, de "YYunderlich [De la température dans les maladies, trad. de Labadie-Lagrave, et introduction de Jaccoud, 1872). En Angleterre, c'est John Simon, Sidney, Ringer, Aitkin ; en Hollande, van Folker; en Amérique, Bonnet-Dowler ; à Genève, Ladé ; en France, Jaccoud, Charcot, Lorrain, et les thèses de Maurice, Aronssohn, Fouque, Duclos, etc.

Bref, la thermométrie est entrée aujourd'hui dans la pratique médicale, et nous devons être heureux de pouvoir affirmer que c'est à la France qu'est due cette heureuse introduction.

(Voir pour les applications de la thermométrie le livre de la Physique.!

(1) Archives générales jde )nédecine (série IV, t. IV-IX).

Troubles des sens. — La pathologie des organes des sens s'est enrichie des avantages qu'une physiologie en progrès lui offrait abondamment.

Ces avantages sont représentés par l'application immédiate de la physiologie à la connaissance des maladies et à leur traitement. Les maladies des yeux ont surtout bénéficié de cette application. Nous nous occuperons plus particulièrement de cette question aux applications de la physique.

Muscles. — Les progrès de l'anatomie et de la physiologie se sont reflétés d'une manière fort heureuse dans l'anatomie pathologique des muscles et dans leur physiologie pathologique.

Au premier point de vue, on a déterminé les lésions histologiques qui accompagnent la paralysie atrophique de l'enfance, l'atrophie musculaire progressive, la pseudo-hypertropbie, et enfin l'altération qui survient dans les muscles pendant l'évolution de la fièvre typhoïde et de quelques fièvres éruptives : Duchenne de Boulogne, Ch. Robin, Virchow, Heller, Eulemburg, Cohnheim, Hayem, Rindfleisch, etc.

Au second point de vue on a complètement réformé les idées que l'on se faisait autrefois sur la nature et l'origine des difformités, en démontrant que la plupart des difformités proviennent, non du voisinage, mais de la contracture musculaire, qui, de son côté, est le plus souvent sous la dépendance d'une lésion médullaire. C'est le cas le plus fréquent des pieds bots.

La paralysie, dit Bouvier, est la cause la plus fréquente de déviation des pieds, et c'est surtout par les paralysies qu'elles laissent à leur suite, que les maladies cérébrales et les convulsions de l'enfance sont une cause si fréquente de pied bot.... Un enfant est pris tout à coup, avec ou sans fièvre, d'une paralysie plus ou moins étendue ; au bout d'un temps assez court, le mouvement reparait peu à peu, mais inégalement; certains muscles demeurent plus faibles que d'autres, et le membre est entraîné dans le sens des plus forts (1).

Ces idées professées en Allemagne par Joerg, par Rudolphi, en France par Delpech, J. Guérin, ont fait faire un grand pas àla physiologie pathologique des muscles, et n'ont pas été étrangères à l'invention de la ténotomie que pratiquèrent Lorenz, Sartarius (1812), Michaelis (1819) et enfin Delpech (2).

(1) Bouvier, Maladies de l'appareil locomoteur, p. 176.

(2) Delpech, De l'Orthomorphie appliquée à l'espèce humaine. 1828.

Peu de temps après, Delpech pratiquait la ténotomie souscutanée du tendon d'Achille dans le but avoué de soustraire la plaie tendineuse au contact de l'ai?'. Dès lors, la méthode sous-cutanée était trouvée. Développée en Allemagne par Stromeyer, pratiquée en France par les plus grands chirurgiens de l'époque, Dupuytren et Yelpeau, la méthode sous-cutanée a reçu les applications les plus utiles.

Duval et Bouvier, Stoess (Strasbourg), M. Jules Guérin furent, en France, les champions de la nouvelle méthode et ils suscitèrent devant les académies les plus intéressantes discussions. C'est à ce mouvement scientifique très-prononcé sur la question qui nous occupe que nous devons les travaux remarquables de Bonnet (de Lyon) et de Malgaigne.

Maladies du tissu osseux. — L'influence de l'expérimentation physiologique sur la" connaissance et le traitement des maladies des os a été des plus salutaires. Depuis que les expériences de Duhamel (1739) ont été reprises, les vertus ostéogéniques du périoste ont été mises hors de doute parFlourens, Sédillot, Ollier, et en même temps on constatait expérimentalement que le tissu osseux lui-même et le réseau médullaire peuventaussi se régénérer(Charmeil, 1821). Ces notions précieuses ont permis aux chirurgiens de mieux étudier les lésions osseuses et de conserver aux diverses parties du corps leur charpente osseuse toutes les fois que cela est possible.

Maladies du système nerveux. A. Nerfs. — Les applications de l'anatomie et de la physiologie du système nerveux à la médecine ont suivi pas à pas les progrès de cette dernière, à ce point que la pathologie nerveuse, depuis vingt ans, se trouve complètement transformée.

La division des nerfs en nerfs du sentiment et du mouvement, la connaissance de la structure normale des nerfs si bien décrite par MM. Ramier (1) et Axel-Key, l'intervention du microscope dans la détermination du névrome vrai, les études si intéressantes de Neumann (2), Eichorst (3), Vulpian, Ran-

(1) Ranvier, Recherche sur l'histologie et la physiologie des nerfs. (Archiv. de physiologie, 1872).

(2) Neumann, Degeneration und Régénération nach Nervendurchausckneîdung (Arcfa. f. Heilk, Leipzig, 1872).

(3) Eichorst, Vebcr Nervendegeneration und Nervenregeneratîon (Yrichow's arch. 1874).

vier, sur la dégénérescence et la régénération des nerfs coupés, ont éclairé la pathologie des nerfs d'un jour tout nouveau : névralgies, névrite, suture des nerfs coupés (1).

B. Moelle. — Les maladies de la moelle ont été l'objet d'une révision complète, et c'est sans contredit de toutes les parties du système nerveux celle qui a réalisé, à ce point de vue, les plus grands progrès. La plupart des résultats obtenus sont dus à l'observation clinique et aux recherches histologiques. Par la première, M. Duchenne (de Boulogne) crée plusieurs espèces morbides distinctes, telles que : la paralysie atrophique de l'enfance (paralysie infantile spinale) , l'ataxie locomotrice progressive (sclérose des cordons postérieurs), la paralysie glossolabio-laryngée (sclérose bulbaire), la paralysie myo-sclérotique (paralysie pseudo-hypertrophique), V atrophie musculaire progressive (2).

Par la seconde, les symptômes groupés sous ces différents noms sont rattachés à leur véritable cause.

En 1864, MM. Gornil et Laborde rattachent la paralysie atrophique de l'enfance à une lésion des cordons antéro-latéraux (3).

En 1865, MM. Prévost et Vulpian précisent un peu mieux en localisant la cause de la paralysie dans les cornes antérieures (4).

Enfin MM. Gharcot et Joffroy démontrent l'altération des cellules motrices des cornes antérieures.

Les travaux de MM. Lockart-Clarke, Luys, Hayem, Roger et Damaschino, Lancereaux, Prévost et Joffroy n'ont fait que confirmer depuis ces résultats de l'histologie pathologique.

Les lésions de Y atrophie musculaire progressive ont été trouvées également dans la région antérieure du centre gris (Lockart-Clarke, Hayem, Luys, Duchenne). Quant à la lésion de la paralysie g losso-labio-laryngée, elle serait, d'après M. Charcot, une atrophie primitive des cellules nerveuses qui constituent les noyaux d'origine des nerfs bulbaires.

Les hémorrhagies de l'appareil médullaire sont relativement

(1) De la dégénérescence des nerfs après leur section (Ac. des sciences, 1872).

(2) Duchenne (de Boulogne), De l'électricité localisée.

(3) Cornil, Comptes rendus de la Société de biologie, 1863. — Laborde, Thèse pour le doctorat. 1864.

(4) Prévost, Comptes rendus de la Société de biologie. 1865.

rares, malgré un développement excessif de l'appareil circulatoire dans cette région. Éclairé par les travaux de Lockart- Clarke, Kolliker, His, Robin, van der Kolk, Schrôder, sur la circulation normale de la moelle, M. Hayem a déterminé dans une thèse remarquable, la cause des hémorrhagies médullaires, leur siège anatomique et leurs relations avec les autres maladies (1).

Vanénu'e et Yischémie médullaires ont été décrites par MM. Moutard Martin (2), Jaccoud (3), Krans (-4), et d'un autre côté MM. Reeves (5), Simon (6), Kohler (7), Gintrac (8) nous ont fait connaître les vrais caractères de la méningite spinale.

Enfin, sous le nom de myélite aiguë et chronique, on a réuni tous les troubles qui résultent de l'inflammation interstitielle ou parenchymateuse de l'axe médullaire : Carswell (9), Rokitansky (10), Jaccoud (11), Leyden (12), Vulpian (13), Charcot (14), Ordenstein (15), Dujardin-Beaumetz (16), Benedikt(17), Wagner, Friedreich (18), ont concouru par leurs travaux à élucider cette question tout à fait moderne.

(1) Hayem, Des hémorrhagies intra-rachidiennes.

(2) Moutard-Martin, Paraplégies causées par des hémorrhagies utérines (Union médicale, 1852).

(3) Jaccoud, Traité de pathologie interne, t. I.

(4) Des paralysies sans lésions matérielles. Liège, 1862.

(5) Reeves, Spinal meningitis and its complications (Monthly journal ot med. se, 1855).

(6) Simon, Suppurât ive inflammation of the spinal theka (Med. Times and Gaz., 1855).

(7) Kohler, Monographie der meningitis spinalis. Leipsig und Heidelberg,

(8) Gixtrac, De la méningite rhumatismale. Bordeaux, 1865.

(9) Carswell, Illustrât, of the e/ementary Forms of disease. Londres, 183S.

(10) Rokitansky, Ueber das Auswachsen der Bindegewebswucherung im Nervem-system. Vienne, 1857.

(11) Jaccoud, Les paraplégies et l'ataxie. Paris, 1864.

(12) Leyden, Ueber graue Degeneration des Rùchenmark (Virchow's arch. 1863).

(13) Vulpian, De la sclérose en plaques (Union médicale. 1866).

(14) Charcot (Union médicale, 1865).

(15) Union médicale, 1865.

(16) Dujardin-Beaumetz, De la myélite aiguë. 1872.

(17 Benedikt, Ueber losungsartige Slorungen der Muti/itdt (Wiener med. Wochensch., 1862).

(18) Friedreich, Ueber Degeneration atrophie der spinale» Hinterstrange (Virchow's arebiv. 1863).

Aux affections de la moelle se rattachent les tremblements divers que M. Fernet a si bien décrits dans sa thèse pour l'agrégation. Étudiés dans la paralysie agitante par MM. Sée, Trousseau, Charcot et Vulpian, dans la sclérose en plaques par MM. Jaccoud (1), Proust, Charcot (2), Ordenstein, dans l'alcoolisme par MM. Lasègue (3), Magnus Huss, dans Yempoisonnement saturnin par M. E. Lafont (4), ces troubles sont parfaitement connus aujourd'hui.

A propos des maladies de la protubérance et du bulbe, nous signalerons les lésions expérimentales et pathologiques provoquant divers troubles delà circulation, et finalement amenant la présence, dans le sang, du glycose, de l'albumine, etc. Indiquons également les hémiplégies alternes si bien étudiées par MM. Millard (5) et Gubler (6).

C. Cerveau. — En l'absence d'une physiologie complète des fonctions cérébrales, on ne peut pas s'attendre à trouver des applications nombreuses de l'anatomie et de la physiologie à la pathologie de l'encéphale. Cependant on est entré dans la voie des acquisitions et ces acquisitions, commencent déjà à être nombreuses.

La plupart d'entre elles concernent l'anatomie pathologique, et cela devait être.

Grâce aux travaux de Virchow, Kœlliker, Schultze, Deiters, Lancereaux, Hayem, l'existence du tissu interstitiel, connue sous le nom de névroglie, a été démontrée dans toutes les parties du cerveau, et dès lors on a pu se faire une juste idée des conditions inflammatoires de cet organe.

D'un autre côté, la circulation de l'encéphale était étudiée avec soin : M. Robin découvrait la tunique adventice propre aux vaisseaux encéphalo-rachidiens; Fohmann et Arnold décrivaient les réseaux lymphatiques de la pie-mère et His constatait

(1) Jaccoud, Leçons de clinique méd., 1867.

(2) Charcot, Gazette des hôpitaux, 1S69.

'3) Lasègue, De l'alcoolisme chronique envisagé surtout dans ses rapports avec la paralysie générale (Arch. gén. de méd., 1852, t. I).

(4) Lafont, Étude sur le tremblement saturnin. 1869.

(5) Millard, Remarques sur un cas d'hémorrhagie de la protubérance annulaire (Bull, de la Soc. anat., 1855).

(6) De l'hémiplégie alterne envisagée comme signe des lésio?is de la protubérance annulaire (Gazette hebdomadaire, 1855).

dans les organes nerveux centraux un système de canaux périvasculaires.

La pathogénie des lésions athéromateuses des vaisseaux était indiquée par Virchow.

M. Lancereaux (1) établissait catégoriquement les relations intimes entre la thrombose, l'embolie et le ramollissement cérébral.

MM. Charcot et Bouchard (2) faisaient connaître les anévrysmes miliaires ; enfin la circulation de l'encéphale, telle qu'elle était connue jusque-là, était revisée avec soin et complétée dans quelques-unes de ses parties (3).

Nous-môme, dans le cours de nos expériences sur le cerveau des chiens avec les injections caustiques, nous avons reconnu la formation rapide, en quelque sorte immédiate, de foyers hémorrhagiques sur des points éloignés de la partie vasculaire qui avait été altérée ou détruite par l'injection.

Ce fait nous permet d'affirmer que, dans les recherches nécroscopiques, il ne faut pas toujours s'en rapporter au siégea même de la lésion apparente pour interpréter les manifestations symptomatiques. On peut trouver, par exemple, dans ce fait observé, l'explication satisfaisante de la coïncidence de troubles paralytiques très-étendus avec une lésion apparente très-légère. En cette circonstance, il faut chercher la véritable lésion dans un autre point qui échappe souvent à l'investigation directe (embolie, thrombose dans les branches vasculaires plus volumineuses) (4).

A cet ordre de faits qu'on nous permette de rattacher une observation qui résulte encore de nos expériences.

Toutes les fois que nous avons atteint les couches optiques avec l'injection, les phénomènes d'insensibilité ont toujours été accompagnés de mouvement de galop sur place qui, le plus souvent, persistaient sans discontinuer jusqu'à la mort. Voici comment nous expli-

(1) Lancereaux, Traité cVanatomie pathologique.

(2) Charcot et Bouchard, Nouvelles recherches sur la pathogènie de l'hémorrhagie cérébrale.

(■\) Voir : Etude sur le ramollissemeiit cérébral, Prévost et Cotard. Voir également Duret, Recherche anatomique sur la circulatioji de l'encéphale, et M. Cohfheim, Untersucliungen ueber die Embolischen, Berlin, 1872.

(4) Edouard Fournie, Recherches expérimentales sur le fonctionnement du cerveau, p. 34.

quons le fait : Si, par analogie, on applique au cerveau les notions expérimentales que l'on retire de l'étude de la moelle, on est obligé d'admettre que les cellules motrices n'entrent en activité que sous l'inlluence excitatrice des cellules sensitives à la faveur des prolongements cellulaires ; par conséquent, les cellules des corps striés ne jouissent d'aucune spontanéité et leur activité est liée à l'intégrité des couches optiques, et aussi à l'intégrité des fibres qui unissent ces deux centres. Il semble dès lors qu'après avoir détruit les couches optiques, nous aurions dû avoir des phénomènes de paralysie à la place des mouvements de galop continus que nous avons observés. Sans doute, mais il ne faut pas perdre de vue non plus la façon dont le caustique agit sur les tissus ; le caustique détruit peu à peu, et son action ne se limite pas à la dernière cellule détruite ; celle qui vient après celle-ci subit également l'influence éloignée du caustique, et cette influence se manifeste par une suractivité organique de la cellule. Qu'on se figure à présent la partie indurée et détruite par l'injection, entourée d'une zone de tissus congestionnés, et l'on comprendra comment il peut se faire qu'une partie détruite puisse exciter l'activité fonctionnelle d'une partie voisine. C'est précisément ce qui arrive lorsqu'ayant détruit les couches optiques par le caustique, on observe des mouvements continus qui dénotent une suractivité organique des corps striés. Cette appréciation est d'autant plus juste que les mouvements que l'on observe dans cette circonstance sont forcés, involontaires, et que l'animal ne saurait les réprimer, alors même qu'ils sont la cause de la douleur la plus vive, comme nous avons pu nous en assurer.

Lorsque, au lieu de détruire les couches optiques, on détruit les corps striés, on a des phénomènes d'un autre ordre. Les corps striés sont constitués par des cellules où viennent se localiser, se grouper toutes les incitations aux mouvements volontaires. La paralysie succède évidemment à leur destruction ; mais très-souvent il arrive que le sentiment, lui aussi, semble aboli. L'insensibilité, dans ce cas, n'est qu'apparente ; la sensibilité persiste puisque les couches optiques sont intactes; mais elle ne peut se manifester par aucun mouvement; l'animal souffre, mais il ne saurait le prouver parce qu'il est complètement paralysé. Il est rare cependant qu'on détruise entièrement les corps striés, et alors il persiste quelques mouvements de la tête ou des yeux, ou du cri, qui prouvent que la sensibilité n'est pas atteinte (1).

Le résultat de tous ces travaux a été :

1° Une connaissance expérimentale et plus judicieuse du siège et de la nature des lésions de l'encéphale ;

(1) Edouard Fournie, loc. cit., p. 32.

2° La pathogénie du ramollissement cérébral définitivement attribuée à des troubles de la circulation.

Nous avons vérifié expérimentalement la pathogénie du ramollissement cérébral en pratiquant nos injections interstitielles sur le cerveau des chiens, en cherchant, il est vrai, tout autre chose, mais nos résultats ne sont que plus probants.

Nous avons constaté des ramollissements partiels ou généraux de la substance cérébrale, dont la formation rapide a été pour ainsi dire foudroyante. En raison de cette rapidité même, nous n'avons pu attribuer le ramollissement qu'aune lésion profonde de la circulation. Les parties ramollies se présentaient sous deux aspects très-différents : tantôt le ramollissement s'accompagnait d'une injection trèsvive de la partie, tantôt au contraire le tissu était pâle et exsangue (1).

En dehors de l'anatomie pathologique nous ne voyons, en fait d'application de l'anatomie et de la physiologie aux maladies encéphaliques, que les essais de localisation cérébrale. Nous avons apprécié plus haut la valeur de la localisation de la parole dans la troisième circonvolution gauche par MM. Broca et Bouillaud ; nous n'y reviendrons pas.

Nous nous contenterons également de signaler les travaux d'observations pathologiques ou d'expérimentation destinés à démontrer, d'un côté, la coïncidence de l'hémianesthésie avec la lésion de la partie postérieure de la capsule interne, de l'autre la coïncidence de l'hémiplégie et de l'hémichorée post et préhémiplégique avec la lésion des deux tiers antérieurs de la même capsule.

Ces travaux auxquels se rattachent les noms de MM. Tiïrck (2), Charcot (3), Veyssière (4), Meynert, Vulpian, sont un effort de tendance vers une localisation systématique des phénomènes de sensibilité et de motricité (5).

Cette tendance n'aurait-elle d'autre effet que celui de diriger

(1) Edouard Fournie, Recherches expérimentales sur le fonctionnement du cerveau, p. 34.

(2) L. Turck, Uebcr die Beziehung gémisses krankeitsrede des grossen Gehirnrs zur Aniisthesie.

(3) Charcot, Leçons sur les localisations da?is les maladies du cerveau.

(4) Veyssièrk, Recherches cliniques et expérimentales sur l'hémia?iesthésie de cause cérébrale. 1874. Voir aussi sur le même sujet : Rendu, Des anesthésies spontanées (Thèse d'agrégation, 187.Ï).

(5) Roskntiial. Clinik der Nervenkrankheiten. Stuttgard, 1875.

l'attention des cliniciens vers la recherche d'observations précieuses, n'en resterait pas moins très-louable.

Mais, encore une fois, nous tenons à faire nos réserves sur ce point, et à dire en deux mots comment nous entendons ce genre de localisation.

Ceux qui, avec nous, cherchent la localisation de la sensibilité et de la motricité en un point du cerveau, sont en progrès sur ceux qui cherchent la localisation d'un mécanisme fonctionnel tout entier dans le même point : la parole, par exemple. Mais ils ont tort en ce sens qu'ils ne trouveront jamais la sensibilité et la motilité localisées sur un seul des éléments qui concourent aux manifestations fonctionnelles de la substance nerveuse. C'est ainsi, par exemple, qu'ils prétendent localiser la sensibilité sur les fibres conductrices de la capsule interne, et qu'ils ne veulent pas entendre parler de la participation nécessaire des couches optiques au développement du phénomène. Cet exclusivisme repose sur l'oubli de certaines lois que nous avons fait connaître. Les différentes parties du système nerveux représentent, non une fonction complète, mais un élément fonctionnel, et, pour que la fonction soit, l'intégrité et la coopération de parties différentes est indispensable.

Dans l'espèce, pour qu'une fonction de sensibilité puisse se produire, il faut nécessairement qu'une fibre sensitive agisse sur une cellule sensitive , et, pour obtenir une fonction de motilité, il faut que la fibre et la cellule sensitive agissent sur une cellule et sur une fibre motrices.

Les partisans de la localisation exclusive dans la capsule interne répondront peut-être que le faisceau sensitif va se mettre en rapport avec les cellules de l'écorce. Cette opinion n'est pas acceptable parce que les lésions pathologiques, les destructions expérimentales no nous ont jamais montré que cette région fût le siège où se développe la sensibilité, tandis que nous avons toujours trouvé ce siège dans la région des couches optiques.

Quant aux zones motrices de l'écorce grise, déterminées par l'excitation électrique, nous ne pensons pas qu'elles puissent jamais être l'objet d'une application utile à la pratique médicale ou chirurgicale. En admettant que ces localisations soient parfaitement démontrées, il n'en reste pas moins ce fait indiscutable, que des lésions très-différentes de siège peuvent

donner lieu au môme trouble de la motilité, et, dès lors, quel est le médecin qui oserait intervenir, ouvrir le crâne par exemple, sur une donnée aussi peu sûre?

Dans tous les cas de trépanation recueillis par MM. Broca, Proust et Terrillon, Lucas-Championnière, Tillaux, des phénomènes extérieurs tels que plaies, fractures, lésions osseuses, indiquaient le lieu où il fallait pratiquer l'opération. Cette considération commandait en quelque sorte l'intervention du chirurgien. Mais, en l'absence de ces signes extérieurs et sur les seules indications de la connaissance des localisations corticales, nous pensons qu'il sera sage de s'abstenir. Telle est d'ailleurs la conclusion du rapport de M. Gosselin à l'Académie de médecine sur cette importante question.

Grand sympathique. — Une des applications les plus importantes de la physiologie à la médecine, nous la trouvons dans la connaissance du rôle que joue le grand sympathique dans la nutrition en général, et dans les ciixulations locales en particulier. Ces applications sont actuellement à l'étude. Cependant nous devons signaler les résultats obtenus par M. Brown-Séquard, qui, on le sait, découvrait, en même temps que C. Bernard, l'action resserrante du sympathique sur les vaisseaux sanguins ; M. Brown-Séquard a appliqué cette découverte à l'explication de la perte de la connaissance dans les attaques d'épilepsie : la contraction des vaisseaux sanguins des lobes cérébraux, sous l'influence de l'excitation du sympathique, produirait une véritable anémie cérébrale, et, partant, la perte de connaissance (1).

Absorption. — Les phénomènes d'absorption qui ont, au point de vue physiologique, une importance si grande, présentent, au point de vue médical, un intérêt tout particulier.

11 s'agit, en effet, de l'absorption des médicaments et de la pénétration des matières morbifiques dans l'économie.

Il n'entre pas dans notre cadre de nous occuper ici de la pénétration des venins, des virus, des miasmes, au point de vue pathologique; mais, par contre, l'absorption des médicaments, étant une des applications les plus intéressantes de la physiologie à la médecine, entre tout à fait dans notre pro-

(1) Brown-Séquard, Leçons sur les nerfs vaso-moteurs et sur l'épilepsie, trad. de l'anglais par le Dr Beni-Barde, p. 85.

DEPUIS BICHAT JUSQU'A NOUS. 38o

gramme. Nous examinerons successivement l'absorption des médicaments h la surface des muqueuses gastro-intestinale, pulmonaire, oculaire, auditive, génitale, à la surface de la peau et dans le tissu cellulaire.

1° Muqueuse gastro-intestinale. — D'un bout à l'autre de son étendue, la muqueuse intestinale a été mise à profit pour l'absorption des médicaments. Au commencement de ce siècle, Chrestien (de Montpellier) mit en vogue le procédé de frictions sur les gencives. C'était principalement le chlorure d'or et de sodium qu'il administrait ainsi. Trousseau et Pidoux préconisent le même procédé pour faire pénétrer la belladone quand il s'agit de combattre une névralgie faciale. Peu employé aujourd'hui, ce procédé présente beaucoup d'inconvénients : répugnance, dosage difficile, elc.

La voie de l'estomac et de l'intestin est, pour la pénétration des médicaments, sinon la plus sûre, du moins la plus commode. C'est sur la muqueuse gastro-intestinale que sont portés la plupart de nos médicaments. Des expériences de Magendie et de C. Bernard ont prouvé qu'il faut tenir compte de l'état de vacuité ou de plénitude de l'estomac : l'absorption se fait mieux et plus rapidement dans le premier cas que dans le second; ces physiologistes ont prouvé également que les médicaments agissent en général d'autant moins qu'ils sont dissous dans une quantité d'eau plus grande. Dans une solution concentrée, en effet, les médicaments pénètrent en grande quantité dans les vaisseaux sanguins, tandis que, dans une solution abondante, l'absorption demande un peu plus de temps, et les petites portions de médicament qui pénètrent dans le sang ont ainsi le temps d'être éliminées par les divers émonctoires.

C'est de la quantité de médicament qui se trouve à un moment donné dans le sang que dépend l'action de la substance employée (1).

Il est bon cependant, en tenant compte de ce qui précède, de donner, pendant le repas, les médicaments qui peuvent exercer une action irritante sur la muqueuse, si toutefois on n'a pas à craindre une décomposition toxique au contact des aliments. Ces questions intéressantes ont été particulièrement

II) Cl. Bernard, Leçons sur les anesthésiques, p. 67.

étudiées par MM. Fonssagrives (1) et Gubler (2), Amagat (3).

Les expériences de Restelli et Stambio (4), de Briquet (5), de Demarquay (6), de Savory (7) nous ont démontré que le rectum absorbe les médicaments à peu près aussi promptement que l'estomac et l'intestin grêle. Ce fait est très-précieux, car les circonstances dans lesquelles on ne peut pas administrer le médicament par la bouche sont nombreuses. Il nous permet aussi de donner, avec confiance, des matières alimentaires par le rectum, avec cette réserve de ne pas donner les aliments qui, pour être absorbés, exigent l'action préalable des sucs que l'on trouve dans la partie supérieure du tube intestinal. Les lavements de bouillon, de vin ou d'alcool peuvent être employés avec succès dans toutes les cachexies, et particulièrement clans les métrorrhagies puerpérales (Béhier,Pajot,Debout).

Dans le choléra, nous avons eu l'idée de remplir les deux indications principales : calorification et remplacement du sérum par des lavements très-chauds. Le secret du succès de cette médication réside dans l'emploi des moyens qui permettent au malade de garder le lavement. Ce moyen consiste à donner un premier lavement qui est rendu aussitôt, et à en donner un second qui est gardé (8).

2° Muqueuse pulmonaire. — L'incomparable faculté d'absorption de la muqueuse pulmonaire a été largement mise à profit dans les temps modernes. La plupart des médecins de l'antiquité, à commencer par Hippocratc, pensaient qu'une certaine quantité de liquide pénètre dans la trachée ; ils avaient même réuni toute une classe de médicaments dits artériaques d'après le lieu de leur destination.

Nous croyons aussi à cette pénétration et nous l'avons expérimentalement démontrée (9). Par conséquent, dans les affections laryngées, il est utile de veiller à la nature des boissons que prennent les malades, et d'un autre côté on peut exercer

(1) Fonssagrives, Hygiène des malades.

(2) Gubler, Commentaires de thérapeutique.

(3) Amagat, Étude sur les différentes voies d'absorption des médicaments.

(4) Restelli et Stambio, Bulletin de thérapeutique, t. XXXII, p. 157.

(5) Briquet, Budetin de l'Académie de médecine, 1847.

(6) Demarquay, idem, 18G7.

(7) Savory the Lancct Mardi., 1864.

(8) E. Fournie, Considtation médicale sur le choléra.

(9) E. Fournie, Physiologie de la voix et de la parole, p. ISS.

une action topique sur la muqueuse laryngienne par le moyen d'un gargarisme qui doit être avalé lentement. Ce conseil a été suivi dans plusieurs stations thermales et particulièrement à Cauterets où l'on désigne ce modus fociendi sous le nom de gargarisme laryngien.

La muqueuse des bronches a été utilisée pour faire absorber des corps pulvérulents, des liquides, des vapeurs et des gaz.

A. Corps pulvérulents. — La pénétration facile des corps pulvérulents qui se trouvent dans le milieu où l'homme respire (mineurs, charbonniers, tailleurs de grès, etc.) m'inspira l'idée de faire pénétrer des poudres médicamenteuses dans les bronches, au double point de vue de l'absorption et de l'action topique. A cet effet, nous fîmes construire le petit appareil suivant :

Une boîte de bois dur, de forme ovoïde, et ayant une capacité de 200 grammes environ, présente à sa partie supérieure deux trous qui donnent passage à deux tubes de verre. L'un de ces tubes a o millimètres de diamètre, l'autre en a I o et se recourbe en sortant de la boite, de façon à devenir horizontal. Si l'on veut se servir de l'appareil, on ouvre la boîte qui contient à sa partie inférieure une cupule de verre; on dépose dans cette cupule la poudre médicamenteuse que l'on veut faire respirer; on fait descendre le petit tube de verre jnsqu'au niveau de cette poudre, puis on ferme la boîte et l'on introduit dans la bouche le gros tube de verre qui est horizontal. Le malade pratique une inspiration et une partie de la poudre pénètre dans la tracbée, par une mécanique que l'on a déjà comprise. En effet, l'air inspiré par le gros tube est obligé de passer à travers le petit tube dont l'extrémité inférieure se trouve au niveau de la poudre, et il agit sur cette poudre comme le ferait un soufflet. La poudre se trouvant, par ce fait, répandue dans l'atmosphère de l'appareil, passe avec l'air dans le gros tube de verre et pénètre dans les voies aériennes. L'examen laryngoscopique et l'expectoration noire pendant 24 heures, qui a succédé à l'emploi de cet appareil chargé de poudre de charbon, nous ont permis de constater la pénétration des remèdes pulvérulents dans les voies aériennes. Si l'on a le soin de pratiquer une inspiration modérée, et de se reposer un moment avant d'en pratiquer une autre, on peut, en quelques instants, faire pénétrer 1 gramme d'une poussière quelconque, sans accès de toux et sans aucune apparence de suffocation (1).

(1) Edouard Fournie, De la pénétration des corps pulvérulents, gazeux, solides et liquides dans les voies respiratoires au point de vue de l'hygiène et de la thérapeutique, p. 34. Paris, 1862.

Il est prudent de n'employer, avec cet appareil, que les poudres solubles. Le tannin, le sulfate d'alumine, le sucre de lait, le chlorhydrate de morphine à la dose de 5 milligrammes, telles sont les poudres que nous avons employées toutes les fois qu'il faut modérer les sécrétions ou atténuer l'éréthisme nerveux des voies respiratoires.

B. Liquides;. — Comme nous l'avons dit plus haut, les anciens, croyant à la pénétration des liquides dans la trachée, se bornaient à faire déglutir les liquides.

Mieux éclairés aujourd'hui, nous faisons pénétrer les liquides médicamenteux par une voie plus directe et plus sûre. Les expériences de MM. Collin, de Ségalas, de C. Bernard, sur l'injection des liquides dans la trachée, conduisirent M. Jousset (de Bellesme, en 1864) à appliquer à l'homme les injections trachéales. Voici le procédé :

On fixe le larynx de la main gauche, et de la main droite on enfonce le petit trocart de la seringue hypodermique sur la ligne médiane à un travers de doigt au-dessous du cartilage cricoïde. La pénétration dans la trachée se fait avec la plus grande facilité. On est averti, du reste, par une sensation analogue à celle que l'on éprouve en traversant un papier épais avec une épingle (I).

Cette opération, très-innocente, n'est même pas suivie de toux, car la trachée au-dessous du larynx est fort peu sensible.

M. Joussct a employé ce procédé sur trois cas de fièvre pernicieuse, et il a été assez heureux pour sauver ses malades avec une injection de 30 à -40 cent, de chlorhydrate de quinine dissous dans 3 à 6 grammes d'eau distillée.

C. Liquides pulvérisés. — C'est à M. le Dr Sales-Girons que l'on doit l'idée de faire pénétrer les liquides pulvérisés dans les bronches. Jusque-là, on ne croyait pas que cette pénétration fût possible, et nous-mème, dans une série d'expériences que nous avions instituées à cet effet, nous avions démontré cette non-pénétration qui tenait, nous nous empressons de le dire, à l'imperfection des instruments mis en usage quand nous avons fait nos expériences (2).

(1) Edouard Fournie, De la pénétration des corps pulvérulents solides et liquides dans les voies respiratoires. — Mémoire lu à l'Académie des sciences, séance du 7 mai 1862.

(2) Jousset (de Bellesme), Thèse pour le doctorat, De la méthode hypodermique.

Depuis cette époque, M. le Dr Sales-Girons a perfectionné l'instrumentation, à ce point que ce n'est plus de l'eau pulvérisée que l'on obtient, mais un véritable nuage de poussière liquide, susceptible de parcourir, sans se fixer, les sinuosités du tube respiratoire jusques aux bronches. Aussi l'emploi de la pulvérisation s'est-il généralisé promptement, et il n'est pas un seul établissement qui n'ait sa salle de respiration analogue à celle de Pierrefonds où, pour la première fois, M. le Dr Sales-

ta,

Fi». 13.

Girons avait disposé ses appareils. Voici un spécimen de ces appareils.

D. Vapeurs sèches ou humides. — De tout temps, on a employé les fumigations sèches ou humides : fumigations balsamiques, de cinabre, vapeur d'eau chargée de principes émollients ou aromatiques.

L'action de ces fumigations est tantôt générale, par absorption des principes médicamenteux (cinabre, arsenic, plantes narcotiques), tantôt elle est simplement topique.

Le carton nitré du codex employé contre l'asthme semble destiné à remplir ces deux effets. Voici sa formule :

Papier gris sans colle 120

Azotate de potasse pulvérisé 60

Feuilles de belladone pulvérisées 5

— de datuia stramon. pulv 5

— de digitale pulv 5

— de lobélie enflée pulv 5

Semences de phellandrine pulv 10

— myrrhe pulv 10

— oliban pulv 10

On brûle un morceau de ce carton dans la chambre du malade, et, en général, l'accès d'asthme ne tarde pas à être calmé.

Éther et chloroforme. — L'absorption de l'éther et du chloroforme par la surface pulmonaire est suivie d'un phénomène qui constitue la plus importante des acquisitions de la médecine moderne : l'anesthésie ou la suppression de la douleur (1). L'action de ces agents a été étudiée par Flourens (2), par Longet (3), par C. Bernard (-4), et nous savons aujourd'hui :

1° Que les vapeurs d'éther et de chloroforme, contrairement à ce qu'avaient avancé quelques expérimentateurs (5), doivent être absorbées et pénétrer en nature dans le sang;

2° Que l'éther et le chloroforme agissent sur les propriétés vitales de tous les éléments de l'organisme, mais que cette action se manifeste d'abord sur les éléments des centres nerveux qui perdent leurs propriétés spéciales selon un ordre de succession parfaitement déterminé : la périphérie corticale, les couches optiques, la protubérance et enfin le bulbe.

En d'autres termes, l'association des idées, la sensibilité, le mouvement disparaissent successivement et dans un ordre qui est toujours le même ;

3° Que la cause immédiate de l'anesthésie est une modification de la circulation cérébrale caractérisée par l'anémie et, selon G. Bernard, par une « semi-coagulation de la substance même de la cellule nerveuse, coagulation qui ne serait

(1) Pour l'historique et l'emploi de ces substances, voir les applications de la chimie.

(2) Flourens, Comptes rendus de l'Académie des sciences. 1847.

(3) Longet, Expériences relatives aux effets de l'inhalation de l'éther sulfurique sur le système nerveux. 1847.

(4) Cl. Bernard, Leçons sur les atiesthésiques et sur l'asphyxie.

(5) MM. Faure d'un côte et Ferran de l'autre soutenaient que l'agent anesthésique agit sur l'extrémité périphérique des nerfs.

pas définitive, c'est-à-dire que la substance de l'élément anatomique pourrait revenir à son état primitif normal après élimination de l'agent toxique » (1).

4° Que, à dose toxique, les vapeurs d'éther et de chloroforme entraînent la mort par arrêt du cœur.

Les conséquences à tirer de# ces données physiologiques sont que : 1° il faut s'assurer de la continuité de la fonction respiratoire en laissant pénétrer, en même temps que l'agent anesthésique, une quantité d'air suffisante; 2° qu'on ne doit pas entretenir dans le système sanguin une trop forte dose d'éther ou de chloroforme ; 3° qu'on doit arrêter l'inhalation dès que la résolution musculaire est obtenue.

E. Gaz. — La découverte mémorable des fluides élastiques par Gavendish et Priestley, et celle non moins grande deLavoisier sur la respiration, furent au commencement de ce siècle le prétexte et l'occasion d'un nouveau regain de chimiatrie : Baumes, à Montpellier, divisait les maladies en oxygénées et hydrogénées (2), Beddoës fondait à Clifton un institut pneumatique dans le but de traiter les maladies par l'emploi d'atmosphères particulières (3).

Pendant ce temps Humphry Davy découvrait le protoxyde d'azote, ou gaz hilariant, dont il faisait connaître les propriétés anesthésiques.

L'enthousiasme de la première heure une fois passé, la question de l'absorption des gaz fut étudiée plus sérieusement; quelques-uns de ces derniers sont définitivement restés dans la thérapeutique. Grâce aux travaux de Goin (-4), Durand-Fardel (5), Herpin (de Metz), les bains d'acide carbonique sont employés fréquemment dans laphthsie. L'oxygène est devenu, par les recherches de Demarquay (6), Leconte et Limousin, un des principaux agents de la thérapeutique respiratoire. Les travaux de Junod, Tabarié, Pravaz ont introduit dans la pratique usuelle l'emploi des bains d'air comprimé.

(1) Cl. Bernard, loc. cit., p. 133.

(2) Baumes, Essai d'un système chimique de la science de V homme.

(3) Beddoes, A Letter to Erasme Darwin on a new method of treating pulmonary consomption.

(4) Goin, Eaux minérales de Saint- Alban.

(5) Union médicale, 1838.

(6) Demarquay, Essai de pneumatologie médicale. 1S66.

Enfin l'hydrogène sulfuré lui-même, ce gaz si toxique, est journellement employé en inhalation dans les stations thermales où il se dégage (1).

3° Absorption par les muqueuses oculaire, génitale et auditive. — Ces muqueuses, surtout les deux premières, jouissent d'un grand pouvoir d'absorption. L'action bien connue de l'atropine sur la dilatation de la pupille démontre péremptoirement la rapidité et la facilité avec lesquelles la conjonctive absorbe les médicaments.

La capacité absorbante des organes génitaux est journellement mise à profil par le moyen des pommades, des suppositoires et des injections liquides ou gazeuses (2).

Enfin le calme qui succède à l'application de substances narcotiques introduites dans le conduit auditif prouve également la réalité de l'absorption.

1° Absorption par la peau. — Nous avons vu plus haut combien sont encore incertaines les données que l'on possède sur l'absorption de la peau revêtue de son épiderme. Aussi ce mode d'introduction des médicaments n'est-il guère suivi que pour les substances plus ou moins volatiles telles que l'iode, le mercure, et qui, vaporisées, peuvent être absorbées, sous cette forme, par la peau (Gubler) ou par la muqueuse pulmonaire.

L'absorption par la peau est la base d'une méthode qui a joui d'une grande vogue dans les temps passés. Nous voulons parler de la méthode iatraliptique.

L'expérimentation physiologique d'un côté, et de l'autre l'emploi des méthodes endermique, et hypodermique ont réduit considérablement ses applications. Nous examinerons successivement les liquides, les gaz et les solides.

A. Gaz. La capacité absorbante de la peau pour les gaz a été depuis longtemps utilisée. Nous avons déjà parlé de l'institution pneumatique de Beddoës. Celui-ci appliquait principalement le bain d'acide carbonique pour favoriser la cicatrisation des plaies et des ulcères de mauvaise nature. Cette

(1) Voir aux applications de la physique et de la chimie la description des appareils employés dans la thérapeutique respiratoire.

(2) Broca, Des injections de gaz acide carbonique da?is la vessie comme moyen anesthésique dans les cas iraffections douloureuses de cet orgaiie (Moniteur des hôpitaux, 1860).

conduite fut imitée par Collard de Martigny, en 1826, puis par Mojon, 1834, et enfin par Simpson et Follin, en 1856.

De nos jours, Herpin (de Metz) (1), Demarquay et Leconte (2) ont constaté, eux aussi, l'heureuse influence de l'acide carbonique dans la cicatrisation des ulcères.

L'action de l'oxygène sur les plaies fut également expérimentée par Demarquay et Leconte.

Laugier obtint, avec ce gaz, des résultats satisfaisants dans deux cas de gangrène sénile (3).

B. Liquides. — L'absorption peu énergique, sinon nulle, des liquides, à travers la peau recouverte de son épiderme, ne permet pas de généraliser ce mode d'introduction des médicaments. Cependant l'action des bains thermaux sur l'économie n'est pas douteuse; mais ici on peut invoquer d'autres causes que l'absorption : absorption pulmonaire, état électrique (Scoutetten), etc.

Des expériences innombrables ont été faites pour infirmer ou confirmer la pénétration des substances dissoutes dans l'eau à travers l'épiderme : Séguin (4), Westrumb (5), Homolle (6), Ossian Henry (7), Duriau (8), Poulet (9), MM. Gubler (10), Roussin (11), de Laurès, Demarquay (12), Rabuteau (13), Amagat (14).

Si Ton en excepte les expériences de Westrumb qui, selon la judicieuse remarque de M. Amagat, ne sont pas à l'abri de tout reproche, toutes les autres sont contraires à l'absorption.

(1) Herpin, Propriétés physiologiques et thérapeutiques de l'acide carbonique. 1864.

(2) Demarquay et Lecoxte, Note sur la cicatrisation des plaies sons l'influence de l'acide carbonique. Comptes rendus de l'Académie des sciences.

(3) Laugier, Comptes rendus de l'Académie des sciences. 1863.

(4) Annales de chimie, t. XC.

(5) Journal du progrès, t. XVI, 1823.

(6) Union médicale. 1853.

(7) Thèse de Paris. 1855.

(8) Archives générales de médecine. 1856.

(9) Comptes rendus de l'Ac. des sciences. 1856.

(10) Annales de la Socitté d'hydrologie, t. IX. 1863.

(11) Journal de médecine militaire. 1867.

(12) Union médicale, 1867.

(13) Thérapeutique. 1872.

(14) Etude sur les différentes voies d'absorption des médicaments.

Un seul des médicaments expérimentés, l'iode, est trouvé, après le bain plus ou moins prolongé, dans l'urine de l'expérimentateur. Cette remarque a été un trait de lumière pour M. Roussin. Pour lui, si on trouve de l'iode dans l'urine de ceux qui viennent de prendre un bain iodé, c'est qu'à la sortie du bain une certaine quantité d'iodure resté à la surface de la peau, se mélange, à l'état pulvérulent, avec la matière grasse épidermique et se trouve ainsi dans de bonnes conditions pour être absorbé. Cette explication a le tort de ne pas prouver si réellement les pommades sont absorbées ; mais le fait de la couche pulvérulente restant à la surface de la peau après le bain était un premier pas vers la démonstration cherchée.

M. Gubler explique ce même fait en disant que les iodures, au contact de la sueur, donnent de l'iode libre qui se volatilise et se trouve absorbé, par la peau, à l'état de vapeur.

Enfin, M. Amagat, sans repousser l'explication de M. Gubler, pense qu'une certaine quantité d'iode volatilisé est absorbée par la muqueuse pulmonaire.

Tel est l'état de la question. On voit qu'elle attend encore une solution expérimentale décisive.

C. Pommades, liniments, etc. — Des expériences non moins nombreuses ont été établies pour savoir si les corps pulvérulents en pommade ou en liniment sont absorbés. M. Delore, chirurgien en chef de l'hôpital de la Charité de Lyon, a expérimenté avec des pommades iodurées, et il est arrivé à des résultats tantôt positifs, tantôt négatifs (1). M. Amagat oppose avec raison à toutes ces expériences la même objection qu'il avait adressée aux partisans de la pénétration des matières dissoutes dans l'eau. Il leur dit que si on trouve parfois de l'iode dans les urines, c'est que le métalloïde, volatilisé, a pénétré par les poumons. A son tour, M. Amagat a expérimenté avec des pommades d'atropine, avec des solutions alcoolique et chloroformique du même sel, et jamais, sur un grand nombre d'expériences, il n'a pu constater la dilatation de la pupille.

M. Amagat s'est donc cru autorisé à conclure que les substances dissoutes et non volatilisables ne sont pas plus absor-

(1) Delore, Journal de physiologie de F homme H des animaux, de Brown- Séquard. 1863.

bées en pommades, liniments, glycérolés, savons, etc., qu'elles ne l'étaient dans le bain médicamenteux (1).

Ces conclusions concordent avec les résultats obtenus par MM. Martin-Solon (2), Fonssagrives, Demarquay.

Méthode endermique . — Si l'absorption des médicaments, à travers la peau recouverte de son épiderme, est chose fort contestable, il n'en est plus de même lorsque l'épiderme est enlevé, et ces conditions nouvelles sont l'origine d'une méthode désignée sous le nom de méthode endermique.

Cette méthode consiste à soulever l'épiderme au moyen du marteau de Mayor trempé dans l'eau bouillante, au moyen d'un vésicatoire, ou bien par l'application d'un morceau d'amadou, d'ouate imbibés d'ammoniaque liquide concentré.

L'épiderme étant soulevé, on l'enlève et on applique immédiatement sur le derme le médicament que l'on veut employer.

Murray, en 1820, avait appliqué de l'aloès à la surface d'un vésicatoire, Baily (de Saint-Domingue) avait appliqué par le même moyen du calomel ; mais à Lembert et à Lesieur appartient l'honneur d'avoir érigé en méthode l'absorption des médicaments par le derme (1825-1828).

Trousseau , Chomel adoptèrent la nouvelle méthode qui bientôt après s'est généralisée. Comme cela arrive toujours, il y eut, dans l'emploi de cet excellent procédé, des exagérations. C'est ainsi que Guérard (de Philadelphie) appliquait, par la méthode endermique, de l'iode, du mercure, de l'huile de croton tiglium. La pratique générale a protesté et on n'emploie plus guère que les alcaloïdes, à des doses en général plus faibles que celles qui sont usitées pour l'absorption gastrointestinale.

Malgré ses bons côtés, la méthode endermique a un revers terrible : elle ne saurait constituer un traitement de longue durée, elle laisse des cicatrices, et enfin le nombre des médications possibles est assez limité. Bref, on chercha mieux,

Lafargue (de Saint-Émilion) eut l'idée d'introduire les médicaments dans le derme par le procédé dont on se sert pour introduire le vaccin. Ce procédé, très-incomplet, était cependant un premier pas vers une méthode qui réalise tout ce

(1) Loc. cit., p. 72.

(2) Bulletin de thérapeutique, t. XXXVII, 1844.

qu'on peut attendre de l'absorption cutanée : la méthode hypodermique, qui va nous occuper.

Absorption par le tissu cellulaire. — En général, on accorde au tissu cellulaire sous-cutané la troisième place comme pouvoir absorbant : l'absorption par injection dans les veines se fait en 20 secondes; l'absorption par la trachée se fait en 50 secondes ; l'absorption par le tissu cellulaire se fait en 4 minutes.

Nous pensons, d'après les données anatomiques, que le derme dépouillé de son épidémie absorbe tout aussi bien, sinon mieux, que le tissu cellulaire sous-cutané; si toutefois on a quelque désir de donner à celui-ci une supériorité quelconque, on doit s'inspirer de cette considération que, dans les injections sous-cutanées, le liquide injecté reste tout entier en rapport direct avec les tissus absorbants jusqu'à sa disparition complète.

C'est sur cette dernière considération, en effet, que repose la méthode connue sous le nom de hypodermique.

Méthode hypodermique. — On attribue généralement l'invention de la méthode hypodermique au Dr Wood d'Edimbourg qui, le premier, fit des injections narcotiques sous-cutanées dans le but de calmer une névralgie (1).

D'après Béhier, Rynd (de Dublin') aurait recueilli un cas analogue dix ans auparavant.

Le fait est qu'après la publication du mémoire de Wood, Ch. Hunter, Oliver, Reill en Angleterre, Béhier, Moutard- Martin, Gubler, Courty, Yulpian en France, appliquèrent le procédé de Wood, et, dès lors, la méthode hypodermique fut cultivée dans tous les pays.

C. Bernard a fait ressortir les avantages des injections hypodermiques en montrant les causes nombreuses qui, dans le tube digestif, peuvent altérer le médicament ou le détourner de sa destination. Avec la méthode des injections, au contraire, l'absorption est beaucoup plus rapide et plus complète (2).

Un autre avantage de la méthode hypodermique consiste dans son indépendance de toute considération étrangère au

(1) Wooi», Edinburgh médirai and surgical journal. 4855.

(2) Ci.. Bernard, Leçons sur les anesthésiques, p. 68.

fait même de l'opération, et dans le choix du lieu d'élection. En effet, en pratiquant l'injection sur le lieu même du mal, on réunit trois actions au lieu d'une :

L'action modificatrice de la piqûre, l'action du véhicule, l'action du remède.

L'action de la piqûre et du véhicule est incontestable. Les expériences de M. A. Luton (de Reims) démontrent d'une manière évidente que l'on peut guérir des névralgies en injectant

Fig. 14.

simplement sous la peau un peu d'eau distillée (1). Ces deux modes d'action ne doivent pas nous occuper ici ; nous appliquerons exclusivement notre attention sur le troisième, c'està-dire sur l'action du remède absorbé. Préalablement nous croyons devoir dire un mot de l'instrumentation.

Instrumentation. — Pour pratiquer les injections hypodermiques, on se sert d'une seringue de Pravaz, composée d'un corps de pompe en verre muni d'un piston gradué, et sur lequel on adapte, au moyen d'un pas de vis, une fine aiguille creuse en acier doré ou non doré. Cette petite aiguille est

(i) A. Luton, Traité des injections sous-cutanées à effet local. Paris, 1875.

taillée à sa pointe en bec de flûte. Pour pratiquer l'opération, on saisit un pli de la peau entre le pouce et l'index de la main gauche, et on enfonce l'aiguille à la base de ce pli dans une direction perpendiculaire à ce dernier, à une profondeur de un ou deux centimètres. Après cela, on pousse l'injection et on retire l'aiguille en ayant soin d'appliquer le doigt sur la piqûre pendant quelques instants.

Les injections hypodermiques sont généralement employées contre l'élément douleur; cependant elles ont été employées contre d'autres maladies comme on le verra dans le formulaire suivant (1) .

Sulfate d'atropine 0 gr. 10

Eau distillée 50 gr. 00

Chaque centimètre cube contient 2 milligrammes. Employée par Béhier à la dose d'un 1/2 à 1 millig. dans les névralgies et surtout dans la sciatique.

Nitrate d'aconitine cristallisée ... 0 gr. 10

Eau distillée 50 gr. 00

Employée par M. Gubler dans les névralgies rebelles pour remplacer la morphine et surtout dans les névralgies faciales, où elle réussit bien. Dose, 1/4 de milligramme. Chaque centimètre cube renferme 2 milligrammes.

Digitaline d'Homolle 0 gr. 10

Alcool à 95° 25 gr. 00

Eau distillée 25 gr. 00

Injectée à la dose de 1 milligr., elle produit tous les effets utiles de la digitale (Gubler).

Chlorhydrate de morphine 1 gr. 00

Eau distillée 25 gr. 00

D'un usage très-fréquent dans les névralgies et quand on

(1) M. A. Petit, pharmacien, successeur de M. Mialhe, a bien voulu recueillir pour nous les formules que nous donnons.

veut supprimer l'élément douleur. Chaque centimètre cube contient 4 centigrammes de morphine.

Narcéine 1 gr. 00

Eau acidulée (3 gr. acide chlorhy-

drique par litre). 100 gr. 00

Employée par Debout, Béhier, Pétrini (thèse de Paris) contre les névralgies et en particulier contre la sciatique.

Nitrate de pilocarpine 1 gr. 00

Eau distillée 50 gr. 00

Un centigramme amène la sueur et peu de salivation. 2 centigr. amènent sueur et salivation.

Employée par Demètre Kercea (thèse de Paris), Dujardin- Baumetz, etc.

Bi-bromhydrate de quinine 1 gr. 00

Eau distillée 5 gr. 00

Contre les fièvres intermittentes, les névralgies (professeur Gubler, Dr Normand de Toulon {Journal de thérapeutique, 1877).

Sulfate de strychnine 1 gr. 00

Eau distillée 100 gr. 00

S'emploie dans l'incontinence nocturne d'urine (Dr Kelp), la surdité nerveuse (Hagen de Leipzig), l'amaurose et amblyopie (Nagel de Tubinge), chute du rectum (Lorigiola).

Acide phénique, solution à 1/50 et à 1/110. Traitement des névralgies (Dr Merten de Newedel), Allgemeine médical central Zeitung, 76).

10° Chloroforme.

Employé à la dose de 1/2 à 1 cent, cube pour toute névralgie et douleur traitées par la morphine (Dr Ernest Besnier).

Extrait hydralcoolique d'ergot ... 2 gr. 00

Eau distillée 15 gr. 00

Glycérine 1S gr. 00

Contre la chute du rectum (Dr Langenbeck). Pour le traitement des corps fibreux de l'utérus, Hildebrant (Amer. Jr. Obst. 1875) et employée tout récemment avec le plus grand succès dans la métrorrhagie (Constantin Paul).

12° Ether.

Comme stimulant de la circulation. (M"° D. Counkoff, thèse de Paris, 77).

13° Mercure.

Employé sous forme de cyanure dans le traitement des maladies syphilitiques, Dr Cullingworth (Ann. univ., juin 76).

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