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C. Partie vibrante

D. Tube de caoutchouc.

E. Tuyau porte-vent.

Fier. 34.

de sa partie libre et on exerce une tension progressive jusqu'à ce que le son soit produit. Deux procédés différents peuvent être employés pour parcourir les différents tons de la gamme. Le premier consiste à tendre de plus en plus les rubans; le second, à diminuer peu à peu avec les doigts la longueur de la partie vibrante.

Si l'on emploie isolément l'un ou l'autre de ces deux procédés, la tension par exemple, les effets que l'on obtient sont très-limités; le son s'élèvera de trois à quatre notes au plus, bien que l'on augmente l'intensité du souffle. 11 en est de

môme de l'occlusion progressive; employée seule, elle ne donne naissance qu'à un nombre de sons très-restreint. Mais, si, pour la production de chaque note, on combine l'occlusion progressive avec la tension, non-seulement les sons seront plus nombreux, mais encore plus agréables, et, l'on pourra ainsi parcourir tous les intervalles compris entre trois octaves, c'est-à-dire la plus grande étendue de la voix humaine.

La formation du son dans ces anches n'est pas si simple qu'on pourrait le croire au premier abord; et, comme nous comparerons plus tard cette formation à celle de la voix humaine, il est de la dernière importance que nous en constations bien les conditions.

A notre avis, l'on doit considérer l'extrémité supérieure de chacune des deux lames membraneuses, c'est-à-dire la partie vibrante, comme si elle était constituée par une série de petites languettes analogues à celles de l'harmonica dont le point fixe serait à une certaine distance au-dessous de la partie vibrante, à 1 centimètre par exemple, tandis que les parties libres correspondraient à. la portion libre des lames. Seulement, dans ces anches membraneuses, l'extrémité qui doit être fixée est rendue telle par la tension plus ou moins grande des rubans. Cette tension a pour effet de rapprocher les lames l'une de l'autre en cet endroit, de rendre par conséquent le passage de l'air plus difficile, et d'établir ainsi dans cette partie de l'anche un ressort particulier qui donne la mesure des vibrations que les parties libres situées au dessus doivent effectuer.

Pour obtenir les effets dont nous venons de parler, il est indispensable de saisir les deux bords de l'anche un peu audessous de la partie libre. Si la tension était pratiquée tout à fait au niveau de l'orifice supérieur, il serait impossible d'obtenir un son. Cette particularité vient à l'appui de ce que nous disions tout à l'heure sur le siège du ressort de l'anche.

Considérant toujours les lamelles formées par une série de petites languettes dirigées de bas en haut dans le sens de leur longueur, il nous sera facile de comprendre l'influence de la tension sur les modifications du son. En effet, si la tension ne modifie pas la longueur des ces anches, elle modifie profondément leur structure, et elles subissent les mêmes lois qui régissent les vibrations des cordes, ce qui veut dire, en d'autres termes, que le nombre de leurs vibrations est réciproque-

ment proportionnel aux racines carrées des poids qui les tendent. Cependant la longueur des parties vibrantes doit diminuer sous l'influence de la tension, et cette diminution, bien que peu considérable, doit avoir son influence.

Les effets de l'occlusion sur le nombre des vibrations s'expliquent par la modification imprimée à la longueur des parties vibrantes, et cette influence s'exerce selon les mêmes lois qui régissent les vibrations des cordes, c'est-à-dire que le nombre des vibrations est en raison inverse de la longueur des parties vibrantes. De môme que, dans les cordes, la quantité dont il faut diminuer la longueur des rubans pour élever le son devient de plus en plus petite à mesure que cette longueur devient moins grande, ce qui revient à dire que, plus l'anche devient petite , moins il faudra la modifier pour abaisser ou élever le ton. L'influence du porte-vent n'est pas trèsconsidérable sur les vibrations de ces instruments. Cela tient, sans doute, aux modifications faciles que l'anche peut subir, soit dans sa tension, soit dans l'étendue de sa partie vibrante, ce qui lui permet de s'accommoder avec toutes les longueurs possibles du tuyau porte-vent.

Les principes que nous venons de donner sur la formation du son dans les anches membraneuses sont la base de la théorie du son de la voix (1).

En admettant que Millier eût été convenablement secondé par la disposition favorable de ses anches, il n'aurait pas pu néanmoins donner des sons de la voix une explication satisfaisante.

En effet, pour lui, les vibrations étaient fournies par la totalité des rubans vocaux et cette croyance seule était un empêchement absolu à la découverte de la vérité.

La question en était là lorsque nous avons démontré que le véritable corps vibrant est constitué, non par les rubans vocaux pris dans leur totalité, mais par le repli muqueux qui se détache de leur bord sous l'influence du passage de l'air. C'est ce que nous avons appelé la membrane vocale, réservant celui A' anche vocale à la glotte et aux rubans vocaux considérés dans leur ensemble.

(1) Edouard Fournie, Physiologie de la voix et de la parole, p. 8a. Editeur Adrien Delahaye, 18CG.

Gomme nous avons déjà traité cette question à propos des applications de la physiologie et de l'anatomie (v. p. 223), nous nous bornerons à dire que les sons de la voix se produisent selon le mécanisme de la production du son dans les anches membraneuses et que le corps vibrant essentiel de la voix humaine est la membrane vocale (1).

Formation des sons-voyelles. — Les sons-voyelles sont des timbres différents, indépendants de la tonalité du son qui leur sert de matière. M. Helmholtz, en appliquant ses résonnateurs à la formation des sons-voyelles, a démontré que la différence de timbre est bien ce qui caractérise ces sons. Il est même parvenu à démontrer qu'à chaque son-voyelle correspondent une ou plusieurs notes caractéristiques. Ainsi la voyelle A est caractérisée par la note mi h,/, la voyelle ou est caractérisée par la note fa; o est caractérisé par la note si \>.2, etc. (2).

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