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MATIÈRE MÉDICALE

Ce que nous avons dit de la botanique comme science appliquée à la médecine, nous pourrions le répéter de la zoologie. Cette science, en effet, renfermée dans ses limites, ne

(1) Bulletin de l'Académie de médecine, séance du 30 avril 1878.

pouvait jamais prétendre à avoir une action sérieuse sur la solution des problèmes de la physiologie et de la pathologie humaine. A ce point de vue, elle serait plutôt tributaire de notre physiologie et de notre pathologie.

Dès les temps les plus reculés, alors qu'on ne disséquait pas les cadavres humains, le médecin apprenait l'anatomie sur les animaux. L'application de la zoologie à l'anatomie est ici évidente; mais c'étaient les médecins qui en faisaient tous les frais. Aujourd'hui, nous utilisons les animaux au point de vue physiologique. Ne pouvant expérimenter sur l'homme vivant, nous sacrifions des animaux pour éclaircir les problèmes de la physiologie et de la pathologie; mais, ici encore, ce sont les médecins qui font tous les frais de l'application.

Il en a été de la zoologie comme de la botanique. Avant que la zoologie fût constituée, elle fournissait déjà à la médecine un certain nombre de ses produits comme moyen d'action. Le castoreum, le musc, Yambre gris, étaient connus dès la plus haute antiquité avec leurs propriétés, comme on peut s'en assurer dans le traité de Dioscoride Sur la matière médicale.

De tout temps également, on a employé le lait, le petit lait. On emploie, en ce moment, contre la phthsie, une sorte de préparation de lait de jument connue sous le nom de koumys. C'est une importation de Géorgie.

Les œufs ont été très-souvent employés en médecine. Tout le monde connaît Y huile d'œuf pour les plaies. De nos jours, on a mis à profit Yalbumme de l'œuf et on a inventé Y eau albumineuse.

Les cantharides ont été utilisées par Hippocrate dans les hydropisies, dans les maladies de la peau. Les vésicatoires cantharidiens ont été employés par Archigène, Aétius, Arétée et surtout par Mercmïalis et Baglivi.

Les limaçons, malgré leur inutilité bien démontrée, ont été fort longtemps administrés comme médicament (surtout à Montpellier).

L'emploi des sangsues se perd dans la nuit des temps.

L'huile de fuie de monie est un des médicaments les plus précieux de la thérapeutique moderne.

Parmi les receltes dont la science a justifié l'emploi, nous devons citer la poudre d'yeux d'écrevisse et la poudre d'épongé brûlée.

Mais, à côté de ces remèdes bienfaisants, la zoologie nous a fourni de nombreux agents destructeurs de la santé : les venins du cobra, du crotale, de la vipère, de l'abeille, et les virus de la rage et de la morve sont d'importation zoologique.

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