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Excitation des inducteurs. — Pour produire le circuit

magnétique dans les électro-aimants inducteurs, il faut faire circuler un courant de sens convenable dans le fil qui est enroulé autour des noyaux. Ce courant peut être emprunté àunesourceauxiliaire, par exemple à une pile ou à une machine magnéto-électrique à courant continu. On a ainsi ce qu'on appelle les dynamos à excitation indépendante. Ce procédé

offre l'avantage de fournir un champ magnétique inducteur parfaitement indépendant, et dont on peut régler à volonté l'intensité en faisant varier l'allure de la machine excitatrice ou en intercalant des résistances auxiliaires sur le circuit excitateur. Mais il est très peu employé à cause de sa complication.

Pour les dynamos à courant continu, on adopte en général un procédé plus simple, qui consiste à faire circuler autour des inducteurs un courant emprunté à la machine elle-même. La dynamo est dite alors auto-excitatrice.

56. Dynamos en série. — On peut, par exemple, intercaler directement le fil des inducteurs sur le circuit extérieur. On a ainsi ce qu'on appelle les dynamos en série (fig. 94). 11 est clair que si le fer des noyaux des inducteurs était parfaitement doux, la raa-

Fig. 93.

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chine tournerait dans ce cas sans produire aucun courant. Mais, dans la pratique, on constate que le noyau d'un électro-aimant ne se désaimante jamais d'une façon totale, et qu'il conserve toujours une petite quantité de magnétisme, dite magnétisme rémanent. C'est ce magnétisme rémanent qui est utilisé au début pour amorcer la machine. Le champ magnétique est d'abord très faible , et ne donne naissance qu'à un courant induit également très faible.

Mais ce courant induit, en circulant dans le circuit extérieur et par suite autour des inducteurs, renforce leur aimantation; cette aimantation et l'intensité du courant induit s'augmentent ainsi progressivement jusqu'à ce qu'elles atteignent les valeurs correspondant au régime permanent. Dans le cas d'une machine n'ayant jamais fonctionné, l'action magnétique de la terre est souvent suffisante pour produire le champ inducteur initial : s'il n'en est pas ainsi, il suffit de toucher les électro-aimants avec un aimant permanent.

L'équation du courant fourni par une dynamo en série est facile à obtenir. Si on désigne par I l'intensité du courant, par R la résistance du circuit extérieur, par E la force électro-motrice de la machine , par e la différence de potentiel entre les pôles , par r % et r. les résistances de l'armature et du circuit excitateur des inducteurs, on aura évidemment :

Ces résultats se voient encore plus clairement si Ton met la fig. 94- sous la forme schématique de la fig. 95. Si on veut avoir la différence de potentiel e entre les balais, on aura :

Fig. 94.

Fig. 95.

Il y a intérêt bien entendu à ce que la perte de force électromotrice occasionnée par le passage du courant à travers l'inducteur soit aussi faible que possible. Cette perte est égale à c — e. Or

on a :

Cette perte sera d'autant plus faible que la résistance r. sera

plus petite. On est donc conduit à employer pour le circuit des inducteurs un fil relativement court et à grande section.

57. Dynamos en dérivation. — On peut également obtenir l'excitation en mettant le circuit des inducteurs en dérivation, c'est-à-dire en ne le faisant traverser que par une fraction du courant produit dans l'armature. On aura ainsi ce qu'on appelle les dynamos en dérivation (fig. 96). Dans ce cas, pour n'affecter aux inducteurs que la fraction de courant juste suffisante pour leur donner l'aimantation convenable et ne pas dépenser inutilement du courant dans le circuit inducteur, on est conduit à employer pour ce circuit un fil très long et fin.

Pour obtenir l'équation du courant, mettons la fig. 96 sous la forme schématique de la fig. 97. Appelons r d la résistance du circuit inducteur, i d l'intensité du courant qui traverse ce circuit, I l'intensité du courant dans lé circuit extérieur, i % l'intensité du courant produit dans l'armature, et conservons aux symboles E, e, R, r a , leur signification habituelle (on remarquera qu'ici e et ese confondent). Le courant développé dans l'armature se partageant entre le circuit extérieur et le circuit inducteur, on aura :

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On a évidemment d'autre part :

ce qui donne :

Ia = —

La force électro-motrice totale de la dynamo se divise également en deux parties : Tune, égale à r. i a , est absorbée par la résistance intérieure de l'induit, et l'autre constitue la force électro-motrice disponible, c'est-à-dire la différence de potentiel e entre les pùles.

On a donc :

d'où :

En égalant les deux expressions de i m il vient

r* 7\ ~~ R r/ d'où

E = "* (ïï + F m + S

et

58. Régulateurs de champ. — Si Ton suppose que l'armature soit animée d'une vitesse de rotation constante, la force électromotrice dépend de l'intensité du champ magnétique inducteur, et par suite de l'intensité du courant d'excitation. Or les formules que nous venons de donner montrent que l'intensité de ce courant dépend de la valeur de la résistance du circuit extérieur. Il suit de là que lorsqu'on modifie la résistance du circuit intercalé entre les bornes d'une dynamo, la force électro-motrice de cette dynamo et l'intensité du courant qu'elle fournit varient également.

JOO

Dans la pratique, on a fréquemment besoin de disposer soit d'un courant constant, soit d'une différence de potentiel aux bornes constante, quelles que soient les variations de la résistance du circuit extérieur. On peut arriver à ce résultat en intercalant sur le parcours du circuit d'excitation un rhéostat, c'est-à-dire une résistance auxiliaire que l'on peut faire varier à volonté. Ce rhéostat est souvent appelé régulateur de champ.

Pour une dynamo en série , le rhéostat doit être intercalé sur le circuit extérieur, qui est en même temps le circuit d'excitation. Mais la difficulté d'établir des résistances variables susceptibles d'être traversées par des courants intenses rend cette installation peu pratique en général, et l'excitation en série n'est employée ordinairement que pour les machines à régime fixe , destinées à alimenter un circuit dont la résistance n'a pas à subir de variations sensibles.

Avec l'enroulement en dérivation, au contraire, il est très facile d'intercaler sur le circuit d'excitation, qui n'est jamais parcouru

que par des courants d'assez faible intensité, une résistance réglable à volonté. Cette résistance sera constituée par exemple (fig.

98) par des fils de fer ou de maillechort enroulés en spirale, dont les extrémités sont reliées à des plots en laiton sur lesquels on peut déplacer à la main un curseur A.

En faisant varier la position de ce curseur, on fera varier à volonté la valeur de la résistance r d du circuit excitateur. On pourra ainsi régler l'intensité du champ magnétique inducteur de manière à maintenir constante soit l'intensité du courant dans le circuit extérieur, soit la différence de potentiel entre les bornes de la machine.

On fait quelquefois des régulateurs automatiques, dans lesquels

ililiâilii

Fig. 98.

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le déplacement du curseur est commandé par la machine elle-même. Ils se composent en principe d'un électro-aimant muni d'une armature, intercalé soit en série sur le circuit extérieur, soit en dérivation entre les bornes , suivant que Ton veut maintenir constante l'intensité ou la différence de potentiel. Toute variation de l'intensité du courant dans cet électro-aimant se traduit par un déplacement de son armature, qui est reliée par une transmission convenable au curseur du rhéostat. Dans d'autres appareils, le déplacement de l'armature est transmis aux porte-balais et agit de manière à modifier le calage des balais.

59. Dynamos compound. — Pour se dispenser de l'installation d'un régulateur de champ, on se contente fréquemment d'une solution approchée qui consiste à disposer sur les noyaux inducteurs un double enroulement, c'est-à-dire à les exciter au moyen de deux circuits, l'un faisant partie du circuit extérieur, l'autre pris en dérivation sur les balais de la machine (fig. 99). On a ainsi ce qu'on appelle l'enroulement compound, ou compensé? On peut démontrer en effet que, entre certaines limites d'excitation, la force électromotrice tend à croître quand la résistance du circuit extérieur diminue, pour une machine en série, tandis que pour une machine en dérivation elle varie au contraire dans le même sens que cette résistance. On conçoit donc qu'en réglant convenablement les deux enroulements on puisse arriver à réaliser une différence de potentiel aux bornes constante, quelle que soit la variation de la résistance du circuit extérieur. On peut aussi, mais dans de moins bonnes conditions, réaliser de la même façon une machine donnant un courant d'intensité constante, quelle que soit la résistance extérieure.

Les dynamos compound sont aujourd'hui très fréquemment employées, principalement lorsqu'on a besoin d'une différence de.

potentiel constante. On construit couramment des machines dans lesquelles les variations de différence de potentiel ne dépassent pas 3#, lorsque l'intensité du courant fourni varie de zéro à la valeur maxima que peut supporter la machine. On s'arrange quelquefois de manière que la différence de potentiel croisse légèrement avec le débit de la machine. La dynamo est dite dans ce cas hypercompound.

La compensation entre les deux enroulements ne peut être établie que pour une vitesse de rotation déterminée de l'armature, et ne subsiste pas forcément si Ton modifie l'allure.

Il y a donc, pour chaque dynamo compound, une vitesse normale que le constructeur s'est donnée à l'avance en calculant sa machine, et à laquelle il faut la maintenir pour obtenir les résultats prévus.

L'équation du courant d'une dynamo compound s'obtient de la même façon que celle des dynamos en série ou en dérivation. Représentons le schéma d'une semblable machine (fig. 100), et conservons les notations habituelles. On aura :

D'autre part

d'où:

et par suite :

ce qui donne :

= "■ fc + R-+7: + rj

'■ < R + '•> (7. + ÏTTT. + 7J

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ou enfin :

Quant à la différence de potentiel entre les bornes, on a évidemment :

ce qui permet de calculer e.

La dynamo compound dont nous venons de donner le principe est souvent appelée dynamo compound en courte dérivation, pour la distinguer d'une autre classe de dynamos compound, dans lesquelles la dérivation est prise, non plus entre les balais, mais entre les bornes extrêmes de la machine (fig. 101), et qu'on appelle

Fig. 102.

pour ce motif dynamos compound en longue dérivation. L'équation du courant des dynamos en longue dérivation s'obtient d'une manière analogue à celle des dynamos en courte dérivation. On trouve finalement :

60. Balais. — Les balais destinés à recueillir les courants produits dans l'armature sont constitués en général par un faisceau de fils de cuivre, nu ou quelquefois argenté. Ces fils, juxtaposés et formant deux ou trois couches, sont soudés ensemble à une de leurs extrémités (fig. 102) et sont fixés dans une gaine par une vis de pression. Un ressort les maintient appuyés sur le collecteur.

Le grand nombre de points de contact ainsi assuré présente l'avantage de diminuer les étincelles. L'étendue du contact doit être suffisante pour que chaque balai touche deux lames du collecteur à la fois, au moment où il passe d'une lame sur l'autre; sans cela il y aurait interruption du courant chaque fois qu'il frotterait sur les isolants qui séparent les lames.

On emploie fréquemment depuis quelques années des balais formés de plusieurs épaisseurs de toile métallique, en fil de cuivre ou de laiton. Ces balais présentent l'avantage de se tailler rapidement suivant un biseau bien régulier, et d user peu les collecteurs. Ils ont par contre une usure propre assez rapide, et produisent des poussières métalliques qui se déposent sur le collecteur et peuvent y produire des dérivations nuisibles, si celui-ci n'est pas très fréquemment nettoyé. Une circulaire du 7 novembre 1890 a rendu réglementaire l'emploi de ces balais pour les dynamos alimentant les projecteurs destinés à la défense des côtes.

On a essayé dans la Marine des balais en bronze d'aluminium argenté, système Hervé. Ces balais ont un fonctionnement satisfaisant, sans cependant présenter une supériorité bien marquée. Une circulaire du 10 avril 1893 en a autorisé l'emploi dans la Marine.

On fait aussi usage de balais constitués par un bloc prismatique de charbon aggloméré. Ces balais s'usent régulièrement, et sont surtout avantageux lorsque le collecteur doit pouvoir tourner indifféremment dans un sens ou dans l'autre, ce qui est le cas des électro-moteurs (voir chapitre XI). Ils ont l'inconvénient de donner quelquefois des étincelles assez fortes, et de recouvrir rapidement le collecteur de poussières de carbone conductrices.

Lorsqu'il s'agit de machines destinées à débiter des courants très intenses, on est conduit à donner aux balais une section assez considérable, pour éviter leur échauffement. Dans ce cas, pour ne pas leur donner une très grande largeur, ce qui rendrait leur réglage difficile, on les fractionne en général en plusieurs peignes maintenus chacun dans une gaine, et placés parallèlement à côté les uns des autres.

Quel que soit le système de balais employé, il est utile, comme nous l'avons vu au § 53, de pouvoir faire varier à volonté le

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calage de ces balais, tout en leur conservant un écart angulaire constant. Pour cela, les gaines porte-balais sont fixées à des bras faisant partie d'un collier centré sur l'arbre de l'armature. La figure 103 représente par exemple la disposition des porte-balais d'une machine à quatre pôles, dont les balais doivent être à 90° l'un de l'autre (§ kS). Les balais sont pressés sur le collecteur par les ressorts r et r . Les axes de rotation des gaines de ces balais

Fig. 103.

sont portés par deux bras A et A', venus de fonte avec le collier B, et munis de poignées qui permettent de déplacer l'ensemble des deux balais. Une vis de serrage V sert à immobiliser le collier, et par suite les balais, lorsqu'on a trouvé par tâtonnement la position convenable.

61. Moteurs des dynamos. — L'enroulement de l'induit et des inducteurs une fois réglé, il faut imprimer à l'armature une vitesse de rotation déterminée. Pour calculer la puissance mécanique nécessaire, il faut connaître ce qu'on appelle le rendement industriel de la dynamo, c'est-à-dire le rapport entre la puissance électrique fournie par la dynamo et la puissance mécanique néces-

saire pour faire tourner l'armature à la vitesse convenable. La valeur de ce rapport dépend du type de la dynamo el de son mode de construction. Pour une machine bien établie, le rendement ne doit pas être inférieur à 85 %, et atteint même sur certaines machines récentes 94- % .

Supposons par exemple qu'il s'agisse d'une machine donnant une différence de potentiel e aux bornes, et susceptible de débiter un courant de i ampères avec un rendement de 90 %. La puissance électrique fournie par la machine, exprimée en watts, est égale à

ei (§ 5). Exprimée en chevaux de 75 kilogrammètres, ou comme

ei on dit quelquefois en chevaux électriques, elle est égale à ^—^. Si

I ou

Ton désigne par P la puissance à fournir sur l'arbre de l'armature, en chevaux-vapeur, on aura :

Le choix du type de moteur à employer dépend d'un grand nombre de circonstances, et en particulier de la vitesse normale pour laquelle la dynamo a été calculée, vitesse qui varie suivant les types de 300 à 2 000 tours par minute (1). De plus, la commande peut être directe ou indirecte. Dans le premier cas, le moteur est attelé directement sur l'arbre de la dynamo; dans le second, cet arbre porte une poulie reliée à l'arbre du moteur par un système de courroies convenablement établi.

La commande par courroie est très fréquemment employée pour les installations faites à terre, dans lesquelles l'encombrement et le poids n'ont en général qu'une importance secondaire. A bord des navires, où ces deux questions sont au contraire capitales, il est avantageux de faire commander directement l'arbre de l'armature par le moteur. Les premières dynamos employées dans la Marine, dont les vitesses variaient de 500 à 1 600 tours, exigeaient par suite l'adoption de moteurs spéciaux à grande vitesse (Brotherhood, Mégy, etc.). Ces moteurs sont d'un fonctionnement assez délicat et peu économique, et les dynamos que l'on installe

(1) Exceptionnellement, en employant un moleur de construction spéciale, on a fait des dynamos dont l'armature tourne à la vitesse de 10000 tours par minute, et dont nous parlerons dans le chapitre suivant.

GÉNÉRATEURS MÉCANIQUES D'ÉLECTRICITÉ. 107

actuellement à bord des navires sont calculées pour une vitesse normale de 350 tours par minute environ, ce qui permet de les actionner au moyen de moteurs à vapeur ordinaires, ayant une allure relativement modérée et susceptibles d'un fonctionnement durable et économique. Dans les machines récentes, la consommation de vapeur n'excède pas 12 k par heure et par cheval électrique

aux bornes, c'est-à-dire qu'une machine de 16 000 watts, par

, 16 000X12 .. __ AkJ

exemple, ne consomme que — - ,soitenviron260 k de vapeur

par heure. Pour de petites dynamos, on peut admettre une allure un peu plus rapide, mais on ne dépasse guère 500 tours par minute.

62. Régulateurs de vitesse. — Quel que soit le type de moteur adopté, il est en général nécessaire, surtout pour les dynamos compound, que l'allure de ce moteur soit parfaitement régulière et indépendante de la puissance qu'il développe. On est conduit ainsi à munir les moteurs destinés à actionner les dynamos de régulateurs de vitesse.

La fig. 104 représente le régulateur des moteurs construits par la maison Sautter Harlé et C le . A l'extrémité de l'arbre du moteur est fixé un moyeu A muni de deux bras qui supportent les axes d'oscillation B de deux leviers coudés portant à une de leurs extrémités des masses pesantes M. A leur autre extrémité, ces leviers appuient sur des pointeaux D fixés à un manchon E en deux parties qui peut glisser longitudinalement sur le moyeu A. Au repos, les masses M sont dans la position de la figure, et butent contre les extrémités de la clavette de fixation du moyeu A. Lorsque l'arbre tourne, elles tendent à s'écarter sous l'action de la force centrifuge, et à s'éloigner d'autant plus de l'axe de l'arbre que le mouvement de rotation est plus rapide. Leur déplacement est transmis au manchon E, qui porte un pointeau appuyant sur le levier coudé F. Ce levier F est relié par la bielle verticale G au levier coudé J, qui en tournant autour du point K actionne la lanterne N, dont la position règle la section des orifices d'arrivée de vapeur. La bielle G est en deux parties réunies par un écrou H. Suivant que le moteur marche avec échappement à l'air libre, ou avec échappement au condenseur, le régime est difFérent, et on ne peut

obtenir la même allure constante qu'en modiGant la grandeur des recouvrements de la lanterne. On se sert dans ce but de Técrou H, qui permet de donner à la bielle G deux longueurs distinctes bien

déterminées. La longueur de cette bielle doit être réglée de telle sorte que le coup de pointeau 0, placé sur la partie inférieure de la bielle, soit écarté de 100 m / m de l'un des deux repères L (échappement à l'air libre) ou C (échappement au condenseur) placés sur la tige supérieure. Au point P du levier F est articulée une tige terminée d'une part par un piston Q percé de trous, mobile dans un cylindre rempli d'huile et faisant ainsi obstacle à des oscillations trop brusques du

régulateur, et de l'autre par un plateau S auquel est fixé un ressort à boudin R. L'extrémité supérieure de ce ressort est fixée à un plateau S' solidaire d'une tige filetée T qui peut monter ou descendre sous l'action du volant V. On peut ainsi régler à volonté la tension du

Fig. 104.

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ressort R. Cette tension équilibre la force centrifuge des masses H, et par suite détermine la position de la lanterne N, c'est-à-dire l'allure du moteur. Si la vitesse vient à augmenter, par exemple, les masses s'écartent, actionnent la lanterne, et l'allure se ralentit. A une certaine tension du ressort correspond une position d'équilibre déterminée des masses M, et par suite une allure déterminée du moteur. Une fois la bielle G réglée, c'est à l'aide du volant V seul que se règle l'allure. En le tournant dans le sens des aiguilles d'une montre on augmente la vitesse, en le tournant en sens inverse on la diminue. Le fonctionnement de ce régulateur est assez précis pour que, le ressort une fois réglé, les variations dans le nombre de tours ne dépassent pas 2,5 %.

Les régulateurs des autres moteurs employés dans la Marine reposent tous sur l'action de la force centrifuge, et ne diffèrent du précédent que par des dispositions mécaniques de détail. Dans certains d'entre eux, le déplacement des masses pesantes agit, non pas sur un obturateur spécial, mais directement sur le tiroir d'admission.

Le fonctionnement des régulateurs est souvent complété par l'adjonction d'un ou plusieurs volants calés sur l'arbre du moteur. Pour permettre le contrôle rapide de l'allure, les moteurs sont en général munis d'un tachymèlre indiquant à chaque instant la vitesse de rotation.

63. Accouplement élastique. — Lorsqu'on fait commander directement l'arbre de l'armature par le moteur, il peut arriver que les variations dans le débit de la dynamo, et par suite dans le travail effectué par le moteur, soient trop brusques pour pouvoir être immédiatement amorties par le régulateur. Pour remédier à cet inconvénient, certains constructeurs interposent entre l'arbre de l'armature et celui du moteur une jonction élastique. La figure 105 représente une disposition qui a été employée par MM. Sautter Harlé et C i0 . Sur l'arbre A du moteur est calé un plateau B formant volant qui entraine l'arbre C de la dynamo par l'intermédiaire de cinq lames de ressort r, fixées d'une part à un collier claveté sur l'arbre C, et saisies à l'autre extrémité entre deux tocs boulonnés sur le plateau B.

Le joint élastique présente en outre l'avantage de permettre

HO

un léger déplacement de l'arbre de l'armature par rapport à celui du moteur, ce qui facilite la reprise du jeu en cas d'usure

des coussinets. Il conss^*Z~~ — ZT^^b titue par contre un or-

gane assez délicat, et sur les machines récentes il est presque toujours supprimé. La maison Bréguet est au* jourd'hui à peu près la seule qui maintienne sur les moteurs qu'elle construit Taccouple-

Fig. 105.

ment élastique. Le système qu'elle emploie est d'ailleurs très simple et a un fonctionnement satisfaisant. L'arbre du moteur porte un

Fig. 106.

volant V (fig. 106) muni de 10 broches disposées suivant une circonférence. L'arbre de la dynamo porte un plateau P muni également de 10 broches semblables. Les broches du plateau et du volant sont réunies par des bagues en caoutchouc.

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Fig. 107.

Fig. 108.

64. Couplage des dynamos. — De même que les éléments de pile, on peut associer en tension ou en quantité plusieurs dynamos identiques à courant continu. Le couplage en série n'offre aucune difficulté, et les figures 107, 108 et 109 représentent l'association en tension de deux dynamos en série, en dérivation, et à enroulement compound.

Le couplage en quantité ne doit être au contraire réalisé qu'avec certaines précautions. Cela tient à ce que les dynamos ne sont jamais assez identiques pour avoir exactement la même force électro-motrice à la même vitesse. Si on vient alors les associer en quantité, le courant de la plus énergique passera en partie dans la plus faible, comme pour des éléments de pile de force électro-motrice inégale .

Avec des dynamos en dérivation (fig. 110), cet inconvénient est peu important, et n'a d'autre effet que de diminuer légèrement le débit total des machines. Considérons au contraire deux dynamos en série (fig. 111). Si la machine A, par exemple, a une force électro-motrice un peu supérieure à celle de la machine B, on voit qu'une partie du courant fourni par la première machine

Fig. 109.

Fig. 110.

circulera dans les inàucteurs de B en sens inverse du courant normal. Il en résultera une diminution du courant excitateur, et par suite une diminution de force électro-motrice. L'écart entre les forces électro-motrices des deux machines ira donc en s'accentuant, et il arrivera un moment où le sens du courant sera renversé dans les inducteurs de B. Les pôles de cette machine se-

ront alors inversés, et les

* deux machines A et B tra-

vailleront en opposition.

Pour éviter cet inconvénient, on peut employer la dispo- ^ sition représentée par la

F, 6- ,u - figure 112. Les armatures

t — seules sont associées en quantité, et le sens du courant ne peut être inversé dans les inducteurs, qui sont associés en série. On peut

— : aussi adopter un procédé

plus simple, imaginé par , — Gramme, qui consiste à réunir par un fil les deux balais formant point de départ des circuits inducteurs (fig.

113). Ce fil, appelé fil <?é-

çuilibre, maintient l'égalité entre les différences de potentiel des deux machines, et prévient ainsi le renversement du sens du courant dans Tune d'elles.

Lorsqu'il s'agit de machines compound, on peut réaliser sans grand inconvénient le couplage en quantité, grâce à la présence des circuits inducteurs dérivés. On peut d'ailleurs ajouter un fil d'équilibre, de telle sorte que deux balais de même nom soient toujours reliés par un conducteur de faible résistance.

D'une manière générale, il est préférable d'éviter, lorsqu'on le peut, les couplages en quantité. Nous reviendrons sur ce sujet en parlant des installations à bord des navires.

Fig. 112.

Fig. 113.

GÉNÉRATEURS MÉCANIQUES D'ÉLECTRICITÉ. 113

65. Conduite des machines. — Les dynamos doivent être installées autant que possible dans un endroit frais et bien ventilé. Elles doivent être établies sur une base solide. A terre, on fait en général des fondations en maçonnerie; à bord des navires, on fixe la dynamo et son moteur sur un massif en bois solidement relié à la coque.

Lorsque la dynamo ne fonctionne pas, les balais doivent toujours être maintenus écartés du collecteur. Tous les porte-balais sont disposés de manière à permettre ce mouvement (1). Avant de mettre le moteur en route, on doit s'assurer que l'armature tourne librement, que les porte-balais sont placés approximativement dans la position de calage convenable, et que le circuit extérieur est ouvert. On met alors le moteur en marche, et on règle le régulateur de manière à l'amener à son allure normale. On abaisse alors les balais.

Si la dynamo est excitée en série, elle ne peut s'amorcer que lorsqu'on ferme le circuit extérieur. Les machines en dérivation ou compound peuvent au contraire s'amorcer à vide. On vérifie que la machine est amorcée au moyen d'un volt-mètre mis en dérivation entre les bornes. Lorsque la différence de potentiel a atteint sa valeur normale, on ferme le circuit extérieur, et on règle la position des balais de manière à réduire au minimum la production d'étincelles (2).

Lorsque le moteur est en marche, on doit veiller à ce que le graissage s'effectue d'une manière régulière. Il convient d'employer des burettes en cuivre de préférence aux burettes en fer, qui sont fortement attirées par les inducteurs. On vérifie de temps

(1J Une disposition simple et fréquemment employée est la suivante. La douille de la gaine qni porte le balai est munie d'une encoche. En soulevant la gaine et en la faisant courir légèrement sur son axe, on peut engager dans l'encoche la tête d'une ris faisant saillie sur cet axe. Le balai est alors maintenu écarté du collecteur.

(2) Si la machine ne s'amorce pas, il faut d'abord vérifier toutes les connexions. Si aucune erreur n'a été commise, on réussit généralement à amorcer la machine (dans le cas de l'enroulement compound) en la faisant travailler pendant quelques instants en court circuit, c'est-à-dire en réunissant les deux pôles par un conducteur de faible résistance. Pour ne pas risquer de détériorer l'armature en la faisant parcourir trop longtemps par un courant très intense, on se sert d'un Cl de cuivre sur le parcours duquel on intercale un coupe-circuit à fil de plomb (voir § 122). Dès que la machine est amorcée, on en est averti par la fusion du fil de plomb, qui protège l'armature contre un échauffement exagéré.

en temps à l'aide du tachymètre et du volt-mètre que la vitesse de rotation et la différence de potentiel conservent leur valeur normale.

Toutes les parties de la machine doivent être entretenues dans un parfait état de propreté. Le collecteur doit être nettoyé avec' un soin particulier, et débarrassé des poussières métalliques résultant de l'usure des balais.

66. Machines à courant alternatif. — Nous n'avons parlé jusqu'ici que des machines à courant continu, qui sont actuellement les seules employées dans la Marine. Mais il existe aussi des machines à courant alternatif, ou alternateurs, qui dérivent directement de la machine idéale dont nous avons parlé au § 43. Jusqu'à ces dernières années, l'emploi des alternateurs était limité à un petit nombre d'applications; une des principales difficultés provenait de ce que, l'excitation des inducteurs ne pouvant, bien entendu, être obtenue par des courants alternatifs, il était nécessaire d'employer une machine excitatrice auxiliaire à courant continu, à moins qu'on ne fit usage d'aimants permanents. Des découvertes récentes ont conduit à perfectionner notablement les alternateurs, qui commencent à recevoir des applications industrielles importantes. Nous ne pouvons entreprendre ici cette étude, et nous décrirons seulement dans le chapitre suivant deux types d'alternateurs qui ont été quelquefois employés dans la Marine.

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