CHAPITRE VII
Description des différents types de dynamos employés dans la Marine.
67. Voltage adopté dans la Marine. — Nous verrons plus loin que, dans les installations faites à bord des navires, il est nécessaire que les dynamos soient réglées de manière à donner une différence de potentiel aux bornes constante, l'intensité du courant fourni dépendant alors uniquement de la résistance du circuit extérieur. Pour avoir des machines aussi simples et aussi peu encombrantes que possible, on a été conduit à adopter d'une manière uniforme des dynamos compound accouplées directement avec leur moteur. De plus, pour simplifier le matériel d'éclairage alimenté par ces machines, elles sont toutes construites de manière à donner normalement la môme différence de potentiel aux bornes, ou comme on dit souvent le même voltage. Une circulaire du 17 novembre 1890 a adopté pour ce voltage le chiffre uniforme de 80 volts. Cette valeur a été déterminée par les considérations suivantes.
Le principal objet de l'installation des dynamos à bord des navires est l'alimentation des divers appareils d'éclairage, qui comprennent des lampes à arc et des lampes à incandescence. Nous verrons plus loin, en étudiant ces deux genres de lampes, que l'on peut construire des lampes à incandescence fonctionnant avec une différence de potentiel quelconque. Les lampes à arc, au contraire, exigent une différence de potentiel uniforme, qui est de 50 volts environ. De plus, si Ton fait usage de machines
à faible résistance intérieure, ce qui est le cas des dynamos compound employées dans la Marine, la différence de potentiel aux bornes de la machine doit surpasser d'une certaine quantité la différence de potentiel aux bornes de la lampe, l'excédent de force électro-motrice étant absorbé par une résistance auxiliaire. Pour les lampes à arc de faible puissance, dans lesquelles l'intensité du courant ne dépasse pas 15 ampères, la valeur de la chute de potentiel entre la source d'électricité et la lampe doit être d'environ 10 à 15 volts. Mais lorsqu'il s'agit de lampes très puissantes, comme celles des grands projecteurs actuellement employés à bord des navires, ce chiffre devient insuffisant pour assurer un bon réglage de la lampe. Jusqu'en 1890, l'intensité du courant nécessaire pour les lampes des projecteurs ne dépassant pas 45 ampères, on avait adopté pour le voltage le chiffre uniforme de 70 volts, et un assez grand nombre de dynamos en service fonctionnent dans ces conditions. Depuis, en raison de l'emploi de foyers plus puissants exigeant des courants de 60 à 75 ampères, on a reconnu qu'il y avait intérêt à augmenter encore le voltage des dynamos, qui a été fixé comme nous l'avons dit plus haut à 80 volts (1). Il y a lieu de remarquer d'ailleurs que, comme nous le verrons plus tard, l'élévation du voltage permet de réaliser des canalisations d'incandescence moins coûteuses.
Ce que nous venons de dire s'applique seulement aux dynamos installées à bord des navires. Dans les installations à terre, le voltage est souvent déterminé par d'autres considérations, et peut recevoir suivant les cas des valeurs très différentes.
68. — Les constructeurs qui ont livré jusqu'ici des dynamos à la Marine sont les suivants :
Maison Sautter, Harlé et C i0 (ancienne maison Sautter, Lcmonnier et C le ).
Maison Bréguct.
Société L'Éclairage électrique.
Société Alsacienne de constructions mécaniques.
Société des machines magnéto-électriques Gramme.
Compagnie continentale Edison.
(1) C'est également le chiffre adopté dans la Marine anglaise.
DESCRIPTION DES DIFFÉRENTS TYPES DE DYNAMOS. 117
Maison Fabius Henrion.
Nous décrirons successivement les types fournis par ces constructeurs, en indiquant au passage les principales particularités qu'ils peuvent présenter.
69. Machines de la maison Sautter, Harlé et G*. — Les premières dynamos employées par la Marine ont été fournies par MM. Sautter, Harlé et C i0 . Elles étaient exclusivement destinées à
Fig. 114.
l'alimentation des lampes à arc placées dans les projecteurs, et chaque machine alimentait une seule lampe. Ces dynamos ayant une grande résistance intérieure, la différence de potentiel aux bornes variait seulement entre 50 et 60 volts. Quelques-unes de ces machines sont encore en service; on les désigne souvent par Tintensité lumineuse du projecteur qu'elles alimentent, exprimée en becs Carcel (voir chapitre IX).
La figure lli représente le type dit de 500 becs. Les noyaux inducteurs, au nombre de quatre, sont supportés par deux flasques parallèles en fonte, servant de bâtis à la machine et constituant en même temps les culasses des électro-aimants. La paire supérieure et la paire inférieure de noyaux sont réunies par
des pièces polaires en fonte, et l'enroulement est fait de telle sorte que ces deux pièces constituent des pôles de nom contraire. La machine est donc bipolaire (fig. 115). L'excitation est faite
Fig. 115.
en série, comme l'indique le schéma d'enroulement représenté par la figure 116.