Accumulateurs Dujardin. — Dans ces accumulateurs
qui sont du genre Planté, les plaques positives sont constituées par des lames feuilletées en plomb; les plaques négatives sont formées de plomb spongieux obtenu par un procédé spécial. Ces plaques sont disposées dans des récipients métalliques fondus d'une seule pièce, et isolées les unes des autres par des baguettes en silice poreuse.
La capacité utilisable est d'environ 12 AH par kilogramme, avec un courant de décharge de 2 ampères par kilogramme.
88. Accumulateurs Tommasi. — Ces accumulateurs, dits accumulateurs multitubulaires, présentent une certaine analogie avec les accumulateurs Atlas. La pâte d'oxyde de plomb est enfermée dans une caisse perforée en matière isolante (porcelaine ou celluloïd) de forme cylindrique ou prismatique, au centre de laquelle est placée une tige conductrice. Un certain nombre de caisses sont juxtaposées dans un récipient contenant le mélange d'eau et d'acide sulfurique, et reliées entre elles comme les plaques d'un accumulateur ordinaire.
Ces accumulateurs sont actuellement en essai dans la Marine.
89. Accumulateurs Commelin-Desmazures. — On a cherché souvent à utiliser d'autre.s réactions que celles des oxydes de plomb et de l'acide sulfurique pour la formation d'accumulateurs. Nous citerons seulement les accumulateurs de MM. Commelin et Desmazures, qui ont été essayés dans la Marine. Dans ces appareils, l'électrode positive (fig. 160) est formée d'une plaque de cuivre poreux, de 3 m / m d'épaisseur environ, obtenue de la façon suivante. On décompose un sel de cuivre sous l'action d'un courant élec-
trique, et on agglomère le cuivre pulvérulent ainsi produit en le comprimant fortement sur une tôle de même métal. La pression qu'on lui fait subir varie de 800 à 1200 k par 7« 3 . La plaque de cuivre est encastrée dans un cadre en cuivre, et entourée d'une triple enveloppe formée d'une couche d'amiante entre deux couches de fort papier parcheminé. L'épaisseur totale du positif ainsi formé est de 7 m / m environ. La lame négative est formée de trois
Coupe transversale aun élément .
Plaque négative.
Plaque positive.
toiles en fil de fer étamé et amalgamé, rivées dans un cadre en tôle. Cette lame est engagée dans un <;hâssis à claire-voie en bois paraffiné. L'épaisseur totale du négatif ainsi établi est de 8 à 9 m / m . Le liquide est une dissolution de zincate de potasse.
Un élément est constitué en général par cinq plaques positives et six plaques négatives, serrées les unes contre les autres dans un récipient en tôle recouverte intérieurement et extérieurement d'un émail isolant. Le liquide est recouvert d'une légère couche de valvoline pour être soustrait au contact de l'air.
Sous Faction du courant de charge, le liquide est décomposé, et met en liberté d'une part l'oxygène, qui s'unit au cuivre, et de Tautre le zinc, qui se dépose sur la toile métallique dans les intervalles des traverses du châssis en bois. La potasse reste libre en dissolution. A la décharge, le zinc s'unit à l'oxygène de l'eau
et se dissout dans la potasse en reformant le zincate de potasse. L'hydrogène mis en liberté réduit l'oxyde de cuivre des lames positives, qui reviennent à leur état primitif.
Dans ces appareils, la différence de potentiel aux bornes d'un élément, au début de la décharge, est de T ,85 environ. On arrête la décharge lorsque cette différence de potentiel n'est plus que de T ,48.
Ces accumulateurs présentent en principe d'assez grands avantages (absence de dégagement gazeux, suppression de l'acide sulfurique, etc.). Hais ils ont jusqu'ici l'inconvénient de conserver beaucoup moins bien la charge que les accumulateurs au plomb.
90. Emploi des accumulateurs à bord des navires. — L'emploi des accumulateurs peut être parfois avantageux à bord des navires. Pour les bateaux sous-marins, dans lesquels l'emploi de moteurs à vapeur est à peu près impossible, on actionne en général l'hélice au moyen d'un moteur électrique recevant le courant d'une batterie d'accumulateurs préalablement chargée à terre. Pour les petits bâtiments tels que les torpilleurs, à bord desquels il serait peu pratique et assez dispendieux d'installer une dynamo, l'emploi d'une petite batterie d'accumulateurs, chargée au départ, permet d'alimenter pendant assez longtemps les lampes destinées aux signaux de nuit. Sur des navires plus grands, mais ne possédant qu'une seule dynamo, une batterie d'accumulateurs constitue une réserve qui peut être chargée à loisir par la dynamo et la suppléer ensuite au mouillage lorsqu'on veut pouvoir éteindre les feux. On installe même quelquefois des batteries d'accumulateurs sur les grands bâtiments, mais leur utilité est dans ce cas beaucoup plus contestable; ces navires possèdent en effet toujours plusieurs dynamos, et la multiplicité des services auxiliaires y rend à peu près indispensable l'usage constant d'une chaudière.
Les batteries en usage à bord des torpilleurs se composent de 8 éléments, ayant une capacité utilisable de 70 à 80 ampèresheures avec un débit de 12 ampères. Le tableau ci-dessous indique les données principales des éléments de ces batteries :
Nombre de plaques.
Poldide.
électrodes.
Polda total d'an élément.
Julien
Société pour le travail électrique des métaux. Dujardin
12 à 13 k lt k 400 Il à 12 k
Les lampes alimentées sont de petites lampes à incandescence, exigeant une différence de potentiel de 12 volts.
À bord des navires, les seuls accumulateurs employés jusqu'ici sont ceux de la Société pour le travail électrique des métaux. Les différents types d'éléments en usage sont les suivants :
Nombre de plaquée.
Poidl dee électrode».
Poide total.
Décharge normale.
Capacité utilisable.