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Accumulateurs au plomb. — La première solution pra

tique a été trouvée en 1859 par M. Planté, qui a eu l'idée d'em-* ployer des électrodes de plomb immergées dans un liquide formé d'eau additionnée de 10# d'acide sulfurique.

Les réactions qui se produisent sont alors les suivantes. Pendant la charge, l'eau étant décomposée, l'oxygène se porte sur la lame positive et forme du bioxyde de plomb ; l'hydrogène se porte au contraire à la lame négative. Lorsque la couche de bioxyde a atteint une certaine épaisseur, elle préserve le reste du métal, et l'oxygène se dégage librement autour de l'électrode positive. La force contre électro-motrice a alors atteint sa valeur maxima. Pendant la décharge, l'hydrogène se porte sur la lame oxydée, qui devient alors l'électrode négative , et réduit le bioxyde de plomb à l'état de protoxyde qui forme avec l'acide sulfurique un sulfate soluble; l'oxygène qui se porte sur l'autre électrode y produit du protoxyde de plomb qui donne également un sulfate soluble.

Le courant secondaire s'arrête quand tout le bioxyde de plomb a été réduit. Si alors on fait passer de nouveau le courant de charge, les mêmes phénomènes se reproduisent, mais on constate que la couche de bioxyde de plomb qui se forme est plus épaisse que lors de la première opération. En renouvelant un grand nombre de fois ces opérations de charge et de décharge de la pile secondaire, on forme des couches de bioxyde de plomb de plus en plus épaisses, et on augmente par suite la durée du courant de décharge.

Cette période de formation d'un accumulateur, par charges et décharges successives, est en général fort longue et peut durer plusieurs mois. On rend la formation plus rapide en alternant le sens du courant de charge. Dans ce cas , chacune des lames étant tantôt positive et tantôt négative , ces lames se recouvrent toutes deux d'une couche plus ou moins épaisse de bioxyde de plomb. Supposons ce résultat atteint, et faisons passer le courant de charge. Le bioxyde de la lame négative sera réduit à l'état de plomb pulvérulent et la couche de bioxyde de la lame positive augmentera d'épaisseur. Lorsqu'on réunira les deux lames par un conducteur, le courant secondaire ira dans l'accumulateur de la lame la moins oxydable à la lame la plus oxydable, et, l'accumulateur une fois

déchargé, les lames se retrouveront dans l'état où elles étaient avant la charge.

On active aussi beaucoup la formation des accumulateurs Planté en attaquant préalablement les plaques de plomb par l'acide azotique étendu d'eau. Le plomb devient ainsi plus poreux, et on peut obtenir la formation en une semaine.

Dans le but de remédier à la lenteur de formation des accumulateurs Planté, M. Faure a eu l'idée de déposer directement les oxydes de plomb sur les électrodes, au lieu d'attendre leur formation graduelle par les charges successives. Dans les accumulateurs - Faure, perfectionnés par MM. Sellon et Volckmar, les électrodes sont constituées par des plaques grillagées en plomb ou en alliage à base de plomb, dont les trous sont remplis d'une pâte comprimée formée d'oxydes de plomb gâchés dans de l'eau acidulée. Les oxydes de plomb employés sont en général le minium pour les plaques positives et la litharge pour les plaques négatives. Le liquide est le même que celui des accumulateurs Planté. En faisant passer le courant de charge, on réduit presque complètement le mélange de la lame négative , et on peroxyde celui de la lame positive. La formation est complète en quelques jours.

On construit actuellement un assez grajid nombre de systèmes d'accumulateurs au plomb, les uns du genre Planté, les autres du genre Faure. Dans ces accumulateurs, pendant la période de charge, la force contre électro -motrice croit d'abord assez rapidement jusqu'à 2 V ,1, puis plus lentement jusqu'à 2 V ,5 qui est la valeur maxima qu'elle peut atteindre. Pendant la décharge, elle tombe d'abord très rapidement de 2 V ,5 à 2 V ,1, et diminue ensuite lentement. Pendant les deux tiers environ de la durée de la dér charge, elle reste voisine de 2 volts.

Il existe d'autres systèmes d'accumulateurs, basés sur des réactions différentes. Mais les accumulateurs au plomb sont actuellement les seuls employés dans la pratique, et ce sont eux que nous aurons spécialement en vue dans ce qui va suivre.

79. Étude générale des accumulateurs. — L'ensemble formé par les deux électrodes, le liquide, et le récipient qui les contient, constitue un élément d'accumulateur. De même que les éléments de pile, les éléments d'accumulateurs pçuvent être asso-

io7

ciés en tension ou en quantité de manière à former une batterie. En prenant des modes d'association différents pour la charge et pour la décharge, on peut avoir un courant de décharge dont les données électriques diffèrent de celles du courant de charge. Si par exemple on charge les éléments groupés en tension au moyen d'un courant de faible intensité et de force électro-motrice élevée, on pourra, en les associant en quantité pour la décharge, obtenir un courant de force électro-motrice faible, mais de grande intensité.

L'intensité maxima du courant que Ton peut faire circuler dans un élément d'accumulateur dépend de la surface des électrodes. Dans la plupart des accumulateurs que Ion construit aujourd'hui, les électrodes ont la forme de plaques rectangulaires. Pour obtenir une surface aussi grande que possible, on fractionne chaque électrode en plusieurs lames, et, pour diminuer la résistance intérieure , on emboîte les lames les unes dans les autres de manière à ne laisser qu'un intervalle de quelques millimètres entre une lame positive et une lame négative. La pratique générale des constructeurs est de constituer un élément à l'aide de n lames positives et de n + 1 lames négatives, de telle sorte que chaque lame positive soit comprise entre deux lames négatives (fig. 150). Des barres d'accouplement réunissent les lames de même nom, et constituent les pôles de l'élément.

Les dimensions des électrodes une fois déterminées, il importe de ne pas les faire traverser par un courant trop intense, ce qui échaufferait les plaques et provoquerait rapidement leur désorganisation. L'intensité maxima dépend, comme nous\l'avons dit, de la surface des électrodes , mais comme pour un type donné d'accumulateur l'épaisseur des plaques est toujours la même, on rapporte d'habitude cette intensité au poids des électrodes. Dans les types actuels d'accumulateurs, l'intensité normale du courant de charge varie de A ,5 à 2 A par kilogramme d'électrodes. Le régime de charge doit d'ailleurs être indiqué par le constructeur.

La décharge d'un accumulateur peut évidemment être effectuée d'une manière plus ou moins rapide. On appelle capacité totale

Fig. 150.

d'un accumulateur le produit de la durée de la décharge, exprimée en heures, par l'intensité du courant de décharge. Cette capacité est alors exprimée en ampères-heures. Dans la pratique, on ne doit jamais décharger complètement un accumulateur; pour avoir un bon rendement, il convient de ne pas laisser la différence de potentiel aux bornes, qui est de 2 V environ au début de la décharge, descendre au-dessous de i T ,8. Dans ces conditions, on appelle capacité utilisable le produit de l'intensité du courant de décharge par le nombre d'heures nécessaire pour que la différence de potentiel aux bornes d'un élément tombe à l r ,8. Cette capacité utilisable est la véritable constante pratique d'un accumulateur. Elle varie suivant les types de 7 à 20 ampères-heures par kilogramme d'électrodes.

L'intensité du courant de décharge peut être supérieure à celle du courant de charge. En fonctionnement normal, on peut admettre pour cette intensité i A par kilogramme d'électrodes. Exceptionnellement, on peut adopter des régimes plus intenses, et décharger par exemple les accumulateurs à raison de 2 ou 3 ampères par kilogramme d'électrodes. Mais une décharge trop précipitée nuit à la conservation des plaques, et, si on veut être assuré d'un fonctionnement de longue durée, on ne doit guère dépasser le régime de i A par kilogramme d'électrode. La capacité utilisable diminue d'ailleurs lorsque le régime de décharge augmente.

Supposons par exemple qu'il s'agisse d'un élément d'accumulateur renfermant 25 kilogrammes d'électrodes, et ayant une capacité utilisable de 10 ampères-heures par kilogramme, soit 250 ampères-heures. On pourra adopter comme intensité du courant de charge le chiffre de 15 ampères (0 A ,6 par kilogr.), et la durée

minima de la charge sera dans ce cas-—-, soit environ 17 heures.

lo

A la décharge, on pourra admettre une intensité de 25 ampères, et la durée de la décharge sera alors de 10 heures. Si l'intensité n'était que de 20 A , la décharge durerait 12 h 30 m , et ainsi de suite. En fonctionnement normal , la durée des plaques dépend beaucoup des soins d'entretien et de la régularité des régimes de charge et de décharge. Elle peut atteindre deux ou trois ans pour les pla-

ques positives, et huit à dix ans pour les plaques négatives, qui s'usent beaucoup moins vite.

La résistance intérieure d'un élément d'accumulateur est assez

variable suivant les types. Sa valeur est en général voisine de — '— ,

P étant le poids des électrodes en kilogrammes.

80. Charge et décharge des accumulateurs. — La charge d'un accumulateur peut être faite au moyen d'une source d'électricité quelconque, à courant continu. Il suffit, comme nous l'avons déjà dit, que la force électro-motrice du courant de charge soit toujours supérieure à la force contre électro-motrice développée dans l'accumulateur. S'il n'en était pas ainsi, le sens du courant ( se trouverait renversé, et l'accumulateur se déchargerait sur la source au lieu d'être chargé par elle, inversion qui peut avoir de graves inconvénients et provoquer dans certains cas la destruction rapide des plaques.

Il y a lieu de remarquer que, si la charge est opérée au moyen d'une dynamo excitée en série , le renversement du sens du courant amène le renversement des pôles de la machine. Aussi emploie-t-on en général de préférence, pour la charge des accumulateurs, des dynamos en dérivation, dans lesquelles il est facile de voir que les pôles ne peuvent être inversés. Lorsqu'on ne dispose pour la charge que d'une dynamo compound, ce qui est le cas à bord des navires, il est nécessaire de prendre des précautions pour éviter le renversement possible du sens du courant. On se sert dans ce but d'appareils appelés disjoncteurs automatiques, qui interrompent le circuit dès que le courant tend à changer de sens. Il existe divers modèles de disjoncteurs. On peut employer par exemple le dispositif représenté par la figure 151. Sur le circuit de charge sont intercalés un interrupteur et un électro-aimant. La lame mobile de l'interrupteur est commandée par une tige qui porte un contrepoids à une de ses extrémités, et dont l'autre extrémité peut être maintenue par un épaulement pratiqué sur l'armature de l'électro-aimant. Au début, on amène à la main l'interrupteur dans la position représentée en traits pleins sur la figure. Le courant de charge excite alors l'électro-aimant, dont l'armature est attirée et maintient l'interrupteur en place. Si le

courant vient à se renverser, il passe d'abord forcément par zéro. A ce moment, l'électro-aimant devenant inerte, l'armature est

ramenée en arrière;

tAJLAAAAAAAJk**9

Fig. 151.

le contrepoids fait alors basculer la lame mobile, et interrompt ainsi le circuit.

En général, on dispose pour la charge d'une batterie d'accumulateurs d'une source d'électricité déterminée, et ondoit alors régler le groupement de cette batterie de telle sorte que la charge soit possible. Un cas assezfréquent est celui où l'ona des appareils d'éclairage que l'on veut pouvoir alimenter indifféremment à l'aide d'une batterie d'accumulateurs ou d'une dynamo, cette dynamo devant en même temps servir à la charge lorsqu'elle n'est pas employée pour l'éclairage. Supposons par exemple qu'il s'agisse d'une installation d'éclairage exigeant 80 volts et 100 ampères. En admettant qu'on arrête la décharge lorsque la différence de potentiel d'un élément est égale à 1*,8, on devra associer

en tension un nombre d'éléments égal à--~, soit 45 éléments. D'une

manière générale, il faut éviter autant que possible de faire des groupements en quantité pour la décharge , en raison de la difficulté de maintenir l'égalité de force électro-motrice entre les différents groupes. Si donc on ne doit avoir qu'un seul groupe en tension, ces éléments devront contenir chacun 100 k d'électrodes, pour pouvoir débiter normalement le courant nécessaire. La dynamo, dont la différence de potentiel aux bornes est supposée égale à 80 volts, ne pourra évidemment charger ces éléments associés en tension, puisque la force contre électro-motrice atteindrait dans ce cas 2 V ,5 X '*5 = 112 v ,5. On est conduit ainsi à modifier le groupement pour la charge. La solution la plus simple consiste à séparer la batterie en deux groupes associés en quantité. Nous prendrons donc 46 éléments (au lieu de i5) et nous les divi-

serons en deux groupes de 23 (fig. 152). Le courant de charge pourra être réglé, comme nous l'avons vu, à 50 ampères, et la dynamo débitera alors 100 ampères. La force contre électro-motrice des accumulateurs variant pendant la période de charge, il est nécessaire de pouvoir régler la résistance du circuit extérieur de la dynamo, de manière à maintenir constante l'intensité du courant de charge. On intercalera dans ce but des rhéostats R sur chacune des deux demi-batteries. Les valeurs extrêmes de ces rhéostats sont faciles à calculer. Au début (en supposant que les accumulateurs

^^nnnN^-||

lllllllllll

Fig. 152.

ont été précédemment déchargés) la force contre électro-motrice est de r,8 par élément. On doit donc avoir, en appliquant la loi de Ohm,

(R, H- 23 X r) 50 = 80 — 23 X 1,8 en désignant par r la résistance intérieure d'un élément (égale approximativement à TjTjT ], et par Ri la valeur maxima du rhéostat.

À la fin de la charge, la force contre électro-motrice étant d'environ 2 T ,5 par élément, on doit avoir :

R, étant la valeur minima du rhéostat. On disposera donc les rhéostats de manière que leurs valeurs extrêmes soient R t et R*, et on fera décroître progressivement leur valeur pendant la charge de telle sorte que les ampère-mètres A t et A, indiquent toujours une intensité uniforme de 50 ampères (1).

(1) Dans la pratique, lorsque l'intensité du courant de charge est réglée au début pour un régime supérieur à 0\5 par kilogramme, il est préférable de la laisser diminuer

ÉLECTRICITÉ PRATIQUE. ll

Pour la décharge, on groupera les 46 éléments en tension. 11 faudra alors intercaler sur le circuit de décharge un rhéostat de manière à obtenir une différence de potentiel constante de 80 v . Au début, en effet, la différence de potentiel aux bornes de la batterie sera 46 x 2 v ,i = 96 v ,6 ; à la fin de la décharge, elle ne sera plus que 46 x i T ,8 = 82 T ,8. Les valeurs extrêmes R\ et R', du rhéostat sont alors données par :

et on réglera pendant la décharge la valeur de ce rhéostat de manière à maintenir aux bornes du circuit extérieur une différence de potentiel constante de 80 volts.

Le procédé le plus exact pour apprécier à un instant quelconque l'état de charge d'un élément d'accumulateur est celui qui consiste à mesurer à l'aide d'un volt-mètre la différence de potentiel aux bornes de cet élément. La charge est terminée lorsque cette différence de potentiel a atteint sa valeur maxima, qui est en général voisine de 2 r ,5, et reste stationnaire pendant quelque temps.

On peut aussi étudier la variation de densité du liquide des éléments au moyen d'un aréomètre Baume. Le liquide normal, au début , doit marquer un certain nombre de degrés indiqué par le constructeur, et qui est en général voisin de 28°. La densité augmente progressivement pendant la charge, et atteint 35° environ à la fin de l'opération.

Si les accumulateurs ont été précédemment déchargés, on peut se contenter d'évaluer en ampères-heures la quantité d'électricité dépensée pendant la décharge, et de fournir à la batterie pendant la charge cette quantité d'électricité augmentée de 10 à 15 # pour tenir compte des pertes.

L'examen du dégagement gazeux qui se produit dans le liquide des éléments fournit également des indications assez précises. Pendant la charge, l'eau étant décomposée, l'oxygène se porte sur les

progressivement de manière à ne pas dépasser vers la fin de la charge le régime de A ,5. D'une manière générale, d'ailleurs, on peut toujours sans inconvénient forcer au début le régime de charge.

plaques positives et il y a seulement dégagement d'hydrogène. Lorsque les plaques positives ont été complètement peroxydées , l'oxygène se dégage à son tour et le liquide prend un aspect laiteux caractéristique.

Le dégagement d'hydrogène qui se produit pendant la charge nécessite certaines précautions pour l'emploi des accumulateurs. Si les éléments ne sont pas installés dans un local bien aéré Ou si les récipients sont à fermeture hermétique, il est indispensable de prendre des dispositions pour évacuer au dehors les gaz dégagés ; il pourrait en effet se former des mélanges détonants , dont l'approche d'une lumière ou simplement le jaillissement d'une étincelle entre deux contacts suffirait pour déterminer l'explosion.

8i. Montage et entretien des accumulateurs. — Les récipients dans lesquels sont placées les électrodes doivent être parfaitement étanches et isolés, pour éviter toute déperdition. On les fait soit en verre, soit en tôle vernie , soit en ébonite, soit en bois doublé de plomb. Les meilleurs récipients sont ceux en verre, mais ils ont l'inconvénient d'être fragiles. Une bonne disposition consiste à avoir des récipients en verre placés à l'intérieur d'une caisse en bois, l'intervalle entre la caisse et le récipient étant rempli de sciure de bois.

Les récipients doivent être installés sur des étagères en bois bien accessibles, deux éléments voisins étant séparés par un intervalle de 20 à 30 m / m . On prend en outre la précaution de faire reposer les récipients sur des supports isolants, en porcelaine par exemple. Les plaques d'un élément doivent être montées bien parallèles les unes aux autres, et séparées par des cales isolantes dont la nature varie suivant les types d'accumulateurs, mais qui sont formées le plus souvent de bracelets en caoutchouc. Les plaques positives se reconnaissent à leur couleur brun chocolat, due à la présence du bioxyde de plomb, tandis que les plaques négatives ont une couleur grise plus ou moins foncée.

Le liquide employé est un mélange d'eau et d'acide sulfurique. On doit se servir d'eau distillée ou d'eau de pluie filtrée, et d'acide sulfurique bien pur (acide sulfurique au soufre marquant 66° Baume). Le mélange se fait en général dans la proportion de 8 volumes d'eau pour 2 volumes d'acide; il marque alors 28° Baume

i64 ÉLECTRICITÉ PRATIQUE.

après refroidissement. Ce mélange doit être effectué avec précaution, en versant lentement l'acide dans l'eau et en agitant constamment. On trouve d'ailleurs aujourd'hui dans le commerce de l'acide à 28° Baume tout préparé.

Le niveau du liquide dans les récipients doit dépasser le bord supérieur des lames de un centimètre environ. Les récipients ne doivent pas être remplis jusqu'au bord, pour éviter les écoulements d'eau acidulée qui donneraient naissance à des dérivations. On prend quelquefois la précaution de recouvrir le liquide d'une couche mince d'huile lourde de pétrole.

On ne doit jamais laisser les accumulateurs déchargés. Si la batterie doit rester longtemps sans emploi, il est préférable de démonter les éléments et de rincer les plaques dans l'eau pure. Ce nettoyage des plaques dans Feau pure doit d'ailleurs être effectué de temps en temps, tous les trois mois environ.

Lorsque la batterie n'a pas fonctionné depuis longtemps, il faut, après remontage , lui faire subir avant tout une charge très prolongée (25 à 30 ampères-heures par kilogramme) à un régime modéré. Cette opération a pour but de détruire le sulfate de plomb qui se forme principalement sur les plaques négatives.

On doit toujours vérifier soigneusement l'isolement d'une batterie d'accumulateurs. Cette vérification peut se faire très simplement delà manière suivante (fig. 153). On démonte les connexions

entre la dynamo et la batterie ; on relie le pôle négatif de la dynamo à la terre , et le pôle positif à la borne positive d'un V^M'W'I'I'I'I'I'I'N'I'I 1 volt-mètre; on attache à la Terre tts^" borne négative de ce volt-

Pi 163 mètre un bout de fil de cuivre

F, et on met la dynamo en route. On touche d'abord avec le fil F la borne négative de la dynamo, ce qui donne une déviation e de l'aiguille du voltmètre (1); on touche ensuite avec le même fil successivement les deux barres d'accouplement de chaque élément. Soit e la plus

(1) Ceci suppose bien entendu que la dynamo est à enroulement compound ou en dérivation.

grande des déviations ainsi obtenues. Appelons p la résistance du volt-mètre (inscrite sur l'instrument) et R la résistance d'isolement de la batterie. On a approximativement :

= — = intensité du courant dans le volt-mètre

R + p d'où

On doit trouver pour R une valeur au moins égale à 100 000 w Si on trouve une valeur inférieure , on sépare la batterie en deux et on recommence l'opération pour chacune des deux moitiés. En procédant ainsi par fractionnements successifs, on arrive à découvrir l'élément défectueux.

Pendant la charge, il est bon de vérifier souvent à l'aide du volt-mètre la différence de potentiel aux bornes de chaque élément. Si l'un d'eux donne une indication notablement inférieure à celle des autres éléments, c'est qu'il s'est produit dans cet élément une dérivation, par exemple par suite du contact de deux plaques de nom contraire. La cause la plus fréquente de ce genre d'avaries est la chute de parcelles d'oxydes de plomb qui restent engagées entre deux plaques voisines; on y remédie facilement en passant entre les deux plaques une baguette de bois, de manière à faire tomber ces parcelles au fond des récipients.

82. Accumulateurs Julien. — Ces accumulateurs sont du système Faure. Les carcasses des électrodes sont formées de plaques grillagées (fig. 154) constituées par un alliage ayant la composition suivante :

Plomb 95 %

Antimoine .... 3,5 % Mercure 1,5 %

Les pastilles d'oxydes de plomb sont encastrées dans les mailles de ce grillage. Chaque plaque est munie d'une queue en plomb qui vient se souder à une barre d'accouplement massive, également en plomb. Les plaques sont isolées les unes des autres par des bracelets en caoutchouc.

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Fig. 154.

Dans les modèles les plus récents, les pastilles d'oxydes de plomb sont percées d'un trou à leur centre. Cette disposition a pour but d'augmenter la surface active, et de permettre à chaque pastille

de foisonner légèrement sans se gonfler et se détacher. Le récipient est une boite en ébonite enfermée dans une botte en bois.

La capacité utilisable est de 15 à 18 ampères-heures lorsque le régime de décharge ne dépasse pas 2 A par kilogramme; au débit de 3 A par kilogramme, elle n'est plus que de 9 à 10 ampères-heures.

83. Accumulateurs de la Société pour le travail électrique des métaux. — La Société pour le travail électrique des métaux construit des accumulateurs du système Laurent Cély, qui sont du genre Planté. Mais au lieu d'être formées de plomb ordinaire , les plaques sont constituées par une sorte de plomb spongieux obtenu artificiellement. Ce plomb est mis sous forme de plaquettes carrées d'environ 50 m / m de côté, divisées en quatre parties par des rainures (fig. 155) et percées d'un trou en leur centre. On juxtapose ces plaquettes dans un moule, et on coule dans les interstices un alliage de plomb et d'antimoine. On obtient ainsi une plaque composée d'un cadre solide et d'un double quadrillage réuni par un rivet à chaque jonction de deux rainures. Ces plaques sont montées comme celles des accumulateurs Julien et soumises ensuite à une formation méthodique suivant le procédé que nous avons indiqué en parlant des accumulateurs Planté. Les plaques de môme nom d'un élément sont réunies par des écrous et des boulons de serrage en bronze (fig. 156). Dans les derniers modèles, les plaques sont suspendues par leur partie supérieure à un châssis en verre, de telle sorte que leur bord inférieur soit à 10 centimètres environ au-dessus du fond du récipient. Elles peuvent ainsi se dilater librement sans se déformer, et les parcelles d'oxydes de

plomb qui viennent à se détacher tombent au fond sans produire de court circuit. De plus, dans les éléments destinés à être installés à bord des navires, une planchette de bois surnageant & la sur-

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Fig. 155.

Fig. 156.

face du liquide empêche ce liquide d'être projeté violemment hors du récipient dans les mouvements de roulis.

La capacité utilisable est indiquée approximativement par le tableau suivant :

Régime de décharge.

Capacité utilisable.

1 A par kilogramme

18 ampères-heures par kilogramme.

Les constructeurs indiquent comme régime normal 1 A par kilogramme pour la charge et 1 A ,5 par kilogramme pour la décharge.

84. Accumulateurs Tudor. — Dans ces accumulateurs, les électrodes sont formées de plaques de plomb munies de nom-

breuses nervures horizontales, qui leur donnent une grande rigidité. Les intervalles entre les nervures sont remplis à l'aide d'une pâte formée de minium gâché dans un mélange d'eau et d'acide sulfurique. Les plaques d'un même élément sont isolées les unes des autres au moyen de tubes en verre. Les récipients sont en verre pour les petits accumulateurs, en bois doublé de plomb pour les grands (fig. 157). Le liquide doit marquer 18° Baume après refroidissement (5 volumes d'eau pour un volume d'acide).

Le régime normal indiqué est de A ,8 à l A parkilogrammeponr la charge, de 1 A environ pour la décharge.

Dans ces conditions, la capacité utilisable varie de k à 5 ampèresheures par kilogramme. Dans certains modèles spéciaux, elle est de 8 ampères-heures par kilogramme.

Les accumulateurs Tudor sont comme on le voit très lourds relativement à leur puissance. Ils ont par contre de grandes qualités de solidité et de durée. Us n'ont été employés dans la Marine que pour les installations à terre (Indret).

85. Accumulateurs Atlas. — Les accumulateurs Atlas, construits par la Société des Applications de l'électricité, sont du genre Faure, mais présentent un mode de construction particulier. Les oxydes de plomb sont agglomérés de manière à former des plaques prismatiques, à base octogonale, percées de trous, et superposées les unes aux autres de la manière suivante. Sur une plaque d'ébonite percée de trous (fig. 158) repose une lame

mince en plomb antimonié, également percée de trous, sur laquelle est placée une plaque positive, par exemple. Cette plaque est recouverte d'une feuille mince de celluloïd percée de trous correspondant à ceux de la plaque, mais ayant un diamètre un peu plus petit. Sur cette feuille sont empilées deux plaques négatives séparées par une lame mince en plomb antimonié, puis une feuille de celluloïd, puis deux plaques positives séparées par une lame de plomb, et ainsi de suite. La dernière paire de plaques positives est recouverte par une feuille de celluloïd sur laquelle sont placées une plaque négative et une lame de plomb qui terminent l'élément. Le tout est recouvert d'une plaque d'ébonite reliée à la plaque de base par quatre boulons de serrage en plomb antimonié. Un de ces boulons est relié à toutes les lames de plomb en contact avec des plaques négatives; celui qui lui est opposé diagonalement est relié à toutes

les lames en contact avec des plaques positives. L'élément est ainsi formé d'un bloc prismatique compact, plongé dans un récipient en verre contenant l'eau acidulée d'acide sulfurique.

La capacité utilisable est d'environ 16 ampères-heures par kilogramme avec un régime de décharge de 1 A ,5 par kilogramme.

86. Accumulateurs Gadot. — Ces accumulateurs sont très analogues aux accumulateurs Julien. Ils en diffèrent par le mode de construction de la plaque grillagée, qui, au lieu d'être fondue d'une seule pièce, est formée de deux plaques symétriques serrées l'une contre l'autre et rivées au plomb (fig. 159). Cette disposition permet d'obtenir des alvéoles formés de deux troncs de pyramide accolés par leur grande base ; les pastilles d'oxydes de plomb

Fig. 158.

t i i— -i i — ih- ^ i — | — 'h— *

Fig. 159.

sont ainsi maintenues emprisonnées dans leur support, et ne peuvent se détacher.

Le liquide est le même que celui des accumulateurs Tudor. Le régime normal est de A ,8 par kilogramme pour la charge, de 1\6 pour la décharge. Dans ces conditions, la capacité utilisable est de 6 à 8 ampères-heures par kilogramme.

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