Blanc et rouge alternatif
Le signal clignotant est effectué au moyen d'éclats séparés par des éclipses d'une durée
qu'ici pour ce commutateur, qu'un câble souple à deux conducteurs relie à une prise de courant étanche, placée à proximité.
Les signaux de reconnaissance sont effectués au moyen de cinq fanaux sphériques dont deux à verre rouge, deux à verre vert, et un à verre blanc. Sur les bâtiments de la 1™ catégorie, les fanaux rouges el blancs reçoivent chacun une lampe de 30 bougies, et les fanaux verts une lampe de 50 bougies. Sur les bâtiments de la 2* catégorie, les cinq fanaux reçoivent chacun une lampe de 10 bougies. On prend quatre quelconques de ces fanaux, et on les frappe le long d'une drisse de la même manière que les signaux d'ordre. Une câble souple â cinq conducteurs (dont un servant de retour commun), ayant une longueur de 50 mètres, relie les fanaux â un commutateur spécial, qui porte le nom de combinateur. Cet appareil (fig. 259) se compose d'ui\e caisse rectangulaire dans laquelle sont disposées horizontalement cinq plaques métalliques, isolées les unes des autres; chaque plaque est percée de 15 trous, et les trous des diverses plaques sont superposés de manière qu'on puisse y enfoncer une broche métallique F. Les trous de la plaque inférieure L, qui sert de prise de courant, ont tous un diamètre égal à celui de la broche. Les quatre autres plaques sont munies chacune de huit trous ayant le diamètre de la broche et de sept trous ayant un diamètre plus grand. On voit immédiatement qu'on peut disposer ces trous de telle sorte qu'à chacune des 15 positions de la broche corresponde une combinaison d'allumage. Par exemple, dans le cas représenté par le schéma qui indique les communications, ce sont les lampes 2 et 3 qui sont allumées. La broche est garnie de languettes formant ressort de manière à assurer un bon contact avec la plaque L et les diverses plaques. Au repos, la broche est placée dans un tube support M, fixé contre la boite. Un deuxième tube reçoit une broche de rechange. De petites fiches /, /, formées d'une sorte de clou à tète plate garnie de 1, 2, 3 ou k pointes en relief, servent à préparer d'avance, dans un ordre dé-
de trois secondes. La durée de l'éclat doit être égale à deux ou trois fois la durée de l'éclipsé. Ces durées peuvent être augmentées suivant les difficultés de vue, mais le rapport de la durée de l'allumage à la durée de l'éclipsé doit rester le même.
Le signal scintillant alterné est obtenu au moyen d'éclats alternativement blancs et rouges, ayant une durée de 2* à 2', 5. Ce signal est effectué exclusivement dans le premier fanal, à partir du sommet
terminé, un certain nombre de signaux. Le combina teur est relié par un câble souple à deux conducteurs à une prise de courant étanche, placée en général au pied du mât arrière.
Les signaux à éclipses sont produits au moyen de fanaux à verre blanc éclairant soit une partie seulement de l'horizon , soit la tota-
Vue du dessus, le couvercle enlevé.
fi
CE
Itynamo.
Fig. 259.
lité de l'horizon. Ces derniers fanaux seuls (appelés souvent fanaux Colomb) sont éclairés à l'électricité, et reçoivent une lampe de 50 bougies. Ils sont hissés à la corne de l'un ou l'autre des mâts et reliés par un câble souple à deux conducteurs à une prise de courant étanche. Un interrupteur à ressort ménagé sur le circuit permet de produire les éclats brefs ou longs qui constituent les signaux. Les éclats longs doivent avoir une durée trois fois plus grande que les éclats brefs. Chaque bâtiment reçoit un fanal de ce genre.
L'éclairage extérieur comprend en outre divers feux dont nous allons donner le détail. Ces feux n'ont pas en général de circuit spécial, et leurs prises de courant sont greffées, suivant les cas, soit sur le circuit de signaux, soit sur un des circuits de nuit ou de mer de l'éclairage intérieur.
Les feux de position sont formés de deux fanaux doubles identiques à ceux qui sont employés pour les signaux d'ordre. Ces fanaux reçoivent chacun deux lampes de 30 bougies ou de 10 bougies, suivant la catégorie du bâtiment. Us sont hissés l'un au-dessus de l'autre à la corne du mât arrière, et reliés par un câble à cinq conducteurs â un manipulateur formé de deux commutateurs à deux directions, permettant d'effectuer les quatre combinaisons d'allumage (1). Ces commutateurs sont installés en général dans la chambre des cartes, à portée de l'officier de quart.
Le feu de mouillage est un feu blanc que tous les bâtiments au mouillage doivent porter la nuit. Ce feu doit être placé le plus en vue possible, à une hauteur au-dessus du plat-bord n'excédant pas 6 mètres. On l'installe en général dans un fanal placé à l'extrémité avant du bâtiment. Ce fanal reçoit une lampe de 10 bougies.
Pour l'éclairage des travaux de nuit (embarquement de charbon, de matériel, etc.), on emploie des lampes portatives de grande intensité lumineuse, qui portent le nom de réflecteurs. Il existe deux types de réflecteurs, l'un â incandescence, l'autre à arc. Le réflecteur à incandescence (fig. 260) se compose d'une lanterne étanche en verre épais, protégée par un solide grillage, et contenant 7 lampes de 50 bougies. Cette lanterne est fixée par un emmanchement élastique â l'intérieur d'un réflecteur conique en tôle d'acier zingué de 2 m / m d'épaisseur, muni de manilles permettant de le suspendre horizontalement ou verticalement. Les bâtiments de la l ro catégorie reçoivent actuellement deux de ces réflecteurs,
(1) Chaque signal est formé de deux feux, les deux lampes d'un même fanal n'étant jamais allumées simultanément. Les combinaisons sont les suivantes :
Deux feux blancs — la machine marche en avant.
Deux feux rouges — la machine marche en arrière.
Feu supérieur blanc, feu inférieur rouge — la machine est stoppée.
Feu supérieur rouge, feu inférieur blanc — le bâtiment est au mouillage.
Fig. 260.
munis chacun de 50 mètres de câble souple à deux conducteurs
(7 fils —1. On dispose ordinairement pour ces feux deux prises de
courant, une au pied de chaque mât. Le réflecteur à arc, dont un modèle, fourni par la maison Sautter, Harlé etC* , vient d'être mis en essai sur le Tonnerre, comprend une lampe à arc de 25 ampères environ.
Aux termes du décret du 1 er septembre 1884, tout navire à voiles ou à vapeur qui, pour une cause accidentelle, n'est pas libre de ses mouvements, doit, si c'est pendant la nuit, mettre à la place assignée au feu de hune des bâtiments â vapeur trois feux rouges installés dans des fanaux sphériques disposés verticalement â une distance l'un de l'autre d'au moins 91 centimètres. Ces feux, en raison de leur emploi peu fréquent, ont été jusqu'ici produits par des fanaux éclairés à la bougie. Ces fanaux doivent maintenant pouvoir être éclairés indifféremment à la bougie ou à l'électricité ; dans ce dernier cas, ils doivent recevoir chacun une lampe de 30 bougies.
Les bâtiments destinés à naviguer en escadre doivent recevoir certains feux spéciaux, qui sont les feux de poupe, la ratière, la bouée lumineuse, et, éventuellement, le feu de commandement.
Dans la navigation en escadre, en plus des feux de route, le commandant en chef porte trois feux blancs à la poupe. Les chefs de division en portent deux; les autres bâtiments en portent un seul. Les feux de poupe sont obtenus chacun au moyen d'une lampe de 10 bougies.
Le fanal à trois feux, dit ratière, est destiné à permettre à chaque bâtiment de signaler à celui qui le suit immédiatement ses changements de route. Il se compose d'une boite cylindrique en tôle à trois compartiments superposés, munis chacun d'une fenêtre étroite verticale donnant un secteur d'éclairement de 12° environ. La fenêtre supérieure porte un verre rouge, la fenêtre inférieure un verre vert, la fenêtre intermédiaire un verre blanc. Le compartiment supérieur et le compartiment intermédiaire reçoivent chacun une lampe de 10 bougies, le compartiment inférieur deux lampes de 10 bougies (1). Les lampes sont commandées par un commutateur
(1) Sur certains navires, on amis une lampe de 30 bougies dans chaque compartiment
spécial (1) placé à portée de l'officier de quart (en général dans la chambre des cartes). Des regards placés à l'opposé des fenêtres permettent de vérifier que les feux sont bien allumés. La ratière est installée à poste fixe à l'arrière du bâtiment, dans Taxe, de manière que les fenêtres soient dirigés vers l'arrière. Les bâtiments amiraux reçoivent une deuxième ratière, amovible, pouvant être installée d'un bord ou de l'autre de manière à faire des signaux de changement de route par le travers (2).
La bouée lumineuse est constituée par un tronc de cône en tôle formant caisson étanche, disposé de manière à être filé, par temps de brume, à 200 mètres environ sur l'arrière des cuirassés et des croiseurs. La petite base du tronc de cône est formée par un réflecteur étamé, la grande base par une glace plane; entre le réflecteur et la glace sont placées des lampes. Le nombre et le type de ces lampes n'est pas encore réglementé; on a installé jusqu'ici 3 oui lampes de 30 bougies. La bouée est munie de flotteurs en bois et en liège, et d une manille permettant de le remorquer, la grande base étant dirigée vers l'arrière. Le long de cette remorque est fixé un câble â deux conducteurs qui vient se greffer sur une prise de courant étanche installée â l'arrière du bâtiment.
Le feu de commandement est un feu blanc employé comme signe distinctif au mouillage par les bâtiments portant pavillon d'un officier général, indépendamment du feu commun â tous les bâtiments. Ce feu est placé dans la hune de misaine si le bâtiment porte le pavillon d'un vice-amiral, dans la hune d'artimon s'il porte le pavillon d'un contre-amiral. Il est produit â l'aide d'un fanal renfermant une lampe de 10 bougies.
D'après ce qui précède, en tenant compte des feux qui ne sont jamais allumés simultanément, l'intensité totale nécessaire pour
(1) Les combinaisons d'allumage sont les suivantes :
Blanc fixe.
Blanc clignotant (éclats brefs).
Vert clignotant (éclats brefs ou longs).
Rouge clignotant (éclats brefs ou longs).
Blanc-vert alterné.
Blanc-rouge alterné.
Vert-rouge alterné (éclats brefs).
Blanc-vert-rouge alterné.
(2) L'installation de cette deuxième ratière n'a pas encore été rendue réglementaire.
l'alimentation de l'éclairage extérieur par incandescence est d'environ 35 ampères pour les bâtiments de la 1* catégorie, non compris les réflecteurs (34 ampères), et d'environ 20 ampères pour les bâtiments de la 2 e catégorie.
A l'éclairage extérieur se rattachent les projecteurs, dont nous avons donné la description au chapitre IX. De ces projecteurs, les uns sont placés dans les hùnes, pour guider utilement le tir de l'artillerie; les autres sont installés aussi près que possible de la flottaison, en vue de la défense contre les torpilleurs. Les circulaires du 26 novembre 1890, 22 février 1892, 23 mars 1892 et 28 avril 1892 ont réglementé l'armement en projecteurs des divers navires de la flotte. Les grands bâtiments reçoivent actuellement six projecteurs de 60 centimètres. Sur le circuit de chaque projecteur est intercalé un rhéostat, absorbant l'excédent de force électro-motrice (§ 93) ; ces rhéostats sont en général groupés à proximité du tableau de distribution.
145. Tableau de distribution. — Un tableau de distribution, portant les commutateurs et les appareils de contrôle nécessaires, permet d'effectuer le groupement des dynamos et la répartition du courant. La disposition de ce tableau est très variable, et on ne peut indiquer à cet égard de règle précise. Pour faciliter le contrôle, il convient de groupera part les interrupteurs des circuits d'incandescence et ceux des projecteurs, de manière à former deux tableaux distincts, qui peuvent d'ailleurs être juxtaposés. Sur quelques bâtiments, on a établi de plus un troisième tableau, dit tableau de répartition, permettant d'effectuer à l'avance le groupement des dynamos.
La figure 261 représente une disposition de ce genre, pour un bâtiment possédant quatre dynamos. Les câbles partant des pôles des dynamos aboutissent au tableau de répartition, et viennent se fixer chacun à une borne centrale. A droite de ces bornes sont des bandes de cuivre reliées au tableau de distribution des circuits d'incandescence; à gauche se trouvent des bandes reliées au tableau de distribution des projecteurs. En mettant en communication au moyen de lames de cuivre les bornes centrales avec les bandes de gauche ou celles de droite, on peut envoyer le courant des dynamos dans la direction que Ton veut. Dans le cas de la fi-
gure, par exemple, les dynamos n° 1 et n° 3 envoient leur courant au tableau des projecteurs, les dynamos n° 2 et n° 4 au tableau d'incandescence.
Sur le tableau d'incandescence, les quatre câbles d'aller et les quatre câbles de retour des dynamos aboutissent à deux commutateurs à quatre directions, permettant d'alimenter les circuits à l'aide de la dynamo voulue. Ce sera par exemple la dynamo n° 4. Grâce â la disposition des lames sur le tableau de répartition, on voit que la dynamo n° 2 est préparée comme dynamo* de secours, prête à remplacer la dynamo n° 4 par une simple manœuvre du commutateur bipolaire. Chacun des circuits d'incandescence est commandé par un interrupteur. On a représenté un sixième interrupteur, pouvant servir soit pour un circuit de secours, soit pour certains électro-moteurs à débit â peu près constant, des ventilateurs par exemple. Un ampère-mètre indique l'intensité totale fournie par la dynamo. Une entaille courbe C, dans laquelle on peut insérer une fiche métallique, permet de mettre hors circuit l'ampère-mètre et de le démonter sans interrompre le passage du courant. Un volt-mètre disposé comme nous l'avons indiqué au § 124 permet de contrôler la différence de potentiel au départ des circuits et de vérifier leur isolement par rapporta lacoque.
Sur le tableau des projecteurs, les quatre câbles amenant le courant du tableau de répartition aboutissent â quatre bandes de cuivre horizontales. Sur chaque circuit de projecteurs sont intercalés un ampère-mètre et un commutateur à quatre directions, permettant de réaliser les différentes combinaisons. Dans le cas de la figure, la dynamo n° 1 alimente quatre projecteurs, la dynamo n° 3 pouvant la remplacer immédiatement en cas d'avarie. Les câbles de retour des projecteurs aboutissent, après avoir traversé les rhéostats, à une bande de cuivre commune d'où partent les quatre câbles qui vont rejoindre le tableau de répartition. Un voltmètre permet de contrôler la différence de potentiel au tableau.
Le nombre des électro-moteurs tendant chaque jour à s'accroître à bord des navires, on sera probablement conduit à disposer un tableau spécial pour desservir ces appareils. 11 importe en effet, lorsqu'il s'agit d'électro-moteurs puissants, de les alimenter avec
(Dynamo^ N?2.
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Tableau de répartition
Fig. 261.
Tableau oincandescence
Résistances des projecteurs.
Fig. 261.
une dynamo spéciale, de façon que les variations brusques de débit n'aient pas d'influence nuisible sur le fonctionnement des appareils d'éclairage.
Pour permettre la vérification des volt-mètres, qui sont des appareils industriels dont les indications peuvent rapidement devenir erronées par suite d'une modification dans la puissance des aimants directeurs, on délivre aux bâtiments un volt-mètre de précision, qui sert à contrôler de temps à autre les graduations des appareils placés sur les tableaux ou près des dynamos (circulaire du 27 septembre 1893).
Sur certains navires, on a installé deux tableaux de distribution complets, identiques, placés dans des compartiments différents. Il en résulte une complication très grande des circuits, et cette disposition parait devoir être abandonnée.
146. Électro-moteurs. — L'emploi des moteurs électriques tend à se généraliser de plus en plus à bord des navires; ils sont en général peu encombrants et d'installation facile, et se substituent avantageusement dans certains cas aux moteurs à vapeur.
Une des premières applications faites dans ce sens a été la commande à distance des projecteurs, et notamment des projecteurs placés dans les hunes, dont le faisceau lumineux peut ainsi être dirigé à volonté d'un point quelconque du navire. Cette disposition a été réalisée par MM. Sautter, Harlé et C l6 , de la manière suivante.
Les deux mouvements d'orientation et d'inclinaison sont commandés par un électro-moteur logé dans le socle qui supporte le projecteur (1). Cet électro-moteur (fig. 262) est formé d'un noyau inducteur unique M, muni de deux paires d'épanouissements polaires entre lesquels tournent deux induits À et À' indépendants l'un de l'autre. Un de ces induits commande le mouvement d'orientation, l'autre le mouvement d'inclinaison du projecteur. Sur l'arbre de l'induit A est calé un pignon denté P engrenant avec une roue R. Une vis V, montée sur le même arbre que cette roue,
(1) Cette disposition est celle des projecteurs installés dans les hunes. Dans les projecteurs dits de sabord, installés sur un chariot de manière à pouvoir être poussés en dehors du bâtiment par une ouverture de faible hauteur, les électro-moteurs sont logés dans une caisse spéciale placée à l'arrière du chariot, et reliés au projecteur par une transmission mécaniqoe.
entraîne, par l'intermédiaire des roues dentées B, C et C, le plateau Q qui supporte le projecteur. L'induit A' actionne de même, par Fintermédiaire du pignon P 7 , de la roue R', et de la vis tangente V, l'arbre fileté T. Le long de cet arbre, et selon son sens de rotation, monte ou descend une douille J filetée intérieurement, qui commande les mouvements d'inclinaison du projecteur par l'intermédiaire des leviers L, L', L", articulés en /, /', /". Les mouvements du projecteur peuvent également être obtenus à la main, au moyen des volants H et H', clavetés sur les arbres des roues R et R'. Sur l'arbre reliant les roues B et C est placé un embrayage D commandé par le levier extérieur E. On peut ainsi débrayer la commande mécanique du mouvement d'orientation, lorsqu'il est nécessaire de déplacer rapidement le projecteur à la main.
Le manipulateur, qui peut être placé en un point quelconque du navire, se compose d'une caisse rectangulaire portant le commutateur d'arrêt et de mise en marche, les deux commutateurs d'orientation et d'inclinaison, et renfermant les résistances nécessaires pour obtenir des vitesses différentes dans les mouvements. La figure 263 indique le schéma des communications. Les deux commutateurs de commande sont identiques; chacun d'eux se compose de deux cercles en cuivre superposés, divisés chacun en plusieurs segments. Un cylindre creux K, sur lequel est fixée une poignée de manœuvre, peut tourner sur son axe à l'intérieur des cercles; il porte deux lames de cuivre S et S', isolées l'une de l'autre, qui permettent de mettre en communication deux segments de cercle superposés, par exemple a et c, b et g (les cercles ont été représentés concentriques l'un à l'autre, pour rendre la figure plus claire). Le cylindre K contient un fort ressort spiral qui le ramène à sa position moyenne, quand on abandonne la poignée de manœuvre. Dans cette position, la lame S, en contact avec c, est placée à cheval sur les segments a et 6, ainsi que la lame S', en contact avec /.
Cela étant, lorsque l'interrupteur I est placé dans la position de marche, on voit que le courant passe dans le circuit inducteur M des électro-moteurs, par l'intermédiaire des bornes 4 et 1, et que la polarité de cet inducteur reste constante quel que soit le sens de manœuvre des commutateurs. Le courant passe également dans
Fig. 262.
chacun des commutateurs, en traversant les résistances r et r', le segment /, la lame S', les segments a et b, la lame S, le segment c et
Fig. 262.
la borne — . Dès que le cylindre K est écarté de sa position moyenne, dans un sens ou dans l'autre, la lame S abandonne le segment b.
par exemple, et établit seulement le contact entre a et c. De même la lame S' abandonne a et établit le contact entre b et /. L'induit
Jlmil.
Fig. 2C3.
correspondant se met alors en mouvement. Si on continue à déplacer le cylindre K. la lame S' établit le contact entre b et g, et la vitesse s'accélère, le courant n'ayant plus à traverser que la résistance r. Lorsque la lame S' établit le contact entre b et A, la vi-
tesse est maxima, les résistances retr' étant mises toutes deux hors circuit. En déplaçant dans l'autre sens la poignée de manœuvre, on change le sens de rotation de l'induit, puisqu'on y inverse le sens du courant (§ 130). Si on veut donner au projecteur des déplacements de très faible amplitude, on imprime à la poignée des secousses légères et répétées, dans le sens du mouvement que l'on veut produire ; on obtient ainsi des déplacements répétés très faibles, équivalant à un déplacement continu très lent. Dès qu'on abandonne la poignée, le moteur s'arrête, l'induit étant mis en court circuit par a S b et a S' 6..
Le mouvement de rotation du projecteur autour de son axe vertical peut, sans aucun inconvénient mécanique, se prolonger indéfiniment. Il n'en est pas de même du mouvement d'inclinaison, qui doit être maintenu automatiquement entre deux limites fixées à l'avance (30° au-dessous de l'horizontale et 20° au-dessus). Pour obtenir ce résultat, la douille filetée i (fig. 262) porte un doigt F qui monte ou descend avec elle. En des points déterminés de sa course, ce doigt F rencontre des leviers G et G' mobiles autour d'un axe horizontal. La queue du levier G porte deux contacts m et p (fig. 263) montés sur un même bloc mais isolés l'un de l'autre ; la queue du levier G' porte deux contacts m et p' installés de la même manière. Les balais de l'induit A', qui commande le mouvement d'inclinaison, sont reliés à deux leviers / et i! ; chacun de ces leviers peut pivoter autour d'un axe horizontal, et un ressort le force à basculer dans un sens ou dans l'autre dès qu'il dépasse la position horizontale. Supposons qu'au début les leviers t et t' soient dans la position représentée par la figure 263, appuyant sur les contacts m et m', et qu'on maintienne la poignée du commutateur de commande de A' de telle sorte que les lames S et S' établissent le contact entre a et c d'une part, b et g de l'autre. L'induit A' tournera en faisant descendre la douille J. A un certain moment, le doigt F viendra buter contre le levier G', et l'entrainera vers le bas. Ce mouvement fait monter le bloc portant les contacts m et /?', et par suite le levier /'. Dès que le levier t' dépasse la position horizontale, le ressort le fait basculer, et il quitte brusquement le contact m pour venir appuyer sur le contact p. Le courant est ainsi coupé, et l'induit A' est mis en court circuit par t m
a c 1 p' tf. L'arrêt se fait instantanément bien que la poignée soit toujours dans la position de marche. Si on déplace la poignée dans l'autre sens, le court circuit est rompu, puisque a cesse d'être en contact avec c, et l'induit A 7 tourne en sens inverse (le courant passant alors par amt A' t' p' 1). Le doigt F remonte, et le levier G', sollicité par un ressort, reprend sa position normale en ramenant i! au contact de m', ce qui laisse continuer le mouvement de l'induit A 7 , le trajet t' m! b c 1 se substituant au trajet t'p f i. Le manipulateur est relié au socle du projecteur par un câble
à six conducteurs, repérés à leurs extrémités ; le conducteur n° 1
est formé de 7 fils —, les autres conducteurs de 7 fils—. Un câble
à deux conducteurs (7 fils— J relie le manipulateur à la source de
courant. Le câble â deux conducteurs de la lampe est installé â part comme pour un projecteur ordinaire.
La maison Bréguet construit également des projecteurs avec commande â distance. Les dispositions du mécanisme sont â peu près identiques à celles de l'appareil que nous venons de décrire ; le manipulateur est seulement combiné d'une manière un peu différente.
Les moteurs électriques sont avantageusement employés pour actionner des ventilateurs d'aération. On évite ainsi l'installation de tuyautages de vapeur produisant une élévation de température du compartiment et provoquant des condensations sur les parois. Le ventilateur est accouplé directement sur l'arbre de l'électro-moteur. Le sens de rotation étant invariable, il n'y a pas besoin d'inverseur de marche. La dépense de courant, pour un débit donné du ventilateur, dépend du type et du mode de construction du ventilateur et de l'électro-moteur. Le tableau suivant donne quelques chiffres relatifs aux installations déjà faites dans la Marine (installations â 80 volts) :
Débit du rentUateur en mètres cubes par heure.
Intensité en ampères.
On commence également à employer des moteurs électriques pour actionner les treuils servant au hissage des munitions, des escarbilles, etc. Il faut alors bien entendu disposer de deux sens de marche. Lorsque le poids à soulever doit avoir une course bien déterminée, ce qui est le cas général, on installe un butoir relié par une transmission au commutateur de mise en marche. Ce butoir est rencontré par le poids soulevé à l'extrémité de course et produit automatiquement l'arrêt du moteur en intercalant des résistances de manière à diminuer graduellement la vitesse. La dépense de courant, pour les installations actuelles, est approximativement la suivante (le voltage étant supposé de 80 volts) :
Pulasanco utile du treuil on kilognmniètrcs par seconde
Intensité en ampères.
Le servo-moteur agissant sur la barre du gouvernail peut aussi être commandé électriquement. On essaie en ce moment sur divers navires des appareils de ce genre, composés d'un poste transmetteur, placé par exemple sur la passerelle, et d'un poste récepteur comprenant un électro-moteur placé à côté du servo-moteur à vapeur et agissant sur le tiroir de cet appareil.
On a essayé enfin de substituer des électro-moteurs aux appareils à eau comprimée pour la manœuvre des grosses pièces d'artillerie. La première installation de ce genre a été réalisée sur le Tonnant. Sur un des cuirassés actuellement en construction, le Jauréguiberry, tous les appareils auxiliaires, y compris les appareils de manœuvre de l'artillerie, doivent être actionnés électriquement.
147. Sonneries. — Sur la plupart des bâtiments, on est amené à installer un réseau assez important de sonneries électriques (1). Une circulaire du 20 février 1893 a réglementé les conditions
(1) Chaque chambre d'officier doit recevoir une sonnerie électrique reliée à un tableau indicateur placé dans la timonerie. (Circulaire du 22 décembre 1891.)
de cette installation. La source de courant est constituée par une batterie unique d'éléments Leclanché à agglomérés cylindriques. Cette batterie est installée au-dessous du pont cuirassé s'il en existe un, dans un compartiment aussi sec que possible. Dans l'installation de la canalisation, on doit s'efforcer, autant qu'on le peut, de placer dans les parties protégées du navire les circuits de sonnerie dont il doit être fait usage pour le combat ou la navi-
que. X&
jigne.
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Fil djepilc.
Coque.
gation. Les mêmes précautions ne sont pas nécessaires pour les sonneries destinées au service intérieur ordinaire.
Les conducteurs sont formés d'un fil de cuivre de —, recouvert
d'une couche de caoutchouc (naturel ou vulcanisé), d'un ruban caoutchouté et d'un enduit. Pour simplifier l'installation, on utilise la coque métallique du navire comme conducteur de retour. Dans le même but, on emploie toutes les fois que cela est possible le même fil pour envoyer et recevoir le signal, en substituant aux
boutons ordinaires des boutons à équerre ou à double contact, comme le représente la figure 26i.
148. Transmetteurs d'ordres. — Les transmetteurs d'ordres à commande mécanique employés autrefois pour les communications entre la passerelle de manœuvre et les machines motrices ont été remplacés depuis quelques années par des transmetteurs électriques. Le principe de ces appareils est le suivant. L'installation générale étant faite à 80 volts, on peut monter en tension deux lampes de 40 volts entre les conducteurs principaux d'un circuit. Une de ces lampes étant installée au poste transmetteur, et l'autre au poste récepteur, si la première est allumée, la seconde l'est aussi forcément.
Un transmetteur d'ordres se compose de 11 groupes de deux lampes, correspondant aux onze commandements principaux qu'il est nécessaire de pouvoir faire rapidement (circulaire du 12 novembre 1891). Le poste transmetteur (fig. 265) est formé d'une boite cylindrique en bronze à 12 compartiments. Onze de ces compartiments, dont le fond est muni d'un réflecteur étamé, reçoivent chacun une lampe à incandescence de 4.0M0 B . Le douzième compartiment renferme un interrupteur commandant une sonnerie montée en tension avec une sonnerie identique placée au poste récepteur, de telle sorte que si l'une des sonneries tinte, on est sûr que l'autre fonctionne également. La boite est fermée par un couvercle en bronze muni de 11 fenêtres correspondant chacune à un compartiment. Ces fenêtres sont fermées par des vitres dépolies, noircies de manière à ne laisser voir par transparence que les lettres composant les divers commandements. La partie centrale de la boite est occupée par un commutateur à 11 directions permettant d'envoyer le courant dans l'un quelconque des groupes de lampes. Le poste récepteur ne diffère du poste transmetteur que par la suppression du commutateur à 11 directions. Chacune des lampes de ce poste est montée en tension avec la lampe correspondante du poste transmetteur.
On installe en général, pour chacune des machines principales, un poste récepteur et deux postes transmetteurs. Ces deux derniers sont placés, l'un sur la passerelle, l'autre dans le poste de combat installé au-dessous du pont cuirassé ; ils sont montés en dérivation,
de telle sorte que le poste récepteur puisse être commandé à volonté soit par l'un soit par l'autre. Le figure 266 représente le schéma des connexions. Au repos, l'interrupteur de sonnerie du
Fig. 265.
poste récepteur doit toujours être placé sur le repère M (marche), et celui du poste transmetteur sur le repère A (arrêt). Pour faire un commandement, on commence par placer l'interrupteur de sonnerie du poste transmetteur sur le repère M ; les deux sonneries tintent. Le mécanicien de quart place alors l'interrupteur du poste
Poste transmetteur
de la passerelle.
Poste récepteur. .^^ Poste transmetteur
C àhU à 15 i-iiiulLuAeura
aud«5»ui du pont cmraj&é
Fig. 266.
récepteur sur le repère A, ce qui arrête les sonneries et indique qu'il est prêt à recevoir le commandement. On met ensuite, au poste transmetteur, le commutateur dans la position voulue; le commandement apparaît dans les deux postes en lettres lumineuses. Lorsque le commandement est exécuté, le mécanicien place son interrupteur de sonnerie sur le repère M. On est ainsi averti au poste transmetteur, où Ton n'a plus qu'à ramener l'interrupteur de sonnerie sur le repère A et le commutateur sur la touche morte pour que tout soit de nouveau disposé pour un autre signal. On emploie également les transmetteurs électriques pour les
commandements de barre , lorsque, par suite d'une avarie dans la transmission auxiliaire, il est nécessaire de faire gouverner directement au moyen du servo- moteur de l'arrière. Les appareils ne diffèrent que par les commandements inscrits sur le couvercle, qui est alors disposé comme le représente la figure 267.
149. Loch Fleuriais. — Le loch électrique imaginé par H. le contre-amiral Fleuriais a été substitué avec avantage à l'ancien bateau de loch. Il se compose d'un moulinet (fig. 268) formé de quatre demi-sphères égales A B C D, en bronze, fixées aux extrémités de quatre bras rayonnant autour d'un axe EF. Cet axe tourne librement dans des coussinets en gaïac portés par une fourche G en bronze, fixée au navire par une remorque de 50 à 60 mètres de longueur. L'expérience démontre que lorsque le navire se dé-
place la vitesse de rotation de Taxe EF est sensiblement proportionnelle à la vitesse de translation du navire, au moins tant que
Fig. 268.
celle-ci ne dépasse" pas 7 m ,50 à 8 m par seconde. Pour permettre à un observateur placé sur le navire d'apprécier la vitesse de rotation du moulinet, on emploie le dispositif suivant. Le long de la
remorque est genopé un conducteur isolé (7 fils — ) qui vient se
fixer à la fourche par l'intermédiaire d'une mâchoire en bois V. Ce conducteur aboutit à une lame métallique R frottant sur un
cylindre en bois P ; dans ce cylindre est encastrée, suivant une génératrice, une bande de cuivre reliée par une vis à Taxe EF. Le conducteur est relié à son autre extrémité à un des pôles d'une pile formée de deux éléments Leclanché en tension, dont l'autre pôle est relié à la coque métallique du navire. Sur le parcours du conducteur sont intercalés un interrupteur et un téléphone magnétique (fig. 269). Lorsque l'interrupteur est sur le plot M, le circuit est fermé puisque la lame R est en contact avec l'eau de mer. Mais si par la rotation du moulinet la bande de cuivre du cylindre P vient se placer sous la lame R, il y a modification brusque de la
LocK
Fig. 269.
résistance du circuit, puisque la surface conductrice en contact avec l'eau de mer s'augmente de toute la surface du moulinet. Il y a donc variation brusque dans l'intensité du courant, et celte variation donne naissance à une vibration de la lame du téléphone. En appliquant le téléphone à l'oreille et en comptant au moyen d'une ampoulette le nombre de battements pendant une période de temps déterminée (en général 30 secondes), on peut apprécier le nombre de tours du moulinet, et par suite, à l'aide d'un tableau préparé à l'avance, la vitesse du navire.
Au repos, on ramène l'interrupteur sur la touche morte N, pour ne pas laisser constamment la pile en circuit fermé.
On essaie en ce moment des lochs fondés sur le même principe, mais combinés de manière à pouvoir mesurer avec une approximation suffisante des vitesses supérieures à 8 mètres par seconde. La fourche porte une pièce appelée cerf-volant, en forme de double
plan incliné et infléchie vers l'avant, ayant pour but de maintenir l'appareil à une certaine profondeur et de l'empêcher de sauter hors de l'eau. Il y a deux moulinets identiques, montés sur un même axe, dont une portion est filetée et engrène avec une roue
Fig. 270. m
striée portant un certain nombre de contacts qui passent successivement sous la lame frottante à laquelle aboutit le conducteur.
150. Anémomètre Fleuriais. — Cet appareil, fondé sur le même principe que le précédent, sert à mesurer la vitesse du vent. Il se compose d'un moulinet horizontal (fig. 270), placé à la tête d'un mât, et dont Taxe vertical porte une partie filetée engrenant avec une roue slriée. Cette roue porte huit touches métalliques, qu'elle amène successivement par sa rotation en contact avec un
ressort L relié à la borne b. La borne a est fixée à la boite métallique qui renferme l'appareil et est par suite en communication avec les touches de la roue striée. L'anémomètre est mis en circuit avec une pile et un téléphone de la même manière que le loch, de sorte que le circuit est fermé chaque fois qu'une des touches passe sous le ressort L. Les engrenages et le diamètre du moulinet sont calculés de telle sorte qu'il y ait en quatre secondes autant de contacts que le vent parcourt de mètres à la seconde. On se sert en général de la même pile et du même téléphone pour l'anémomètre et pour le loch, en reliant la borne 6, par exemple, à la coque, et la borne a à un troisième plot disposé sur la planchette de l'interrupteur.
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ÉLECTRICITÉ l'RVTIQUE. 22
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Résistance spécifique des métaux et alliages usuels.