‹ Applications de la gymnastique à la guérison de quelques maladies [electronic resource]Chapitre 18 sur 26 · ARTICLE UNIQUE · texte numérisé non relu

ARTICLE UNIQUE

Portique.

Le portique sera toujours une excellente et indispensable machine, parce qu'elle sert à recevoir tous les agrès, plusieurs petits mâts mobiles , et généralement une échelle inclinée à chaque extrémité. Il y a des portiques de différentes classes ; mais cette complication de machines ne peut avoir lieu que dans un grand gymnase normal, ou un établissement particulier ; pour les Lycées ou pensions, un seul portique de moyenne classe sera suffisant. Il peut être établi de la façon la plus simple, depuis deux poteaux montants, plus ou moins éloignés et élevés, avec une seule traverse, jusqu'à l'établissement complet, comme je l'ai représenté dans ma Gymnastique pratique, planche 2.

ARTICLE PREMIER

Échelle horizontale.

Une échelle, placée horizontalement, est une bonne machine, à cause de la quantité d'exercices qu'on peut y faire, et dont beaucoup ont une ten-

dance à remédier naturellement au mauvais maintien du corps. Les échelons doivent avoir 0"" àO, et sont espacés en moyenne de 0" 20 ; les montants sont ordinairement en sapin, et je leur donne depuis longtemps une forme ovale, de laquelle on se trouve très-bien pour la résistance du bois.

Je ne parle pas de son élévation au-dessus du sol ; elle sera toujours proportionnée à la taille des élèves qui devront s'y exercer.

ARTICLE II

Barres parallèles fixes.

Excellente machine, dont on fait trop peu d'usage. Elle est aussi très-propre à régulariser de mauvaises dispositions du corps, et elle présente une grande variété d'exercices.' On établit généralement les barres trop matériellement et sur de mauvaises dimensions. On peut en réduire la série à deux systèmes. Pour les jeunes gens de 10 à 16 ans, elles auront 0™ 50 d'écartement de centre en centre des barres, et seront élevées à 0™ 95 au-dessus du sol. Le second système aura 0™ 55 d'écartement de centre en centre des barres, et 1 mètre d'élévation au-dessus du sol. On a donné jusqu'à présent aux

barres une forme toute opposée à celle qu'elles devraient avoir. Pour être prises convenablement, elles doivent avoir quatre centimètres d'épaisseur audessus, trois au-dessous, et douze à treize centimètres de hauteur.

Si l'on ne peut facilement faire la dépense des barres parallèles mobiles, on pourra les supprimer sans nuire beaucoup à la progression des exercices.

ARTICLE III

Sautoir.

11 n'y a pas de règles positives pour établir des machines à sauter. On peut se servir d'un marchepied, d'une table, d'un monticule en terre, etc. Ce que je préfère est un double escalier disposé, avec des marches élevées de O'-âS de distance, jusqu'au nombre de cinq ; la dernière, terminée par une plateforme. De cette façon, les élèves peuvent se lancer de la première, deuxième, troisième marches, etc. , sans qu'ils aient rien devant eux, qui puisse les gêner.

Un sautoir ordinaire se compose de deux poteaux, percés de trous de dix en dix centimètres, qui servent à hausser ou à baisser une corde k volonté.

ARTICLE IV

Cheval.

Bonne machine, surtout quand elle est bien rembourrée avec du crin et recouverte d'une peau en cuir ; exercices d'émulation et de précision, propres à fortifier les bras, les jambes, et à faire acquérir une grande justesse de mouvements. La hauteur et la longueur dépendront toujours des élèves qui doivent s'y exercer.

ARTICLE V

Vindas.

Le vindas ne présente rien de bien remarquable en fait d'exercices ; il a l'avantage de permetti-e aux élèves de tout âge de s'exercer au début, sans aucun danger; et une fois qu'on est habitué, plusieurs de ces exercices ne manquent pas de grâce et exigent une certaine énergie.

ARTICLE VI

Echelle inclinée.

Cette machine est bonne pour fortifier les bras, et développe, par suite, une grande puissance musculaire dans toute la partie thoracique.

ARTICLE VU

Poutre horizontale.

Indispensable dans un gymnase de Lycée, pour apprendre aux élèves à marcher dessus de toutes les façons, lorsqu'elle est peu élevée de terre, et pour apprendre aux plus grands à se hisser au-dessus, lorsqu'elle se trouve élevée plus haut que leur tête.

ARTICLE VIII

Balançoire brachiale.

Cette machine, que j'ai mise en usage pour la première fois au Couvent des Oiseaux, en 1838, a le double avantage, d'abord de plaire beaucoup aux élèves, et ensuite d'exercer le corps, les bras et les jambes très-régulièrement. De plus, une fois que l'exercice est bien compris, le corps se trouve élevé avec beaucoup de souplesse et de grâce. Dans aucune circonstance, les élèves ne devront s'y exercer sans être tenus par la corde de sûreté.

ARTICLE IX

Barres horizontales, dites à suspension.

Bonne machine pour apprendre ^ se suspendre

par les mains, et surtout pour apprendre aux plus grands élèves à se hisser avec facilité au-dessus d'un obstacle quelconque, dès qu'on peut le saisir avec les mains.

ARTICLE X

Planches à rétablissements.

Remplace l'octogone, qui esi beaucoup trop dispendieux pour un Lycée ; indispensable pour apprendre à se hisser au-dessus de toute espèce d'obstacle quelconque, dont on peut saisir le bord avec les doigts.

Comme je n'ai nullement entrepris dans ce court exposé de donner la construction des machines, je n'ai parlé absolument que de celles sur lesquelles on commet le plus d'erreurs de construction. Pour les autres, il ne manque pas d'ouvrages, qu'on pourra consulter au besoin.

Après tous ces détails, je dois dire un mot sur l'usage des ressorts, dont on a fait un si fastidieux étalage depuis quelque temps, en vue d'une simple spéculation. Oubliant bien d'autres machines ou instruments de gymnastique qui se-

ront toujours préférables, des industriels n ont pas craint, pour écouler leurs produits, de composer des méthodes complètes de gymnastique avec ces seuls ressorts; mais la pose seule des figures destinées à les faire comprendre, a suffi pour donner une idée de l'importance qu'on devait accorder à ces fantaisies commerciales.

Cela ne veut pas dire que je repousse absolument l'usage des ressorts; loin de là, je m'en suis servi en tous temps et je m'en sers toujours, soit pour des circonstances exceptionnelles, soit comme exercices; mais, je ne leur demande rien de plus.

Si ces prétendues méthodes ont été aveuglément acceptées dans quelques maisons d'éducation, ce n'a pu être certainement que par ignorance delà vraie gymnastique ; et le résultat sera de dégoûter la jeunesse de se livrer aux exercices.

Sans but d'utilité spéciale, ces exercices sont monotones et l'on s'en fatigue bientôt. Us ne peuvent, d'aucune façon, être comparés à la gymnastique ordinaire, qui est plus attrayante, rend plus agile, donne plus de souplesse, d'équilibre, sans parler du coup-d'œil, de la résolution, du courage et des quahtés morales, que les prétendues méthodes k ressorts laissent entièrement de côte.

Si l'on veut bien s'en rapporter à mon expérience, pom- faire un choix parmi ces ressorts composés aujourd'liui de tant de manières différentes, je dirai que les plus utiles, à tous égards, sont les ressorts composés de cordes tressées en caoutchouc, qu'on réunit au nombre de deux, trois, quatre et cinq, suivant la résistance qu'on veut obtenir de leur réunion. Les cordes de ce genre se trouvent très-facilement dans le commerce.

Les machines ou instruments que je propose de supprimer, pour que l'enseignement de la gymnastique soit profitable, et sans danger, dans les lycées et écoles, sont :

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