OBSERVATIONS GÉNÉRALES
Su7^ V utilité plus ou moins grande de chaque machine ou instrument de gymnastique proposé pour les Lycées.
DKUXIÉIHK PARTIE.
Machines et Instruments portatifs.
ARTICLE PREMIER
Haltères.
Rien n'est préférable à ces machines, qui, étant appropriées à tous les âges, augmentent ou diminuent l'action des mouvements à volonté et permettent une grande variété d'exercices en place et
en marchant. Surtout ils offrent un puissant moyeu de combattre le rétrécissement de la poitrine, qui provient généralement de l'habitude d'élever trop souvent et à un âge trop précoce, le corps avec les bras, aux cordes, perches, barres, etc. La forme la plus convenable à donner à ces machines est la réunion de deux rondelles lenticulaires à une poignée en bois; l'haltère de forme vulgaire, et peu commode, consiste en deux boulets réunis par une tringle de fer.
ARTICLE II
Barre à sphères fixes.
Cette machine est encore très-bonne pour assouplir et développer convenablement toute la partie thoracique. M. le docteur Tissot la recommandait pour ouvrir les poitrines étroites, dès 1780. Elle consiste en deux boules en bois plus ou moins grosses; on peut aussi les établir en fer. Lorsque les boules deviennent trop volumineuses, la meilleure longueur à donner au bâton ou à la barre, entre les boules, est de 1 mètre 20 centimètres ; la grosseur du bâton varie depuis 2 centimètres de diamètre jusqu'à 28 à 30 millimètres.
ARTICLE III
Massues ou mils persans.
Ces machines sont aussi très-bonnes pour développer la partie thoracique. M. le colonel d'Argy, qui en fait usage depuis longtemps, et qui a fait un excellent petit traité spécial, déclare, avec raison, qu'il ne connaît pas de machine dont la pratique soit plus propice pour rendre ambidextre. La forme originale adoptée dans le pays qui parait leur avoir donné naissance, est celle d'une poire allongée; la forme la plus généralement adoptée par les fabricants, qui n'y entendent rien, est une partie presque cylindrique, à laquelle est fixée une poignée ; la forme adoptée pour l'armée est. absolument celle d'un pain de sucre qui aurait une poignée à sa petite extrémité : et la forme que je leur ai donnée depuis longtemps, et qui me semble la plus convenable pour exécuter tous les exercices facilement et sans risquer de se faire mal, est celle dont la forme approcherait assez d'une bouteille allongée. Leur longueur totale varie entre ZI 5 centimètres pour les enfants, jusqu'à 75 centimètres pour les hommes les plus grands.
TROISIÈIIIE PARTIE.
Machines et Instraments mobiles.
ARTICLE PREMIER
Échelle de corde et de bois.
Cette machine n'a pas d'autre importance que d'apprendre à monter à une échelle de ce genre, avec le plus de facilité possible.
ARTICLE II
Perches oscillantes.
Bonnes pour apprendre à se hisser, sans beaucoup de fatigue, en se servant des pieds et des mains, et plus tard pour apprendre à élever le corps à la force des bras.
ARTICLE III. , Corde lisse.
Remplit à peu près le même but que la perche oscillante, mais beaucoup plus susceptible d'être mise en pratique.
ARTICLE IV
Cordes à nœuds et à supports.
Bonnes pour faire un ou deux exercices afm de
varier, mais beaucoup moins utile que la corde lisse, vu l'énorme pression qu'il faut faire avec les jambes, pour maintenir les pieds sur chaque nœud, ou chaque support pendant qu'on hausse les mains.
ARTICLE V
Mal à perroquet.
Bon pour habituer les enfants à monter facilement, en se servant des pieds et des mains, lorsqu'ils trouvent des points d'appuis.
ARTICLE VI
Barre échelle.
J'ai composé cette machine tout exprès, pour montrer combien est fausse l'idée qu'on se fait de l'influence des exercices exécutés sur le trapèze. Si la barre échelle n'est pas encore aussi utile que je l'aurais voulu, elle aura au moins l'avantage de ne pas vicier le développement des muscles de la partie thoracique, et de ne pas tirer son origine d'un instrument de palliasse, qu'on appelle improprement trapèze.
D'ailleurs il n'est pas sans intérêt de savoir d'où vient le nom de trapèze, ainsi que sa découverte pri-
mitive, avec l'usage qu'on en fit au début. 11 faut consulter à cet égard M. Amoros ; je le laisse parler, 2« volume, page 339, chapitre 26, des exercices du trapèze. Il cite d'abord M. Clias : (( De tous les ins- » truments gymnastiques de mon invention (dit » M. Clias dans sa Gymnastique élémentaire) , le » triangle mouvant a toujours la préférence, parce » que c'est au moyen de cet instrument que j'ai » développé mes meilleurs élèves. «
» Je relèverai d'abord, dit M. Amoros, quelques » inexactitudes dans ce paragraphe , et ensuite je » dirai mon opinion sur l'utilité de cet instrument. » // fui inventé en Italie par les funambules, et » servit lontemps à amuser le public, sans que l'on » en retirât aucune autre utilité. Ses formes et le » mouvement continuel qu'il prenait, quand les deux » cordages étaient réunis dans un anneau, lui don- » naient tout le caractère d'un instrument d'acro- » bate. La préférence que M. Clias lui accorde sur » tous les autres instruments gymnastiques, est une » erreur dangereuse; car, avant d'être en état de » s'en servir, il faut se préparer par d'autres exer- » cices, et au moyen d'autres instruments, qui sont ,) par conséquent plus nécessaires. Une échelle de » bois, les perches à suspension, et autres instru-
» ments gymnastiques sont plus dignes de la préfé- » rence que M. Glias accorde au triangle, parce qu'ils » sont plus nécessaires, plus élémentaires et qu'ils » produisent des résultats plus utiles.
» La première chose que je fis, lorsque je connus » cet instrument, fut de lui ôter sa mobilité consn tante et funambulique, nuisible aux exercices, et » dangereuse sans nécessité, et de lui donner une » forme convenable au parti que je voulais en tirer, » et aux usages auxquels je le destinais. Au lieu de 1} réunir les deux cordes dans le même anneau, je » mis à l'extrémité de chacune un anneau différent, M et en les plaçant toujours sur les crochets qui sont )) écartés d'un pied ou d'un pied et demi de dis- » tance; il en résulta la figure d'un trapèze, et » c'est le nom que j'ai donné à l'instrument. »
Il n'est pas difficile de voir combien M. Amoros s'est trompé dans son espérance et dans sa nouvelle combinaison ; car il est impossible que dans aucun temps, les acrobates aient fait plus d'usage qu'on n'en fait aujourd'hui de cet engin. Voyez, pour compléter l'idée de M. Amoros, ce qu'a écrit M. le docteur Londe à ce sujet, page 299.
Je suis donc entièrement de l'avis de M. Amoros, quand il dit qu'il préfère au trapèze, ou une échelle
de bois, ou une perche à suspension ; car il est positif qu'on peut faire des exercices aussi utiles sur ces deux machines, tandis que ceux qu'on exécute sur le trapèze ne sont bons, en général, qu'à donner une satisfaction très-passagère à un besoin de mouvements exagérés, qui n'ont aucun but d'utiUté. Je soutiens, de plus, ayant de nombreuses preuves à l'appui de ce que j'avance, que les exercices souvent répétés sur le trapèze arrondicssent le dos, font baisser la tête en avant, et ont une tendance trèsfâcheuse à fermer les épaules au lieu de les ouvrir. Cela vient tout simplement de ce que les jeunes gens font généralement un usage prématuré de cet instrument. Comme ils n'ont pas encore un développement de force suffisant pour s'y exercer convenablement, ils réunissent les mains, se serrent la poitrine avec les épaules et souvent avec les bras, rentrent la tête en la baissant en avant, pour concentrer leurs forces, et font ensuite avec les jambes des mouvements désordonnés pour se hisser audessus du bâton, et pour en redescendre brusquement, sans pouvoir maîtriser aucun de leurs mouvements.
C'est pour éviter une partie de ces désordres que j'ai composé la barre-échelle ; et, comme je l'ai déjà
dit, quoique je la préfère absolument au trapèze, je la considère néanmoins comme une machine de bien peu d'importance, comparativement à beaucoup d'autres.
Avec ce système, les élèves ne peuvent plus placer les mains à volonté ; ils doivent, dans l'exécution de tous les exercices, placer les mains soit sur la première base dans les deux intervalles, soit sur la deuxième base, pour monter comme pour descendre. On ne devra plus s'éloigner de cette règle. Comme les enfants de treize à quatorze ans ne doivent pas se servir de cette machine, deux dimensions suffiront pour compléter la série. Le petit système aura, entre les deux premiers montants, 0™ 52 centimètres d'écartement, et la première base sera élevée de SO au-dessus du sol. Ce système sera celui des jeunes gens de quatorze à seize ou dixsept ans. Le plus grand système aura 0"" 58 centimètres d'écartement entre les deux premiers montants, et la première base sera élevée de V 00 à 2" 05 centimètres, au-dessus du sol, pour les jeunes gens de dix-huit ans et pour les hommes.
t^lJ'^VRlKIHE PARTIE.
Machines et Instruments fixes.