‹ Applications de la gymnastique à la guérison de quelques maladies [electronic resource]Chapitre 5 sur 26 · LUI · texte numérisé non relu

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gymnastique soit obligatoire, par décision ministérielle, les élèves prennent en moyenne trente-cinq séances par année, et àl' époque de l'année seulement oùilleur est permis de se livrer à quelque délassement. L'examen d'aptitude physique pour l'admission des candidats à l'école de St-Cyr, est confié à un inspecteur, qui n'a propablement jamais pratiqué la gymnastique. Néanmoins, il fait exécuter, à l'instar de ce qui se fait pour les autres examens au tableau, deux ou trois exercices, tout au plus, à chaque élève, séparément ; et le degré d'aptitude physique est numériquement coté d'après cette épreuve gymnastique.

On peut juger de la fâcheuse influence que cette façon de procéder peut avoir sur tous les élèves qui travaillent en vue de se faire recevoir à cette école.

Au début de ces examens, qui datent déjà de 1856, il fut décidé que l'exercice le plus important aurait lieu sur le trapèze, auquel on avait ajouté la corde lisse. Dès que les élèves apprirent qu'on ne demandait que ces deux exercices à l'examen, ils ne voulurent plus faire autre chose dans leurs exercices ordinaires, prétextant qu'on n'exigeait que ces deuxlà. Ce n'a été qu'à la cinquième année d'examens semblables, qu'à force d'insistances, j'ai pusupprimer

le trapèze. L'inutilité n'en était pas contestable, surtout pour un examen militaire, et je le remplaçai par la planche à rétablissements. Je pus aussi faire adopter le principe du saut. Au jour de l'examen, les candidats vinrent comme d'habitude, pleins de confiance dans leur vigueur; mais ils furent bien désappointés, lorsqu'ils virent que tout était changé. Depuis cette défaite, les nouveaux candidats se préparent un peu plus sur toutes les machines.

Ces observations ne montrent-elles pas, de la façon la plus irrécusable, où en est, en ce moment, l'enseignement de la gymnastique, en France? En effet , voilà les hommes ayant passé par les trois écoles les plus importantes de l'État, qui ignorent presque complétemeut les effets des exercices gymnastiques, sur la santé, sur le moral, etc., etc. Et, cependant, ces hommes auront un jour pour mission, les uns, de former des hommes, les autres, de les conduire! Ce qui est regrettable, c'est que la première erreur que commettent ces hommes, c'est d'élever leurs enfants, ou ceux des autres, comme ils ont été élevés eux-mêmes. Pour ce qui me concerne plus particulièrement, j'ai eu à m' apitoyer, plus d'une fois, sur de malheureux enfants, trèsjeunes, et excessivement faibles, que ces aveugles

parents pendaient tous les jours à un trapèze, dans l'espérance de leur faire venir des forces. Rien n'est plus ordinaire encore aujourd'hui que de voir de pauvres petites filles, à peine âgées de six ans, soumises à ce procédé barbare. Tout récemment encore, j'ai vu un incident qui m'a courroucé, et je ne crains pas de le rapporter ici. Une charmante petite fille, à peine âgée de huit ans, avait une tumeur, au genou gauche, qui était lui-même presque ankylosé ; et on la soumettait, sur la recommandation d'un directeur de gymnase, à des exercices d'haltères, d'un poids monstrueux pour son âge, et à des ressorts, qu'elle tirait avec la jambe malade, en prenant toutes les positions imaginables, pour ne pas souffrir! Cette fois, le trapèze n'était pas le coupable. Mais, voilà l'application qu'on faisait de la gymnastique, pour traiter une indisposition, qui exigeait impérieusement les frictions et les massages les plus doux, et des mouvements passifs les plus modérés possible.

Dira-t-on que ce défaut de prudence dans l'éducation des hommes, n'a pas des conséquences funestes sur leur avenir? Est-ce qu'il suffit de pouvoir résister, en perdant la santé avec la force, à un travail assidu de cabinet ? Existe-il une seule fonction dans

la société petite ou grande, qui n'exige pas de la pai't de l'individu qui la remplit un certain degré d'ativité et de vigueur? Si l'on n'habitue pas les hommes, dès leur jeunesse, à cette activité nécessaire, qui augmente si merveilleusement la valeur de toutes les autres qualités, où la trouveront-ils plus tard ? Faute de la posséder eux-mêmes, ils devront la demander aux personnes qui les entoureront. Mais ce n'est certainement pas ainsi que l'on réussit; rien ne remplacera jamais la main, pas plus que l'oeil du maître et du chef.

Pour réformer la gymnastique et en étendre les bienfaits, je voudrais que des professeurs fussent régulièrement instruits, dans une école normale , comme celle dont je sollicite la fondation auprès de M. le ministre de l'instruction publique (page 310). Grâce au secours de ces professeurs, tous les jeunes gens élevés dans les écoles de l'Empire pourraient être exercés trois fois par semaine dans les conditions de leur âge; et, pendant les trois autres jours, ils seraient tenus de prendre pai't, pendant une heure au moins, à un exercice libre quelconque qui les forcerait de se donner du mouvement.

Pour les enfants libres, je voudrais qu'on supprimât toutes ces barraques de pantins, établies

dans les jardins publics, et qu'à la place, on construisît de magnifiques salles fournies de tous les objets nécessaires à des exercices nombreux et faciles; et, en dehors des exercices réguliers qui n'auraient lieu qu'à certaines heures de la journée, les enfants pourraient y prendre aussi des récréations en toutes saisons.

Pour les jeunes gens, je voudrais qu'il y eût des établissements semblables, tout au moins un établissement-modèle dans chaque arrondissement.

Je voudi^ais, enfin, qu'on n'oubliât jamais de diriger cette éducation physique de manière à développer aussi toutes les qualités morales de l'homme. La gymnastique bien comprise doit le rendi-e plus apte à remplir tous ses devoirs, soit envers lui-même, soit envers ses semblables, soit même, j'ose le dire, envers Dieu, qui l'a créé pour le travail et la vertu. Plus capable de se diriger et de se dompter, il serait plus respectueux envers les lois, plus dévoué pour le bien des autres hommes ses frères, et surtout pour le service de son pays.

Au iicu do ne parler jamais aux jeunes gens comme on le fait que de batailles et de guerre, il faudrait ne les entretenir que de saints et pacifiques devoirs, que la gymnastique peut les aider à bien

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accomplir. Ce qu'il faut avant tout c'est de faire de bons citoyens, et quant aux conflits internationaux qui peuvent surgir , il faut bien se persuader que l'homme a toujours bien assez de moyens terribles et cruels à sa disposition, quand il s'agit de se défendre, et que la bravoure ne fait jamais défaut, quand il sagit de défendre l'honneur de la patrie. Mais ce sont là de douloureuses exceptions dans la vie des peuples et ce n'est pas exclusivement pour elles qu'il convient de former la jeunesse.

p s. — Je n'ai pas parlé dans tout le cours de cet ouvrages d'un sujet très-important en même temps que trèspénible, je veiix dire VIdiotie. Je n'en dirai qu'un seul mot. Je conseille aux familles dont les enfants seraient si gravement atteints de les confier à M. Vallée, rue deBenserade n° 5 à Gentilly (Seine), près Paris.

Son expérience consommée égale sa bonté et sa douceur. Je puis en toute sécurité recommander cette excellente maison.

Comme les titres exacts que doivent prendre les personnes qui se chargent d'enseigner publiquement les exercices du corps, sont en général peu connus et très-mal appliqués, il est utile de les reproduire

ici, en les classant justement dans l'ordre que leur donnaient nos devanciers. J'extrais en partie ces notes du livre de Sabbathier (1772.)

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