KT ESI VII.I.E
Bien qu'il m'en coûte de parler de moi, je ne puis éviter cet inconvénient pour expliquer comment je suis parvenu progressivement à la position que j'occupe aujourd'hui.
Quand j'arrivai au service militaire en juin 1829, le 2-= régiment du génie, où je venais de m'engager, établissait d'immenses machines gymnastiques dans la citadelle d'Arras, lieu de sa garnison. Jeune et vigoureux, comme' l'étaient hien d'autres
soldats de mon âge, je me trouvai très-heureux de participer aux travaux de cette construction, en pensant que je pourrais bientôt me livrer à toute espèce d'exercices, sous la direction d'un colonel plein de sympathie et de prévoyance pour ses subordonnés, M. ThuiUier.
D'Arras, nous partîmes pour Metz, où, après deux années de service, je fus chargé de diriger le gymnase du régiment, en quahté de sous-officier.
Puis, nous quittâmes de nouveau cette garnison pour nous rendre à Lyon, où je fus chargé, une année après notre arrivée, de surveiller les travaux d'un gymnase à peu près complet que le génie avait ordre d'établir dans le quartier de la Croix Rousse. La surveillance de ces travaux réunis à ceux qui étaient déjà accomplis dans les forts, m'a valu, de la part de mes chefs, le certificat ci-dessous que je reproduis, non par orgueil mais par nécessité :
, Le capitaine du génie soussigné certifie que le „ sieur Laisné , sergent à la 2« compagnie du „ bataillon du 2" régiment du génie, a été pendant deux ans, chargé de la surveillance de tra- „ vaux considérables de maçonnerie et de char- » pente , et ciu'il a une entente solide de ces >, travaux, les toise bien, et les calcule d'une ma-
» nière sûre. Si ce jeune homme avait un peu plus » d'instruction théorique, ce serait un rare sujet. » Lyon, le 27 avril 1835.
Signé : ROUBAUD.
Approuvé : Excellent sujet, intelligent et actif, Signé : le général baron de FLEURY.
De cette garnison, nous partîmes pour Montpellier, d'où vers la fin de 1835 je fus détaché au Gymnase normal de Paris. C'était par ordre du ministre de la guerre, et sur la demande de M. Amoros, qui m'avait remarqué, lorsqu'il était passé à Metz en 1832. Peu de temps après mon arrivée, je fus nommé sous-inspecteur des travaux et exercices de cette école ; j'ai conservé ces fonctions jusqu'à la suppression de cet établissement, qui eut lieu par ordonnance royale le 1" janvier 1838.
Quand je quittai M. Amoros, il me remit le certitilicat que voici :