‹ Applications de la théorie du langage qui donne naissance à la langue universelleChapitre 26 sur 90 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

appugahon db lâ langue universelle a l'étude de la minéralogie.

Si Tétude delà botanique n'a pas encore conduit les savants jusqu'au cadre complet des plantes où Tordre d'une classification méthodique soit en harmonie avec l'état de la science, la raison ou l'excuse a pu être alléguée en s'appuyant sur le grand nombre des individus différents qu'il a fallu enregistrer. Il n'en peut être de même pour la minéralogie : limités à un nombre très appréciable d'espèces, les minéraux devraient depuis longtemps avoir subi le JQpg de la méthode et être enchaînés dans le cercle des classifications. Ce qui a sans doute retardé les progrès de celte science, c'est que la nécessité n'en avait pas été antérieurement aussi bien sentie que de nos jours ; d'ailleurs, elle était subordonnée à une étude préparatoire, dont on ne s'est occupé sérieusement que depuis un demi siècle, à la connaissance de la chimie.

Nous ne devons donc pas rencontrer en minéralogie une division d'idées qui nous permette de faire commodément l'appiication de notre nomenclature. Ici, comme dans la botanique, nous ne pouvons offrir qu'une ébauche, mais cette ébauche sera, nous l'espérons, une preuve aux yeux des hommes d'expérience que notre système est d'une heureuse application partout où l'on empruntera son secours. Il se prête en effet à toutes les combinaisons ; il prend les sciences dans l'état où elles sont : à leur naissance, au milieu de' leurs progrès, comme dans l'état le plus prospère ou le plus parfait ; dans chacune de ses phases, il reflète les connaissances acquises, les fixe d'une manière ineffaçable dans la mémoire, et force pour ainsi dire l'esprit à s'élever à des considérations plus élevées ou à s'élancer à de nouvelles découvertes.

SI-

IVomenclntiire des minéraux.

Nous avons réservé à la nomeoclature des animaux une des dix grandes divisions par lesquelles nous distinguons toutes les idées représentées par les mots ; nous avons auprès de cette division placé celle des végétaux, h laquelle nous accordons le même privilège. De même que nos divisions 6 et 7 (a et t) nous ont fourni les noms de tous les êtres du règne animal et du règne végétal , il paraissait naturel d'attribuer au règne minéral une division à peu près semblable dans cette grande distribution , et de lui consacrer la lettre 2^ ou le n^" 8 dans Tordre de nos radicaux. Telle n'a pas été notre pensée : après avoir partagé toutes les idées en deux grandes catégories, celle des êtres ou des objets et celle des manières d*étre, nous avons distingué entre les êtres propre^ ment dits et les objets ; nous avons donc séparé les objets des animaux et des végétaux. Or les objets eux-mêmes étant considérés comme naturels, c'est-Mire tels que la nature nous les offre, et comme artificiels^ c'est-à-dire produits par Tart ou façonnés et modifiés par la main de l'bomme, nous avons cru devoir fonder une division beaucoup plus compréhensive que n'eût été celle qu'aurait désigné le titre de minéraux. Cette grande division, qui nous met en possession des radicaux, commence par la lettre y; elle est la baitième de notre système et renferme tous les objets que nous nommons natwels.

Voici comment nous avons exposé, dans notre Théorie des radicaux , 1q tableau des classes de la huitième division ; nous y joignons les réflexions dont nous l'avons fait précéder.

M Par objets naturels, nous entendons ceux que la nature met à « notre disposition et que nos arts n'ont pas modifiés. Dans cette « division , comme dans les deux qui vont suivre , on rencontrera « des ordres , des genres ou des espèces de mots que l'on aurait pu « (aire rentrer dans les divisions des manières d'être ; nous avons

« cru mieux entrer dans l'analyse des faits qu'ils représentent, eo « nous attachant de préférence k la partie matérielle qui accom- « pagne ces faits et en les classant ainsi parmi les objets ; si nous « n'avons pas envisagé le côté le pins pratique ou le plus métho- « dique , il appartiendra à nos successeurs de réformer telle partie « de notre système qui pourra être traitée plus rationnellement, t Nous allons, par exemple, prendre pour des ordres , dans cette « division , des mots qui représentent certains faits : tels sont le « vent , l'orage , la pluie. Sans doute ces mots rappellent des faits « plutôt que des objets ; mais aussitôt que l'attention se porte sé- « rieusement sur les détails , elle se trouve irrésistiblement en pré- « sence des objets qui produisent ces effets. Nous nous sommes « même tellement familiarisés avec ces faits naturels, que nous les « classons dans notre esprit comme des objets : ainsi le vent nous « rappelle moins un certain mouvement de l'atmosphère qu'un être « ou un objet ; c'est pour cela que les poètes les personnifiaient si « aisément sous les traits de Borée , etc. , ou les supposaient enfer- « mes dans des outres comme une substance toute particulière.

« Parmi les objets naturels , nous faisons figurer la terre partagée « artificiellement : c'est qu'ici l'art et la nature travaillent simulta- « nément, et que la nature est plutôt envisagée dans ses parties « qu'elle n'est modifiée par l'art. Quand nous formons dans notre « esprit l'idée éveillée par le mot Russie ^ nous comprenons sans « doute que les limites sont artificielles ; mais nous fixons notre « pensée sur une portion du globe.

« On remarquera encore dans cette division des classes consa- « crées à l'homme , à l'animal et au végétal , quoique déjà nous « ayons distingué ces trois êtres comme individus dans la première « division , et que nous ayons même réservé une division entière à « l'animal et une autre au végétal ; on comprendra aisément que « ces classes étaient nécessaires pour donner naissance aux ordres « qui contiennent les objets naturels faisant partie de l'homme , de « l'animal et du végétal. Ici, ces trois classes n'ont de rapport « qu'avec la partie toute physique de ces individualités. Ainsi , « l'homme qui a déjà sa transformation comme individu (albaba),

« comme être animé dans la classiflcation des animaux (ocbea) » est « désigné ici comme objet ou comme corps (yja).

« Le règne minéral aurait pu, si les savants s'étaient jusqu'ici « entendus sur une théorie semblable à celle de Guvier , remplir un t certain nombre de classes proportionnées au besoin de cette « classification; dans l'absence de notions suffisamment métho-

• diqnes, nous avons, suivant notre habitude, réservé un vaste « champ aux progrès futurs sur cette matière : trois classes sont

• entièrement consacrées aux objets, assez limités, d'ailleurs, du « règne minéral. Il sera donc toujours temps de remanier les radit eaux que nous formons provisoirement, quand la science sera « complètement d'accord sur cette grave question. En attendant , t et en nous maintenant dans le cercle des connaissances présentes, « nous distinguons les noms vulgairement attribués aux minéraux « de ceax qu'ils reçoivent dans la nomenclature chimique , et nous « conservons une classe entière pour les nomenclatures que les sa-

• vanls voudraient introduire dans le domaine de cette science.

CLASSES DE LÀ HUmÈliE DIVISION (T).

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