‹ Applications de la théorie du langage qui donne naissance à la langue universelleChapitre 43 sur 90 · LI-^L · texte numérisé non relu

LI-^L

3Lr- S- ^ 2

Se.

GÉCKiRAPfUE. 293

Les voyelles a, e, i, etc., situées dans la première colonne à gauche, indiquent les ordres d'idées , et chacune d'elles prend pour délerminer les ordres d'idées qui sont inscrits dans la ligne horizontale correspondante, la consonne indiquée au-dessus des cases verticales. Par exemple, ydo exprime les objets de la terre qui s^élèvent au-dessus du sol; si on prend la quatrième case, où sont écrits ces mot : avec grande hauteur; la lettre v, en tète de la colonne verticale, prendra cette signification, et ydov, qui doit renfermer des montagnes, sera déûni : objet naturel (y), situé à la surface de la terre (d) , s'élevant au-dessus d'elle (o) , à une grande hauteur (v).

Il est aisé de voir que la cinquième lettre achèvera la définition commencée par les quatre premières: ydedi signifie promontoire, parce que son analyse donne : un objet naturel (y), appartenant à la surface de la terre (d) , près de l'eau (e) , sur laquelle il s'avance (d), et spécialement un promontoire (i).

Les géographes se contentent d'énumérer certaines parties de la surface de la terre; ce sont : les mers, les golfes, les détroits, les iles, les presqu'îles, les caps, les isthmes, les lacs, les chaînes de montagnes, les volcans, les fleuves et les rivières.

Cinq lettres définissent chacune de ces parties et beaucoup d'autres r.ccidents de la surface de la terre que la science voudra peut-être énumérer plus tard en les désignant par des noms propres. Les trois lettres par lesquelles nous déterminons les noms communs contenus dans la classe yd , fournissent mille radicaux parmi lesquels sont rangés les douze noms communs dont se contente aujourd'hui la géographie; avec l'addition d'une seule consonne (c'est-à-dire en faisant suivre chacun de ces mille radicaux de la série décimale b, g, d, etc.) on obtiendrait dix mille noms communs; il est difficile de supposer qu'une science qui se satisfait de l'énumération de douze espèces d'idées puisse jamais en énumérer dix mille ; au reste nos séries forment des nombres illimités qui répondent à tous les besoins.

Proposons-nous maintenant de former les noms propres qui distinguent spécialement chacun des objets que les douze noms, communs présentaient d'une manière trop générale et trop vague.

On pourrait , à partir des espèces d'idées , conlinuer la division des noms communs pour leur faire déterminer des noms propres à l'aide des séries alternées de consonnes et de voyelles; mais ces noms communs, ainsi que tous ceux de notre système, peuvent engendrer une multiplicité de nuances dont l'avenir grève d'avance notre noroenclalure ; nous ne pouvons détruire cette réserve sans nuire à l'unité de notre système; or, les nombreux radicaux rangés dans la classe yd , malgré leur importance dans le langage , seraient privés d'une source de progrès assurée jusqu'ici à toutes les parties de notre théorie. La science géographique , d'autre côté , est si souvent mêlée à la pratique usuelle , et les noms propres qui relèvent d'elle apparaissent si fréquemment au milieu des autres matériaux de la phrase, qu'on ne pourrait faire souvent sans inconvénient ce que nous avons annoncé pour les autres sciences. En effet , pour celles-ci, le savant, tout pénétré qu'il est de la matière qu'il traite, peut négliger les deux ou trois premières lettres des radicaux qui rappellent la classe ou l'ordre des idées, puisque l'auditeur est, comme lui , attentif à une même classe ou à un même ordre d'idées; il n'en serait peut-être pas toujours ainsi pour les mots géographiques. L'ostéologue qui fait une démonstration sur les os des membres supérieurs n'a pas besoin de rappeler par les lettres initiales yje qu'il parle d'un os , de même qu'actuellement il ne dit pas toujours: l'os cubitus, l'os radius; l'arithméticien occupé des nombres dit: vingt -quatre, cent soixante-treize, et non pas le nombre vingt-quatre, le nombre cent soixante-treize. Nous aussi, nous supprimerons , s'il est utile , les initiales , quand la signification sera suffisamment rappelée dans le discours : nous dirons donc pi pour le cubitus et po pour le radius, au lieu de yjepi, yjepo; go pour vingt-quatre et aci pour cent soixante-treize, au lieu de p8go et de pbaci. Ces suppressions ne seraient pas aussi facilement reçues pour la géographie ; elles entraîneraient des méprises : car dans la langue usuelle les noms de villes, villages, communes, fleuves, rivières, ruisseaux, etc., se reproduisent dans la matière la plus étrangère à la géographie. On pourrait sans doute conserver toujours les initiales des roots topogrophiques ; mais quelquefois elles

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contribueraient à prolonger ces mots d'une manière démesurée; d'ailleurs si on exprime toujours dans le langage certains mots pour révéler le sens propre, du mot suivant, tels que les roots: golfe, cap, isthme, etc., golfe de Bothnie , cap Finistère, isthme de Panama, etc. Presque tous les noms propres de mers, de fleuves et de rivières, ne sont pas accompagnés du nom commun qui les caractérise : l'Atlantique, l'Adriatique, le Volga, la Seine, etc. La langue théorique que nous proposons a partout une supériorité incontestable sur les langues pratiques qui sont dues au hasard ; nous ne marcherions pas vers notre but si nous lui laissions une infériorité quelconque ; nous allons donc obvier à ces inconvénients.

Oo sait que le globe terrestre est supposé divisé à sa surface par un certain nombre de cercles , les ims passant par l'axe de la terre, les autres coupant cet axe à angles droits; les premiers sont appelés méridiens, les autres sont l'équateur et le? cercles qui lui sont parallèles.

On sait, de plus, que ces grands et ces petits cercles servent è déterminer la longitude et la latitude des diflérents points du globe ; que la longitude d'un lieu est la distance de ce lieu au méridien fixe qui sert de point de départ^ et que la latitude d'un lieu est la distance de ce lieu à l'équateur , qui sert de terme de comparaison. Cette manière de désigner un point du globe par les coordonnées de ce point, peut devenir rigoureuse à l'aide des subdivisions du cercle ; elle compose pour la géographie une sorte de classification sur laquelle nous allons fonder notre nomenclature.

Au lieu de distinguer deux sortes de longitude : Tune orientale et Paatre occidentale, par rapport au premier méridien , nous supposerons celui-ci coupé à angle droit par un second méridien qui sera éloigné du premier d'un quart de cercle. L'équateur , qui sera perpendiculaire à ces deux cercles, déterminera sur la surface de la sphère huit parties égales : quatre an-dessus de l'équateur et quatre au-dessous. Appelons quadrant chacune de ces quatre parties, et désignons chacun d'eux par un nom ou un caractère qui permette de les reconnaître aisément dans le langage.

Les consonnes h ni, n, r, s vont nous faire atteindre ce but.

En effet, les quaire quadrants au-dessus de Téquateur, à partir du méridien ûxe et en s'avançant toujours vers Forient, peuvent être désignés par les quatre premières lettres. Le premier quadrant, à partir de 0*» jusqu'à 90° (1), en avançant vers Torienl, sera figuré par l; le deuxième quadrant, depuis 90** jusqu'à 180'' de longitude orientale, sera représenté par m; le troisième quadrant, depuis iSQ"" jusqu'à 90*' de longitude occidentale, sera figuré par n; enfin , le quatrième quadrant, depuis 90*' jusqu'à 0" de longitude occidentale, sera caractérisé par r.

Les quatre quadrants au-dessous de Téquateur seront désignés de la même manière en procédant dans le même ordre, avec la différence, toutefois, que chacune de ces lettres sera précédée delà lettre s. De celte manière, î et si, m et sni, neisn, rei sr formeront les quatre fuseaux de la sphère, et les lettres /, m, n, r indiquant la latitude septentrionale, la lettre s qui les précédera tiéterminera la latitude méridionale pour les mêmes méridiens.

Sans altérer les données géographiques admises aujourd'hui, et avec un simple partage des longitudes orientales et occidentales, nous venons de limiter au huitième de son étendue la surface si considérable de notre globe. Tout mot commençant par l'une des huit formes que nous venons d'énumérer présente avec lui l'indication du quadrant où le lieu qu'il rappelle doit avoir sa situation.

La suite à donner aux mots géographiques devient facile : car l'introduction d'une des cinq lettres l, m, n, r, s étant un signe suffisant pour annoncer un nom propre géographique , il n'y a plus que quelque convention à établir pour donner naissance à ceux qui ont cours aujourd'hui , et pour montrer comment on pourrait en créer de nouveaux tant pour les accidents naturels que l'on constate maintenant, que pour ceux dont la science voudra plus tard enrichir sa nomenclature.

Cette convention, qu'on retrouve à l'origine de toutes les sciences, pourrait ici affecter diverses formes : une de celles-ci se présente

(1) Nous conservons ici la division sexagimate généralement adoptée, on va voir tout & l*licurc pourquoi nous préférerions ta division centésimale.

tOQt d^abord à l'esprit : elle consisterait à convenir que la partie du ' globe dont nous voulons spécialiser l'objet sera déterminée par les degrés de longitude et de latitude qui la limitent à l'orientation des quatre points cardinaux. On verra plus loin le parti que nous tirons d'une convention analogue ; mais pour la désignation des mers, des fleuves, des golfes , etc. , quelque avantageuse que dût paraître au premier abord une semblable convention , nous sommes contraints de l'abandonner. Il ne faut pas perdre de vue, en effet, qu'une nomenclalure ne peut être la peinture fidèle de toute une science ; les limites de la parole sont inexorables; elles ne peuvent être franchies impunément ; l'esprit qui les touche , s'il cherche à pénétrer au-delà, s'émousse bientôt contre leurs murailles d'airain. Si, par le prolongement des mots , nous espérons ravir à la théorie un plus grand nombre de ses secrets et la produire dans nos conventions verbales, nous sommes .dans l'erreur: l'oreille a une capacité mesurée aux besoins de cotre intelligence; quand cette capacité est dépassée, la fatigue de l'organe se communique à l'esprit lui-même, qui ne saisit plus ou saisit mal les idées qu'on lui soumet. Nous croyons donc qu'un mot formé d'après la convention que nous avons supposée ne répondrait plus à la limite que la phrase assigne aux expressions pour figurer la pensée. Chacun des quatre points cardinaux ne pouvant être assez exactement déterminé sans le secours de deux /Syllabes ou de quatre lettres, tous les noms propres que nous faisons entrer dans notre nomenclature recevraient huit syllabes ou seize lettres, sans compter la nécessité de rétablir dans l'occasion les deux on trois lettres qui précèdent pour annoncer la science géographique. Evidemment il faut renoncer à de pareilles conventions et ne pas perdre de vue que les parties d'une nomenclature, si elles doivent donner quelques éléments de la science , ne peuvent prétendre à les donner tous.

En attendant que les savants proposent une nomenclature qui, toute appropriée qu'elle serait au langage, serait revêtue de formes plus théoriques, nous proposons cette convention fondamentale : convenir que les objets se classeront dans un même quadrant en descendant du nord au midi, et, dans cet intervalle, en marchant de l'est à l'ouest.

Le point de départ serait donc prjs au nord du quadrant; si à cette distance de Téquateur plusieurs des objets dont nous formons les noms se trouvent au même degré de latitude, nous commençons par celui qui a le degré de longitude le plus élevé dans ce quadrant; nous descendons ainsi jusqu'à Téquatcur où s'arrête notre nomenclature.

Prenons pour exemple les- mers, et supposons-nous dans le premier quadrant (1).

V Océan glacial étant la partie plus septentrionale de la mer, sera notre point de départ ; viendra ensuite la mer Blanche, puis la mer Baltique ; ensuite YOcéan atlantique, dans celte partie qui forme la mer du Nord et le Cattegat ; plus bas la mer Caspienne ; plus à l'ouedt la Méditerranée ; enfin la mer des Indes et une petite portion de V Océan atlantique, de Tautrecôté de TAfrique.

A ces divisions répondront nos lettres a, e, i, etc., qui sont de véritables cbiiïres et qui indiquent ainsi le numéro d'orde des mer» de ce quadrant ; en voici le tableau :

Quadrant L.

Ydoila partie de YOcéan glacial comprise dans ce quadrant depuis le pôle arctique jusqu'au cercle polaire.

— le mer Blanche, au sud du cercle polaire.

— li mer Baltique, jusqu'à Copenhague.

— lo Océan atlantique, mer du Nord, Cattegat.

— lu mer Caspienne,

— la mei' Méditerranée.

— le mer des Indes, au-dessus de la ligne équinoxiale et en'

la suivant depuis le 90* degré de longitude jusqu'à la côte orientale de l'Afrique.

— ly Partie de VOcéan atlantique comprise entre la côte

ouest de l'Afrique, le méridien 0*» et la ligne équinoxiale.

(1) Nous acceptons pour cet exemple le méridien qui passe par Paris, comme origine des longitudes.

GÉOGRAPniF. 299

Si nous poursuivons ces divisions dans le quadrant inférieur, nous trouverons :

Quadrant 5£.

ydocsia partie de l'Océan, à Test de l'Afrique , comprise depuis !a ligne jusqu'au tropique du capricorne pour la latitude, et jusqu'au 90* degré pour la longitude.

— sle partie de l'Océan, à Touest de l'Afrique, comprise

depuis la ligne jusqu'au tropique du capricorne pour la latitude, et jusqn'au 0* pour la longitude.

— sli partie de V Océan située, pour la latitude, entre le

tropique du capricorne et le cercle polaire antarctique, et pour la longitude, entre 0* et 90 <>.

— slo Océan glacial antarctique,

La désignation des diverses mers que l'on* rencontre dans le premier quadrant (c'est-à-dire au-dessus de l'équateur, dans la partie comprise entre 0 et 90 degrés), répond aux besoins de la géographie ; ce ne sont plus ces mots : mer Blanche, mer Baltique, mer du Nord, mer Caspienne, etc., qui n'apportent avec eux aucune signification, ou qui ont un sens relatif tantôt à des fictions énigmatiques, tantôt h certains rapprochements d'idées plus ou moins erronés; ce sont les mots ydale, ydali, ydodo, ydalu, etc., dont la signification ne peut laisser la moindre incertitude ; la partie commune ydal définit un objet naturel (y) de la surface de la terre (d) telle que la mer (a), dans la partie comprise entre le pôle et l'équateur et la longitude de 0 à 90 degrés (I). La finale e (2) nous apprend que la mer Blanche a une mer plus au nord qu'elle (l'Océan glacial) ; les finales t (3) , o (U) ,u (5), indiquent celles qui viennent en troisième, quatrième et cinquième rang dans l'énumération qui nous les fait classer, etc. ; ces derniers caractères servent donc à rappeler à notre mémoire l'ordre suivant lequel nous les concevons placées sur le globe. Les radicaux ydasie, ydosli, etc., nous transportent dans les mers (yda) qui sont au-dessous de l'équa-

300 APPLlCATIOx\ AUX SCIENCES.

teur (s) et dans le premier quadrant (I) ; les finales e^ i, etc., nous retracent encore les situations plus ou moins septentrionales.

En jetant les yeux sur une mappemonde, on verra que la plus grande partie de XA^xe et de \Occan\e boréale sont comprises dans le quadrant m ; que sm caractérise la plus grande partie de VOcéanie australe; que n désigne le quadrant occupé par V Amérique du nord et le reste de VOcéanie boréale ; que sn figure le reste de VOcéanie australe ; que r définit une partie de V Amérique du Nord, toutes les Antilles, une portion nord de l'Amérique du Sud^ les Iles Britanniques^ une portion de la France^ VEspagne et le Portugal^ et la partie la plus occidentale de l'Afrique ; enfin que^r contient VAmérique du Sud et i'Océan atlantique austral.

L'application de notre système à chacun de ces huit quadrants conduit donc à une nomenclature des mers qui est vraiment théorique. Que si certains peuples" et certains géographes ne veulent pas s'arrêter à ces divisions générales de l'Océan , mais donner les noms particuliers de mers h telles ou telles portions de l'Océan qui, pour lenr voisinage oii pour quelque motif, semblent devoir être spécifiées, la convention qui détermine les noms déjà obtenus s^appliquera dans ce nouveau partage et déterminera une seconde partie de la nomenclature.

La mer Méditerranée, par exemple, est partagée en plusieurs portions qu'on désigne sous le nom de mers ; ces divisions recevront leurs noms par les consonnes qui suivront la voyelle caractéristique de cette mer intérieure : d'ydala nous passerons à ydoleib, yd«lag, ydalad, ydoilav, etc., et chaque fois nous descendrons da nord au sud en marchant toujours de l'est à l'ouest. La mer la plus au nord dans la Méditerranée étant la mer A'Azof , recevra le nom ydalab ; après elle, la mer Noire sera ydalag ; la mer Adriatique, qui est plus au nord que celle de Marmara, sera ydeilad , tandis que cette dernière sera ydalav, etc.

Le mot ydala étant devenu familier pour signifier la sixième mer du premier quadrant et remplaçant les mots mer Méditerranée ^ les autres termes que nous venons de former rappelleront le numéro d'ordre ou la position relative des mers qui y sont renfermées ;

celle désignation, comme la première, jouit donc des privilèges de la théorie.

La syllabe ydac, qui signifie mer, pourra être supprimée quand il n'y aura aucune amphibologie, et les mots auront alors une simpli* cité favorable aux éludes géographiques : Lac (prononcez lâc) (1) rappelle et Tidée du premier quadrant et Tidée de la sixième mer, et, dans celle-ci, Tidée du n» 7 qui figure la mer particulière dont il est question.

La théorie doit établir un enchaînement entre les diverses parties de la science : nous devons donc profiter des notions acquises pour en acquérir de nouvelles ; c'esl aussi de cette manière que nous avons procédé.

Proposons-nous, en effet, la nomenclature des flbdvbs.

Le fleuve est le cours d'eau pris dans son acception la plus large ; or, dans notre tableau (page 202), nous trouvons pour celte idée le radical ydc (prononcez aindê) ; ce radical désigne donc le mol fleuve et sera Torigine de tous les radicaux propres à nommer les courants d'eau.

Le lieu où les fleuves se mêlent à la mer, autrement dit Tembouchure d'un fleuve, étant le lien naturel qui unit ces deux ordres d'idées, il est aussi naturel que nous rattachions à cet endroit la nomenclature des mers et celle des fleuves. Le fleuve sera donc dé^ fini par la mer dans laquelle il se jette ; et l'énumération aura lieu suivant la condition de longitude et de latitude indiquée précédemment. Le fleuve étant représenté par le radical ydt et la mer d'Azof caractérisée par la forme Ub, le radical ydcl«b (2) exprime le fleuve

(1) Dans notre théorie générale du langage, tous les radicaux expriment le rôle grammatical qu'Us Jouent dans la phrase à l'aide des voyelles finales, ce qui des* sine nettement pour la prononciation les consonnes qui terminent le radical. Cette phrase: Noia traversâmes ta mer Ionienne, se transforme ainsi : Da« gaciplio re ydocre-locre (ou d'un seul mot ydal«cre).

(2) Ce mot a sa définition ainsi formulée : objet naturel (y) de la surface de la terre (d\ tel que le fleuve (e) dont remi>ouchure, située dans le premier quadrant (I), est dans la sixième mer de ce quadrant (oe)et dans la latitude la plus septen* triooale (b).

qui se jette dans la mer d'Azof ; dès lors les fleuves de celle mer seront définis par les voyelles a, e, i, etc., dans l'ordre que nous avons déterminé. De cette manière les fleuves dits Dnieper, Dniester, Danube, Kouban, seront respectivement yddaga, ydsiage, ydslogi, ydclago ; et pour l'éludiant qui fixe dans sa mémoire les noms et les situations des fleuves, ils seront: Uga, loige, lagi, logo. Les fleuves de !a mer Caspienne seront ydelub, yddug, ydslud, etc., Oural, Volga, Kuma, etc.

Les cours d'eau moins considérables et qui se jettent dans les fleuves seront à leur tour déterminés par la nomenclature de ces fleuves, et ainsi conserveront le lien qui unit leurs eaux a la MER. Or, comme les confluents se présentent aussi bien à la droite qu'à la gauche du fleuve, on peut convenir que les cinq douces seront appliquées à la rive droite et les cinq fortes à la rive gauche; il est d'ailleurs naturel d'énumérer ces confluents en remontant le fleuve, puisque notre point de départ est à son embouchure.

D'après ces principes, si nous remontons le Logi ou Danube^ la première rivière importante qui se présente à notre droite est le Lagib ou Pruth ; viennent ensuite le Lagig ou Sereth, le Logid ou Aluta, le Lagiv ou Theiss. Ici notre classification deviendrait insuffisante si nous ne nous étions créé des ressources qui satisfont à tous nos besoins. En efl'et, en prenant le Danube pour exemple^ il va nous survenir un embarras qui ne se présente pas dans la no« menclature de tous les fleuves : celui d'avoir à désigner plus de cinq confluents. Dans de semblables circonstances, voici comment notre théorie tourne la difficulté. Le cinquième et le dixième numéro de chaque série décimale peuvent, surtout quand la série se sépare pour former deux cadres distincts, être consacrés à l'énuméralion des parties non contenues dans les quatre cases précédentes : dans ce cas, ils indiquent simplement le fait d'une nouvelle énumération qui continue la première sous le titre autres ({).

De cette manière les rivières Gran, Neulra, Waag, Mobrawa,etc,y

(1) rair dans ce volume plusietrs exemples,, et notamment dans les tableaux loologiques»

qui se rendent dans le Danube au-dessus du confluent de la rivière Theiss, trouvent un nom à i*aide des voyelles qui suivent j et dans Tordre où elles se présentent au navigateur qui remonte le Danube. Si même la série décimale des voyelles se trouvait épbisée, la dernière voyelle » ferait alors le même office que le j précédent et ferait remonter jusqu'à la source du fleuve, tout en donnant le numéro d'ordre de ces confluents et en continuant le lien naturel qui rattache les eaux à la mer. La rivière Mohrawa aurait ainsi pour nom Logijo, et l'analyse de ce nom donnerait l'explication suivante : Cette rivière est située dans le premier quadrant (I), c'est-à-dire dans l'hémisphère boréal , entre 0 et 90 degrés de longitude ; elle a son embouchure dans la grande mer de ce quadrant qui forme la sixième (a) des parties de l'Océan contenues dans cette portion du globe, en descendant vers Téquateur et en marchant vers le méridien 0 *" ; dans cette mer, elle a son embouchure dans une portion au nord qui est la deuxième (g) de cette latitude; enfla cette embouchure est la troisième (i) de la mer Lag (mer Noire) dans la direction ci-dessus indiquée ; elle se trouve en remontant le fleuve Lagi (Danube), après le quatrième confluent (j) tu quatrième con* fluent suivant (o).

Cette explication met évidemment la pratique en un contact incessant avec la théorie. On fera de la géographie une science exacte quand on aura déterminé de cette manière toutes les parties qu'il importe de distinguer sur le globe.

Pour quiconque a saisi Tesprit de notre méthode, il devient inutile de pousser plus loin les applications. Ce qui se passe sur la rive droite du fleuve avec les consonnes douces b, g, d, v, j, aura également lien de l'autre c<yté, sur la rive gauche, avec les consonnes fortes p, Cy f, f, K

Les moindres cours d'eau ont désormais leur nom théorique, et ce nom sera d'autant plus allongé que ce ruisseau traversera plus de cours d'eau avant d'arriver à la mer. Dans la pratique, ces noms s'abrégeront par la suppression des syllabes qui n'enseignent rien à ceux qui vivent habituellement sur les lieux où coulent ces ruisseaux. De même que dans notre nomenclature des fleuves, nous

S04 APPUCATION AUX SCIENCES.

avons supprimé Finitiale ydc, qui rappelle Tidée générale dont nous sommes préoccupé ; de même l'habitant des bords du Danube ou celui qui est en rapport constant avec ses affluents» pourra sop* primer les caractères qui lui rappellent des circonstances parfaitement connues. L'initiale Log pourra disparaître pour le Morave, qui sait fort bien que le Danube se jette dans la mer Noire ; le Mobrawa sera simplement alors la rivière Ijo ; le Theis sera Iv, son troisième affluent sur la droite sera Ivi, et le deuxième affluent de ce dernier pris sur la rive gauche sera Ivic ; le Hongrois pourra donc désigner ainsi le Sebès-Kôros, tandis ^ue le géographe l'appellera Lagivic.

Nous ne pouvons , sans dépasser les bornes des généralités dans lesquelles nous nous maintenons dans ce volume, entrer dans tous les détails relatifs aux golfes, aux détroits, aux montagnes, aux caps, aux lacs, etc^ On a la clef de toutes les classifications relatives aux objets qui bornent la mer, puisque, d'une part, la ligne yde, dans le tableau TD (page 202) , donne les initiales qui définissent le nom commun de l'objet ; et de l'autre , le tableau des mers fournit les lettres suivantes. Pour terminer les noms propres, on fera les énumérations de ces objets dans l'ordre que nous avons assigné pour la latitude et la longitude. Il suffira de citer comme spécimen quelques golfes des mers du Nord : le nom de golfe peut être suppléé par le radical ydec, qui précédera le nom propre comme les mots golfe de le précèdent actuellement dans le langage. La définition de ce radical est : objet naturel (y) sur la surface de la terre (d), tel que le sol qui avoisioe l'eau ou la mer (e) , et qui est entamé par elle (c). A partir de ce nom commun, les noms propres deviennent : ydec golfe

ydecl golfe situé dans le premier quadrant, ydecla golfe situé dans la mer qui est au-dessus. du cercle polaire arctique (l'" (a) eu égard à la longit. et à la latit).

— lab — d'Obi.

— lag — d'Ërouvei.

— lad — de Kara.

— lav — deVarenger.

— laj — de Tcheskaïa.

ydecle (

i^olfe de la Mer Blanche (deuxième (e)

eu égard à la longi-

tude et à la latitude).

- leb

— de Raodalaskaîa.

-leg

— de Mezen.

— led

— de Dvina.

— lev

— d'Onega.

ydecii

golfe de la Mer Baltique (troisième (i) tude et à la latitude).

eu égard à

la longi<

— lib

— de Bothnie.

-lig

— de Finlande.

— lîd

— de Livonie.

— de Dantzig.

etc., etc.

Les géographes s*entendront entre eux pour recevoir ou rejeter les noms propres qui méritent ou qui ne méritent pas d'être intercalés dans cette nomenclature; les exemples que nous avons cités suffisent pour démontrer qu'à l'aide de notre procédé, la géographie deviendra véritablement une science, et une science exacte.

ttmrface •rtiflcielle dm irlobe terrestre*

La surface artificielle de la terre constitue une branche importante de la géographie ; elle présente notre globe sous le point de vue des partages artificiels que les hommes ont fait entre eux de cette planète. Les divisions de convention peuvent, il est vrai, varier, mais il y a certaines bases qui subsistent malgré ces variations; c'est sur ces bases que nous allons fonder notre nomenclature.

Nous considérons encore les sections opérées sur la surface de la terre comme des objets; quoiqu'on puisse les considérer comme des manières d'être, on peut aussi dire d'elles ce que nous avons dit des mers, golfes, montagnes, etc., qu'elles ne se présentent à Teq^rit qu'indissolublement liées aux objets dont elles figurent un aspect.

AiDsi envisagés, les noms propres de pays auront pour origine le nom commun qui signifie objet, c'est-à-dire la voyelle y,

La surface naturelle de la terre était caractérisée par la consonne d, sa surface artificielle sera formulée par la consonne suivante V ; de sorte que tous les noms géographiques se reconnaissent aux initiales yd ou yv.

Les noms communs qui naissent des idées rattachées à la surface artificielle du globe ne sont pas nombreux ; ils résultent des subdivisions que chaque pays adopte pour désigner les parties du territoire qu'il occupe. Or, les noms propres qui sont la conséquence de cette délimitation sont rattachés plus naturellement au nom propre du pays lui-même qu'au nom commun attribué à cette division; nous ne considérerons donc le fractionnement de. territoire d'un pays que comme moyen artificiel des administrations locales, et nous ferons descendre les noms propres de cette source , mais sans prétendre les réunir à l'idée même exprimée par la subdivision. Par exemple , le département de la Seine ne sera pas figuré par un nom initial commun signifiant département; il prendra son nom de sa situation relative dans les divisions adoptées par le peuple français. Quant à ces mots: pays, province, département, arrondissement, etc., qui sont des noms communs, ils seront compris dans le premier ordre de la classe yv, c'est-à-dire qu'ils seront annoncés par les initiales y va.

Yva est donc le seul de nos dix ordres qui représente le nom commun; les ordres yve, yvi, yvo, etc. doivent être considérés comme figurant des noms propres.

• D'après les divisions géographiques reçues aujourd'hui , la terre habitable se compose de l'Europe , de l'Asie , de l'Afrique , de l'Amérique et de l'Océanie ; ce partage , à moins de bouleversements qu'on ne peut prévoir sur notre globe, est tellement fondé sur la division naturelle de la terre , qu'on peut le regarder comme définitif; nous l'adoptons donc pour l'origine de nos noms propres, et dans Tordre que nous venons de présenter.

Quoique la nomenclature des îles puisse être déterminée par celle que nous fournit la surface naturelle du globe , comme ces accidents

naturels sont surtout intéressants pour rbumanité par la terre habitable qu'ils lui offrent, nous avons cru devoir les rapprocher de la terre continentale et puiser leurs noms à une même source. Nous di^inguerons donc les lies de TEurope, les lies de l'Asie» les îles de TAfrique, les lies de l'Amérique; quant à TOcéanie, elle se compose d'un grand nombre d'Iles dont la nomenclature sera déterminée par le nom lui-même de cette cinquième partie.

Convenons maintenant que les îles de chaque continent se place^ ront, dans notre classification , à la suite de ce continent, et aussitôt les dix ordres de la classe yv se trouvent déterminés. En effet :

y va est la terre partagée diTiï&ciellemeni proprement dite ^ ou la division territoriale adoptée par chaque peuple : pays, province, district, comté , département, etc.

yve l'Europe avec les pays qu'elle renferme.

yvi les lies de l'Europe.

yvo l'Asie.

yvu les îles de l'Asie.

yva l'Afrique.

yvc les îles de l'Afrique.

yvy l'Amérique.

yv<v> les ties de l'Amérique.

yv8 rocéanie.

Par cette disposition , les lettres paires (e, o, a, y, 8) caractérisent les cinq parties du monde , et les lettres impaires qui suivent chacune d'elles (i, u, c, cj) figurent les îles qui relèvent de ce» différentes parties.

Quant aux partages que l'on peut faire pour déduire de ces noms la nomenclature des pays situés dans les différentes parties du monde, ils sont entièrement à la disposition des géographes et amèneront de leur part un progrès considérable dans les études géographiques, s'ils sont faits avec discernement et unité de vues. Quelles que soient, en effet, les imperfections de ces subdivisions, elles substitueront à l'arbitraire des dénominations actuelles un système de termes calculé sur la réalité des objets et qui en assurera une première définition. Les noms étranges de contrées, qui laissent

308 APPUGATION AUX SCIENCES.

dans la mémoire une série de sons barbares , seront remplacés par des sons dont le rapprochement n'offre rien de bizarre à Toreille , et qui , de plus , donnent satisraction à l'esprit

Afin de présenter un exemple de ces subdivisions , en montrant comment les noms propres peuvent se déduire les uns des autres , nous avons dressé le tableau qui suit. Gomme ceux que nous présentons dans cet ouvrage , il est composé de manière à figurer la signification d'une lettre; ici ce sont les consonnes b, g, d, etc., qui, en terminant les noms propres que nous venons de définir, yva, yve, yvi, etc., composent les nouveaux noms propres qui dépendent de l'objet indiqué par ces initiales.

Dans ce tableau, la première colonne à gauche ïorme les idées représentées chacune par la voyelle qui est placée en regard; cette voyelle se joint aux initiales yv qui renferment l'idée générale da tableau , ou le nom commun d'où dérivent tous les noms propres géographiques. Ainsi , la quatrième classe de la première colonne indique l'Asie ; ce nom propre est déterminé par Vo qui doit suivre yv, c'est-à-dire qu'il se formule par yvo. En suivant la ligne horizontale , chaque case est déterminée par la consonne qui domine la colonne dans la première ligne horizontale ; la troisième case de la ligne yvo , où est inscrit le mot Tartarie, a donc pour désignation le mot yvod , et celui-K^i est le nom de cette partie du globe terrestre, comme yvoc est celui de l'Arabie , yved celui de la Prusse , etc.

Sfg

h •si

Ed.

PS

fi

la

fi

if

^1 si

Si

Oq

ri

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Pi

rt

Is

*^ fi»

5»fi^

ifi

lit

FI

as

FI

La ligne yva reste consacrée à des noms communs, ceux-ci sont ordonnés d'une manière bien simple, puisque la consonne (1) rappelle le rang de Tordre qu'elle définit. Le mérite de celte coordination consiste à indiquer pour chaque pays Tespèce de subdivision qui a pu être adoptée. Yvab représente la division la plus générale du pays, c'est-à-dire le pays lui-même; yvag la subdivision la plus considérable ; yvadcelle qui suit et qui est encore plus considérable que yvav, etc. La France, d'après ce système, accepterait pour figurer l'étendue de son territoire le mol yvab ; yvag serait la transformation du mol province ; yvad celle du mol département ; yvav représenterait V arrondissement ; yvaj le canton ; yv^ la commune ; yvac le village ; yval le hameau, et yvaf un ou deux feux isolés dans la campagne. Quant à yvab, sous le litre de division spéciale, il indiquera les division^ relatives plutôt à une nécessité administrative qu'à un besoin géographique : telles sont les circonscriptions pour le service des mines, yvahy ; des cultes, yvab»; de la guerre, yvab» ; de l'instruction publique, yvahi , etc.

Les autres cases sont autant de noms propres.

Plusieurs de ces noms propres servent de transition pour former les autres, et auraienl pu être supprimés si les élément? dont nous disposons pour notre nomenclature, voyelles ou consonnes, avaient été en nombre suffisant. Or, quel qu'ait été le nombre de ces éléments, ils auraient été insuffisants dans beaucoup de circonstances : en outre, s'ils avaient dépassé le nombre dix , ils auraienl pu embarrasser notre mémoire, pour laquelle dix éléments seraient déjà considérables sans notre partage en deux séries de cinq douces et de cinq fortes ; nous n'avons donc nullement à regretter ces noms propres de transition qui offrent d'ailleurs une précision bien suffisante pour l'esprit. 1^ mot yveg signifie toute la région du Nord, dans le continent Européen, qui n'est pas occupée par la Russie; yvege signifiera donc la Norwège, yvegi la Suède, etc. De celte

(1] Il est iinporlant de se rappeler que les consonnes oa les voyelles dans Tordre où elles sont rangées ne sont autre chose que les nombres un, deux, trois, etc. Voir TapplicaUon à rarltbméUque dans ce volume.

manière, le mot général Russie n'est pas limilé aux bornes actuelles qui peuvent plus tard être dépassées ou resserrées sans occasionner de changements notables à nos expressions.

Nous avons usé avec avantage , dans notre délimitation , des degrés de longitude et de latitude; ils sont surtout précieux pour définir la position des ties sur la sphère terrestre; nous n'avons pas cru devoir conserver ce procédé pour les îles de l'Europe, parce que cette partie du monde n'occupe guère que trente-cinq degrés de latitude ; que les tIes principales, telles que les Iles Britanniques, s'étendent sur un nombre considérable de ces degrés ; enfin, parce qu'il est plus important dans cette largeur de modique dimension de connaître la côte près de laquelle sont placées ces îles.

Nous nous sommes servi avec non moins d'avantage de la divisibilité de notre base par deux ; les cinq douces caractérisent telle portion, et telle autre portion distincte de la première est caractérisée par les cinq fortes. On peut voir ainsi que les îles de l'Àsie sont fournies par les degrés de latitude depuis 90» jusqu'à 10», el par les degrés de longitude Est depuis 130** jusqu'à 30°; or, les douces sont affectées aux degrés de latitude, et les fortes aux degrés de longitude. Les îles d'Afrique prennent les douces pour les dénominations occidentales, et les fortes pour celles des terres orientales. L'Amérique, qu'il est si naturel de concevoir partagée en deux parties, Amérique du Nord et Amérique du Sud, a toute sa partie septentrionale désignée par les douces b, g, d, v, j, et sa partie méridionale par les fortes ;?> c t, f, h ; les îles de ce continent sont distinguées dans la partie orientale par les douces, et dans la partie occidentale par les fortes.

La supériorité de cette nomenclature sur les dénominations irrégulières qui ont été assignées par le hasard des événements est déjà évidente : si nous restons incertains sur la situation de quelque coDtrée, son nom viendra en aide à notre mémoire. Telle contrée nous étant indiquée par son nom scientifique aut-a déjà pour nous, par la liaison des idées et des mots qui les figurent, un rapprochement avec une autre contrée qui n'est pas étrangère à notre esprit, et, de cette manière, prendra rang parmi nos connaissances. L'étude

théorique de la terre se joindra aux secours continuels de la pra- ' tique pour nous donner une connaissance exacte du globe que nous habitons.

On peut, sans doute, ignorer où se trouve File appelée Harbaur ou les îles Madjicoscmah, mais si la première est désignée par le nom de y vuve, la seconde par celui de yvuvo, nous apercevons les liens qui les unissent : ce sont non seulement des objets (y) de la surrace artificielle de la terre (v) ; mais ce sont des ties de l'Asie (u). Comme la lettre qui suit est une douce, nous savons d'avance qu'elles sont sur la côte orientale de l'Asie; comme cette douce est la quatrième de sa série', si nous oublions sa signification précise, nous pourrons cependant affirmer qu'elles sont plutôt au sud-est qu'au nord-est de l'Asie ; enfin , si nous connaissons nol!re théorie et le vrai sens de la lettre v, nous savons que ces îles sont situées entre le ZO^ et le 20<* degré de latitude nord.

Dans l'exemple qui précède, les caractéristiques finales e eto sont fournies par le même procédé : car si on partage en deux portions les dix degrés de latitude compris entre SO** et 20^, soit en formant deux bandes de cinq degrés, soit en prenant le tropique du Cancer pour ligne de séparation, chacune de ces portions répondra à une demi-série décimale : les degrés au nord correspondant aux douces, et les degrés au sud correspondant aux fortes. La lettre e offrira \ine lie plus au nord que les lies yvuvo , puisque leur différence de ek o constate cette situation respective; d'ailleurs, ces deux lies sont au-dessus du tropique du Cancer, qui sépare les lettres douces des lettres fortes ; donc, sur une carte on mettrait immédiatement le doigt sur ces deux !les«

Pour préciser davantage ces .sortes de subdivisions territoriales» nous allons essayer notre procédé sur le territoire de la France, et former ainsi théoriquement le nom de tous les départements.

ApplicaUon aux divisions territoriales de la France.

Comme la division départementale a remplacé d'une manière définitive la division provinciale, nous allons faire suivre le mot yvep, qui désigne la France, par des lettres qui caractérisent immédiate-

GÊOGnAPHIE. 313

ment les départements. Or, la préfixe yvep annonçant la division plus considérable acceptée par Tadminislration française, remplit la fonction du mot département placé devant les noms propres de ces circonscriptions : département du Rhône, département du Jura, département du Cher, etc. Ce mot initial peut se supprimer dans quelque cas où il n'y a pas d'amphibologie, mais yvep peut toujours se supprimer, comme le mot France, qui n'apparatt presque jamais dans la désignation des localités françaises.

Cependant la restitution du radical yvep peut devenir utile dans le langage : car la forme qui le suit n*a sa signification véritable que lorsqu'il est reproduit. Pour des français qui étudient la géographie de leur pays, elle est trop facilement sous-entendue pour que nous nous en préoccupions dans la nomenclature de ses subdivisions.

Nous n'oublierons pas, toutefois, que la consonne finale p de yvep exige que tous nos départements commencent par une voyelle.

La convention à établir pour créer la nomenclature des divisions du territoire français sera en tout point semblable à celle que nous avons posée précédemment : passer de la latitude la plus élevée à celle qui sera inférieure , en marchant dans le sens longitudinal de l'est à l'ouest.

D'après cette convention, on pourrait diviser la France suivant ses degrés de latitude, et, en allant du nord au sud et de l'est à l'ouest, énumérer les départements qui sont rangés dans chacun de ces degrés; mais l'appréciation ne paraissant pas aussi facile que le principe semblerait l'indiquer, nous avons adopté Fénumération pore et simple des départements par la suite des nombres depuis 1 jusqu'à 85.

Pour conserver à la première série décimale une forme analogue à celle des autres séries, nous faisons précéder les consonnes h, g, d, etc. , de la voyelle 8 qui exprime 0, et, par conséquent, laisse à ces consonnes la signification des nombres i, 2, 3, etc.

Yoici. d'après ces données, comment on pourrait disposer la no-menclature des départements :

NOMS des

DiPAlTOIENTS.

NOUVELLE

DÉNOMUlATIOlf

Mord »b

I>as-4e-Calais »g

Ardennefl. ttd

Aisne »v

Somme 8J

Oise. tJp

Seioe-Inférieure, .... i5c

Bas-Rhin bi

MoscUe 8f

Meurthe ah

Meuse ab

Marne ag

Seine-et-Marne ad

Sehie av

Selne-et-Oise aj

Eure .* ap

Eure-et-Loire ac

Calvados at

Orne af

Manche eh

Haut-Rhin eb

Vosges. eg

Haute-Saône ed

Haute-Marne ev

Aube ej

Yonne ep

Loiret ec

Loir-et-Cher et

Sanhe ef

Mayenne ih

lUe^it-Viraine ib

G6tes4u-Nord ig

Morbihan id

Finistère Iv

NOMS des

DéPAlTEMINTS.

NOUVELLE

D^NOMUUnOII.

DouJm ij

Côte-d*Or |p

Nièvre ic

Cher it

Indre-et-Loire If

Maine^t-Lolre. oh

Loire-Inférieure ob

Jura og

Saône-et-Lolre od

Allier ov

Indre. oj

Vienne. op

Deux-Sèvres oc

Vendée ot

Ain of

Rhône uh

Loire ub

Puy-de-Dôme ug

Creuse. ud

Haute-Vienne or

Charente uj

Charente-Inférieure.. ' up

Isère ue

Haute-Loire ut

CanUl uf

Corrèzc oh

Dordogne ocb

Hautes-Alpes og

Drôme «d

Ardèchc av

Lozère aJ

Avcyron «p

Lot «c

NOMS des

DéPAITBMBNTS.

NOUVELLE

DâlOMINATION.

Lot-et-Garonne .

Gironde.

Basses-Alpes.. «..,.,

Var

Vauclusc

Boucbes-du-Rhdne. .

Gard

Hérault

Tarn

Tam^t-Garonne . . .

«t of

ch ib «g cd

IT

ce

NOMS NOUVELLE

des

DEPARTEMENTS. d6«0MINATI0N.

Gers....

]..audes.

Aude

Ariège

Haute-Garonue . .

Hautes-Pyrénées .

Basses-Pyrénées. .

it ff

yh yb

yd yv

Pyrénées-Orientales. .

Ce que nous préseotons ici, ce sont les lettres radicales qui donnent un nom aux départements ; mais la flnale grammaticale, en indiquant la fonction du mot dans la phrase, fait résonner la consonne de ces radicaux 4e manière à ce qu'elle soit très distincte pour l'oreille Si nous transformions celle phrase : On nous écrit du Morbihan, ce mot élant le complément indirect du verbe, sera caractérisé grammaticalement par la voyelle o ; sa dénomination id sera donc prolongée par la voyelle o et deviendra Ido ; la phrase transformée sera : Dua dat5 lugli Uo Ido.

Le radical id suffira le plus souvent, pour des français surtout, sans qu'il soit besoin de rappeler les initiales qui donnent l'idée de la division départementale ; la majuscule , dans l'écriture , et la suite des idées, dans le langage, seront suffisantes pour empêcher toute confusion. Les journaux mettent en tête des nouvelles qu'ils apportent des titres qui rappellent les noms des pays ; quand donc ils auront placé au commencement de ces articles le mot yvep ou France, la signification des mots ef, id, oc, etc.^ sera entièrement précisée; s'ils prenaient un titre plus large, comme celui d'Europe, yve, ils ajouteraient le radical yvep, ou mieux ils s'arrêteraient à la lettre e et diraient : Pef, Pid, Poe, etc. Enfin, s'ils n'indiquaient pas de quelle partie du monde ils entretiennent le lecteur, ils re-

prendraient la voyelle e pour TEurope et diraient: Epef, Epid , Epoc, etc. Dans chacun de ces cas nous commençons le mot par une majuscule parce qu*il faut avertir qu'il s'agit d'un nom propre ; mais quand le radical est entier, cette précaution est inutile, la définition du mot étant complète ; les mots yvepef, yvepid, yvepoc, etc., signifient le département français appelé Sarthe (ou le 29«, ef); le département français appelé Morbihan (ou le 33*, îd) ; le département français appelé les Deux-Sèvres (ou le UV, oc).

Nous entrons dans ces détails pour faire remarquer en passant combien notre système se prête aisément à la pratique, malgré son apparence rigoureusement théorique.

Si du département nous descendons aux subdivisions de cette étendue territoriale, le passage s'effectuera sans peine ; la première lettre au la voyelle qui suivra le département désignera Vatrondissement ; la première lettre ou la consonne qui suivra l'arrondissement désignera le canton ; et les deux lettres qui suivront le canton désigneront la commune.

Par suite de cette convention, toutes les sous-PRÊFEcrnRES et PRÉFECTURES de France sont déterminées, et chacun peut en faire la nomenclature avec certitude : car la convention établie de comment •cer par le nord en allant de l'est à l'ouest, et de désigner les mots par les voyelles a, e, i, o, u, etc, dans l'ordre indiqué, fera iofailliblement rencontrer les mêmes sons et les mêmes caractères.

Dans le département du Nord, les arrondissements se rangent dans l'ordre suivant : Dunkerque, Hazebrouck, Litte^ Valenciennes, Douai, Avesnes, Cambrai, Les noms de ces arrondissements, déduits du département du Nord (8b, prononcez oubj seront : »ba, 8be, 8bi, »bo, 8bu, 8ba, 8bi. De même dans le département du Calvados (Àt), les noms des arrondissements, déduits du départe* ment , seront : ata pour Pont-l'Evêque, ate pour Bayeux, ati pour Caeny ato pour Lisieux, atu pour Falaise^ et ata pour Vire.

Dans ces mêmes départements, si nous faisons l'application de la nomenclature aux cantons, en suivant le même procédé, nous obtiendrons pour tous les arrondissements, tels que ceux de Douai (8bu), ou de Cae n (ato), la nomenclature qui suit :

CANTONS NOUVELLE

de Tarrondlsseinent

DE DOUAI. DiffOmiUTION.

Ofcbies 8btib

BfarchieiMies. tfbug

Douai (nord) 8bud

Douai (ouest)....... 8buT

Douai (sud 8buJ

Arieux 8bup

CANTONS NOUVELLE

de rarrondissement

DE CABN. DéROimUTION.

Creuliy

Douvres

Troarn

Caen (ouest].. .

Caen (est)

Tlily

Bourguébus • . .

Evrecy.

VlUers-Bocage.

aUb aUg aUd atiT aUJ atlp atic aUt

aur

Le nombre des arrondissements d'un même départemenl ne dépassant pas six (le département du Nord excepté, qui arrive au chiffre sept) , nos dix voyelles sont plus que suffisantes pour assurer la dénomination de tous les arrondissements. De même les cantons d*un même arrondissement s*élèvent rarement au chiffre 10; si cependant ils atteignaient et dépassaient ce nombre, voici le moyen de recommencer une série décimale, tout en conservant le caractère qui particularise le canton : le nombre dix se trouvera figuré par la lettre h (prononcez cA), et les nombres suivants seront indiqués par hb,hg, bd, etc. Cette articulation, qu'affectionnent les Allemands, a le mérite ici de conserver aux consonnes la désignation du canton, en faisant insister sur la voyelle précédente qui reste toujours l'expression de l'arrondissement. Pour faire une application sur un arrondissement qui, pour le nombre de ses cantons, offre une véritable exception, nous nous adresserons au département du Nord et à l'arrondissement de Lille :

GANTONS de rarrondissement

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