‹ Applications de la théorie du langage qui donne naissance à la langue universelleChapitre 68 sur 90 · DATE · texte numérisé non relu

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Un registre d'état civil poavant coDtentr 600 pages environ, et chaque page affectée à une même famille renfermant 100 lignes (50 sur le folio et 50 sur le verso), il résulterait de ce calcul que 60,000 individus seraient mentionnés sur cet état. Mais comme il fait figurer les morts à côté des vivants pendant un certain temps, et comme des lacunes s'effectueront souvent par l'extinction des souches on des descendants, nous estimons qu'un semblable volume ne répondrait qu'aux besoins d'une population de 20,000 habitants.

Les moyens que nous allons proposer tant pour k création de ce registre que pour la transmission d'un volume à un autre, et ceux qui concernent les enfants abandonnés ou dont les pères sont inconnus, sont surtout présentés ici pour prouver qu'il n'y a rien de sérieux à objecter contre ce système; ils seraient saos doute remplacés par des procédés plus pratiques, si un enregistrement analogue à celui que nous concevons se trouvait adopté.

Nous supposons qu'une page de notre registre pourra communément suffire pendant l'espace de 50 ans ; il serait bien extraordinaire, en effet, que les trois générations qui se succèdent dans ce laps de temps produisissent chacune plus de 33 individus.

Nous regardons comme souche ou comme capable d'avoir une page affectée à son nom, quiconque n'a plus de père au moment ou s'ouvre un volume de filiation. Toute autre personne, de quelque sexe qu'elle soit, est rapportée à une des lignes de la page paternelle. La table alphabétique, qui fait connaître la page à Inquelle on veut recourir, ne contiendra que les noms de famille joints aox noms civils des individus qui servent de souche, (les indications, et, dans des cas trop exceptionnels pour être notés sur la table, les autres parties de la vie civile, détermineront, sans donner lieu à aucune hésitation, le tableau de famille qu'on veut avoir sous les yeux.

Lorsqu'au commencement ou à la moitié d'un siècle, on aura porté dans la ligne supérieure et à une page différente tous lés individus du sexe masculin qui n'ont plus de père, on enregistrera la descendance de ces individus, considérée comme souche , dans Tordre chronologique, c'est-à-dire d'après le nom de filiation et

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d'après les noms civils. Ees femmes ne prennent pas part à ce report et restent à la page où leur naissance est constatée, parce qu'elles sont étrangères au mouvement de la population si elles restent filles ; ou parce que, comme épouses, elles y contribuent en abandonnant leur nom. Dans Tun et l'autre cas leur décès est indiqué dans la ligne de filiation.

Disposition transitoire:

Comme les femmes qui n'auraient plus de père au moment où fonctionnerait pour la première fois ce procédé, ne figureraient pas sur le registre des filiations, il sera nécessaire de dresser à part pour elles un tableau particulier, si on veut prévenir un inconvénient qui ne se renouvellera plus quand le système sera en vigueur : celui de perdre la trace de leur existence civile.

Le volume une fois disposé, l'enregistrement^ s'effectuera, après chaque acte civil, avec une régularité qui dispensera de toute recherche, et qui ne causera jamais ni retard ni embarras quand il aura lieu dans les circonstances ordinaires. On peut prévoir toutefois quelques cas exceptionnels ; nous allons dire un mot sur les plus importants, afin de laisser le moins de prise possible aux irrégularités :

lo Une circonstance qui se renouvellera assez fréquemment et qu'on doit à peine, pour cette raison, regarder comme une exception, offrirait un véritable obstacle à la tenue du registre de filiation, si une mesure générale n'était prise dans le but de la prévenir. C'est le cas où un acte civil serait dressé ailleurs que dans le lien où l'existence civile d'un individu a été constatée. Comment, en effet, recueiliera-t-on les renseignements utiles si les faits se passent à deux ou trois cents lieux de l'endroit où ils doivent être consignés. Or, de même que pour les mariages on est actuellement obligé de remplir certaines formalités dans les lieux où résident les parents des conjoints ; de même pour les faits civils on enverra la portion d'enregistrement qui concerne chacun d'eux dans la commune souche, c'est-à-dire dans le lieu où la souche de la famille

est enregistrée. Les greffiers de chaque mairie sont intéressés à remplir honorablement leurs fonctions ; que si ils manquent à leur devoir on rencontrera sans doute des lacunes regrettables ; mais on ne peut les attribuer à notre système qui est, comme toute partie administrative, exposé aux suites malheureuses de l'incurie et de la négligence des hommes.

2«' Si la page du registre d'une famille se trouvait remplie avant l'expiration du demi siècle (ce que nous devons supposer bien pea probable), à l'aide d'un renvoi on pourra reporter la suite de cette' page à l'une de celles qui, en asset grand nombre, ont été arrêtées par le défaut de filiation. Cette ressource permettra même de donner un moindre nombre de lignes à nos pages, ce qui rendrait le volume plus portatif.

3<> Nous ouvrons seulement deux séries distinctes de colonnes pour le mariage ; cependant quelques personnes contractent jusqu'à trois et quatre unions de ce genre. Il est aisé de remédier à cette insuffisance, car dans toutes les pages il se rencontrera des personnes décédées qui laissent vides les deux séries relatives au mariage ; en portant, avec une indication convenable, à la deuxième série le troisième ou le quatrième mariage d'un des membres de ht famille, on n'a pas à craindre d'erreur : on ne peut croire, en eiïei, que l'individu désigné dans la ligne se soit marié une seconde fois quand elle ne l'a pas fait la première. D'ailleurs, les renvois retirent toute incertitude. Nous donnons un exemple de ce procédé dans l'extrait ci-dessus : La demoiselle Uzi^o Bourdon , née à Sceaux, et sixième enfant de Bourdon (c8lygo) a, dans sa ligne civile, une indication de deuxième mariage, et cependant le premier mariage resle en blanc ; avec la moindre attention on remarquera devant cet acte de mariage les mots : (voir t) ; et encore à la fin da deuxième mariage de la demoiselle t, F&)bazd8 Bourdon, ceux-ci: (voir a) ; il n'y aura donc dans ce transport aucune cause d'incertitude ou d'erreur.

k'' L'enfant illégitime, mais reconnu par son père, sera enregistré à la souche de celui-ci, et les faits civils qui le concernent seront inscrits h l'encre rouge ; cette importante déviation à la loi

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sera mise ainsi en saillie et révélera promptement aux yeux l'irrégularité introduite dans la famille.

5* L'enfant illégitime non reconnu par son père sera enregistré à la souche de sa mère, et, comme dans le n» 4, les faits civils qui le concernent seront inscrits à l'encre rouge. La différence des faits, 4* et 5*, sera suffisamment marquée par le nom civil des parents, qui, dans ce dernier cas, indique une fille et dans le premier un garçon.

6« L'enfant trouvé, comme on le pense bien, ne pourra prendre rang dans notre registre, puisqu'on ne peut le rattacher à aucune souche ; il donne lieu à un registre spécial sur lequel il restera consigné sous son nom civil et son numéro d'inscription. Lorsqu'il aura contracté mariage, il pourra être transporté comme souche sur le registre des filiations, ou si c'est une fille, dans les colonnes du mariage où l'on renverra à son état civil. Cet état civil, par son irrégularité même, conservera la trace de l'origine ; mais dans les volumes suivants, quoique l'on puisse la retrouver au besoin, elle ne restera plus comme une tache ineffaçable imprimée aux descendants : le nom civil devenu nom de famille n'aura rien d'accusateur et se confondra régulièrement avec les noms les plus honorables.

Sans entrer dans de nouvelles exceptions qu'il serait aussi facile d'enregistrer, nous croyons pouvoir affirmer, en terminant ce chapitre, que notre problème est complètement résolu ; que l'adoption du registre de filiation permet à la société humaine de suivre dans toutes ses ramifications le grand travail de la propagation ; qu'on peut enfin, à l'aide de statistiques d'une précision incontestable, poursuivre la solution de questions d'une importance aussi mal1ife8t^.

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