AUX
SIGNES RKPEfôENTATlFS DE L4 PARaiE.
Il y aurait ud ouvrage sérieux & composer pour établir la re^ préseotatioD de la pensée, indépendamment des signes que nous fournit l'organe de la parole; l'analyse philosophique à laquelle il conduirait soulèverait peut-être un problème bien autrement important que la question dont nous avons abordé la solution : celui qui consisterait à réduire la raison humaine à la rigueur de l'exactitude mathématique. Peut-être aussi les efforts que nous avons tentés pour faire entrer le langage dans la description plus rigoureuse des idées, servirent de base aux travaux des savants et des philosophes qui attaqueront cette difficulté regardée jusqu'ici comme insurmontable. Il n'est pas donné à l'homme, dit-on, de contempler la vérité dans tout son éclat, parce qu'elle offenserait sans doute sa trop faible vue ; mais il lui est permis de s'éclairer de sa lumière pour s'approcher d'elle, et ce but est encore assez grand pour exciter ses plus nobles instincts. Si donc le raisonnement ma-
thématique doit quelque Jour pénétrer sur cette scène ou Timagination joue aujourd'hui le principal rôle, il devra s'entourer de tous les éléments de la vérité, et trouver peut être dans celui qui paraîtrait le plus indifférent Fappui le plus important et le plus solide.
Ces considérations, jointes au désir de pousser notre théorie dans toutes ses conséquences, nous ont engagé à faire une étude sur les signes représentatifs de la pensée formulée par la parole.
Nous partagerons cette application en trois chapitres. Dans le premier^ nous considérerons les signes ûgurés par l'écriture ; dans le deuxième, les signes empruntés aux mouvements du corps humain ; et dans le troisième, les signes fournis par les mécanismes que l'homme fait mouvoir.