‹ Applications de la théorie du langage qui donne naissance à la langue universelleChapitre 85 sur 90 · S IL · texte numérisé non relu

S IL

Sténog^raphie éleetrlqne on système le plas rapide éem el^es dn lianip^pe prodatts par l'éleetrletCé.

La télégraphie électrique, ce vol audacieux fait à la nature par la science humaine, ne date que d'aujourd'hui, et déjà le démon de

(t) Chacun des doigts de ses deux mains couvrirait une des notes de Taccord parfait, ce qui faciliterait singulièrement son jeu.

la tour de Babel a pris possession de cetle nouvelle conquête. En vain l'électricité franchit-elle les frontières les plus éloignées ; en vain construit-elle au fond des mers les ponts les plus gigantesques où la pensée seule a le droit de voyager ; le langage, comme s*il était irrévocablement condamné à échapper à l'unité, présente déjà des divergences profondes, non seulement pour les idiomes dont chaque peuple conserve la couleur nationale, mais même pour les signes qui en formulent les caractères. Que l'homme le plus expérimenté dans la connaissance de cette nouvelle télégraphie dépasse la frontière du pays oit il exerce son art, ce ne sont plus les mêmes mots qui transmettront les mêmes idées ; bien plus, ce ne sont plus les mêmes signes qui formuleront les sons , les articulations ou encore les lettres.

Pourquoi, quand les principes sont les mêmes, tant de diversité dans leurs applications ? Ne serait-ce pas une des lois de la perfectibilité sociale, qui met à l'étude tous les systèmes et les élabore longuement ? Ce qu'il y a de certain, c'est que ces différences finissent par disparaître quand la vérité et la raison interposent leur autorité et se présentent avec une supériorité incontestable. Dans l'ordre des idées que nous poursuivons, ne voyons-nous pas la manifestation de la pensée définitivement attribuée à la parole ? La forme de cette pensée n'a-t-elle pas revêtu partout une analyse grammaticale? Les nombres n'ont-ils pas, chez tous les peuples, reçu la même classification décimale, etc.? Si donc ces diversités indiquent les transitions à des systèmes meilleurs, nous pouvons être assurés que chacune des langues aujourd'hui consacrée à Tusage de la parole dans tous les pays, n'est pas celle à qui l'universalité est réservée, et que le système de signes électriques qui formule la parole n'est pas non plus celui qui devra être consecvé.

Nous avons tenté un grand effort pour ramener toutes les langues à l'unité; la vérité relative, à laquelle seule l'honnne puisse atteindre et dont il peut toujours reculer la limite^ nous semble acquise aa système que nous proposons, et parce iqu'il est supérieur à celui des idiomes les plus en honneur, et parce qu'il relie dans un même faisceau toutes les langues, toutes les sciences, enfin tons les moyens

530 SIGNES R£PRÊS£NrATlFS DU LANGAGE

dont Thomme dispose pour communiquer sa pensée ; mais nous n'i* gnorons pas que cette, vérité n'est que relative ; que dans ce vaste cadre, des modifications profondes peuvent attaquer des ensembles et de nombreux détails. Cependant nous avons voulu montrer que partout notre méthode ou une autre, fondée sur nos principes, entraînerait des progrès inconnus jusqu'ici. Il nous reste à faire voir que les signes dont pourrait user la télégraphie électrique en suivant notre procédé, ramèneraient cette manifestation de la pensée aux formes adoptées pour les autres moyens de la formuler, la rattachant ainsi à la grande unité que nous proposons ; ensuite et surtout qu'ils conduiraient le mode actuel de communication par Télectricité à un progrès considérable, en constituant une véritable

STÉNOGRAPHIE ÊLECIRIQUE.

Notre théorie du langage une fois admise, chaque peuple transformera sa langue, c'est-ànlire l'analysera et la transmettra tout analysée par la télégraphie électrique ; sous cette forme le langage conservera, dans sa partie grammaticale seulement, la trace du pays qu'il aura traversé ci son origine ; mais comme il porte avec lui une exposition analytique aussi complète que facile à com* prendre, il ne sera couvert d'aucune obscurité.

Quant aux signes qui le manifesteront, ils seront les mêmes ou ramenés à l'unité, si chaque peuple adopte aussi la phonographie vraiment sténographique de la Langue universelle.

Nous allons présenter l'application de cette phonographie au télégraphe électrique pour la transmission des phrases françaises; quiconque en aura compris le mécanisme, non seulement pourra eu faire usage pour la Langue universelle, plus simple que touteis les autres, mais pour toutes celles que l'on parle aujourd'hui sur la surface du globe.

Système de sténographie électrique appUqué à la langue française.

Le système de signes adopté en France n'est pas le même que cplui dont l'&ngleterre fait emploi; nous ne sommes pas appelé à juger la supériorité de l'un ou de l'autre, nous constatons celte di-

vergence regrellable et nous proposons de la faire cesser en laissant de côté' les appareils orthographiques pour leur substituer ceux qu'on pourrait appeler phonographiques ou reproducteurs de la voix.

Tels qu'ils sont employés généralement aujourd'hui, les mécanismes offrent deux aiguilles. Les anglais leur font faire des mouvements à droite ou à gauche, considèrent ces mouvements en dessus ou en dessous, les répètent plus ou moins, et combinent ces mouvements pour en faire sortir un alphabet et les signes conventionnels nécessaires à ce service. Les français font tourner ces aiguilles sur un cadran, comparent leur situation, et, soit que ces cadrans offrent dans leur parcours les lettres de l'alphabet, soit que celles-ci se révèlent par la combinaison des mouvements, ils composent leurs mots avec les lettres ainsi déterminées, çt emploient les autres combinaisons pour les signes conventionnels étrangers à l'alphabet.

Ces deux modes de transmission ont évidemment plusieurs défauts essentiels : celui d'intéresser le mouvement de deux aiguilles & la confection d'une seule lettre ; celui de fatiguer l'attention par le passage successif de chaque lettre qui compose un mot, et de l'exposer ainsi aux errreurs; celui, enfin, de manquer de promptitude (i).

Le système phonographique dont la Langue universelle nous a fourni la théorie va remédier à tous ces inconvénients. Nous allons d'abord en rappeler les bases.

La parole se compose de sons et d'articulations; dans une phrase parlée, ces sons et ces articulations se succèdent rapidement sans laisser apparaître la séparation des mots, et cependant la pensée ressort si bien de cet assemblage de syllabes que le plus ignorant l'en détache aisément. La véritable peinture de la parole est donc celle des sons et des articulations; quant à ces lettres oiseuses que l'orthographe introduit ou laisse subsister, elles peuvent avoir pour but

(1) Nous oUgnorons pas que des télégraphistes prétendent ayec les signaux aller aussi vite que récrlvain auquel ils les dictent ; mais cela prouverait tout au plus Textréme habileté de ces employés. D'ailleurs, dans une semblable dictée, on peut laisser le copiste quelques instants oisif, puis lui communiquer une phrase de quelque haleine k laqueUe son activité semble ji peine suffire.

de conserver la trace des étyroologies ; mais, au lieu de contribuer à la clarté du discours, elles détournent Taltention de la liaison des pensées au profit d*une idée particulière, et causeraient des distractions fâcheuses, si on n'était habitué à les considérer comme non avenues.

Cette peinture, que nous appelons phonographie, sera la plus simple possible, si elle se compose de points ou de traits sans courbure et aussi peu nombreux qu*un bon système conventionnel peut le permettre.

Le point de départ de la phonographie étant le son et Tarticulation, il faut étudier ces deux effets de Torgane de la parole et en déduire une classification commode qui renferme tous les éléments du discours en faisant apparaître les rapports qui les unissent. Or la classification de la Langue universelle sur cet objet semble réunir les conditions désirables ; elle se prête surtout à la prononciation française.

Les sons exprimés dans la prononciation française sont :

a, é, i, 0, u, doux, à, è, ain, 6, ou, forts, an, e, eu, on, un, grammaticaux.

Les articulations présentées sous la même forme sont : be, gue, de, ve, je, douces, pe, ke, te, fe, che, fortes, le, me, ne, re, se et ze grammaticales. On ajoute en français le son oi et l'articulation gn. Dans ces quelques lignes se trouvent tous les éléments de la prononciation française; ils se présentent avec les rapports qui les lient entre eux dans la mémoire et coordonnés d'une manière simple et commode. Les roots dotuc, fort, grammatical sont empruntés à la Langue universelle ; ils servent à désigner les séries de cinq caractères et remplacent ici les mots première, deuxième et troisième séries. Les sons et les articulations qui ne se trouvent pas compris dans ce tableau se composent avec ces éléments : i est figuré par H ou te ; X par gs ou par ks, etc.

FOURNIS PAB LES MÊCAIMISMES. SU

Nous acceptons le mécanisme des deux aiguilles : Tune, celle de gauche, présente les consonnes ou mieux les articulations; l'autre, celle de droite, les voyelles ou mieux les sons.

Un signe fermé par les deux aiguilles ne présente donc plus une seule lettre, mais une articulation et un son figurés de gauche à droite, comme cela se voit dans l'écriture.

Le problème consiste maintenant à faire prendre à une aiguille les quinze positions relatives aux sons et les seize positions qui représenteront les articulations.

Le cadran français (fig. 20J, va résoudre aisément ce problème.

L'aiguille, sur ce cadran, se maintient dans une position voulue et peut, en conséquence, déterminer le tableau de la prononciation; cet avantage n'aurait pas lieu sur l'aiguille du cadre anglais : car le mouvement qui détermine une lettre cesse au moment où il est formé.

L'aiguille française n'a qu'une pointe et prend huit positions sur le cadran : les quatre positions fournies par l'horizontale et la verticale autour du centre, et les quatre positions intermédiaires. Ce système, très avantageux parce qu'il saisit la vue et n'oblige pas à recourir à la peinture écrite de la lettre pour en rappeler le souvenir, peut être conservé. Seulement nous doublons le nombre des déplacements de l'aiguille. Chacun de ces 16 déplacements sera aussi évident et frappera la vue avec autant de précision que le font les 8 déplacements actuels, surtout si on marque une ligne ponctuée de &5 en US degrés» La symétrie de nos lettres, rangées en trois séries, vient encore au secours des yeux. Ainsi, en supposant les aiguilles au repos dans la situation que présente la fig. 20, les positions symétriques des douces et des fortes pourront se faire comme le présente la fig. 21.

Une symétrie parfaite ayant lieu pour les deux aiguilles , le système des signes peut être appris en moins de cinq minutes et se graver par la pratique dans le souvenir avec plus de facilité qu'aucun autre.

Lorsqu'un son précède une articulation, l'aiguille gauche indiquant le repos, l'aiguille des sons marquera seule cette circons-

tance ; réciproquement : l'aiguille des 9ons sera au repos quand il faudra noter une articulation sans le son.

L'articulation z peut se faire par une légère modification sur celle de s dans le déplacement de Taiguille, ou par la lettre i précédée ou suivie d'un tour du cadran. On peut en dire autant du son ox et des articulations gn et x; mais on peut aussi les décomposer d'après la prononciation : le premier, suivant les sons ou. eta; le deuxième, suivant les articulations indiquées par les lettres qui le composent, et le troisième, suivant gs ou \is.

Quant aux signes conventionnels dont le télégraphe français est assez riche, parce que sur les 6& combinaisons que lui fournissent ses deux aiguilles, il n'en prend que 24 pour le nombre de ses lettres, ils sont bien plus nombreux dans notre système sans faire plus de mouvement dans les déplacements : car nous en formons 32 avec le mouvement d'une seule aiguille, et 165 avec les mouvements qui, maintenant, en produisent 64. On comprend, en effet, que d'après les conventions, la lettre a peut signifier attention! la lettre b en réponse signifiera bien ! ou la lettre j, j'y suis, etc. Mais notre mode de conversation devient si prompt, qu'il est à peine utile d'adopter des signaux de convention pour résumer une idée fréquemment exprimée.

Pour donner un exemple de la promptitude avec laquelle nqus pouvons désormais transmettre nos idées par le télégraphe électrique, supposons qu'on adresse cette question : il quelle heure passera le convoi ?

. Avec le système des lettres, il faudra former 27 signaux pour analyser cette phrase. Nous n'ignorons pas que l'employé intelligent supprin^era des lettres qu'il regarde comme oiseuses, et pourra réduire ce nombre à celui de 23 ou 2/i ; mais sa réduction n'étant basée que sur son appréciation personnelle, peut n'être pas aperçue par son interlocuteur qui a ainsi une énigme à expliquer, quand il a déjà besoin de toute son attention pour ne pas perdre de vue les signaux compliqués que chaque lettre impose à sa mémoire.

La théorie phonographique "viendra d'abord en aide aux deux interlocuteurs ; ses règles sont fixes, déterminées et abrègent l'écri-

ture autant qu'il est possible de le faire, en conservant fidèlement la trace de la parole. C'est le langage frappant nos yeux absolument comme il frappe nos oreilles, c'est-à-dire avec une analyse identique.

Sous cette forme, qui ne peut prêter à aucune autre amphibologie que le discours lui-même, la phrase de 27. lettres n'a plus que ueuf sons et neuf articulations; ce serait donc déjà une économie de signaux, puisqu'au lieu de 27, ou de 2^ au moins^ nous descendons au nombre 18.

Mais les signes télégraphiques dont nous venons de présenter le système simplifient bien autrement le nombre des signaux. Nous comptons, en efifet, comme signal une position particulière des aiguilles sur les deux cadrans; or, comme l'aiguille de gauche figure les articulations et celle de droite les sons, un mouvement simultané des deux aiguilles produit une syllabe phonographique, c'est-à-dire à la fois une articulation et un son. Les vingt- sept signaux (ou 23 au moins) se réduisent maintenant à onze.

Pour mieux faire comprendre cet exemple, nous allons en poursuivre les détails.

La phrase phonographiqle écrite avec les caractères de la Langue universelle est celle-ci :

acclerpocsralec6v8a.

La transmission de la phrase par les deux aiguilles s'effectuera ainsi :

AIGUILLES DES ABTICULATIOfIS. | AIGUILLES DBS SONS.

au repos.

deuxième diTislon en dessous, sixième diTislon en dessus, septième division eu dessous, première division en dessous, sixième division en dessous.

sepUème division en dessous, comme au numéro 3. deuxième division en dessous, quatrième division en dessus, au repos.

première division en dessus.

deuxième division en dessous.

septième division en dessus.

au repos.

première division en dessous.

au repos.

première division en dessus.

comme au numéro 3 , cm an repos).

septième division en dessous.

cinquième division en dessous.

première division en dessus.

es

te

poc

ra

le(l)

cô

(1) On supprime assez souvent Ve muet dans celte phrase : Il est évident que cette prononciation n*est pas moins intelligible; peut-être le son de la voyeUe attire davantage l'attention sur le mot important que Tarticle détermine.

S'il est vrai que^ sous la main d'un télégraphiste expérimenté, un signal électrique se produise et se constate aujourd'hui en aussi peu de temps qu'il en faut à un copiste pour tracer une lettre, il est évident que l'écriture ordinaire ne peut plus suffire à notre mode de transmission. Aussi poui^ r^^produire, à mesure qu'ils sont indiqués, des signaux aussi prompts que la parole, il faut adopter notre pbonographie sténographique (page 688). Cette écriture abrégée a d^ailleurs l'avantage de ramener à l'unité la langue des signes sur le télégraphe et celle de la copie sur le papier : les signes à la gauche du point sont ceux qui sont saisis sur l'aiguille gauche, et cefux à la droite transcrivent les signes de l'aiguille droite (I).

Sans que nous entrions dans de plus longs développements, il doit paraître incontestable : que ce système de sténographie électrique

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