M 4 FRACTURES EN PARTICULIER. - FRACTURES
Nous concevons que l'art, en se perfectionnant, fasse justice de ces machines compliquées que l'imagination trop féconde de certains hommes avait multipliées à l'infini, sans profit pour les malades.
Mais croire avec quelques chirurgiens modernes que l'on fait beaucoup pour le traitement des fractures en simplifiant, outre mesure, les appareils, en les supprimant même, c'est oublier qu'on ramène la chirurgie aux temps de l'enfance de l'art. — Docteur Gariel.
Fractures en particulier.
Les fractures, au traitement desquelles on a jusqu'ici employé le caoutchouc vulcanisé, sont :
Les fractures du maxillaire inférieur ;
— des vertèbres;
— de la clavicule ;
— des côtes;
— des os longs;
— de la rotule. (Voir ces mots.)
Fractures compliquées du membre inférieur, •—
Blessures graves.
Hamac suspenseur. (Docteur Gariel.)
Depuis les temps les plus reculés, onsïngénie à trouver le moyen de diminuer les douleurs et de faciliter le pansement des membres fracturés et des plaies qui accompagnent souvent ce genre d'accidents.
Au commencement de ce siècle, en 1812, Sauter, chirurgien de la ville de Constance, eut l'heureuse pensée d'appliquer la suspension aux membres fracturés pour diminuer les inconvénients de l'immobilité (1 ). Il se servait d'une planchette mobile, suspendue au plafond de l'appartement, à l'aide de cordes préalablement fixées aux quatre angles de la planche.
Mayor, de Lausanne, a apporté quelques modifications avantageuses à cette idée première.
Malgré les avantages incontestables de la suspension, on en fait rarement usage, parce que les difficultés de l'installation la rendent
(i> Sauter J.->\, An Weisung, die Beinbrûche der Giùdmassen, etc. Constance, 1812, in-ʰ.
FRIGÉF ACTEURS (COUSSINS). 115
presque impossible dans les hôpitaux, et très-difficile dans la pratique civile.
L'appareil que nous décrivons sous le nom de Hamac suspenseur (voir ce mot) remplit toutes les indications, supprime toutes les difficultés, et peut facilement être établi en tous lieux.
On verra que le membre repose sur un plan élastique qui procure un coucher des plus doux, que l'élasticité du caoutchouc se prête aux inégalités de la forme, et permet que toutes les parties soient également soutenues.
L'air, qui constamment circule en liberté sous l'appareil, empêche que le membre ne s'échauffe.
La douleur du talon ne se produit jamais; avantage immense, qui évite au blessé des agitations, des nuits pénibles, et souvent la fièvre.
L'irrigation se fait avec .facilité et sans inconvénient pour le lit. On pose un bassin sous l'appareil, ou on dispose un morceau de toile cirée sous un plan incliné, qui rejette l'eau hors du lit.
Frigéfacteurs (coussins).
Phlegmons. — Plaies. — Fractures.
Coussins frigéfacteurs. — Les coussins en balle d'avoine qu'on a coutume de placer sous les membres atteints de phlegmons, de plaies, de fractures, etc., pour les immobiliser et pour les placer dans une position plus élevée que le reste du corps, ont trois inconvénients principaux :
1° Ils entretiennent dans la partie malade une chaleur incommode pour le malade et nuisible à la guérison de la maladie ;
2° Ils se pénètrent de l'humidité des fomentations et des cataplasmes qui forment la base du traitement, ils se pénètrent aussi de l'eau des irrigations qu'on emploie si souvent dans le traitement des fractures compliquées;
3° Ils forment un pian qui devient bientôt dur et inégal, et dont la dureté et l'inégalité sont difficilement supportées par les malades.
Les coussins en caoutchouc vulcanisé qu'on a préalablement remplis soit d'air, soit d'eau tiède ou d'eau fraîche, n'ont aucun de ces inconvénients :
1° Ils maintiennent le membre dans un état de fraîcheur propre à éteindre la chaleur qui accompagne inévitablement les phlegmons, etc. ; en même temps ils procurent aux malades une sensation de bien-être qui leur permet de reposer la nuit ;
2° Imperméables, ils ne se laissent pas pénétrer par l'humidité qui résulte de l'application des fomentations et des cataplasmes; il
116 FUMIGATOIRES (APPAREILS).
suffit de passer à leur surface une éponge imbibée d'eau, et ensuite la même éponge préalablement essorée par la pression de la main, pour que toute souillure et toute humidité disparaissent à l'instant;
3° Ils forment, d'une manière indéfinie, un plan souple, sans inégalités possibles, sur lequel les malades obtiennent un bien-être indéfinissable.
Si, par impossible, au bout de quelques heures, la pression du membre donnait lieu à quelque malaise , la soustraction d'une partie de l'air ou de l'eau, en changeant les rapports des parties comprimées, en modifiant l'intensité de la compression, amènerait un soulagement instantané, sans secousse pour le malade; pour obtenir ce résultat, il suffirait, sans déplacer l'appareil, de donner issue à une partie de l'air ou de l'eau, en ouvrant le robinet dont chaque coussin est garni.
Ces coussins sont surtout indiqués lorsque la lésion a son siège à la partie antérieure ou sur les parties latérales des membres; lorsque la lésion est située à la partie postérieure, nous recommandons de préférence le hamac suspenseur avec plancher composé de bandes élastiques indépendantes. (Voyez le mot Hamac.) Ce hamac permettra toujours de faire reposer le membre atteint de phlegmon sur ses parties saines, et d'éviter ainsi toute pression douloureuse.
Prigéf acteur s (sachets).
Cataracte. — Inflammations oculaires, — Vulvaires, etc.
Les sachets frigéfacteurs diffèrent des coussins en ce que leurs
arois ont une ténuité égale à celle de la pelure d'oignon; ils sont
spécialement indiqués dans les maladies qui intéressent les organes
les plus délicats. — On peut y établir un courant d'eau fraîche ou
chaude suivant les indications.
Fumigatoires (appareils).
Les appareils Fumigatoires sont simples, ou avec coussin à air. Cette dernière disposition permet l'application immédiate de l'appareil sur la partie qui doit recevoir la fumigation.
Docteur Mandl. — L'expérience a démontré l'utilité de conserver au tube de transmission un diamètre de 12 millimètres à l'intérieur. Si sa lumière est plus petite, la quantité d'air aspiré est insuffisante et la respiration difficile. Si, au contraire, le tube est plus gros, le malade éprouve de la difficulté à le placer dans sa bouche.
Charrière. — L'appareil de M. Charrière a l'avantage de permettre au malade :