‹ Applications médico-chirurgicales du caoutchouc vulcanisé dans l'état actuel de la scienceChapitre 108 sur 218 · U 8 GANGRÈNE LOCALE · texte numérisé non relu

U 8 GANGRÈNE LOCALE

Aiience de son emploi, les escarres se cicatrisent rapidement, quelle que soit leur profondeur et leur étendue. Que se passe-t-il, en effet, lorsque l'homme est couché sur un lit ordinaire? Les parties qui appuient sur les matelas sont : les talons, le sacrum, les coudes les épaules et la nuque, qui supportent à elles seules tout le poids du corps ; il en résulte au bout de quelque temps, chez le malade qui ne peut se retourner, un arrêt de la circulation capillaire, et par suite des escarres de ces parties. Au contraire, chez celui qui est couché sur un lit d'eau, les parties saillantes, enfonçant dans le liquide, le refoulent vers celles qui n'appuient pas d'ordinaire, les soutiennent, de telle sorte que le poids du corps se répartissant sur une plus grande surface, la pression sur chaque point est moindre, et par suite la circulation capillaire se fait avec plus de facilité. De plus, l'homme placé sur le matelas d'eau, perdant de son poids un poids égal à celui du liquide qu'il déplace, trouve sur cet appareil une force nouvelle qui lui permet de se retourner avec facilité.

D'ailleurs, le meilleur argument qui plaide en faveur de cette invention, comme de toute autre, c'est l'enthousiasme avec lequel les malades en parlent, et la difficulté que l'on éprouve à leur enlever l'appareil, quand leurs escarres sont cicatrisées.

Bains d'oxygène.

(Voirie mot Manchons en caoutchouc vulcanisé.)

Le fait fondamental de la gangrène consiste dans la diminution ou l'absence de l'oxygène nécessaire à l'intégrité de la vie d'un tissu. (Reynaud, thèse.)

M. Laugier a tiré un grand profit de cette idée théorique : dans un cas de gangrène spontanée, il a plongé le pied dont un orteil était déjà mortifié en partie, et dont la peau sur le cou-de-pied était douloureuse, changée dans sa couleur et menacée elle-même de gangrène , dans un appareil (voir le mot manchon en caoutchouc vulcanisé) où un courant d'oxygène pur était sans cesse renouvelé.

Le résultat prompt a été l'arrêt de la gangrène et le retour des parties menacées à l'état sain. L'élimination de l'orteil a eu lieu, et la guérison est survenue.

Ce fait a été reproduit dans un autre cas chez un malade de soixante-quinze ans.

Il résulte de ces faits, dit M. Laugier, que les bains d'oxygène pur arrêtent rapidement, au moins dans certains cas, la marche de la gangrène spontanée des extrémités. (Acad. des sciences, avril 1862.)

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