Suppositoire hémorrhoïdal
L'efficacité du suppositoire hémorrhoïdal (voir ce mot), est attestée par l'observation suivante.
M. X...., depuis deux ans employé supérieur au ministère de la marine, est un homme de quarante-cinq ans, d'un tempérament bilioso-nerveux, ayant subi de grandes fatigues dans sa carrière militaire. Malade depuis plus de huit ans, il y a un an environ que M. X.... m'avoua son infirmité (hémorrhoïdes) : il n'osait pas aller en soirée ou faire des courses un peu longues; ma tête se perd, me disait-il , lorsque ces tumeurs sortent, ce sont des souffrances inouïes. Je lui fis d'abord porter le bandage du docteur Guyot ; mais l'olive en ivoire maintenait mal la tumeur; les sous-cuisses et le ressort pinçaient les chairs et forçaient souvent le malade à ôter son bandage; la tumeur se reproduisait immédiatement; les douleurs étaient si violentes que je le priai de vouloir bien se soumettre à quelques essais d'un nouveau bandage. — C'était le suppositoire hémorrhoïdal ou pessaire anal. — Très-irritable, le malade eut d'abord de la peine à le supporter ; puis il était trop volumineux : cependant, en le diminuant, bientôt M. X.... se sentit revivre ; ce sont ses expressions. Au bout d'un mois à peine, mon malade marchait toute une journée, allait fort tard en soirée sans souffrir, ni sentir la présence de son pessaire. Maintenant il lui arrive trèssouvent de ne plus le porter des journées entières, et les tumeurs ne sortent plus : cependant, aussitôt qu'il sent un peu de pesanteur, il l'introduit; il a peur de souffrir de nouveau.
Je n'ai pas employé de médicaments chez ce malade, doué d'une très-grande sensibilité. —Il n'y a que deux mois qu'il porte ce pessaire et le résultat est on ne peut plus satisfaisant.