‹ Applications médico-chirurgicales du caoutchouc vulcanisé dans l'état actuel de la scienceChapitre 120 sur 218 · Frigéfacteurs (sachets · texte numérisé non relu

Frigéfacteurs (sachets

(Voir ce mot.)

Rappelons brièvement que ces appareils déterminent instantanément une réfrigération graduée à volonté, sans que la peau et les linges de pansement puissent s'imprégner d'humidité, circonstance qui rend impossibles les complications diverses inhérentes à l'emploi des vessies de porcs ou des irrigations continues.

Nous empruntons à un très-intéressant Mémoire de M. le docteur Baudens quelques considérations sur les avantages que présentent, dans le traitement des hernies étranglées, les applications de glace, aidées dans quelques cas de la compression :

Pour farriver à faire rentrer les hernies, il faut, avant tout, se préoccuper d'en réduire le volume occasionné par l'arrêt de la circulation capillaire, volume accidentellement acquis par le fait de la congestion sanguine dans toute partie soumise à l'étranglement, ainsi qu'on le voit pour le gland par la compression du prépuce, dans le paraphimosis.

Pour obtenir ce résultat, la glace est, de tous les agents, le plus efficace.

Nous avons à lui demander deux choses qu'elle ne refuse jamais : la première, de refouler les liquides qui engorgent la hernie ; la seconde, de faire cesser cette inflammation, qui aboutirait à la gangrène, si l'art n'intervenait.

Et cependant le traitement par le froid est condamné par les auteurs : Boyer, qui résume l'opinion générale, s'exprime ainsi :

<t Dans l'étranglement inflammatoire, où la hernie et le bas-ventre « sont ordinairement très-enftammés et douloureux, on ne doit « jamais hasarder l'application de la glace ou de la neige, parce « qu'elle pourrait produire la gangrène, en éteignant le peu de vie « qui reste encore dans les parties enflammées. »

En parlant ainsi, Boyer oublie que l'inflammation communique à la région dont elle s'est emparée, une résistance au froid des plus remarquables.

Il oublie que le calorique en excès, si remarquable par son activité et son incroyable puissance de reproduction, doit être soutiré avec une persévérance parfois très-grande, si l'on ne veut voir se développer les plus graves accidents.

Il y a donc, selon nous, le calorique normal ou physiologique, qui doit toujours être respecté, pour éviter les congélations, les répercussions, et le calorique en excès, dont la source est au foyer pathologique, qu'il y a toujours avantage à diminuer.

On objecte encore au traitement par la glace que, l'inflammation étant nécessaire à la guérison des plaies, il ne faut pas s'opposer à son développement.

Nous acceptons ce précepte comme une vérité incontestable, élémentaire, s'il s'agit de l'inflammation modérée, contenue, dégagée de ses fréquents écarts.

C'est pour n'avoir pas toujours respecté l'inflammation modérée, que la méthode réfrigérante a eu des mécomptes et des détracteurs.

La difficulté était de trouver un moyen infaillible de n'agir que sur la portion nuisible, sur l'excédant du calorique accidentellement développé.

Nous pensons avoir résolu ce problème.

Le moyen simple et infaillible d'éviter les risques du traitement par le froid, et de n'en conserver que les bienfaits, nous est fourni par le malade lui-même.

Le contact du froid sur une partie phlogosée est agréable et soulage: il modère l'activité du foyer morbide, générateur du calorique en excès.

Cette bienfaisante sensation du froid persiste tant au'il y a du feu à éteindre. C'est pourquoi il faut toujours graduer l'action du froid sur l'intensité du foyer, avec les précautions, toutefois, que nous allons indiquer.

On commence par appliquer sur la partie enflammée une simple compresse, trempée de temps en temps dans une eau dont la température doit être graduellement de plus en plus abaissée. On dépose ensuite sur la compresse, laissée en place, des morceaux de glace en nombre et en grosseur variables, selon le degré désiré de réfrigération.

Si cela ne suffit pas, si la glace ne produit qu'un médiocre soulagement, sans anéantir un profond sentiment de brûlure, c'est que son action est insuffisante.

Il faut l'augmenter par un mélange de sel marin et de glace pilée; à l'aide de ce réfrigérant, nous obtenons — 14°. On sait que le froid peut même descendre à — 20°, en mêlant une partie de sel à deux parties de glace pilée.

Maintenant, rien de plus aisé que de graduer les moyens à l'action, sans risquer de faire fausse route.

Nous avons dit que le contact du froid sur une partie enflammée procure des sensations agréables non douteuses. Eh bien! ce sont ces sensations qu'il faut soigneusement interroger.

Tant que le malade éprouvera des réfrigérants un sentiment de bien-être, persistez. Supprimez-les dès qu'ils donnent lieu à une impression de froid et d'humidité désagréable, analogue à celle qu'on ressentirait en état de santé.

Il faut alors supprimer le froid doucement.

Le sentiment de refroidissement est un avertissement dont il faut tenir le plus grand compte.

Cette sensation de froid désagréable se produit dès que le foyer pathologique s'éteint, parce qu'alors ce n'est plus du calorique en excès, mais du calorique normal que la glace soutire.

Les effets de la glace sur la hernie étranglée sont : le refoulement des liquides, la sédation de la douleur, la condensation des gaz contenus dans l'intestin, l'affaissement de la tumeur, l'enrayement des accidents inflammatoires, et surtout de la péritonite, si souvent mortelle.

La glace ne donnât-elle que ce dernier résultat, un temps d'arrêt dans la marche si rapide des accidents, afin de permettre aux chirurgiens de ne rien précipiter, et d'essayer, sans dangers de temporisation, des moyens plus innocents que l'opération, son emploi se trouverait parfaitement justifié.

Le refoulement des liquides, ^la condensation des gaz amènent dans les parties herniées une diminution de volume qui donne plein pouvoir au taxis, jusque-là impuissant.

La glace n'est pas seulement l'arme la plus puissante pour combattre l'inflammation traumatique; elle présente en outre cet immense avantage de ne pas affaiblir comme les saignées.

La réduction peut être obtenue sous l'influence seule des réfrigérants ; mais quand elle n'a pas lieu ainsi, il faut la provoquer en secondant la gk?ce par un bandage compressif. Cette double action ne compte pas d'insuccès dans seize cas où ce traitement a été mis en usage.

Le bandage compressif le plus efficace consiste dans l'application

HERNIAIRE (RÉDUCTEUR). 135

d'une bande de caoutchouc vulcanisé, dont l'action contractée est continue.

Dans le cas où le traitement par la glace et la compression n'amène pas un résultat favorable, et où le chirurgien se trouve obligé de recourir à la kétolomie, n'y a-t-il pas d'inconvénients à cesser l'application réfrigérante après l'opération?

M. le docteur Dumas, médecin adjoint à l'hôpital de Cette, a pensé que cette suppression brusque après la kétolomie laissait le malade exposé aux dangers d'une réaction locale intense, et sans défense contre cette inflammation, d'autant plus grave qu'elle recevait une impulsion nouvelle de l'ouverture du péritoine, qu'au contraire la continuation de ce moyen plaçait le malade dans de favorables conditions, en empêchant, comme auparavant, la péritonite soit de se déclarer, soit de s'étendre et de se généraliser.

En conséquence, dans deux cas où l'application de la glace n'avait pu réussir à amener la rentrée des parties [herniées, et où il avait été nécessaire de se décider au débridement, M. Dumas a repris cette application après l'opération. Dans ces deux cas, non-seulement l'action du froid a été d'une parfaite innocuité, mais encore les accidents redoutables qui avaient commencé à se manifester se sont calmés et ont disparu, et les malades ont guéri.

L'emploi de la glace, bien autrement hardi, que vient de faire M. Béhier, dans un grand nombre de cas de métrites et de métropéritonites puerpérales, est de nature non-seulement à justifier la conduite du médecin de Cette, mais encore à en encourager l'imitation.

(Montpellier médical, juin 1862.)

Herniaire (réducteur).

Docteur Maisonneuve.

Le réducteur herniaire se compose d'une pelote avec vis compressive, destinée à être placée sur la tumeur, et d'une plaque lombaire destinée, ainsi que le nom l'indique, à être placée sur les reins du malade : la pelote est armée d'une tige transversale rigide, longue de 60 centimètres environ, dont les extrémités correspondent aux extrémités de pareille tige rigide, fixée sur la plaque lombaire : en rapprochant les extrémités correspondantes de ces tiges au moyen de tours de bande de caoutchouc vulcanisé, on produit une compression qu'il faut savoir graduer tant elle est énergique. Voir le mot Hernies étranglées.

4 36 HYDROCËLE.

Appareils à compression rémittente. (Voir ce mot.)

Hydrocéphale aiguë.

Bonnet à glace à double courant. — Oreiller-coussin. (Voir ces mots. — Voir aussi le mot Méningite.)

Ponction, injection iodée. — Enveloppement des bourses. — Ovoïde.

La méthode de traitement de l'hydrocèle par la ponction et l'injection iodée est maintenant généralement employée. — Les propriétés à la fois irritantes et résolutives de cette injection, l'intensité moindre de la douleur qu'elle développe, comparativement à celle que causait l'alcool ou le vin chaud précédemment mis en usage, la source de dangers moins considérables également résultant de son emploi, tout se réunissait pour engager les chirurgiens à entrer dans la voie ouverte par M. Velpeau.

Mais cette méthode adoptée, n'était-ii pas possible de l'améliorer encore sous quelque rapport? c'est ce qu'a pensé M. le docteur Voillemier, et c'est ce à quoi il est parvenu en enveloppant le scrotum, une fois le liquide de l'injection évacué, avec des bandelettes de diachylum, qui, sans opérer aucune compression, donnent au scrotum une résistance artificielle qui met une limite à l'épanchemeni.

Grâce à ce moyen auxiliaire, la durée du traitement se trouve notablement abrégée, de telle sorte que l'hydrocèle, qui demande habituellement de vingt à trente jours, et quelquefois plus, pour arriver à une cure complète, se trouve guéri dans l'espace de dix jours en moyenne.

L'enveloppement a pour but de diminuer la quantité de l'épanchement secondaire qui suit l'injection, et par suite d'en rendre l'absorption plus facile et plus prompte.

« Plus le liquide est abondant, plus le travail qu'exige sa résorp- « tion est long, et s'il vient à être interrompu par une cause quel- « conque, la récidive a lieu. L'aptitude de la séreuse à contracter « des adhérences est d'autant plus grande que ses feuillets ont été « tenus à distance moins longtemps » (Voillemier).

HYPOGASTRIQUE (CEINTURE). 437

L'appareil auquel M. le docteur Diday a donné le nom d'ovoïde — voir ce mot — appareil affecté à la compression du testicule clans l'orchite, remplacerait avantageusement l'application des bandelettes employées par M. le docteur Voillemier.

Hydropisies enkystées.

Voir le mot Ceintures abdominales.

Hydrothorax.

Voirie mot Thoracentèse.

Hygroma suppuré.

Drainage. (Voir ce mot.)

Ce n'est pas sans de puissants motifs que depuis longtemps nous nous sommes décidé , dans le traitement de i'hygroma , à substituer le drainage à l'emploi des injections iodées, qui passent à bon droit pour une excellente méthode thérapeutique. — Nous avons en effet observé plusieurs fois des récidives à la suite des injections iodées, tandis que le drainage nous a toujours, jusqu'à présent, procuré des cures radicales. — Docteur Ghassaignac.

Hypogastrique (ceinture).

Suites de couches. — Déplacement de l'utérus.

La ceinture hypogastrique diffère de la ceinture abdominale (voir ce mot) en ce qu'elle a moins de hauteur et qu'elle est garnie à sa face interne et inférieure d'une pelote à [air, fixe ou mobile, en forme de croissant, destinée à relever l'utérus antéversé, par la pression qu'elle exerce sur cet organe.

M. le docteur Joulin, au lieu de faire disposer cette pelote sur la ligne blanche au-dessus du pubis, professe que, dans sa pratique, il a trouvé plus d'avantage à placer deux pelotes plus petites, un peu oblongues, de chaque côté de la ligne blanche dans chaque fosse iliaque. — Il explique la supériorité de ces pelotes sur la pelote médiane, par la moins grande résistance des muscles abdominaux dans les points que nous venons d'indiquer.

438 HYSTÉRIE. — INCUBATEUR MODIFIÉ.

Hystérie.

Ventouses sèches.

Le traitement curatif de l'hystérie est encore si incertain, que le médecin ne saurait négliger les moyens de traitement des accès.

On a proposé, dans ces derniers [temps, l'emploi des inhalations d'éther, et surtout des inhalations de chloroforme, comme moyen d'abréger la durée et l'intensité de ces accès : mais comme ces moyens restent quelquefois sans résultat, comme la thérapeutique ne saurait être trop riche en moyens de ce genre, nous croyons devoir signaler l'emploi des ventouses sèches sur la région épigastrique, dont M. Fisson dit s'être servi avec succès.

Parmi les faits que rapporte M. Fisson, nous avons remarqué celui relatif à une jeune fdle de vingt ans, qui était en proie à une attaque d'hystérie très-violente, durant déjà depuis deux heures ; cette attaque avait résisté à l'éther en inspirations, aux applications d'eau froide sur la tête, aux sinapismes aux jambes.

Deux ventouses sur la région épigastrique déterminèrent une détente générale ; les convulsions cessèrent, l'intelligence revint.

Cinq minutes après que les ventouses furent enlevées, les spasmes se renouvelèrent avec la même violence.

La réapplication de ces ventouses pendant un quart d'heure termina l'attaque.

Incubateur modifié.

(Docteur Jules Guyot.)

Frappé des observations des chirurgiens qui souvent ont remarqué que, dans les pays chauds , les plaies guérissaient beaucoup plus rapidement que daas les pays tempérés ou froids, M. le docteur Jules Guyot a songé à entourer les parties blessées d'un appareil dans lequel il fût possible de placer la partie blessée, et dans lequel on pût échauffer l'air, l'élever à une températue de 28 à 36 degrés.

Cet appareil, accueilli d'abord avec faveur à cause des beaux résultats qu'il produisait, fut bientôt abandonné, probablement à cause de sa complication et de son volume. (Jamain, Petite chirurgie^ p. 57.)

Au moyen des manchons en caoutchouc vulcanisé — voir ce mot, on obtient un appareil incubateur aussi puissant , et exempt des inconvénients reprochés à l'appareil de M. Jules Guyot.

ÏNJECTEUR UTÉRIN.

Inflammations viscérales.

Enduits imperméables. (Voir ce mot.)

Inguinale (ceinture).

(Bandage herniaire de M. le docteur Van Praag, de Leyde.) Hernie inguinale.

La ceinture inguinale, dite bandage Van Praag, est constituée par une plaque métallique de 6 à 8 centimètres de hauteur sur 1 0 à 1 5 centimètres de large, présentant une échancrure inférieure pour recevoir la verge, entièrement recouverte de caoutchouc vulcanisé et garnie au niveau des aines de deux pelotes à air fixe ou mobile; — deux bandes prennent naissance de chaque côté à la partie externe de cette plaque, se réunissent et se fixent derrière le corps au moyen d'un bouton ou d'œillets métalliques; des sous-cuisses tubulaires (voir ce mot) complètent l'appareil.

Le bandage suffit à contenir les hernies inguinales et crurales chez les adultes; mais il est particulièrement indiqué chez les jeunes enfants :

1° Il ne produit pas une pression douloureuse, comme cela arrive avec les ressorts en acier;

2° Il est impénétrable à l'urine ;

3° Il protège les deux aines, disposition heureuse, même lorsqu'il n'existe de hernie que d'un seul côté ; car elle empêche le développement dsune seconde hernie, accident toujours à craindre chez les enfants prédisposés.

Injecteur utérin.

Accouchement prématuré artificiel.

(Appareil de M. le professeur Paul Dubois.)

Cet appareil, entièrement en caoutchouc vulcanisé, se compose d'un long tube sur le trajet duquel se trouvent deux sphères

440 INSUFFLATEUR A MAIN.

creuses; les deux extrémités se terminent, l'une, par un ajutage en plomb destiné à plonger dans le réservoir d'eau, l'autre, par un tube qui doit être porté dans le vagin.

Des pressions alternatives exercées sur la sphère la plus rapprochée du réservoir en chassent l'air, et l'eau qui y est aspirée remplit successivement et de proche en proche le tube d'abord, la première sphère, puis la seconde. Des soupapes empêchent le retour du liquide vers son point de départ. — La deuxième sphère, considérablement distendue , revient avec force sur elle-même et l'eau se trouve ainsi projetée par l'extrémité vaginale du tube, à une hauteur de 3 à 4 mètres.

On peut, à volonté, modérer et augmenter le jet, en cessant ou en continuant les pressions alternatives , et l'arrêter en tournant le robinet fixé sur le trajet du tube.

Insertion du placenta sur le col utérin.

Voir le mot Pelote à tamponnement.

Insufflateur à main.

Instrument au moyen duquel se fait l'introduction de l'air dans les appareils en caoutchouc vulcanisé, notamment dans les pelotes à tamponnement, dans les suppositoires dilatateurs, dans les pessaires à réservoir d'air. (Voir ces mots.)

L'insufflateur est, en général, pyriforme ; il se termine par un col plus ou moins long, qui, dans quelques cas, donne naissance à un tube de 20 à 30 centimètres, pour faciliter l'insufflation. Son volume est calculé sur le volume de l'appareil à insuffler; dans tous les cas, il doit être contenu facilement dans la paume de la main : dans l'état de vacuité, ses parois se rapprochent, et il peut être roulé sur lui-même; il diffère essentiellement des insufflateurs en caoutchouc connus jusqu'ici, instruments volumineux et durs à manier, à cause de l'épaisseur de leurs parois.

Lorsqu'on se sert de cet insufflateur, il faut avoir soin de presser sur sa grosse extrémité plus fort que sur sa petite extrémité ou sur son col, afin que l'air contenu dans sa cavité soit toujours dirigé vers le robinet.

L'insufflateur peut, dans un grand nombre de cas, être utilisé comme appareil compresseur.

INVAGINATION INTESTINALE. U1

Insufflateur pédale.

C'est le même instrument, dont chaque paroi est recouverte par une plaque de bois; il fonctionne au moyen du pied, et doit être réservé aux cas dans lesquels les deux mains du chirurgien sont occupées à l'application de l'appareil lui-même.

Invagination intestinale.

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