L'UTÉRUS
Il est d'autres cas (ce sont les plus nombreux), où l'on n'a jamais songé à appliquer le tamponnement avec les bourdonnets de charpie parce que, en général l'hémorrhagie n'est pas considérable, et que la difficulté du procédé opératoire, l'imbibition des pièces de l'appareil et la nécessité du renouvellement très-fréquent des pansements rendent cette pratique impossible.
Ces cas sont ceux dans lesquels la métrorrhagie est consécutive à une affection organique de l'utérus. — Dans ces cas les malades s'épuisent par la perte journalière d'une quantité peu' considérable de sang, perte qui n'apporterait aucun préjudice à leur santé si elle ne durait que quelques heures ou quelques jours, mais qui par sa continuité, met leur existence en plus grand danger qu'une hémorrhagie abondante qui surviendrait promptement pour ne plus se reproduire. Les malades, dont il est ici question, succombent le plus souvent non au progrès de l'affection primitive, mais à l'épuisement produit par la perte chaque jour répétée de quelques gouttes de sang. C'est en vain que pour diminuer cette cause incessante d'affaiblissement, le médecin prescrit soit le repos sur une chaise longue, soit même le repos absolu au lit; le sang coule toujours.
Admettons cependant qu'à la suite d'un décubitus prolongé, l'hémorrhagie diminue d'une manière notable ; croit-on qu'il soit sans inconvénient de prescrire un repos absolu dans les circons tances que nous venons d'indiquer? Une malade ne peut être privée d'air et d'exercice pendant un temps qui se compte en générai par des mois, par des années, sans que sa santé générale s'altère ; elle perd l'appétit, elle digère mal; l'insuffisance d'un alimentation prise à contre-cœur amène l'amaigrissement, la débilité ; les intestins ne tardent pas à participer à la faiblesse générale ; ils ne se contractent plus qu'imparfaitement, et la constipation qui survient infailliblement, et qu'on ne peut vaincre malgré l'emploi des moyens les plus rationnels, nécessite des efforts de défécation dont un des effets les plus immédiats est l'augmentation de la perte de sang, et je n'ai pas compté l'influence que le repos prolongé, l'affection organique elle-même et la persistance de l'hémorrhagie,