‹ Applications médico-chirurgicales du caoutchouc vulcanisé dans l'état actuel de la scienceChapitre 143 sur 218 · NÉCROSIQUES (SUPPURATION) EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

NÉCROSIQUES (SUPPURATION) EN GÉNÉRAL

On y arrive en coiffant les mains et les pieds de guêtres auxquelles s'attachent des tubes en caoutchouc vulcanisé fixés par leur autre extrémité à la partie moyenne et d'échelons qui relient les deux cordes destinées à l'aine ou aux épaules. Plusieurs ressorts, également en caoutchouc vulcanisé, contribuent à augmenter l'élasticité de ces cordons résistants.

On attachera le chef supérieur des résistances élastiques à des échelons d'autant plus élevés que les membres du patient auront plus besoin d'être portés.

Les choses étant ainsi disposées, les mouvements de natation peuvent facilement s'exécuter, les efforts du malade seront dépensés uniquement à produire les mouvements d'extension, mouvements utiles; le retrait des ressorts élastiques opérera une déflexion. (Docteur Tripier, Bulletin général de thérapeutique, t. LVIT.)

Nécrosiques (suppurations) en général.

Drainage (docteur Ghassaignac).

Pendant toute la période qui s'écoule entre la formation de la nécrose et l'élimination spontanée ou artificielle du séquestre, il peut survenir des abcès, des fistules, des infiltrations, en somme un état purulent qu'il est d'une grande importance de ne point abandonner à lui-même, si l'on ne veut exposer les malades à des dangers réels.

Ces dangers sont : 1 ° des espèces de poussées inflammatoires et purulentes qui apparaissent de temps à autre sous des influences variées, accidentelles ou constitutionnelles, et qui donnent lieu à de nouveaux abcès, à des décollements, etc.;

2° Un épuisement de la constitution produit par la multiplicité des trajets fistuleux, des clapiers qui entretiennent une sorte d'empoisonnement putride chronique ;

3° Des angioleucites, quelquefois très-graves, et même des phlegmons diffus, l'ostéo-myélite, etc.

Il y a donc une importance réelle à modifier un état de choses aussi compromettant. Eh bien ! à part les opérations destinées à l'extraction directe des séquestres, genre d'opérations auxquelles il ne faut se résoudre qu'avec une extrême circonspection et quand il est parfaitement établi que ceux-ci sont tout à fait mobiles, le meilleur mode de transition vers une guérison définitive, c'est le drainage. Quand les trajets suppurants ont été amenés à un état de canalisation régulière avec liberté parfaite de leurs orifices, les complications dont ils sont le siège deviennent d'abord beaucoup plus rares et ensuite d'une intensité singulièrement amoindrie.

NÉCROSCOPIES. — NEZ ARTIFICIELS. 487

« Eu égard à certaines nécroses, non pas pour toutes, il est un indice précieux pour déterminer l'époque à laquelle doit avoir lieu l'ablation des tubes à drainage : c'est l'absence de tout sentiment de rugosité quand on imprime au tube un mouvement de va-et-vient un peu rapide. Tant que ce mouvement est accompagné d'un frottement rude, on peut tenir pour certain qu'il existe encore une partie nécrosée et que l'élimination définitive ne s'est pas encore accomplie.

« Mais lorsque, conjointement avec l'absence de tout frottement rude dans les mouvements du tube, il y a absence ou quantité imperceptible de suppuration, de plus signe négatif de la présence d'un séquestre à l'exploration par le stylet, et enfin retrait et dépression des orifices à travers lesquels passe le tube, on peut regarder comme décisif ce critérium de la guérison de la nécrose.

(Traité de la suppuration.)

Nécroscopies.

Gants anatomiques. — Doigtiers. (Voir ces mots.)

Névralgies mammaires.

Compression. — Compression rémittente. — Voir ces mots et le mot Adénomes.

Névroses.

Brosse électrique (professeur Bouchardat). (Voir ces mots.)

Nez artificiels.

Les nez artificiels ont été jusqu'ici fabriqués en argent ; on les recouvrait d'une couche de couleur dont la teinte se rapprochât le plus possible de celle des chairs du malade.

Quelque bien faite que soit cette coloration, le nez artificiel conserve toujours une teinte mate qui tranche avec la transparence de la peau voisine.

On remédie heureusement à cet inconvénient par l'application d'une lame colorée de caoutchouc sur les nez d'argent.

Depuis que cette modification a été faite par M. Charrière, les nouvelles pièces ne sont plus comparables aux anciennes; l'illusion est des plus complètes.

4 88 NOURRICES. — ORTURATEUR.

M. Luer a produit des essais fort remarquables de nez tout en caoutchouc.

Quoique accomplies dans l'ombre, les conquêtes de cette branche de la prothèse sont réelles.

L'innovation la plus notable est l'emploi du caoutchouc.

Les services que rend cette substance pour la construction des nez complets et l'ornement des pièces fabriquées en métal constitue un progrès des plus remarquables.

{Bulletin général de thérapeutique.)

Nourrices.

Diverticulum du lait. (Voir ce mot.)

Obturateur.

(Docteur Gariel.) Syphilis. — Scrofules.

Appareil composé de trois plaques de caoutchouc vulcanisé, superposées et soudées ensemble.

La plaque du milieu a doit avoir la forme exacte de la perforation palatine (moulée avec la cire). La plaque supérieure b doit dépasser celle-ci d'un millimètre , pour arcz bouter sur le plancher des fosses nasales ; la plaque inférieure c, d'un centimètre environ, pour augmenter les points de contact avec la voûte palatine, et supprimer entièrement la possibilité du courant d'air entre les fosses nasales et la bouche.

Cet obturateur, qui représente assez bien la disposition des boutons de chemise, se place et se retire avec la plus grande facilité. Il est applicable dans tous les cas, avec les modifications nécessitées par la position, la forme et le diamètre de la perforation palatine.

Occlusion palpébraie.

Conclusions adoptées par le congrès ophthalmologique de Bruxelles, 1857.

L'occlusion palpébraie a pour but d'immobiliser les paupières, de soustraire le globe oculaire à l'action de l'air et des corps étrangers

qui y sont suspendus, de le contenir, de favoriser l'action des remèdes en prolongeant le contact avec l'appareil oculo-palpébral, et enfin de permettre d'y maintenir à volonté une température constante.

A ces titres divers, elle peut être utile dans les ulcères et dans les perforations de la cornée ; dans les propulsions de cette membrane et la hernie de l'iris;

Dans les staphylômes récents ;

Dans l'oplithalmoptose, et à la suite de certaines opérations pratiquées sur l'œil, telles que la ponction et l'opération du staphylôme, l'opération de la cataracte, de la pupille artificielle, etc.

Enfin, on peut parfois encore retirer beaucoup d'avantages de cette pratique dans l'ectropion et dans les plaies avec perte de substance de la face externe des paupières.

Le meilleur procédé pour l'instituer est celui qui repondra le plus complètement aux conditions suivantes :

Condamner l'œil au repos et diminuer autant que possible le frottement entre lui et les paupières; le contenir modérément, uniformément, de manière à ne causer aucune douleur ; n'y point concentrer trop de chaleur ; pouvoir être renouvelé à volonté, sans gêne ni embarras, et ménager une issue aux liquides fournis par les sécrétions normales et pathologiques.

Lorsqu'on voudra obtenir l'immobilisation de l'œil aussi complète que possible, il importera d'appliquer l'occlusion aux deux yeux, n'y en eût-il qu'un d'affecté.

L'appareil décrit, sous le nom d'appareil à occlusion palpébrale, remplit toutes les indications qui viennent d'être signalées.

Les douches oculaires, les sachets frigéfacteurs, les œillères à irrigations maintiennent la température prescrite pour chaque cas particulier.

Occlusion (pansement par).

Méthode qui consiste à protéger au moyen d'une cuirasse faite de bandelettes de sparadrap croisées et imbriquées toute plaie récente ou ancienne, avec fracture ou écrasement d'os, communiquant ou ne communiquant pas avec le foyer de la fracture.

Avant de décrire les améliorations que nous croyons avoir introduites dans la méthode du pansement par occlusion, nous croyons utile de dire quelques mots des avantages incontestables de cette

méthode et des inconvénients inhérents au choix des agents qui la constituent jusqu'ici,

A toutes les époques, il s'est trouvé des observateurs que l'innocuité relative et la marche heureuse des plaies pansées rarement, ont dû frapper vivement.

Au moyen âge, Hugues de Lucques etThéodoric appliquaient sur les fractures compliquées de plaie un bandage albumineux complet, qui n'était renouvelé d'abord que le dixième jour, puis tous les sept à huit jours.

Au xvnr siècle, Belloste ne renouvelait son appareil que tous les vingt jours.

Enfin de notre temps, Larrey laissait son appareil inamovible jusqu'à la complète consolidation.

Ces hommes éminents avaient compris qu'exposer, chaque jour et souvent sans nécessité aucune, les plaies à une foule de causes irritantes, air, températures variées, liquides stimulants, pièces d'appareils renouvelées, etc., c'était chose nuisible et dès lors à éviter.

Cependant les succès obtenus étaient quelquefois traversés par de graves accidents, parce qu'on fermait les pJaies avec tant de précision, que quand la suppuration ou l'inflammation s'y déclaraient, des accidents formidables venaient compromettre la vie du malade .

Ces accidents arrivaient, parce qu'il manquait à leurs appareils une soupape de sûreté.

La description des objets qui constituent le pansement par occlusion fera comprendre ce que nous entendons par ce mot soupape de sûreté.

Comme nous l'avons déjà dit, le pansement par occlusion se fait avec des bandelettes de sparadrap qui sont croisées et qui se recouvrent par imbrication (1 ).

Ces bandelettes ne doivent jamais être appliquées circulairement sous peine d'une imminence d'étranglement.

La cuirasse qu'elles forment doit toujours dépasser d'une manière notable les limites de la 'lésion.

La cuirasse étant constituée ainsi que nous venons de le dire, nous la recouvrons d'un linge criblé de trous et enduit d'une épaisse couche de cérat, puis de la charpie, des compresses et des bandes.

Examinons maintenant quels sont les avantages du pansement par occlusion.

(1) Le sparadrap caoutchouté remplacera avantageusement le sparadrap ordinaire. (Voir le mot Sparadrap caoutchouté.)

Le but auquel on doit tendre surtout, c'est de ramener artificiellement les plaies exposées à l'air aux conditions des plaies sous-entanées dont chacun connaît le peu de gravité.

C'est là le but principal du pansement par occlusion.

Mais il n'est pas moins essentiel d'assurer l'écoulement du pus, dans le cas où la réunion de la plaie ne se fait pas par première intention.

Cet écoulement est assuré par l'emploi du linge fenêtre enduit d'une épaisse couche de cérat et débordant partout la cuirasse.

Cette couche de cérat entretient toujours la cuirasse molle et souple, de manière à permettre au pus de s'insinuer entre les bandelettes ou vers le pourtour de la cuirasse où il est absorbé par le pansement externe.

De cette façon, on prévient la rétention des produits de la plaie, sans que sa surface soit mise à découvert, et l'on empêche de survenir des complications fort graves, la diffusion du pus, ses abcès et ses fusées, l'étranglement par le reflux des produits inflammatoires.

Le linge cératé remplit donc ici l'office d'une soupape de sûreté.

Le pansement doit être surveillé attentivement chaque jour qui suit son application.

Le pansement par occlusion :

A. favorise notablement la réunion primitive.

B. hâte la réunion secondaire.

C. offre une sauvegarde presque assurée contre les accidents du traumatisme.

A. Nul pansement n'est plus favorable soit pour obtenir la réunion primitive des plaies quand elle est possible, soit pour la tenter sans danger. N'est-ce pas en effet mettre une plaie dans les conditions les plus favorables de cicatrisation que la laisser parfaitement tranquille sans la découvrir, sans irriter sa surface, sans s'exposer à la déchirure des cicatrices au moment de leur formation.

B. La violence de l'inflammation est diminuée ; le travail réparateur s'opère avec régularité; non-seulement il ne réagit pas sur tout l'organisme et ne détermine pas, comme dans les pansements ordinaires, de fièvre traumatique, mais c'est à peine s'il fait sentir son influence sur les parties voisines du lieu où il s'accomplit.

Après des lésions d'une gravité extrême, chaque pansement heb-

domadaire met à même de constater l'absence de toute tuméfaction, de toute coloration inflammatoire.

La suppuration est très-notablement diminuée. Au renouvellement de chaque pansement hebdomadaire, on trouve à peine la huitième partie de ce que fournirait la même plaie pansée quotidiennement.

Cette diminution considérable des produits purulents a une trèsgrande importance, notamment dans les brûlures et les fractures compliquées, affections dans lesquelles les malades succombent souvent par le fait de l'épuisement et du marasme qu'amène une longue et abondante suppuration.

Enfin, indépendamment de l'amélioration de la suppuration et de l'accélération du travail de cicatrisation, le pansement par occlusion prévient la formation de ces bourgeons charnus exubérants qui s'opposent avec tant de ténacité à la cicatrisation des plaies, si on ne les réprime par de fréquentes cautérisations avec le crayon de nitrate d'argent.

Ici, au contraire, on obtient un nivellement parfait et sans interruption entre les bords de la plaie et sa surface.

C. La douleur est diminuée, la fièvre traumatique est nulle ou presque nulle.

Le délire nerveux a été très-rare et toujours facilement maîtrisé par l'emploi du laudanum en lavement.

Le tétanos n'est jamais survenu, même chez les malades qui y sont le plus prédisposés par le fait de leur affection (déchirures, plaies articulaires, écrasement de doigts et d'orteils).

Enfin, le pansement par occlusion permet l'expectative dans les cas où on est forcé de poser la question de l'amputation dès le début, d'où résultent deux avantages :

1° On évite quelquefois des amputations qui semblaient indispensables ;

2° On acquiert infiniment plus de chances de succès par l'amputation retardée.

On sait en effet combien sont rares les terminaisons heureuses des amputations primitives après cause traumatique, tandis que l'amputation pour maladie organique chronique est bien plus souvent suivie de succès.

La statistique publiée par M. Malgaigne ne laisse aucun doute à cet égard. (Docteur Chassaignac.)

La méthode des pansements par occlusion qui a produit, entre les mains de son auteur, de si admirables résultats, a rallié le plus grand nombre des chirurgiens. Nous l'avons exposée avec détail à cause de son importance et du rôle que le sparadrap caoutchouté est appelé à y remplir.

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