C. La flexibilité
D. L'inaltérabilité.
A. La résistance. — Les parois de la sonde uréthrale présentent assez de solidité pour pouvoir être toujours introduites sans mandrin. Cette introduction ne se pratique pas comme l'introduction des sondes en gomme élastique (1); il faut prendre la sonde au
(i) Les sondes connues sous le nom de sondes en gomme élastique, sont faites en tissu recouvert d'huile de lin siccative; elles ne contiennent pas un atome de caoutchouc.
SONDES URÉTHRALES. 261
niveau des tjeux, la présenter au méat urinaire et la faire cheminer centimètre par centimètre. Les fausses routes sont impossibles. La sonde a été trempée dans de la glycérine ou" simplement dans de l'eau.
B. Poli de la surface. — Ce poli, obtenu au moyen de procédés brevetés, reproduit le poli du verre et du cristal; il contribue beaucoup à la facilité d'introduction de la sonde»
C. Flexibilité. — - Cette propriété est tellement complète, qu'elle permet à la sonde de se mouler exactement sur les sinuosités du canal de l'urèthre sans déterminer ni douleur, ni inflammation locale, comme cela arrive si souvent avec les sondes ordinaires.
D. Inaltérabilité. — Cette propriété a été reconnue dans une des séances de la Société de chirurgie; elle est attestée par M. le docteur Notta, chirurgien de l'hôpital civil de Lisieux, à l'obligeance duquel nous devons les deux observations suivantes :
Première observation, — Trosley, âgé de quarante ans, est pris sous un éboulement dans une marnière. Outre de nombreuses contusions, il a une rupture du canal de l'urèthre dans une étendue de 3 centimètres au moins, avec vaste plaie au périnée. Le doigt introduit dans cette solution de continuité arrive sur la surface postérieure du pubis complètement dénudée. Le malade rend ses urines par la plaie périnéale. Après avoir agrandi cette plaie, je parviens à retrouver l'extrémité vésicale de l'urèthre et à y introduire une large bougie de baleine, sur laquelle je fais glisser une sonde en caoutchouc vulcanisé percée à son extrémité, et préalablement introduite dans la portion pé~ nienne du canal.
Cette première sonde resta, pendant deux mois, baignée dans le pus abondant de la vaste plaie contuse qu'elle traversait, du 9 juin 1863 au 11 août de la même année. Le 11 août, je la retirai en la faisant glisser sur un mandrin de baleine préalablement introduit dans sa cavité. Elle n'était aucunement altérée, ne présentait, aucune incrustation , elle était aussi souple que le premier jour.
J'en réappliquai une autre qui resta en place jusqu'au 30 octobre, c'est-àdire quatre-vingt-deux jours. Lorsque je la retirai, elle n'était pas altérée, n'avait aucune incrustation à sa surface. Pendant cette longue période de temps, elle a toujours été parfaitement supportée et l'urine du malade n'a jamais été purulente. Cette sonde a été présentée à la Société de chirurgie, dans la séance du 4 novembre 1863. Le malade urinant très-bien par la verge demanda sa sortie.
Il est évident que c'est à l'inaltérabilité des sondes que je dois, en partie, la guérison de ce malade. Si je n'avais eu à :.;a disposition que des sondes ordinaires qu'il eût fallu changer tous les huit jours, il est probable que le renouvellement de ces sondes, outre les difficultés qu'il aurait présentées, aurait déchiré les cicatrices en voie de formation et partant retardé la guérison.
Deuxième observation. — M. P..., atteint d'une rétention d'urine avec hypertrophie de la prostate, a été traité par les sondes en caoutchouc vulcanisé