TUBES. — TUBE ALIMENTAIRE
Tubes.
Les tubes font partie du plus grand nombre des appareils en caoutchouc vulcanisé. Gomme une des applications les plus heureuses, nous citerons les sous-cuisses tabulaires (voir ce mot). Leur diamètre varie depuis 2 millimètres (mèche creuse) jusqu'à plusieurs centimètres; l'épaisseur de leurs parois est, en général, d'autant plus considérable que leur diamètre est plus grand.
Tubes de transmission pour les appareils de chimie.
Ces tubes se montent sur les appareils de chimie avec la plus grande facilité, même lorsqu'ils ont un diamètre un peu plus petit que la partie sur laquelle ils doivent être placés. Il suffit, pour obtenir ce résultat, de mouiller légèrement leur extrémité. Dans le cas où ce diamètre est plus petit, ainsi que nous venons de le dire, l'occlusion est parfaite, sans l'aide d'aucun lien.
Ces tubes peuvent , sans être altérés, donner passage au plus grand nombre des agents chimiques, à quelque température que ce soit.
Conduites d'eau. — Porte-voix.
Pour la solidité et la durée, ces tubes sont préférables aux tuyaux de métal dans l'établissement des conduites d'eau et dans l'établissement des porte-voix, pour communiquer des étages supérieurs aux étages inférieurs d'une maison, etc.
Tube alimentaire.
(Galante.) Alimentation des blessés, des rhumatisants, etc.
Il est des affections dans lesquelles les malades doivent garder une immobilité absolue, s'ils ne veulent voir survenir une vive douleur (rhumatismes lombaires), des accidents plus ou moins graves (hémorrhagies utérines, anévrysme et hypertrophie du cœur, asthme), ou s'ils ne veulent perdre le bénéfice d'un traitement long et pénible (fractures du fémur, etc.).
Dans ces affections, il n'est donc pas sans importance d'avoir à sa disposition un instrument qui permette de faire prendre aux
malades des aliments liquides (tisanes, potions, bouillons, etc.), ou même demi-solides (purées, potages etc.), sans leur faire éprouver la moindre secousse, le moindre mouvement.
Cet instrument est un simple tube en caoutchouc vulcanisé, de 50 à 60 centimètres de longueur et de 8 à 1 0 millimètres de diamètre; ses parois doivent être assez épaisses p (1 millimètre environ) pour que sa lumière ne s'efface pas, s'il venait à décrire quelques flexuosités; une des extrémités de ce tube doit plonger dans le vase où est contenu l'aliment ou la tisane, l'autre doit être tenue dans la bouche; elle peut être garnie d'un embout en bois ou en ivoire. L'aspiration suffit pour déterminer le jeu de l'instrument et pour faire monter dans la bouche l'aliment ou la tisane sans que le malade ait fait d'autres mouvements que les mouvements des lèvres nécessaires à l'aspiration.
Tumeurs blanches (suppurations articulaires secondaires des).
(Docteur Chassaignac.) Extension. — Drainage. — Bain local permanent. — Matelas hydrostatique.
Extension.
Quel que soit le mode de traitement des tumeurs blanches, il y a avantage à employer concurremment l'extension graduelle et continue. (Voir le mot Coxalgie, affection dans laquelle ce mode de traitement a été surtout employé jusqu'ici, et le mot appareil à extension et à contre -extension continues.)
Drainage.
Docteur Chassaignac. — L'abcès articulaire reconnu, il ne faut pas se contenter de pratiquer une ponction qui donnerait à peine issue aux produits de la suppuration et laisserait l'ouverture se refermer. Il se formerait inévitablement, au bout de quelques
temps, une nouvelle collection qu'il faudrait ouvrir à son tour, sous peine de voir survenir des infiltrations au voisinage de la jointure, des l'usées purulentes dans les espaces intermusculaires ou dans l'épaisseur même des muscles, en un mot, une de ces diffusions purulentes qui compromettent, à la fois, et le membre et la vie des malades.
Dans le but de prévenir ces graves accidents, il faut pratiquer le drainage, c'est-à-dire ouvrir la capsule et assurer une issue facile au pus accumulé dans l'articulation.
Pour cela, on établit sur les points de la jointure où le liquide fait le plus fortement saillie des anses élastiques en nombre suffisant pour qu'on n'ait pas à craindre les effets de la rétention de ce liquide. Ces tubes offrent, en même temps, toute facilité pour l'emploi du lavage et des injections iodées, qui sont les meilleurs auxiliaires du drainage.
Tumeur blanche suppurèe de l'articulation du genou. — Traitement sans succès par les moxas, les bains sulfureux, la cautérisation transcurrente, la ponction, le lavage et les injections iodées. — Ouverture de la tumeur par le trocart, selon perforé à demeure. — Guérison.
Renard, 33 ans, tisserand. — 4 8 mars 1 834. En 4846, chute sur le genon gauche; à la fin de 4 847, douleur subite dans le genou; tuméfaction.
En 4 853, les accidents augmentent malgré les moyens indiqués en tête de cette observation. — Deux chirurgiens des hôpitaux proposent l'amputation, que repousse le malade.
Entré à l'hôpital Lariboisière le 48 mars 4854; pendant trois semaines le traitement consista en coups de scarificateur sur la tumeur, frictions avec la pommade à l'iodure de potassium, placement du membre clans une gouttière.
6 mai. — L'articulation étant devenue le siège d'une collection que l'on jugea purulente, on pratique une ponction avec trocart ; la poche est lavée et reçoit une injection iodée.
En juillet 4 854, seconde ponction pour évacuer une nouvelle collection de pus. Le trocart porté entre les surfaces articulaires, on s'assure que celles-ci étaient dépouillées de leurs cartilages. — Nouvelle injection iodée.
Vers la fin d'août, nouvelle injection iodée, suivie d'une inflammation trèsintense; imminence de diffusion purulente.
Ouverture de l'articulation malade au moyen du drainage. De plus, un faisceau de tubes à drainage est établi dans la tumeur : lavage fait à l'intérieur de la jointure.
La guérison est complète au milieu de 485b. En octobre 4 856, ce malade est revu; sa guérison est parfaite.
Il est un grand nombre de cas dans lesquels les malades atteints de tumeur blanche suppurèe, sont soumis, pendant un temps plus
ou moins long, à des traitements successifs (émissions sanguines locales, vésicatoires volants, frictions d'onguent napolitain, etc.), qui peuvent produire une amélioration temporaire ; mais qui n'empêchent pas le pus de finir par se faire jour dans les parties voisines de l'articulation, et des infiltrations purulentes se faire par en haut comme par en bas dans les couches musculaires contiguës ; la mort arrive par le fait de cette diffusion du pus.
Si, dans des cas de cette nature, on eût fait, dès le début, un bon drainage de l'articulation suppurée, c'est-à-dire, si, au lieu d'ouvrir simplement l'abcès de la jointure, on eût, au moyen des anses élastiques, assuré l'écoulement du pus et prévenu son infiltration dans les parties molles voisines, on eût réussi peut-être à conjurer les accidents qui ont causé la mort.
La possibilité d'établir impunément des tubes à drainage, dans des cavités articulaires considérables, est un fait d'une assez haute portée thérapeutique pour qu'il soit nécessaire de le démontrer par des observations concluantes :
Synovite purulente du genou gauche. — Drainage.
Douel, 17 ans, journalier, entre à l'hôpital le 3 mars 1856.
Il y a dix-huit mois, à la suite d'un coup de pied de vache au dessous du genou gauche, tuméfaction à la partie externe de l'articulation, qui bientôt envahit l'articulation tout entière.
Une ponction est faite dans la tumeur avec un trocart très-tin et donne issue à du pus. — Diagnostic : Synovite fongueuse et purulente de l'articulation, établissement de quatre tubes à drainage.
La suppuration se fait très-bien et il n'y a pas d'envahissement vers la cuisse. — La tumeur se ramollit et les mouvements deviennent possibles. — Bains sulfureux.
22 avril. — La canalisation est très-bien supportée. Le genou semble moins bombé ; il se ramollit.
4 4 mai. — La tumeur articulaire s'est sensiblement aplatie. — État général très-satisfaisant. Le malade demande sa sortie.
Une troisième observation est relative à un cas de synovite purulente du genou; elle est aussi concluante que la précédente.
Cependant, nous ne prétendons pas par l'emploi du drainage sauver dans tous les cas un membre dont une articulation est atteinte de tumeur blanche.
Mais dans les cas même où l'amputation devient indispensable, parce que la maladie n'a pas été enrayée par le drainage, cette méthode de traitement est encore avantageuse, parce qu'elle précise le moment où cette opération doit en être faite avec le plus de chances de succès.
Expliquons-nous : Lorsqu'après l'installation des tubes, il y a
diminution progressive de la suppuration, de la douleur, du gonflement, le drainage doit être continué avec l'assurance à peu près certaine du succès; au contraire, la suppuration reste-t-elle abondante, la douleur surtout augmente-t-elle, le drainage n'a pas de chance de réussir; il faut y renoncer le plus tôt possible et préparer le malade à l'amputation.
Cette précision de diagnostic est très-importante, parce que, dans les cas de tumeur blanche, il est préjudiciable pour le malade de tarder à pratiquer l'amputation, dès qu'il n'y a plus d'espoir de conserver le membre. C'est à ces temporisations maladroites que la maladie doit la plus grande partie de sa gravité ; c'est alors que surviennent les décollements périostiques, les abcès appelés abcès de voisinage par M. Gerdy, les phlegmasies ligamenteuses et tendineuses, etc.
On se ferait difficilement l'idée du peu d'accidents qui accompagne l'établissement du drainage dans les localisations purulentes de la tumeur blanche.
Nous sommes donc d'avis que, dès que le chirurgien a reconnu la présence du pus d'une manière certaine, il doit en assurer la libre et continuelle sortie au moyen du drainage par une anse de séton perforé passé au travers de la collection purulente. Il nous a paru, d'après un certain nombre d'observations, que le point sur lequel devaient particulièrement porter les investigations dans la recherche des localisations purulentes de la tumeur blanche du genou, c'est le point correspondant au bord supérieur du condyle interne du tibia.
Nous avons complètement exclu de notre traitement des tumeurs blanches tous les suppuratifs quelconques. Nous y voyons une cause d'épuisement général, qui ne peut que préjudicier à des sujets faibles, épuisés déjà.
Lorsque des trajets fistuleux se sont établis dans une tumeur blanche, ces trajets, et les orifices par lesquels ils s'ouvrent au dehors, sont soumis aux innombrables vicissitudes que présentent, dans le cours de leur durée, les fistules entretenues par des altérations osseuses, c'est-à-dire à des rétentions de pus, à des poussées inflammatoires, à l'apparition de nouveaux abcès, de nouvelles fistules, de décollements plus ou moins étendus de la peau.
A quoi tout cela tient-il? A ce que la canalisation des fistules n'est point dirigée d'après des principes bien dirigés, à ce que ces trajets qui devraient toujours livrer un passage libre et facile à des parcelles osseuses altérées, à des produits d'une élimination nécessaire, s'obstruent ou se resserrent sous l'influence d'une foule de causes qu'un bon système de canalisation pourrait seul éloigner.