Compression fixe, compression rémittente
Les bandes de caoutchouc vulcanisé offrent de grands avantages sur les bandes en toile et sur les bandelettes de sparadrap dans le traitement par la compression des adénites supp urées ou non suppurées.
Appliquées en spica de l'aine, elles déterminent une compressio parfaitement régulière et toujours agissante (voir le mot Bandes)
La compression rémittente obtenue au moyen d'une pelote à air vvoir le mot Compression rémittente) est encore plus efficace. — " La pelote à air peut fonctionner sous le spica fait avec des bandes de toile.
Adénomes ; tumeurs irritables de la mamelle.
Compression.
Le traitement des tumeurs du sein par la compression, déjà essayé çà et là sans aucune suite par quelques chirurgiens, fut mis en honneur, il y a une trentaine d'années, par Récamier, qui en régularisa l'application et qui en obtint incontestablement de Deaux résultats. A cette époque, la classification des tumeurs ne reposait que sur des données tout à fait insuffisantes; le groupe des cancers n'avait pas encore été débrouillé; on y confondait pêlemêle les affections les plus diverses; le diagnostic était moins avancé encore que l'anatomie pathologique, et, par exemple, il était bien rare qu'une tumeur du sein ne fût pas considérée comme cancéreuse.
Récamier crut donc de très-bonne foi qu'il avait guéri par la compression de véritables cancers de la mamelle.
A la nouvelle des succès qu'il annonçait, on voulut l'imiter. Nonseulement on échoua, mais on remarqua même que le traitement par la compression paraissait souvent aggraver la maladie. On ne pouvait d'ailleurs méconnaître que le cancer est une maladie générale ou au moins diathésique, et quand on le voyait récidiver après l'ablation la plus complète, on était bien autorisé à élever des objections théoriques contre la méthode préconisée par Récamier.
La compression fut donc à peu près abandonnée. Pourtant il est bien positif qu'un certain nombre de malades avaient été guéris par cette méthode.
Ces hésitations commencèrent à se dissiper lorsque A. Cooper, M. Cruveilhier et M. Velpeau eurent décrit, sous des noms divers, une affection de la mamelle qui, jusqu'alors, avait été généralement confondue avec le cancer (tumeurs fibreuses, fibrineuses ou adénoïdes. )
Il devenait dès lors probable que les succès de Récamier étaient relatifs, pour la plupart, à des tumeurs de la mamelle, constituées en tout ou en partie par des éléments glandulaires.
Ce sont ces tumeurs, qui ont reçu le nom d'adénomes, que nous avons tenté de guérir par la compression. (Docteur Broca.)
M. le docteur Broca n'emploie, pour établir la compression, que des rondelles d'agaric fixées sur la tumeur avec des bandes de toile.
L'application du sparadrap, dit-il, serait plus longue et plus difficile que celle des bandes de toile ; elle expose, en outre, la peau mince et fine de la région thoracique à des érythèmes et à des excoriations ; car il ne suffit pas de maintenir la compression pendant quelques jours seulement, il faut qu'elle reste en place pendant plusieurs semaines, quelquefois pendant plusieurs mois, et le contact prolongé de l'emplâtre agglutinatif finirait souvent par irriter et excorier la peau, surtout au niveau des aisselles et sous le bord inférieur de la mamelle saine. Enfin les bandelettes de sparadrap, par cela même qu'elles sont privées d'élasticité, gênent bien plus les malades que les bandes de toile.
Le traitement par la compression exige de la part du chirurgien beaucoup d'attention et d'assiduité, et de la part des malades une certaine résignation. Les femmes habituées, par l'usage du corset, à respirer suivant le type que les physiologistes appellent le type costo-supérieur, souffrent en général beaucoup, pendant les premiers jours, de la constriction qui s'oppose à la dilatation de la partie supérieure de la poitrine. Plusieurs éprouvent dans le décubitus horizontal une véritable dyspnée, et M. Broca en a connu une qui, pendant la première semaine, ne put dormir qu'assise dans un fauteuil. Aussi cet habile chirurgien a pris l'habitude de procéder d'abord avec beaucoup de modération, au risque de rendre le traitement un peu plus long.
D'un autre côté, il ne faut pas que la constriction soit trop légère, parce que le meilleur moyen d'entretetenir le courage et la confiance des femmes est de leur faire constater que leur tumeur, au bout de peu de jours, a diminué d'une manière notable. Lorsqu'elles sont une fois convaincues de l'efficacité du traitement, on
peut agir avec plus de force sans craindre de lasser leur patience. (Docteur Brocaï.
M. le docteur Broca rapporte plusieurs observations de guérisous d'adénomes par la méthode que nous venons de signaler, et qui est aujourd'hui reçue avec faveur.
Qu'il nous soit permis cependant de regretter que M. le docteur Broca n'ait pas jugé à propos d'expérimenter comparativement avec les bandes de toile et les rondelles d'agaric, les bandes de caoutchouc vulcanisé et les pelotes à compression rémittente. Nous pouvons garantir que les résultats obtenus eussent été au moins aussi favorables sans les inconvénients signalés par M. le docteur Broca lui-même.
Ainsi, au lieu d'une compression irrégulière, la seule qu'on puisse obtenir avec des bandes de toile (voir au mot Compression les expériences de M. le professeur Aug. Bérard et l'opinion de M. le professeur Nélaton), la compression eût été parfaitement régulière par le fait de la bande de caoutchouc vulcanisé ; cette compression aurait pu être augmentée ou diminuée à volonté en variant le volume d'air contenu dans la pelote compressive placée directement sur la tumeur (voir le mot Compression rémittente).
Au lieu d'un bandage ayant une grande tendance à se déplacer,, et qui a dû être maintenu à grand renfort d'épingles, un bandage pour ainsi dire inamovible eût pu être établi, car le caoutchouc vulcanisé , par la légère perspiration cutanée qu'il détermine , adhère pour ainsi dire à la peau et ne se déplace jamais.
Au lieu d'un bandage en toile inextensible, qui détermine dans le. décubitus horizontal une dyspnée assez intense pour qu'une malade, pendant la première semaine du traitement, n'ait pu dormir qu'assise dans un fauteuil, on aurait pu, au moyen de bandes de caoutchouc vulcanisé , constituer un bandage élastique subissant l'influence des actes respiratoires, mais revenant immédiatement sur lui-même pendant les mouvements d'expiration, de telle sorte que dans ces deux circonstances la compression n'aurait jamais ni augmenté ni diminué.
Enfin, au lieu de rondelles d'agaric presque incompressibles, partant douloureuses, déterminant une compression trop forte au moment où l'appareil vient d'être posé et trop faible au bout de vingt-quatre heures, exigeant, au moindre déplacement, le renouvellement complet du bandage, il eût été facile de déterminer, par l'emploi de la pelote à compression rémittente, une compression plus énergique quoique plus douce, jamais douloureuse, toujours la même si on ne varie pas le volume d'air ou d'eau, mais rendue plus forte ou plus faible suivant le degré de surexcitabilité de la malade à un moment donné, par la simple addition ou la
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simple soustraction d'eau ou d'air, résultat obtenu sans déplacement de l'appareil, et sans fatigue pour la malade.. (Voir le mot Compression rémittente.)
Adynamique (fièvre)
1. Oreiller-coussin à air. — 2. Bonnet à glace. — 3. Matelas hydrostatique. (Voir ces mots pour la description des appareils.)