‹ Appréciation des travaux les plus récents sur les fonctions du système nerveuxChapitre 22 sur 22 · LUI · texte numérisé non relu

LUI

Le liquide céphalo-rachidien est destiné à exereer une pression uniforme sur les organes nerveux centraux dans les ventricules comme à la surface extérieure.

On ne peut pas attribuer à son absence seulement les aecidents qui résultent de son évacuation.

Ce liquide reflue dans le réservoir de la moelle pendant l’inspiration.

L’encéphale n’est animé d’aucun mouvement chez l’adulte et dans l’état normal ; dans l’inspiration il se raréfie seulement sans diminuer de volume.

Chez les jeunes enfants, ou chez les adultes dont le crâne a éprouvé une perte de substance, l’encéphale a deux mouvements, le premier dû aux mouvements respiratoires, le second dû aux contractions du cœur, et dans ces circonstances le cerveau ne bouge pas de place ; il éprouve des alternatives de turgescence (expiration) et de rétractation (inspiration).

La moelle épinière n’est animée d’aucun mouvement. Elle peut seulement, en vertu de son élasticité, s’allonger de 5 à 4 centimètres dans les mouvements de flexion du tronc.

■ Les racines antérieures des nerfs rachidiens sont exclusivement mobiles ; les racines postérieures sont exclusivement sensibles.

La section des racines antérieures n’est pas douloureuse ; la section des racines postérieures fait éprouver des douleurs vives.

Les nerfs isolés du centre nerveux ne transmettent plus d’impression , par conséquent plus de sensation. ,11 n’y a pas non plus de mouvement volontaire possible.

Les irritants ne produisent aucun effet sur les extrémités sensibles séparées de la moelle; ils provoquent des mouvements au contraire sur les nerfs moteurs.

Lxm.

La force motrice n’a d’action sur les nerfs que suivant la direction des fibres primitives qui se rendent aux muscles, c’est-à-dire du centre à la circonférence et jamais en sens inverse.

L’irritation d’une portion de tronc nerveux n’entraîne pas l’action des muscles que le tronc tout entier anime, mais seulement celle de la partie, charnue qui reçoit les fibres nerveuses de la portion soumise à l’irritation. L’intrication des fibres dans un plexus ne change rien à ce mode de propagation.

Chaque fibre motrice primitive est du ceotre à la périphérie dans uu étal d’isolement complet d’action.

L’irritation d’un tronc nerveux sensible se fait sentir dans les extrémités périphériques,

L’iso lement de chaque fibre sensible est démontré.

La sensation'^d’une irritation de fibre nerveuse dans son trajet peut être éprouvée non-seulement à l’extrémité terminale externe, mais encore à l’endroit de l’irritation.

Les extrémités externes des nerfs sensibles étant paralysées, la sensibilité peut être conservée dans les troncs principaux, et dans ce cas on peut éprouver des douleurs très-vives que l’on rapporte aux extrémités nerveuses paralysées.

Les sensations d’emplacement procurées par les fibres sensitives tiennent, non à la sensation relative des extrémités périphériques, mais à l’ordre dans lequel cellesci naissent de l’axe cérébro-spinal.

Les fibres motrices nerveuses, séparées de l’axe céphalo-rachidien , ne conservent leur excitabilité que quelques jours. L’irritabilité musculaire dore bien plus longtemps , surtout si la sensibilité est conservée dans la partie paralysée de mouvements.

Les nerfs des sens spéciaux ne font pas manifester de douleur sous l’influence d’irritations immédiates, mais donnent lieu à des sensations propres à leur mode particulier de sentir. On ignore si c’esfà eux seuls, ou à eux et aux organes centraux que leurs propriétés sont dues. Les états du tronc nerveux se transmettent à la'périphérie.

Le nerf olfactif est exclusivement le nerf de l’olfaction.

Le nerf optique perçoit seul les impressions de lumière et de couleur.

L’irritation du bout encéphalique du nerf optique coupé provoque des mouvements des iris des deux yeux. L’irritation des tubercules quadrijumeaux produit des sensations subjectives de lumière. On ne sait pas à quoi sert l’entrecroisement des nerfs optiques ; on sait seulement qu’il n’est pas indispensable.

Le nerf acoustique est, à l’exclusion de tout autre, le nerf de l’audition : sa branche vestibnlaire est la plus importante.,

Les nerfs crâniens sensibles ont toutes les propriétés des nerfs sensibles rachidiens.

La branche ganglionnaire de la cinquième paire est exclusivement sensible. — La destruction de la cinquième paire abolit le goût dans les deux tiers antérieurs de la langue ; c’est le nerf du goût de cette partie. — Elle influence par sa destruction, surtout si le ganglion est compris dans la lésion, tous les organes des sens, parce que la nutrition de ces derniers s’altère. — La cinquième paire ne peut suppléer les nerfs spéciaux des sens. — La petite racine ou non ganglionnaire est surtout motrice, sauf son rameau buccinateur qui est mixte. Elle amène les muscles de la mastication et de la déglutition.

Le nerf glosso-pharyngien est probablement un nerf mixte. On lui donne pour fonctions d’étre le nerf du goût du fond de la bouche ; de présider à la sécrétion muqueuse du tympan et de la base de la langue ; ce qui n’est pas bien certain.

Les nerfs moteurs crâniens ont les propriétés des nerfs moteurs rachidiens.

Le moteur oculaire commun est le moteur de l’iris, mais par l’intermédiaire du ganglion ophthalmique. — L’iris se contracte par association de mouvements avec les muscles, auxquels ce nerf se distribue.

LXXXU.

Ôn pense que le nerf pathétique est destiné à corriger les mouvements de l’œil , et à faire, dans les inclinaisons de la tête de côté, que les rayons lumineux impressionnent des points synesthétiques de la rétine pour que la dyplopie soit empêchée, s 14

Lxxxni.

Le nerf facial est exclusivemen t moteur : il anime tous les muscles du visage ; il devient sensible à la section, après sa sortie du crâne, à cause de ses anastomoses avec le trijumeau. — La paralysie des muscles dans la dépendance du facial trouble l’exercice des fonctions sensorielles. — Il paraît être le muscle des orifices supérieurs du corps et présider à la contraction des conduits salivaires.

Le nerf spinal est moteur. Il est indépendant du pneumo-gastrique. Il préside à la phonation.

Le grand hypoglosse est le nerf moteur de la langue ; sa lésion nuit à la préhension des aliments, à la mastication et à la déglutition.

Le pneumo-gastrique est un nerf mixte. —La section des laryngés inférieurs ferme la glotte et trouble la respiration ; il préside à la sensibilité et à la contractilité de l’œsophage, de la trachée des bronches et du poumon ; il n’est pas exclusivement le siège du besoin de respirer. On ne sait pas quelle part directe il prend à l’hématose. Il agit au moins sur elle d’une manière indirecte, quand on le coupe, I® par l’oblitération de la glotte, 2“ par la paralysie des bronches, 3° par l’engouement des cellules pulmonaires et l’imperméabilité à l’air que en résulte. Sa section accélère les battements du cœur ; il préside aux mouvements de l’estomac ; sa destruction interrompt la chymification. Il est possible qu’il influence pour sa part la sécrétion du suc gastrique. On ne sait au juste son rôle dans l’absorption.

Le grand sympathique est sensible à l’irritation immédiate, mais tardivement. Les surfaces muqueuses qu’il rend sensibles, étant irritées, il y a production de mouvements réflexes par la moelle. Les ganglions ne paraissent pas jouir par eux-mêmes de la propriété réflexe ni pour les mouvements, ni pour lasensibilité. On conçoit cependant la sympathie de tissu à tissu par l’intermédiaire seule des ganglions nerveux.

Lxxxvm.

Le grand sympathique est l’organe du mouvement involontaire ; son incitation au mouvement se conserve après l’isolement d’un organe qu’il anime, du corps et même des ganglions nerveux. C’est cette indépendance, jusqu’à une certaine limite cependant , qui le caractérise ; il tire sa force principale de l’axe cérébro-spinal ; il n’y a

lor

pour ainsi dire que le type des mouvements intermittents qui siège en lui. La marche de 1 influx nerveux y est plus lente. L’irritation de ses ganglions détermine des contractions ; il en est de même pour ses filets principaux, avant qu’ils ne passent par le dernier ganglion.

Le grand sympathique semble recevoir une somme d’influx des centres nerveux, influx qu’il écoule à sa manière. Il réfléchit les impressions de la vie animale. On ignore la cause intime de son pouvoir moteur péristaltique. Ou n’a pas la mesure de la puissance active des'ganglions. On ne sait pas si c’est aux ganglions qu’est dû le défaut d’empire de la volonté sur cet élément nerveux.

L’hématose paraît être sous la dépendance]du grand sympathique ; il en est de même de la nutrition et des sécrétions pulmonaires.

Le sympathique est le moteur du cœur.

La sécrétion du suc gastrique est particulièrement sous sa direction. Tout le tube digestif autre que l’estomac et l’extrémité du rectum est régi par lui.

Le mode de contraction de la poche urinaire est encore à l’état de problème. Il régit les vésicules séminales.

L’utérus est tout entier sous sa puissance immédiate.

Le grand sympathique préside à la nutrition et aux sécrétions en général, mais on ne sait pas quel rôle il y remplit, car le conflit entre les organes et les nerfs pour la nutrition et les sécrétions est inconnu.

Le système nerveux forme un tout continu avec unité d’action ou consensus.

On ne connaît pas la force qui produit les effets du système nerveux.

On ne connaît pas non plus la différence intime qui existe ou peut exister entre les nerfs moteurs et les nerfs sensibles.

Le repos est une condition de vitalité pour le système nerveux.

Le système nerveux est subordonné à l’excitation du sang. C’est le sang qui est l’excitant de ses fonctions , deuxième condition de vitalité.

Il ne se développe pas par élongation des centres à la périphérie ; il ne passe pas dans son développement par les diverses formes que le système nerveux revêt chez les animaux adultes de l’échelle animale.

L’anlhropotomie et les faits pathologiques sont destinés à accroître nos connaissances sur'Jes fonctions de ce grand système.

rm.

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