‹ Appréciation des travaux les plus récents sur les fonctions du système nerveuxChapitre 3 sur 22 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Moelle épinière.

La moelle épinière est la partie fondamentale du système nerveux des vertébrés, comme la colonne vertébrale est la partie fondamentale de leur squelette. Elle est constituée par une longue tige nerveuse cylindrique, se terminant par une extrémité pointue en bas, se continuant au-dessous de la naissance de la première paire cervicale avec le bulbe rachidien ou moelle allongée ; elle offre chez l’homme deux renflements assez prononcés ; le premier plus volumineux à la naissance

des nerfs du plexus brachial, le second peu considérable à l’origine des nerfs des membres pelviens. Dans son trajet dans la colonne vertébrale, les nerfs rachidiens qui sortent par les trous de conjugaisons des vertèbres émanent d’elle par une série de filets longitudinaux en avant et en arrière de chaque moitié du cylindre nerveux.

La moelle épinière est chargée de nombreuses fonctions. Le fait le plus fondamental de sa physiologie est que sa destruction dans un point amène la perte du sentiment et du mouvement volontaire dans les parties situées au-dessous du point lésé ; ce fait a été démontré depuis longtemps, puisque Galien* s’en assura en expérimentant sur de jeunes cochons. La moelle est donc conducteur du principe nerveux. Donc encore, toutes les fois qu’il y a interruption de communication d’une portion de la moelle avec le cerveau, les excitations des nerfs sensitifs de la partie séparée ne parviennent plus à la conscience, et le cerveau ne peut plus exciter volontairement la force motrice des nerfs qui émergent du tronçon dont la communication est détruite. Un second fait encore acquis, c’est l’abolition du sentiment et du mouvement dans le côté correspondant à la moitié de moelle lésé; on peut avoir la preuve démonstrative de ce fait en irritant la moelle d’un animal; à droite, par exemple, les convulsions se manifesteront du côté droit. Voilà tout ce que l’on savait de bien positif sur les fonctions de cet organe; il appartenait aux modernes d’arriver à d’autres résultats. En voyant la différence que le mouvement et la sensibilité offrent dans certaines circonstances pathologiques, on s’est demandé s’il n’y avait pas dans la moelle un siège distinct pour ces deux fonctions. Alexandre Walker 2, le premier, répondit affirmativement en assignant les faisceaux antérieurs au sentiment elles postérieurs au mouvement. Charles Bell® fit bientôt des expériences pour distinguer dans la moelle ses différences fonctionnelles et vit que l’excitation de la partie antérieure,

> i)e aitmin. anatom., lib. yill.

^Archiv. o/'universal science , t. III, p. 172. 1809.

3 An idea of a new analom. 1811.

chez les lapins tués fraîchement, causait des contractions beaucoup plus constamment que la partie postérieure; il dit avoir éprouvé beaucoup de difficulté à léser isolément ces deux parties. M. Magendie’, plus tard, en 1823, expérimenta dans le même sens, mais n’obtint que des résultats incertains; puis ensuite vinrent les opinions contradictoires deBELLENGEHi^, de Roundo de Calmeil Quant à M. Müller*, après de nombreux essais, il n’hésite pas à dire que l’hypothèse dans laquelle les faisceaux antérieurs de la moelle sont regardés comme moteurs,' et les postérieurs comme sensibles, n’a pour elle aucune preuve satisfaisante ni expérimentale, ni pathologique. M. Longet®, à son tour, reprit celte question en sous-œuvre, et se servant des irritants après section complète d’une portion de la moelle , montra par des expériences positives que les faisceaux antérieurs sont exclusivement dévolus aux mouvements et les faisceaux postérieurs au sentiment. Ainsi sur un mammifère chien , par exemple, vous ouvrez le canal rachidien au bas de la région dorsale ; vous divisez rapidement la moelle épinière, puis plaçant les pôles d’un petit nombre de couples, de peur qu’il n’y ait tension trop forte et dissémination trop étendue du fluide électrique, sur la partie antérieure du tronçon, des contractions très-énergiques en sont la conséquence inamédiate; en arrière, au contraire, aucun effet n’est produit. En posant ensuite les pôles sur la moitié antérieure du corps de la moelle , aucun effet, et sur la moitié postérieure, vive sensibilité manifestée par des cris et des mouvements. Cette expérience, répétée mille fois devant des médecins et des physiologistes célèbres, prouve non-seulement que la séparation du mouvement et du sentiment existe dans la moelle, mais encore que les fibres sensibles ont une action centripète et les flbres motrices une action centrifuge. Cette action en sens inverse

' Leçons de physiologie.

- Archives de Mdkkt. 1827.

3 Journal eomplém. du dict. sc. méd:, I. XXX.

Journal des progrès . t. XI, p. 75.

5 Physiologie du système nerveux , 1.1“'^ p. 354.

6 Anal. syst. nerv., t. I, p. 319.

est encore une preuve plus importante des expériences de MM. Longet et Matteucci L En effet, des expérimentateurs ont montré, en variant le sens du courant électrique sur les faisceaux antérieurs et postérieurs, que, dans le premier cas, les contractions musculaires sont excitées au commencement du courant inverse et à l’interruption du courant direct, tandis que dans le second cas on ne voit apparaître les contractions qu’au commencement du courant direct et à l’interruption du courant inverse. Des preuves pathologiques montrent que chez l’homme le mouvement et le sentiment sont séparés dans la moelle; que l’un occupe les cordons postérieurs, l’autre les cordons antérieurs^.

Une remarque importante à faire ici, puisque nous nous occupons du rôle de transmission de la sensibilité par la moelle , c’est que les affections de cette dernière déterminent des sensations dans les parties extérieures, comme si celles-ci en étaient le siège; et même dans les cas de complète insensibilité pour les irritations du dehors les lésions de la moelle peuvent provoquer des sensations subjectives rapportées aux parties extérieures : les fourmillements à la peau, soit spontanés dans le cas de myélite, soit produit par la compression de la moelle, en sont la preuve^.

Jusqu’à présent nous avons vu la moelle chargée seulement de transmettre au cerveau les impressions sensibles et recevoir l’influence de la volonté pour la production des mouvements; nous allons constater un pouvoir propre à cette tige nerveuse : si l’on coupe la tête d’une salamandre terrestre, cet animal continue de se tenir sur ses pattes; le tronc d’une grenouille décapitée se remué encore, retire une patte ou l’allonge; les tronçons d’une anguille se tortillent pendant quelques instants; cela ne démontre-t-il pas que la moelle épinière est un appareil chargé de force motrice comme les autres organes centraux; et

’ Relation entre le sens du courant êlec. et les contraet, mus. Ann. psychol. Novembre 1844.

-Une des observations qui offrent le plus d’intérêt est celle que M. Bégin a insérée dans les Annales de chirurgie française et étrangère pour 1842.

3 Olivier d'Angers , Maladies de la moelle épinière.

même cet appareil, chargé de force motrice, est susceptible de réfléchir sur les uerfs moteurs les irritations sensitives de ces nerfs sensibles. Ces phénomènes de centralité n’ont reçu une sanction bien positive que depuis les travaux de Marshall-Hall. Cependant avant ce physiologiste , ProchaskaLegallois Lallemand , dans sa thèse en 1818, Cdllen Allison et Muller avaient démontré qu’il existe dans la moelle une force propre qui, sous l’influence d’impressions sensitives, détermine des contractions musculaires en dehors de la volonté; ainsi les contractions spasmodiques qui constituent l’éternuement après le chatouillement de la pituitaire; le clignotement des paupières par l’excitation d’une trop vive lumière ou d’un son trop intense. M. Marshall-Hall* a attiré plus fortement l’attention sur ces phénomènes en en faisant l’objet d’une étude plus approfondie. D’après ce physiologiste il existe dans la moelle deux organisations anatomiques inséparables qui ont des fonctions distinctes : l'le cordon intra-vertébral des nerfs sensibles et volontaires qui communiquent avec le cerveau ; 2 ' la vraie moelle épinière, centre de système particulier qui n’a aucune connexion avec le premier. Ce système, appelé excilo-moteur, a une propriété spéciale (excito-motrice), différente de la sensibilité; en outre de cette vraie moelle, il admet des nerfs incidents ou excitateurs et des nerfs réflectomoteurs. Pour prouver ces idées, l’auteur a fait de nombreuses expériences que nous ne pouvons rapporter, et desquelles il résulte pour lui que, contrairement à la marche ordinaire du principe nerveux dans les mouvements reflexes, la propriété électro-motrice peut avoir lieu dans une direction rétrograde, que la vçaie moelle réfléchit une impression, veille à toutes les parties, dirige les fonctions des orifices, préside à la conservation de l’individu et à la propagation de l’espèce, constitue le système nerveux, de la respiration, de la déglutition, etc. ;

' Op. omnia, c. II.

- OEuvres complètes.

SCCLLKN, Institut of med., p. 1.

♦ Transactions philosophiques. 1833.

qu’enfin la moelle est la source de l’irritabilité musculaire, qui est absorbée par le cerveau dans l’état normal, mais qui a toute son énergie dans les cas de paralysie dü cerveau ; ce qui explique les contractions violentes des membres paralysés. Tel est le résumé des idées de Marshail- Hall sur la puissance réflective de la moelle. Sans accepter absolument toutes ces conclusions, sur la plupart desquelles nous reviendrons en cherchant à mesurer l’influence de la moelle sur les fonctions de nutrition, il faut admettre comme fait prouvé sa fonction réflective; mais cette fonction se manifeste sans sensation de la part de l’organe; la moelle peut bien être impressionnée, mais par elle-même elle ne perçoit pas l’impression pour en faire une sensation dont le moi a la conscience. Cependant les mouvements reflexes peuvent avoir lieu encore lorsqu’il y a perception d’une impression; mais cette impression est perçue non pas par la moelle, mais bien par le cerveau, et dans cette circonstance on peut très-bien concevoir qu’il y ait mouvement reflexe ou involontaire et action de la volonté dans la même direction ; en résumé, comme le dit Prochaska, l’effet reflexe peut avoir lieu avec ou sans conscience. Il est facile de prouver que du conflit des nerfs motiles et sensibles entre eux, il ne résulte jamais de mouvements réflexes; mais avant il est nécessaire de démontrer l’isolement de ces nerfs après leur racine ganglionnaire. Qu’on divise sur une grenouille une des deux branches qui émanent du plexus destiné au membre pelvien, et qu’on exerce une irritation mécanique sur le bout central; il en résulte une excitation centripète des fibres sensitives du nerf. Mais cette excitation ne provoque pas la moindre contraction dans les muscles auxquels se distribuent les autres nerfs moteurs, qui émanent de ce plexus. On peut également s’assurer sur des animaux narcotisés que les convulsions générales, qui succèdent au moindre attouchement, n’ont lieu que par l’influence de la moelle ou du cerveau; car, si l’on ampute un des membres, on a beau poser le doigt sur ce membre, il n’éprouve plus de convulsions. Les effets de l’expérience sont extrêmement remarquables sur la salamandre; tant qu’il reste dans une por-

tion de cet animal, un tronçon de moelle, quelque petit qu’il soit, ily a contraction par suite d’attouchement, tandis qu’il n’y a plus de contraction quand la moelle est détruite. 11 suit de là que la moelle est leur intermédiaire entre l’excitation sensorielle et le mouvement produit; les nerfs et le grand sympathique n’y sont manifestement pour rien. Les causes irritantes propres à amener les mouvements réflectifs sont, d’après M. Muller: 1" la section ou contusion de la moelle, 2° la narcotisation, 3" la débilitation du cerveau et de la moelle, 4' une vive excitation d’un nerf de sentiment, 5’ une irritation locale des nerfs (inflammation ou tumeur), 6 ' l’irritation de la moelle, 7'’ une violente irritation des nerfs sympathiques, et ces causes peuvent déterminer ou des mouvements réflexes généraux, ou des mouvements reflexes partiels; ces derniers correspondant toujours aux organes où l’excitation a été produite, ou dans leur voisinage: ainsi les spasmes et tremblements d’un membre affecté de brûlure, les contractions des muscles du périnée pendant l’émission du sperme, etc.; dans la toux qui résulte d’une irritation de la muqueuse trachéenne l’excitation réactionnelle est plus étendue. On a remarqué que les irritations aux muqueuses déterminent des mouvements réflexes de préférence dans les muscles respiratoires, et qu’au contraire le système musculaire général, moins les moteurs de la poitrine, sont le siège de mouvements réfléchis à la suite de vives sensations éprouvées par la peau. Nous avons vu que M. Marshall-Hall avait conclu de ses expériences que le mouvement réflexe pouvait suivre une marche rétrograde; aucun expérimentateur n’ayant à ma connaissance contrôlé ces résultats, nous n’accepterons pas le fait comme démontré, tant il s’écarte de la loi générale de propagation du principe nerveux.

On a remarqué encore que les mouvements réflexes sont infiniment plus prononcés quand on agit sur les extrémités sensibles périphériques; cela est surtout marqué pour la surface sensible des muqueuses à l’excitation desquelles succède, en raison d’une harmonie préétablie, une affection consécutive des muscles respiratoires. Nous avons assez, je

crois, insisté sur les mouvements réflexes et sur la puissance réflective de la moelle. Si nous sommes entré dans de si nombreux détails, c’est que le sujet est de la plus haute importance, tant en physiologie pure qu’en physiologie appliquée, et que nous avons détruit par l’exposition de cette doctrine l’opinion^soutenue par Waus, par Comparetti et tant d’autres, que c’est dans l’influence du grand sympathique et de ses ganglions qu’il faut aller chercher l’explication des phénomènes réflexes.

C’est en raison de son action propre que la moelle produit la constriction incessante des sphincters. On le prouve facilement par la décapitation des animaux; les sphincters, après cette mutilation, continuent à se contracter avec énergie. Non-seulement elle agit d’une manière constante sur certains muscles soumis ou non à la volonté, avec type intermittent de contraction ou non, mais encore même dans tes muscles qu’elle laisse en repos, comme ceux de la locomotion. Elle a une influence de tonicité remarquable; c’est en vertu de cette influence qu’un muscle coupé se rétracte. C’est aussi pour cela que cette force tonique venant à cesser, par suite de paralysie, les surfaces articulaires unies lâchement peuvent s’écarter.

Une observation digne de remarque est que les parties de la moelle ont une grande aptitude à se communiquer réciproquement leurs états, tandis que les portions nerveuses qui y arrivent n’ont sur elle qu’une action locale. On peut se convaincre de ce fait en galvanisant séparément un nerf ou la moelle. Les faits pathologiques viennent étayer cette proposition : ne voit-on pas souvent dans les affections de la moelle l’amblyopie, les bourdonnements d’oreilles, etc. ? Ces mêmes faits pathologiques prouvent encore que la moelle est. la cause de l’énergie des mouvements, puisque dans la phthisie dorsale caractérisée par l’atrophie de la tige ûerveuse rachidienne, elle peut bien, cette moelle, servir de conducteur; mais il n’y a plus que des mouvements faibles, quoique réguliers.

Voyons maintenant quelle part les travaux de notre époque ont eue

pour la détermination de l’influence de la moelle sur les fonctions de nutrition, et d’abord sur la respiration. Si l’on sectionne cet organe successivement de bas en haut, comme l’a fait M. Floceens*, on voit successivement aus.si s’éteindre le mouvement dans les muscles respirateurs; à l’extrémité supérieure , tout âiouvement cesse et la mort en est la conséquence immédiate; ce qui prouve d’une manière péremptoire que la moelle n’est que simple conducteur, bien que cependant il soit possible, en irritant au-dessous de la section la coupe médullaire, d’obtenir le retour du mouvement respiratoire ; mais cela a lieu par action réflexe. Chakles Bell avait imaginé une hypothèse ingénieuse, mais sans preuve suffisante ; c’est la supposition de nerfs spéciaux dits respirateurs, naissant des colonnes latérales de la moelle. Ainsi le spinal était pour lui le respirateur supérieur; le phrénique, respirateur interne; le nerf du grand dentelé, re.spirateur externe; enfin les douze intercostaux et la première branche antérieure lombaire, respirateurs intercostaux, et le facial, respirateur de la face. Je le répète, aucune preuve anatomique ni physiologique expérimentale n’est venue confirmer la théorie de Charles Bell, quoique plusieurs aient fait des recherches dans ce sens.

L’influence de la moelle sur les mouvements du cœur a été l’objet de grandes controverses. Haller^ pensait que le cœur bat à cause de son irritation musculaire propre ; Legallois * croyait que le cœur soutire le principe de ses battements de tous les points de la moelle épinière, par l’intermédiaire du grand sympathique qui provient de cet axe, et pour le prouver il fit périr trois lapins de vingt jours, en détruisant chez chacun une des trois portions de la moelle; chez celui où la portion lombaire avait été détruite, la mort arriva en moins de temps que chez les autres, mais arriva très-vite; Philip Vilson"* obtint

' Recherches sur le système rterveux. 1842.

2 Éléments de physiologie.

3 OJiuvres complètes.

'‘Bibliothèque universelle, t. X, Genève 1819.

de ses expériences des résultats opposés, c’est-à-dire qu’il lui fut possible de constater pendant quelque temps la continuation des battements du cœur, en pratiquant la respiration artificielle; M. Floürens, qui fit vivre encore plus longtemps des animaux dont la moelle avait été coupée, n’en conclut pas moins que le système nerveux central concourt à l’énergie et à la durée de la circulation, non-seulement d’une manière générale absolue, mais encore d’une manière spéciale et déterminée; car lorsqu’une région déterminée de la moelle est détruite seule, c’est toujours dans les seules parties correspondantes à cette région que la circulation se trouve surtout affaiblie : il y a donc une influence générale et des influences locales. Si l’opinion de Legallois était admise, on pourrait raisonnablement en déduire l’influence des irritations de la moelle sur les battements du cœur, et cependant Haller * et Bichat^ disent avoir souvent irrité la moelle, sans qu’il s’ensuivit aucune action sur le cœur. D’autre part, Wedemeyer ^ et Clift établissent que la destruction subite de la moelle entraîne l’accélération des battements, et bientôt après le ralentissement. Nasse a fait les mêmes observations. M. Longet observa ces mêmes faits. Si l’on interroge les observations de médecine, on voit que dans les affections de la moelle le pouls, le matin, est irrégulier et ne prend de la régularité qu’après des mouvements musculaires^, ce qui indiquerait une influence manifeste de la moelle. Enfin, bien qu’on ait fourni pourargument contre cette influence l’exemple des fœtus amyélencéphales, dont le cœur a battu dans le ventre de la mère®, on peut conclure que la circulation est influencée localement et généralement par l’état

' Opéra minora, I. I, p. 239.

2 Recherches sur la vie .5' éd., p. 476.

3Physiol. Bdrdach , t. Vil, p. 73.

^ OtniKR n’XmaBits. Waladies de la moelle.

s Dans ces monstres, comme l’a montré Bbeschet, les ganglions du grand sympathique sont très-volumineux; ne pourraient-ils pas suppléer t'influence de la moelle, si peu nécessaire chez le fœtus?

de la moelle, pour une faible part, c’est vrai, mais il ne peut être allégué aucun argument plausible contre celte conclusion.

La nutrition et les sécrétions sont influencées aussi par la moelle; l’atrophie des membres, ou leur infiltration, la sécheresse de la peau, l’exfolialion continuelle de l’épiderme dans les maladies de la moelle sont des preuves manifestes de cette influence qui est médiate tout au moins. La sécrétion de l’urine paraît éprouver des dérangements plus considérables que toute autre secrétion ; Krimer a vu l’urine devenir pâle comme de l’eau dans un cas de myélite et contenir une plus grande quantité de sels et pas d’extractif. Brodie a fait les mêmes observations. Stanley* a observé que dans ces cas les urines avaient une odeur ammoniacale très-prononcée ; l’impuissance étant l’état ordinaire dans les maladies de la moelle, il est probable que la sécrétion spermatique est diminuée. Quant à la calorification, on ne peut savoir au juste ce qu’il en est; mais comme la moelle influence la respiration, elle doit avoir une action par contre-coup sur la calorification.

Si on juge d’après quelques observations de ses maladies et plusieurs expériences directes, la moelle aide le grand sympathique dans la contraction intestinale; mais, il faut le dire, l’irritation portée sur, la moelle a moins d’effet que portée sur le plexus solaire^. La constipation altei’oant avec les déjections alvines, involontaires dans les paralysies, s’accorde bien avec l’opinion d’une influence de la moelle. On pourrait en dire autant pour la vessie.

Enfin la moelle épinière paraît régir l’exercice du penchant à la reproduction. En effet, il est d’observation que cet organe est excité vivement par le coït, puisqu’il en résulte des mouvements réflexes énergiques. L’abus des plaisirs de l’amour amène dans l’organe, trop souvent mis en action, l’atrophie qui conduit au marasme et à la mort.

Pour compléter l’étude des fonctions de la moelle, il nous resterait à parler de l’usage de ses enveloppes et du fluide qui la baigne, et à

• Ârch. générales. 2' série, l. V.

2 Expériences de Müller et de Longet.

examiner son développement au point de vue de ses actes et de ses liens avec le système nerveux général; mais nous nous occuperons de ce sujet après l’examen des fonctions de détail.

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