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CONCLUSIONS

La question du lait, devenue maintenant une question scientifique, ne répond plus aux données de lhygiène comme nous la comprenons. La situation actuelle, dans son attristante réalité, est une consé-

-quence logique de l’évolution économique de la question.

La première erreur a été d'utiliser pour la production du lait destiné à la consommation et surtout à l’allaitement des enfants la « vache industrielle » créée, par l’ingéniosité commerciale de l’homme, à l’aide de la gymnastique fonctionnelle et de l’alimentation intensive.

En raison des progrès de la bio-chimie et de l’allaitement artificiel croissant, nos nourrissons sont en droit de nous réclamer un lait meilleur à tous points de vue. Un lait vivant d’abord, un lait chimiquement et bactériologiquement pur ensuite. |

Ceci dit, prenant exemple de ce qui a été fait dans

les grandes villes européennes : Berlin, Vienne, Copenhague, etc., il est pour nous une nécessité absolue de créer deux sortes de lait : un lait pour nourrissons et un lait pour adultes.

Le lait de ramassage, en raison des manipulations multiples qu'il est obligé de subir, en raison de son infériorité alimentaire comme bactériologique,est destiné à disparaître de l’alimentation des tout petits.

La production locale, supérieure comme qualité, grâce aux sujets de choix qu’elle emploie, supérieure surtout par le contact direct du producteur et de l’acheteur et le contrôle sévère que l’on peut en faire, sera destinée à donner tout notre lait pour nourrissons.

Assurément cette façon de procéder créera des frais nouveaux, aux pouvoirs publics d'intervenir en aidant de leurs secours les classes moins fortunées ; de la sorte nous arriverons à cet idéal social : l'égalité alimentaire de tous les nourrissons.

Le lait de ramassage, entre les mains de sociétés financières puissantes, restera le grand pourvoyeur pour le lait destiné aux adultes. Les pouvoirs publics seront moins exigeants en ce qui touche ce lait de ramassage, cependant le contrôle de la production, le seul réellement profitable car il s'adresse à la source même, doit s’exercer. Par une observation régulière de l’état de santé du troupeau et par une propreté minutieuse des vacheries, du personnel, du matériel, du transport et de la vente, notre lait de ramassage nous fera certainement oublier le liquide-lait dont on fait com-

merce à Paris.

Il est indispensable que le service du contrôle fasse disparaitre absolument de nos vacheries locales tout sujet tuberculeux, nous avons un procédé de diagnostic : la tuberculine, à nous d’aviser si nous voulons enrayer un peu cette plaie nouvelle.

Il est à souhaiter également que l’usage de la tuberculine se répande dans les campagnes dont le lait est vendu à Paris; au service vétérinaire d’agir dans ce sens.

Puisque le lait écrémé offre, en diététique comme en thérapeutique, des qualités appréciées ; la vente en sera autorisée, dans des conditions prévues c’est-àdire sous une étiquette indiquant la nature exacte du produit et dans des laiteries spéciales.

Une véritable révolution, dans la question du lait, est devenue indispensable, qu’elle soit faite dans sa mesure la plus large. Que nous faut-il pour cela ?

1° Un texte de loi, complété au besoin par des règlements MUNICIPAUX ; a

2° Un service de contrôle réel.

Il nous faut un texte de loi, qu'elle s’inspire de certains projets comme celui de M. Martel ; s’il est des points particuliers à parfaire, les règlements complèteront.

En ce qui touche les fraudes, qu’elles soient sévèrement poursuivies, nous avons un texte de loi (Loi du 5 août 1905), il suffit de l'appliquer.

La seule condition pour rendre l'intervention des pouvoirs publics réellement efficace. c’est la création d’un service de contrôle sérieux; ce qui existe à l’heure

actuelle à ce sujet est absolument illusoire.

NO

Qu'il soit créé des contrôleurs du lait que l’on pourra recruter parmi les vétérinaires, les médecins et les chimistes, et surtout qu’ils soient suffisamment nombreux pour veiller à l'exécution stricte de tous les règlements.

Le corps médical et vétérinaire, comme les autres savants ont fait leur devoir en signalant le danger, aux

pouvoirs publics d'agir!

Vu : le Président de la thèse

CHANTEMESSE Vu : le Doyen,

DEBOVE Vu et permis d'imprimer :

le Vice-recteur de l’Académie,

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