‹ Apres l'amourChapitre 19 sur 67 · A M. LE MARQUIS EUGENE DE MONTLAUR · texte numérisé non relu

A M. LE MARQUIS EUGENE DE MONTLAUR

Prenez dans vos deux mains ma main froide et tremblante, Mèrel je crois vraiment que tous ne m'aimez plusl Car vous vous détournez quand |è suis plus souffrante,

Croyez-vous désormais tous vos soins superflus ?

Ohl la mort me ^t peur avec son froid terrible.

Ouvrez-moi donc vos bras, retenez votre enfant; Ma mère, sauvez-moi 1 la mort est impossible, Lorsque Ton est si jeune et que Ton aime tant I

Puis, j'aurab peur des morts dans ce grand dmedère,

Couverte d'un linceul et d'une froide pierre. Je sens pâlir mon front et trembler mes genoux, Oui} dans mes longues nuits j'aurai bien peur sans vousi

Mais je ne mourrai pas, je suis trop jeune encore ; Mes jours sont trop sereins, le soleil est trop beau 1 Midi n'a pas séché la perle de l'aurore, La fleur vit, le fruit seul est Mt pour le tombeau.

Ohl vous rappelez-vous le jour de votre fête,

Lorsque, pour un bouquet et ces légers présents Que la surprise accueille et le mystère apprête. Vous me donniez, à moi, des bijoux, des rubans?

Ce temps ne viendra plus, l'orage est sur ma téte; Une dernière fois, mère, échangeons nos dons. Pour un dernier baiser prenez mes cheveux blonds I

Hélas! il faut mourir, mourir! Ah! c'est en vain Que mon front éperdu se cache en votre sein I Cet asile sacré n'est plus inviolable.

Poqr m'arracher des bras de çette affreuse mort,

Tout votre amour de mère, immense, inépuisable, Ohl dites, cet amour n'est donc pas assez fort?

Silence 1 entendez-voûs cette voix fraîche et douce ? On dirait un oiseau qui chante sous la mousse: « Vois Taurore du ciel, vois l'astre de l'espoir ;

« Tu n'as que dix-sept ans, viens à la vierge mère I

« Les tombeaux et la mort ne font trembler qu'au soir. «< Mon âme ouvre son aile. >» A cette voix si chère, Je me sens tressaillir et je n'ai plus d'eâroi; Ma mère, éloignez-vous I Vierge, recevez-moi I

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