PIÈCE COURONNÉE EN CHAMPAGNE
Comme les flots étaient d'azur, Comme ils balançaient ma nacelle, Comme l'air était doux et pur, Quand j'étais aimé d'Isabelle!
Toujours le premier au printemps, C'est moi qui voyais l'hirondelle .
Passer dans les deux éclatants,
Quand j'étais aimé d'Isabelle!
Comme je priais avec foi Le soir à la sainte chapelle,
En répétant avec émoi
Le nom, le doux nom d'Isabelle!
A la fontaine du hameau, £n me penchant sur la margelle, Je voyais le del dans son eau Avec l'image d'Isabelle!
Je disais mes heureux transports Même à cette pâle immortelle Qui fleurit, couronne des morts, Quand j'étais aimé d'Isabelle 1
Tel aux créneaux des vieilles tours Avril porte la fleur nouvelle, Sur ma lèvre, mon cœur toujours Ramène le nom d'Isabelle 1
LE PARDON nu CHRIST
O Christ, quand tu mourus sur le mont du Calvaire,
Quand tu jetas ce cri du suprême abandon, Ne les voyais-tu pas, ces enfants de la terre, Qui venaient s'abreuver dans le sang du pardon ?
Ne les voyais-tu pas ces foules innombrables, Ces chrétiens, ces héros, ces millions de martyrs, Et ne sentais-tu pas les douceurs inefiisibles Des adorations et des divins soupirs ?
Nous étions là, Seigneur, comme sont les étoiles, Dont les germes lactés blanchissent dans la nuit.
Là, comme une semence existant sous les voiles, Les voiles parfumés de la ileur et du fruit.
Et dans ton cœur divin tu disais'à ton père :
« L'ombre est sur tout ce peuple et lui couvre le front,
« Les enfants d'Israiil sont des poussins sans mère, « Mon Dieu, pardonnez-leur 1 savent-ils ce qu'ils font?»
Oui, le Christ pardonnait à tous les idolâtres :
« Comment seraient-ils bons, s'ils ne m'entendent pas ?»
Il disait aux tribus folles, opiniâtres :
« Jusqu'à rétemité je yous tendrai les bras I
« Venez, je suis la vie et la paix éternelle ! «( Mais si votre bandeau ne peut se déchirer, « O vous, âmes d'élite à qui je me révèle,
« Lequel de mes pardons pouvez-vou^ espérer? »