‹ Apres l'amourChapitre 27 sur 67 · LA MORT D'UNE FEMME · texte numérisé non relu

LA MORT D'UNE FEMME

Les ailes de la mort au-Jcssus de sa tête Projettent leur grande ombre, et les feux de ses yeux.. Par la fièvre allumés, semblent dans la tempête Deux phares éclatants sur les flots ténébreux.

Elle parait en proie à d'étranges alarmes; Étouf&nt, sans haleine, et tremblant à la fois, Elle voudrait pleurer, elle n'a plus de larmes 1 Elle voudrait parler, elle n'a plus de voix!

Ses pieds restent glacés ; de minute en minute

La mort t^agne sur elle un soupir, un frisson; Hélas I elle est à bout de douleur et de lutte, De la cloche funèbre entendez-vous le sont

Son coeur ardent et fier soutient cncor le siège De la vie; on le sent par secousse bondir, Comme l'oiseau blessé se débat dans le picgc, Où, malgré ses efforts, il lui faudra mourir.

Alors, de mouvements lents, indéfinissables,

S'agitent les deux mains; on les voit sur le lit Errer, tordre les bras... et puis, insatiables, Vouloir encor lutter ; mais le front s'alourdit !

Ce vague effort sans but de la vie ou de l'ame, Qui jette sur le front une froide moiteur, Fait songer à ce geste incertain de la femme Qui repousse un baiser en étoufiant son cœur.

Mon Dieu, comme il fait froid ! est-ce la mort qui passe? Le jour pâlit... un œil implacable et )aloux

La rctjardc immobile; il la fixe, il la glace 1

Les rideaux sont tombés sur elle... Eloignez- vous!

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