‹ Apres l'amourChapitre 38 sur 67 · LA MORT DU VIEUX BRETON · texte numérisé non relu

LA MORT DU VIEUX BRETON

Autour du lit de serge verte, Quatre ciei^es sont allumés; La porte est toute grande ouverte

Et les deux volets sont fermés.

Le vieux laboureur agonise,

On cache le ciel radieux; C'est la lumière de Tégiise Qui doit seul éclairer ses yeux.

Chaque voisin qui le visite, Admirant son regard serein, Asperge le lit d*eau bénite

Avec la fleur du romarin.

Et lui^ sans regarder personne.

Répond aux prières qu*on lit;

Mais il entend sa fille Yvonne Sangloter le front sur le lit.

La plus jeune et leur petit frère, A genoux sur un banc de bois.

Égrènent le même rosaire En faisant des signes de croix.

Le vieillard soupire, il appelle

Un jeune homme, et tendant la main :

« Tu trouvais mon Yvonne belle l Sois son époux le mois prochain.

Ici, la misère est si grande

Que les petits mourraient de faim

Si, lorsque blanchira la lande,

Tu ne leur donnais pas de pain. » ,

Mourez tranquille 1 Oh I oui, mon père.

Dès que sonnera votre glas.

Je deviendrai pour eux un frère.

Le vieillard dit alors plus bas :

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V Tu sais qu'avant ce grand naufrage, Ma fille et Ronan Kermoel S'étaient promis le mariage

Pour le jour de la Saint-Michel.

Ne t'ofTense pas de sa peine,

Sois bon pour son frcie et sa sœur; Fais dire à Sainte-Madeleine Des messes au vieux laboureur.

Promets qu'aux tempêtes d'automne, Lorsqu'au bruit du vent tu verras Pleurer tout bas ma pauvre Yvonne,

Jamais tu ne la frappci as ? »

Mourez tranquille Oh ! oui, mon père, Dès que sonnera votre glas, Je deviendrai pour eux. un frère l Le vieillard ne répondit pas.

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